Entreprendre Aujourd'hui n°139 mars 2012
Entreprendre Aujourd'hui n°139 mars 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°139 de mars 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 4,0 Mo

  • Dans ce numéro : De l’ossature classique aux parois d’un bâtiment sur plusieurs étages, le lamellé-collé permet(presque toutes les audaces… Rencontre avec Philippe Courtoy, Directeur général de Lamcol SA.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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UTILE & AGREABLE Arnaques organisées Noms de domaine, répertoires, marques… rien décidément ne nous sera épargné ! Sauf que, tout récemment, un courrier pour le moins curieux, d’apparence très officiel toutefois, vous parvient, sans trop de mentions explicites, si ce n’est le montant à payer : 960 euros, tout de même ! Une facture parmi d’autres, mais… méfiance ! Une marque reste valable dix ans ! Pris par le développement de vos affaires, connaissant mal la procédure que vous ne renouvelez logiquement pas trop régulièrement (une marque reste valable dix ans,ndlr), vous tombez alors dans le panneau. Bingo pour les arnaqueurs, ils ont encore fait mouche. Vous, de bonne foi, vous vous êtes en effet laissé prendre à une supercherie pour le moins efficace. Et pour cause… Un courrier qui rapporte près de mille euros, avec tout ce qu’il faut 44 - Entreprendre Aujourd’hui N°139 - mars 2012 Il y a quelques années, pour lancer un nouveau produit, une nouvelle gamme, vous avez eu recours au dépôt de marque pour protéger l’appellation que vous avez choisie et qui fait fureur… Une démarche rapide, facile et pas chère. Le processus normal pour toute production qui marche, quoi ! comme garanties en petits caractères, voilà des escrocs qui la jouent au culot. Et pourtant, ne soyez pas gênés si cette mésaventure vous est arrivée, le processus est rôdé et ces voyous ont du métier. D’ailleurs, la formulation du document en question (généralement en anglais) paraît tout ce qui a de plus normale. Quant aux libellés et logos, ils s’apparentent fort à l’ensemble des documents officiels qui se multiplient. Sauf qu’ici, en l’occurrence, la mauve foi veille… Payer revient à… s’engager En ne faisant rien, rien de fâcheux ne vous arrivera cependant… Mais gare à vous si vous mettez ce document au paiement sans trop vérifier ce qu’il recouvre. Le simple paiement vous engage dans une spirale malhonnête qui va user - et abuser ! - de votre crédulité… et de vos finances. Le conseil à prodiguer n’est donc pas innocent. Méfiez-vous donc si un tel courrier tombe dans votre boîte ! Ne tergiversez même pas : jetez-le, ou mieux transmettez-le à une autorité. Car non seulement la lettre reçue n’émane d’aucun service officiel, mais elle vous engage en outre contractuellement en cas de paiement pour un enregistrement annuel sur une quelconque base de données internet dont vous ne saurez probablement jamais de quoi elle se charge. Le système n’est certes pas neuf, nous vous en avons déjà parlé dans le cadre de registres bidons ou de pseudos obligations, d’inscriptions diverses, d’arnaques aux noms de domaine prétextant que vous risquez de perdre votre identité sur la toile, d’identité accrue via de nouvelles extensions (biz, net, name…)… Une réalité qui se répand Pour Christian Meyers, de l’Office Benelux de la Propriété intellectuelle, le cas évoqué dans les lignes qui précèdent n’a non seulement rien d’exceptionnel mais il est en outre aujourd’hui de plus en plus rencontré avec la multiplication des organismes et obligations, le recours à un usage intensif de la Toile et le manque de scrupules toujours plus criant d’escrocs sans vergogne. « Il n’est en effet plus rare désormais que l’achat d’un produit le plus courant soit le point de départ d’autres contacts, dans la foulée, émanant d’entreprise(s) inconnue(s) vous recommandant - sur le ton impératif de celui qui vous veut du bien ! - une souscription « bidon » supplémentaire. Dites-vous maintenant que le domaine des services, y compris légaux ou administratifs cette fois, n’échappe pas à cette règle pour le moins agressive ».
Boucherie Sanzot Les escrocs usent du web Rappelons que l’Office Benelux fait à ce sujet des annonces récurrentes, d’autres lui emboîtant d’ailleurs allégrement le pas, pour tenter d’enrayer une véritable criminalité en plein essor. Pour faire court, disons que les individus visés agissent de manière systématique en recourant à des fichiers disponibles notamment via le web. Ils sont particulièrement efficaces, travaillant derrière des couvertures tout ce qui a de plus lisses, au sein d’entreprises privées généralement implantées en Europe, même si ce n’est pas une nécessité, celles-ci collectant les extraits d’enregistrements dans les différents registres nationaux ou internationaux. Leur(s) cible(s) : principalement les titulaires de marques qui n’ont pas fait appel à un mandataire pour déposer leur nom. On l’aura compris, le but en l’espèce est d’éviter le filtre du bureau conseil qui ne laissera, lui, jamais passer la moindre arnaque de cet ordre ! Le pire, c’est que cette tâche est finalement aisée puisque la plupart des registres sont avec le temps accessibles en ligne. Ne reste plus dès lors qu’à donner forme à ce fichier, ultime étape avant d’adresser les propositions d’inscription dans un registre prétendument international. Et le tour est joué… et la partie perdue pour l’entreprise ainsi lésée. Installer le doute… On l’a dit et précisé, le procédé est douteux pour ne pas dire carrément malhonnête, même si, précisons-le, l’objet dudit courrier est en fait clairement expliqué, noir sur blanc, mais dans le bas de la page et en anglais, avec une adresse de contacts en… Pologne. Il n’en reste pas moins que l’ensemble du document laisse planer le doute puisque la formulation ainsi posée fait croire au statut officiel de l’expéditeur. Notons aussi que l’aspect général du formulaire renforce en outre le caractère indispensable de l’inscription. Comble de la perfection : le bulletin de virement parfois annexé est même dans certains cas celui utilisé dans le pays du titulaire… Bref, cela conforte le sentiment d’être en face d’un document officiel. Déjouer la ruse Il existe évidemment des données factuelles qui permettent de déjouer la ruse dont ces escrocs, de plus en plus agressifs soit dit en passant, veulent user. Nous noterons par exemple que la langue utilisée, voire les fautes grossières parfois visibles au premier coup d’œil, doit déjà éveiller votre suspicion. En effet, il va sans dire que la langue utilisée s’agissant d’un registre officiel devrait toujours être celle du pays concerné ou, à défaut, la (ou les) langues officielles de l’organisme international dont il vous sera facile de retrouver les coordonnées via une recherche simple sur internet. Une recherche un peu plus approfondie vous en apprendra en outre beaucoup plus sur le supposé caractère officiel de l’expéditeur. Tout entrepreneur averti que vous êtes certainement devrait aussi déceler derrière la mention d’une forme juridique quelconque (SA, Ltd, GMBh…) qu’il s’agit d’une société privée et pas d’un organisme officiel ! Quant au montant de ce document, qui n’est en fait qu’une facture pour prestations à venir, il devrait vous interpeller - près de mille euros,ndlr - même si suffisamment élevé pour être crédible (et rentable dans le chef des escrocs), il reste en-deçà des montants pour lesquels la majeure partie des comptables d’entreprise a procuration. Tout est pensé, on vous le disait. Nous préciserons en ces lignes que le droit de base officiel d’un dépôt de marque dans le Benelux est de 240 euros et que le renouvellement en coûte 260, alors que l’enregistrement international doit être calculé en fonction du nombre de pays pour lequel la demande est faite (plus d’infos sur www.boip.int). Le SPF vous renseigne… Comme nous vous le répétons à intervalles réguliers, la seule conduite qui s’impose lorsqu’un tel courrier vous est présenté consiste à ne donner aucune suite ! Le SPF va quant à lui plus loin. Sur son site, il vous renseigne quant à vos obligations, déjoue les ruses les plus courantes et vous invite à vérifier d’emblée si votre contact et/ou expéditeur ne figure pas sur la liste noire (non exhaustive,ndlr) établie suite à des plaintes, fondées et enregistrées, par l’Inspection économique (http:/economie.fgov.be/fr/entreprises/arnaques). à bon entendeur Valentin Tinclère, en collaboration avec Stéphanie Wanlin Service international, CCI du Luxembourg belge Entreprendre Aujourd’hui N°139 - mars 2012 - 45



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