Entreprendre Aujourd'hui n°138 février 2012
Entreprendre Aujourd'hui n°138 février 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°138 de février 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre avec George Vanderplancke, Directeur général de Luxus, qui se prépare à investir à Arlon, pour tester les vertus du commerce en dehors des grandes villes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 26 - 27  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
26 27
 » > Entreprendre : Peut-être étiez-vous mieux préparé que d’autres pour réussir ? Jean-Marie Julien : Je ne crois pas. D’abord, disons que c’est le hasard qui m’a mené à me lancer comme indépendant, en 1992. Le hasard et l’envie de bâtir ma propre entreprise. J’ai pris peu de risques au fond, et pendant plusieurs années j’avais un filet de protection puisqu’en cas de problème je pouvais toujours faire marche arrière. Je crois que celui qui veut peut toujours se tailler une place, mais il faut le vouloir et… être volontaire et courageux. Entreprendre : Revenons-en à vous… Jean-Marie Julien : Mécanicien de métier, spécialisé en soudure, en carrosserie et tôlerie, je l’ai dit, je prenais en fait des risques mesurés parce que mon bagage et mon expérience, j’avais 28 ans, me permettaient d’accepter tous les défis. Passionné, j’avais aussi suivi des cours du soir de dessinateur industriel, hydraulique et pneumatique avant de me lancer, ce qui était alors intéressant parce que je pouvais dessiner et concevoir des réalisations sur base de mes propres plans. Pour compléter les choses, j’ajoute que j’avais déjà fait mes armes dans quelques entreprises de la province avant de me lancer tout seul parce que l’on ne me proposait pas grand-chose qui répondait à mes attentes. Entreprendre : La réussite était à portée de main ? Jean-Marie Julien : La réussite, pas vraiment au départ, mais le travail oui. Les débuts ont même été difficiles, mais mon épouse, comptable dans une PME 26 - Entreprendre Aujourd’hui N°138 - février 2012 ESPACE ENTREPRISES > ITINERAIRE locale, faisait à l’époque bouillir la marmite. Et puis, petit à petit, j’ai quand même réussi à me faire une place. À force d’accepter les petits boulots et les travaux que d’autres refusaient, il fallait bien que ça paie. Je suis donc imposé dans une approche de la construction métallique qui vaut son pesant d’or même si elle n’a pas de nom. En fait, moi, mon créneau a vite été de me spécialiser dans ce que l’acier a de plus particulier, tant en matière qu’en réalisation. « En vingt ans, nous avons réinvesti la majeure partie des bénéfices pour que l’entreprise soit toujours au top. Pour bien travailler, il faut que les meilleures conditions soient réunies et que le matériel permette de faire sinon des exploits au moins du qualitatif… » Entreprendre : Le fameux mouton à cinq pattes… Jean-Marie Julien : Oui, si vous voulez… J’ai tout fait dans le domaine, de la réparation à la création, en passant par le travail à façon, l’étude de projets. J’ai tout soudé, de l’acier, de l’aluminium, de l’inox… J’ai même fait de la soudure à l’argent ! J’ai travaillé sur des engins professionnels, des voitures de course, j’ai planché sur des travaux de précision, puis sur des machines de plusieurs tonnes. J’ai travaillé à deux pas de l’atelier et parfois bien loin de la vallée de l’Aisne, notamment en France, en Norvège, en Allemagne, aux Pays-Bas. Certaines de nos productions sont même utilisées au fin fond de l’Afrique. Entreprendre : On ne pense pas à un tel parcours quand on se lance timidement dans un petit atelier à Roche-à-Frêne… Jean-Marie Julien : Non, c’est vrai. Pas plus qu’on ne pense un jour employer du personnel, se développer sur plusieurs centaines de mètres carrés, grandir, être reconnu pour sa maîtrise professionnelle. C’est la vie qui vous emmène où elle l’entend, au gré de l’évolution des choses. Maintenant, chacun construit quand même son avenir au jour le jour. Nous avons ainsi non seulement toujours répondu avec sérieux à la clientèle, mais nous avons aussi su prendre les décisions adéquates. Entreprendre : Comme… Jean-Marie Julien : Comme accepter les projets simples, au début, avant d’oser aborder des esquisses de plus en plus compliquées. Comme réaliser de « simples » barrières classiques pour en arriver à l’œuvre d’art, recouverte de dorures à la feuille d’or, comme ce fut le cas pour le chantier que nous avons réalisé à la Basilique de Saint-Hubert. Comme s’aventurer dans des montages simples pour aboutir à des charpentes hors normes (tubes elliptiques) ou des structures métalliques avec entrelacements de béton et couvertures de tôles pour des halls de traitement des déchets métalliques. Ajoutez encore l’usinage de pièces jusqu’à la réalisation à l’identique de certains mécanismes, le montage de
châssis les plus divers, de la mécanosoudure, de l’usinage en atelier et sur chantier, la réparation et l’entretien de machines en carrières et en entreprises. Oui, nous avons tout fait pour mériter notre développement. Entreprendre : Votre savoir-faire est tout aussi reconnu dans l’aménagement de matériel forestier neuf que dans l’entretien d’outillage le plus divers. Vous travaillez rarement en séries ? Jean-Marie Julien : Je déteste ça. Non seulement ça m’ennuie, mais je trouve que c’est peu valorisant d’un point de vue intellectuel. On ne dirait pas, comme ça, mais le travail que nous réalisons est souvent d’une extrême précision et requiert une attention de tous les instants. Nombre de salariés de l’entreprise ont des doigts en or et beaucoup de « réfléchi ». Entreprendre : Quand on ne vous connaît pas et que l’on ignore avec quels clients vous travaillez, on ne soupçonne absolument pas la taille de votre entreprise, ni le personnel que vous employez. CMJ n’est plus, vraiment plus, une TPE ! Jean-Marie Julien : Pour tout dire, la croissance constante de nos chiffres et de nos chantiers, de même que notre choix d’investir une large part de nos bénéfices dans l’outil, ne sont pas étrangers à cela. CMJ emploie 16 salariés, dont mon épouse et moi-même, multiplie les projets et investissements et se déploie actuellement sur 2.600 m², dont 1.100 tout à fait neufs. Notre outillage est très pointu, nous disposons entre autres de six ponts roulants, de machines-outils, des postes à souder les plus récents, de matériel de précision… Entreprendre : Et quels sont vos clients ? Rose-Anne Godelaine : L’entreprise compte bon an mal an quelque quatre à cinq cents clients, mais une dizaine constitue le gros de notre chiffre d’affaires. Ce sont de grandes entreprises qui font appel à nous pour l’aménagement de ESPACE ENTREPRISES > ITINERAIRE « Notre entreprise ne ferme jamais. C’est pour le client la garantie d’un service optimal quoi qu’il arrive et d’une flexibilité qui lui est toujours profitable. Le vrai service client en quelque sorte… » certains outils (tôlages divers, réalisations de châssis, soudures de presses, blindages de matériel roulant neuf, usinages, manutentions, constructions de trémies…). Ils ont pour nom GROUPE MATHIEU, METSO FRANCE, METSO LINDEMANN, METSO MINERALS, SANDVIK, GROUPE BST, Raymond PIESSENS… Entreprendre : Vous vendez aussi du matériel… Jean-Marie Julien : Oui, nous sommes distributeurs officiels d’Air Liquide et vendons des postes à souder. Le croirez-vous si je vous dis qu’en 2009, sans représentant, vitrine, ni publicité, nous étions le 6 e vendeur sur Bruxelles et la Wallonie en postes à souder et matériel. Ce n’est même pas que l’on fait feu de tout bois, mais nous connaissons le produit et sommes simplement toujours disponibles pour aider et renseigner le client. C’est comme cela aussi que nous avons vendu plusieurs barbecues spéciaux, par exemple… Entreprendre : Vous dites encore, et à qui veut l’entendre, que vous avez pris le train du recyclage. Qu’entendez-vous par là ? Jean-Marie Julien : Tout simplement que nous avons su, avant les autres, imposer notre nom et notre savoir-faire dans un domaine d’avenir où l’usure du matériel est génératrice de nombreux potentiels. Il ne faut pas être grand clerc pour savoir que toute machine subit une usure normale à l’utilisation, a fortiori quand elle travaille dans des conditions extrêmes, dans la crasse et la tension. Nous nous sommes fait une spécialité de l’intervention rapide sur ce type de chantier, tout comme nous le faisions déjà par exemple en carrière ou dans l’industrie. Nous rechargeons les pièces mécaniques usées, nous intervenons sur des rotors, nous réajustons l’axe de grues et engins de levage… » > Entreprendre Aujourd’hui N°138 - février 2012 - 27



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 1Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 2-3Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 4-5Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 6-7Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 8-9Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 10-11Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 12-13Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 14-15Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 16-17Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 18-19Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 20-21Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 22-23Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 24-25Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 26-27Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 28-29Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 30-31Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 32-33Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 34-35Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 36-37Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 38-39Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 40-41Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 42-43Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 44-45Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 46-47Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 48-49Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 50-51Entreprendre Aujourd'hui numéro 138 février 2012 Page 52