Entreprendre Aujourd'hui n°139 mars 2012
Entreprendre Aujourd'hui n°139 mars 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°139 de mars 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 4,0 Mo

  • Dans ce numéro : De l’ossature classique aux parois d’un bâtiment sur plusieurs étages, le lamellé-collé permet(presque toutes les audaces… Rencontre avec Philippe Courtoy, Directeur général de Lamcol SA.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ESPACE ENTREPRISES > RENCONTRE » > multiplient, stabilisant l’entreprise à une vingtaine de salariés. La croissance est telle, à l’époque, qu’une filiale de l’entreprise naît trois ans plus tard en France (Lamcol Nord Picardie). Personnellement, je rejoins l’effectif en 1989. C’est mon premier emploi. Jeune ingénieur, j’ai le choix entre devenir responsable de production ici, à Marche, ou prendre des fonctions plus verticales (et donc plus dynamiques) en France. Je resterai cinq ans là-bas, jusqu’à ce que le groupe familial flamand Terryn reprenne les parts d’Antoine Humblet. Entreprendre : L’arrivée du groupe flamand, en’95, signe une nouvelle ère pour Lamcol… Philippe Courtoy : Assurément… C’est alors que sont entrepris de vastes travaux d’extension en même temps qu’un recentrage de l’ensemble des activités de l’entreprise sur le site marchois. Je deviens directeur général, avec des objectifs précis pour le déploiement de l’outil en Wallonie, partiellement sur Bruxelles, en France et au Grand-Duché de Luxembourg, les frères et cousins Terryn, eux-mêmes historiquement actifs dans le lamellé-collé en Flandre, se concentrant sur le nord du pays et les Pays-Bas. Entreprendre : En 1997, le Groupe Terryn rachète l’ensemble de Lamcol, optant alors résolument pour un développement de l’outil et vous confiant la mission ambitieuse d’encore faire grandir l’entreprise… 8 - Entreprendre Aujourd’hui N°139 - mars 2012 Philippe Courtoy : Oui, c’était le défi. Nous l’avons d’ailleurs relevé avec brio, imposant non seulement Lamcol en tant que l’un des principaux leaders wallons du lamellé-collé, mais glanant encore et toujours des marchés exceptionnels qui sont - et demeurent - une magnifique vitrine pour l’entreprise. Entreprendre : S’ensuivra la revente partielle en 2010 de l’ensemble du Groupe Terryn au géant CFE, une nouvelle évolution de l’entreprise qui ne change fondamentalement rien à la philosophie de Lamcol… Philippe Courtoy : Non, l’entreprise gère ces « contingences » de loin en loin, se concentrant davantage sur son core business et axant encore et toujours sa stratégie sur l’innovation, les chantiers spéciaux et les solutions d’avenir. Je l’ai dit, nous n’avons jamais cherché le produit standard, voire les volumes pour lesquels nous sommes finalement peu compétitifs. Nous privilégions les chantiers de type industriel, halls d’exposition, surfaces commerciales de grande taille… Entreprendre : Avec le temps, le lamellé-collé a-t-il fortement évolué ? Philippe Courtoy : Les colles qui rigidifient le matériau ont évolué, mais ce sont surtout les mentalités quant à l’usage du produit lui-même qui ont considérablement changé. D’innovant, fin des années’70 et jusqu’au début de la décennie’90, le lamellé-collé est maintenant un produit des plus classiques qui a pris sa part de marché, à l’instar du béton ou de l’acier, et qui séduit notamment parce qu’à résistance égale, et utilisé dans certaines configurations précises, il est plus léger que les autres (500 kg/m 3 contre 2.500 pour le béton et 7.850 pour l’acier). Entreprendre : La masse volumique du bois participe donc de la séduction qu’exerce le lamellé-collé ? Philippe Courtoy : Entre autres, mais c’est tantôt aussi les caractéristiques du bois, comme sa résistance supérieure au feu, son côté mode, son caractère durable ou son aspect intégré dans certains types de philosophies architecturales qui en font aujourd’hui un produit incontournable. Par ailleurs, des recherches précises menées sur d’autres manières de coller les lamelles ont permis d’appréhender de nouvelles méthodes de construction, c’est la technique du collage enX, le X-lam dit-on désormais. En anglais, les professionnels appellent cela le CLT, pour Cross Laminated Timber. Entreprendre : C’est notamment grâce à ce matériau neuf que l’on peut désormais envisager la construction à ossature-bois sur plusieurs étages ? Philippe Courtoy : Oui, c’est d’ailleurs cette méthode que nous avons retenue pour la réalisation de l’ensemble des panneaux du bâtiment que nous allons construire dans les prochains jours (et c’est une première dans cette configuration à quatre étages) pour le CPAS de Bruxelles. L’idée est simple, reste qu’il fallait y penser et, surtout, la mettre en œuvre. Il s’agit en l’occurrence de croiser les lamelles superposées au lieu simplement de les additionner jusqu’à obtenir une structure suffisamment résistante. C’est donc une sorte de « mix » de deux technologies que l’on pourrait qualifier de lamellé-collé croisé. Entreprendre : Cela fait partie de la nouvelle niche dans laquelle Lamcol entend s’engouffrer ? Philippe Courtoy : Tout à fait. Le lamellé-collé croisé pour la construction de bâtiments à ossature-bois en multiétages et les intégrations de productions annexes, comme les caissons de toiture isolants, sont deux manières pour l’entreprise de se ménager des chantiers dans leur globalité, comme c’est encore le cas pour le projet de la Foire agricole de Libramont par exemple.
Entreprendre : Quels sont les défis qui se profilent dans les dix ans à venir pour une entreprise comme celle-ci - à la fois industrielle et en même temps très « artisanale » dans son approche de chantiers non standards exceptionnels dans leur forme, leur taille et leur complexité - alors que le produit-phare de l’entreprise est devenu un classique ? Philippe Courtoy : Les défis sont nombreux. D’abord, et avant tout, l’entreprise doit rester compétitive dans ce qu’elle sait faire. Pour cela, je compte tout autant sur les qualités du bureau d’études, que sur celles des équipes de production et de pose. Au-delà, c’est à moi, stratégiquement, qu’il revient de mettre en place une dynamique de différenciation porteuse, comme je l’ai déjà fait depuis quelques temps avec des projets originaux, de niches ou extraordinaires dont « Monter un immeuble à quatre étages est un défi que nous allons tenter de relever. Je pense que ce sera véritablement une première qui pourrait ouvrir de belles perspectives d’avenir… » nous avons largement parlé. Entreprendre : Rester des précurseurs envers et contre tout, c’est votre credo pour consolider les acquis et pérenniser une activité florissante depuis quarante ans ? Philippe Courtoy : Vous ne pouviez mieux dire… Notre activité relève d’un savant mélange entre technicité et manutention, le tout mis en œuvre par des professionnels d’expérience à l’appui d’un matériau noble intelligemment renforcé. Tout est dit, non ? ESPACE ENTREPRISES > RENCONTRE Propos recueillis par Christophe Hay Photos Jean-Louis Brocart LAMCOL SA Aux Minières, 12 B-6900 MARCHE-EN-FAMENNE Tél. 084 31 52 74 Fax 084 31 63 61 www.lamcol.be Entreprendre Aujourd’hui N°139 - mars 2012 - 9



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