Entreprendre Aujourd'hui n°137 déc 11/jan 2012
Entreprendre Aujourd'hui n°137 déc 11/jan 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°137 de déc 11/jan 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 7,1 Mo

  • Dans ce numéro : spécialisée dans les travaux publics, la S.A. Daniel Pirot & fils est une PME au cœur de l’Ardenne… Rencontre avec Arlette Renault et Daniel Pirot.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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E S PA C E E N T R E P R I S E S > R E N C O N T R E Toujours mieux classée dans les travaux publics, la S.A. Daniel Pirot & fils est une pme solide au cœur de l’Ardenne… Rencontre avec Arlette Renault et Daniel Pirot... Faut-il nécessairement être né dans l’abondance, être sorti des grandes écoles, avoir le carnet d’adresses d’un ministre et être implanté au carrefour de tous les axes pour réussir ? Probablement pas… Nous dirons que ça aide… souvent, mais que certains réussissent aussi sans cela. Il en est même, bien que ce soit plus rare, qui tracent une route de succès alors que rien ne les prédisposait à une telle réussite au départ. Appelons-les bâtisseurs, self-made-men, ou tout bonnement ENTREPRENEURS. Leurs armes à eux, c’est tout le contraire de ce qui vient d’être énoncé. Leur bagage, en sus du métier et de la confiance en leur bonne étoile, se résume souvent à quatre mots : audace, intelligence, volonté et courage. L’audace de se lancer, au mépris des risques et des dangers. L’intelligence de voir avant les autres les opportunités qui se profilent, le marché. Et puis, la volonté d’y arriver, coûte que coûte, même si les difficultés s’amoncellent. Le courage, enfin, de remettre cent fois, plutôt qu’une, l’ouvrage sur le métier. C’est une leçon pour bien des autres, et un exemple pour ceux qui leur emboîtent le pas, notamment le personnel, chaque matin, et la seconde génération, lorsque celle-ci intègre à son tour l’outil. 6 - Entreprendre Aujourd’hui N°137 - décembre 2011 Daniel Pirot est de cette trempe-là, lui qui est parti de rien, il y a trentaine d’années, et qui a bâti, en une vie professionnelle - pas plus !, une PME bien balancée, à la fois solide, réputée et prospère. On la connaît peu, pourtant, l’entreprise Daniel Pirot & fils SA. Normal, chez Pirot, on s’embarrasse peu de communication et de visibilité… on travaille. Les choses changeront peut-être avec le temps, mais l’essentiel pour le patron ardennais est ailleurs, dans la maîtrise de son métier, la satisfaction client et la qualité du travail accompli. Un travail qui ne manque pas, dieu merci, et que l’entreprise met un point d’honneur à trouver au plus près de son port d’attache. Le discours du patron à ce sujet est d’ailleurs à l’image de son entreprise : carré et direct. « Pourquoi allez chercher loin ce qu’il est possible de faire de A à Z à quelques pas de l’entreprise ? » Raisonnement sans faille pour quelqu’un qui fête cette année 10 ans à la tête de la société anonyme, 20 ans dans les travaux publics et la voirie, et (quasi) trente ans en tant qu’indépendant, rien que ça ! Une vie de labeur acharné valait bien une rencontre avec ce patron en perpétuel mouvement. Et pas de faux-fuyant avec Daniel Pirot, compétiteur-né, qui va non seulement vite, mais encore droit au but. L’homme n’hésite pas à revenir sur le choix de vie qui l’a un jour mené à cette Daniel Pirot, petit patron devenu grand vie d’entrepreneur qui semble le combler. Il explique, ce faisant, que rien n’arrive tout cuit dans les mains de celui qui se lance, et montre, exemples à la clé, que l’on peut partir de rien pour rivaliser à force d’engagement avec les meilleurs si l’on met toutes les chances de son côté, que l’on travaille dur et que l’on est bien entouré. Et pour cela, Daniel Pirot ne craint personne. Dans sa vie professionnelle comme dans sa vie tout court, il peut compter au quotidien sur l’appui de celle qui a toujours été là. Calme et posée, sa femme, Arlette Renault, s’est investie elle aussi une vie durant pour la réussite de l’entreprise. En 2001 et 2003, ce fut alors au tour de Dimitri et de Loïc, les deux fils, de rejoindre leurs parents. Désormais parfaitement intégrés et impliqués dans l’aventure entrepreneuriale, ils prennent petit à petit leurs marques. Chez Pirot, le caractère familial de l’entreprise n’est ainsi nullement usurpé, les décisions se prennent même régulièrement à quatre voix. Rencontre…
Entreprendre : Une entreprise qui engrange les bénéfices et dont le chiffre d’affaires paraît invariablement en croissance, une épouse et des enfants qui participent au succès professionnel de l’outil, un savoir-faire et des chantiers qui témoignent de votre position de plus en plus incontournable… Rien ne semble pouvoir arrêter l’insolente croissance de Daniel Pirot ! Daniel Pirot : Dire cela sur ce ton me paraît exagéré. Mais en y regardant bien, on ne peut pas ignorer que le développement de l’entreprise est constant depuis fort longtemps. En quelques années, nous avons allégrement franchi les paliers, montant de classe avec régularité, jusqu’à nous trouver, fin de cette année, aux portes de la classe 6, qui constitue à mes yeux le summum de la réussite à notre niveau. Entreprendre : Avec 5,9 millions d’euros de chiffres d’affaires, vous faites désormais partie des voiristes qui comptent ? Daniel Pirot : Dans l’absolu, un entrepreneur n’est pas forcément à la recherche d’un chiffre d’affaires. En fait, ce qui compte, pour tout patron, c’est de dégager un bénéfice au terme de l’investissement. Et pour cela, pas besoin de faire la course au chiffre d’affaires. Sauf que dans les métiers où je me suis lancé, les classes - et donc les chantiers - sont E S PA C E E N T R E P R I S E S > R E N C O N T R E « Nous avons adopté des méthodes de travail qui nous paraissaient efficaces. Nous avons ensuite patiemment modelé toute l’entreprise, y compris, et peut-être surtout, le personnel à cette façon de faire… » justement régies par le chiffre d’affaires réalisé. Il faut donc batailler. Entreprendre : Mais cette fois, la classe 6 est en vue… Daniel Pirot : Exactement. Ce n’est pourtant pas un aboutissement… Non, je vois plutôt cela comme la cerise sur le gâteau. La récompense qui ponctue une ascension, puis surtout l’ouverture à d’autres marchés, d’autres portes, d’autres projets. Entreprendre : Comment passe-t-on ainsi, en vingt ans, de rien du tout à une entité aussi solide ? Comment arrive-t-on aux chiffres qui sont les vôtres ? Comment fait-on pour passer de 1 à 40 salariés ? Daniel Pirot : Là, vous me demandez de vous révéler le secret que partagent les patrons… Mais je ne connais pas la recette de la réussite, moi. Je sais seulement que l’aventure entamée en 1983, lorsque je me suis lancé dans l’exploitation forestière, m’a demandé un investissement de tous les instants, des prises de risques récurrentes, des recherches, des calculs, du travail. Entreprendre : Il faut être plus clairvoyant que les autres pour réussir ? Daniel Pirot : Peut-être… Disons qu’il faut savoir saisir sa chance quand elle passe et analyser plutôt rapidement la situation. En 1985 et 1992, les tempêtes qui ont touché la Belgique avaient laissé d’énormes quantités de chablis derrière elles. Actif dans le secteur, j’ai alors rapidement triplé le chiffre d’affaires que je faisais à l’époque. Pourtant, à l’analyse, je savais que les perspectives n’étaient pas exceptionnelles dans ce métier. Je me suis arrêté, j’ai réfléchi à mon avenir et j’ai choisi de prendre les bénéfices Arlette Renault et Daniel Pirot, unis pour la vie de l’entreprise, la vie tout court... Chez Pirot, la transmission est une réalité qui se vit déjà au quotidien engrangés pour me lancer dans les travaux publics qui offraient à mes yeux des perspectives plus intéressantes. Entreprendre : Faculté d’analyse ou coup de poker ? Daniel Pirot : L’entreprise est toujours quelque part un coup de poker puisque l’on risque son argent dans l’aventure. Mais pour avoir travaillé quelques années dans le métier des travaux publics avant de me lancer dans le forestier, j’avais mon point de vue sur les perspectives dans le domaine. Je savais aussi que la palette des possibilités est éminemment large, que ce soit en terrassement, en voiries, en égouttage, en distribution d’eau, en asphaltage, béton, aménagements… Je savais aussi que les possibilités de chantiers proches étaient nombreuses, je ne me suis d’ailleurs pas trompé puisque nous réalisons l’essentiel de nos chantiers sur un périmètre d’à peine 50 km. Le choix a donc été facile… Entreprendre : La période était peutêtre aussi très propice ? Daniel Pirot : Oui, mais les travaux sont un éternel recommencement. Aujourd’hui, nous nous « attaquons » à des projets de plus grande envergure mais, à mes débuts, un petit chantier suffisait. Je dis souvent que c’est l’égouttage de Martelange qui m’a mis le pied à l’étrier. C’est une réalité, car ce chantier est le premier d’une longue série de réalisations publiques et qu’il a signé mon engagement dans les travaux publics. Aujourd’hui, le « portefeuille » travaux de l’entreprise se partage entre public et privé, à raison d’un ratio 70/30. » > Entreprendre Aujourd’hui N°137 - décembre 2011- 7



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