Entreprendre Aujourd'hui n°143 septembre 2012
Entreprendre Aujourd'hui n°143 septembre 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°143 de septembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 8 Mo

  • Dans ce numéro : Euro-Locks Bastogne : des millions de clés pour un succès sur la durée… Rencontre avec Daniel Ceron, Administrateur délégué, et Stephan Wilmotte, Directeur général.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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UTILE & AGREABLE Les Serious games à l’assaut des entreprises… Et si l’approche ludique était au fond aussi efficace que les autres ? Bientôt des business games à la Chambre ! Tout bouge désormais tellement vite et fort que même le management recourt maintenant à des pratiques jusque-là qualifiées d’étonnantes - voire carrément de farfelues - pour doter le personnel des meilleurs atouts qui soient. Des jeux pour se former… S’agissant de la formation du personnel, on balaie aujourd’hui non seulement la plupart des domaines de compétences, mais les techniques auxquelles on fait appel pour arriver aux objectifs recherchés interpellent quand elles ne surprennent pas. Qui aurait pensé, il y a ne fut-ce qu’une vingtaine d’années, que des techniques encore révolutionnaires fin du siècle passé se seraient banalisées au point de devenir communes en 2012 ? Pour l’exemple, qui aurait notamment songé que des apprentissages du type e-learning auraient pu s’imposer de manière aussi large dans les entreprises alors qu’ils ne figuraient dans aucun carton de consultance vers le milieu des années nonante ? Tout cela nous laisse à penser qu’il en ira tout bientôt de même des Serious games hier encore l’apanage de jeunes loups nourris aux biberons de l’informatique et aujourd’hui quasi entrés dans le commun d’une société de plus en plus virtuelle, y compris pour des quadras et des quinquas un brin dépassés. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, ces jeux de rôle d’un nouveau genre ont en effet imposé leur efficacité autant que leur intérêt en surfant sur un vague désormais déferlante nommée « jeu » sérieux. 56 - Entreprendre Aujourd’hui N°143 - septembre 2012 En entreprises comme ailleurs, les nouvelles technologies ont (déjà) eu raison du passé. Et que dire d’une génération Y toujours plus vorace et déterminée qui relègue les habitudes d’hier au rang de pratiques dépassées sinon pénalisantes. Marché d’avenir Parce que la forme importe autant que le fond, les Serious games, c’est-àdire l’exploitation du jeu en contexte dit « sérieux » (sensibilisation, formation, marketing…) se sont aujourd’hui imposés comme des solutions efficaces, modèles reconnus par bon nombre de formateurs comme en plein essor. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder la prolifération d’articles et d’événements sur le sujet. De même, les exemples d’application ne cessent de se multiplier tous azimuts, que ce soit dans l’entreprise proprement dite, mais aussi dans l’enseignement, au sein de l’armée, dans le monde médical ou dans des domaines extrêmement spécialisés comme l’aérospatial. Leur potentiel est tel que de nombreux pays, comme le Canada ou la France, les identifient comme un marché d’avenir et ont déjà pris des mesures de soutien. Contradiction Mais au fait, vous, les Serious games, vous connaissez ? Parce qu’on en parle comme si c’était une évidence... Et pourtant, il y a fort à parier que la plupart de ceux qui nous lisent n’en ont encore guère entendu parler. De là à les avoir testés, il y a donc nécessairement une autre marge. Revenons donc sur ces deux mots a priori contradictoires. Et au-delà, penchons-nous déjà sur le mot « jeu » lui-même, qui ne vous inspire d’ailleurs peut-être pas immédiatement confiance parce qu’il symbolise - qui sait ? - dans votre inconscient la vue d’adolescents devenus accros aux jeux vidéo ou de n’importe quels autres individus quasi drogués aux jeux en ligne. Comment dès lors accorder un quelconque crédit à des jeux… sérieux ? Comment croire à une méthodologie d’apprentissage calquée sur le monde virtuel qui nous entoure et envahit notre quotidien ? Comment se laisser aller à penser que l’on peut en toute intelligence rencontrer les objectifs de la plupart des cursus formatifs, qu’ils soient scolaires ou professionnels, tout en se fondant dans cette mode actuelle de la réalité virtuelle ? Pourtant, la chose est cette fois entendue, voilà bien un phénomène que nous ne pouvons plus ignorer car l’explosion de son potentiel saute aux yeux des plus fins observateurs. Mêler l’utile à l’agréable Proches des jeux vidéo, ces applications n’investissent-elles pas de plus en plus le monde social, éducatif et professionnel ? Outil de simulation dans les formations, la communication et le recrutement, son succès ne se dément décidément plus, s’appuyant sur des qualités évidentes comme son aspect ludique, son approche progressive et son efficacité de plus en plus incontestable indépendamment du public concerné. Pour Edgar Dale, pédagogue, le jeu et la simulation nous permettraient de retenir 90% d’un quelconque contenu, contre 50% en vision/écoute et seulement 10% en lecture classique. à l’entendre, plus l’implication dans une activité est grande, plus l’information est efficace à long terme. à l’appui de cette théorie, il nous faut admettre que notre mémoire n’étant pas seulement cérébrale et visuelle, sa motricité agit même nécessairement comme un adjuvant. Qui, parmi vous, n’a jamais
été concrètement touché par un manuel d’emploi en procédant manuellement à l’utilisation de l’outil lui-même ? Et bien, disons que le Sérious game s’inscrit dans cette démarche cognitive en ce qu’il permet une mise en pratique concrète (immersion) mêlant l’utile (le sérieux) à l’agréable (le jeu). Avec, pour objectif avoué, d’obtenir un succès, un gain, une victoire stimulant la progression. Le tout en faisant en outre évoluer chaque individu - donc chaque joueur - à son propre rythme. Et comme beaucoup d’entre nous se passionnent pour les nouveaux médias, plusieurs études avancent des chiffres assez étonnants concernant le spectre potentiel de tels jeux. Le jeu pour apprendre En 2012, près d’un milliard de personnes auraient déjà « touché » de près ou de loin à l’un de ces jeux d’un nouveau genre. Rien d’étonnant si l’on sait qu’en sus d’être l’une des plus anciennes et des plus naturelles formes d’apprentissage, d’échange et de socialisation, le jeu fait une offensive vers la famille par le biais de la fameuse console, une révolution qui ne cesse d’investir les ménages (selon l’AWT, 31% des familles wallons possédait au moins une console de jeux en 2011). Il n’en fallait pas plus pour que le monde professionnel s’y intéresse. On estime d’ailleurs ces dernières années que la moitié des grands donneurs d’ordre européens pourrait y avoir recours dans un avenir proche pour la formation professionnelle. C’est peut-être étonnant de prime abord, mais à bien y regarder on y trouve une explication culturelle puisque le jeu fait partie de notre apprentissage depuis des millénaires. Purement divertissant ou sérieux, il est nécessaire et efficace. Ajoutez à cela le contexte technologique favorable actuel qui en décuple la diffusion et nous fait prendre conscience de son omniprésence et de son importance. à ce stade, il convient d’essayer d’analyser le succès. Et sur quoi repose son efficacité ? La mécanique du jeu reproduirait, dit-on, assez fidèlement le fonctionnement du cerveau. Le jeu serait donc quelque chose d’inné, entrant véritablement en résonnance avec le cerveau qu’il nourrit et stimule. De là à penser que le jeu ne serait au fond rien d’autre qu’une forme de musculation cérébrale, il n’y a qu’un pas. La métaphore n’est en tout cas pas fortuite puisqu’il semblerait bel et bien que le jeu décuple nos capacités… jusqu’à avoir un impact sur la taille de notre cerveau ! Préoccupations du siècle Ce qui conduit certains de nos congénères à penser que les Serious games sont le reflet des préoccupations de notre siècle. L’engouement serait tel que la diversité de ceux-ci exploserait de manière quasi exponentielle, entraînant une sorte d’effet boule de neige à travers le monde que ne renierait pas le secteur éducatif. Une étude de l’European Schoolnet nous apprend par exemple que le fait d’être immergé, et impliqué, produit énormément d’effets positifs. Evidemment, rien ne dit que le fait d’être un brave guerrier dans tel ou tel jeu de rôle, ou de se muer en extraterrestre dans telle odyssée, soit de nature à rendre plus de confiance en soi à tel employé lambda ou tel manager quelconque. Toutefois, il semble quand même indéniable que l’immersion, la stimulation et la mise en situation apportent leur lot d’atouts intéressants. D’aucuns avancent même qu’à l’instar des pilotes ayant fait leurs armes sur des simulateurs à terre, on peut aujourd’hui opérer sans danger et sans jamais avoir pratiqué, en s’appuyant sur les vertus de Pulse, voire apprendre à sauver des vies après un attentat comme on le ferait dans Triage Trainer. Les expressions « vivre pour le croire » ou « se mettre dans la peau de quelqu’un » sont par le biais de ces jeux autant de moyens de comprendre ce que nous enseignent des cas de figure critiques. Envers et contre tout, Voyage au bout du charbon ou Food Force nous passent d’ailleurs le message de manière très réaliste. Enfin, dans le domaine du développement durable, des Serious games tels que Energuy, Forestia ou Super Kimy, destiné lui aux enfants, nous ouvrent les yeux sur des aspects auxquels on n’aurait même pas pensé. Le jeu sérieux est maintenant une réalité qui touche le commun des mortels dans sa vie privée, il n’est pourtant pas loin le moment où vous vous passionnerez pour des modèles du genre dans la sphère professionnelle. On fait le pari ? Valentin Tinclère, en collaboration avec Yasmine Kasbi Source : « Les Serious Games, une (R)évolution ? » Entreprendre Aujourd’hui N°143 - septembre 2012 - 57



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