Entreprendre Aujourd'hui n°137 déc 11/jan 2012
Entreprendre Aujourd'hui n°137 déc 11/jan 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°137 de déc 11/jan 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 7,1 Mo

  • Dans ce numéro : spécialisée dans les travaux publics, la S.A. Daniel Pirot & fils est une PME au cœur de l’Ardenne… Rencontre avec Arlette Renault et Daniel Pirot.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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U T I L E & A G R E A B L E En cette période où nombre d’entreprises ferment leurs portes et où les chiffres du chômage ne cessent de gonfler, la tentation au repli sur soi refait surface. Certains vont jusqu’à évoquer une « démondialisation », rien que ça. Autant croire au père Noël, notez que c’est de saison ! Même si l’on décidait de fermer en tout ou en partie nos frontières, le monde continuerait à tourner, et nous nous retrouverions pour le coup spectateurs d’une mondialisation qui pourrait très bien… se passer de nous. Ne vaut-il pas mieux être acteurs et exercer, dans le cadre de l’Union européenne, une influence sur cette mondialisation ? Ce débat, qui est d’actualité en France, l’est beaucoup moins en Belgique qui représente pourtant l’une des économies les plus ouvertes au monde. Tellement ouverte, qu’il est parfois plus difficile à nos entreprises de vendre en Belgique que d’exporter leurs produits et services à travers le monde. Dernier exemple en date, la FN qui vient de voir le marché de la police lui passer sous le nez au profit des Américains de Smith & Wesson ! 40 - Entreprendre Aujourd’hui N°137 - décembre 2011 Relocalisation versus délocalisation Made in Belgium : la solution ? Alors que les candidats à l’élection présidentielle française fourbissent leurs armes sur fond de crise économique, le thème du « made in France » revient sur le tapis. Un thème qui déborde largement les frontières de l’Hexagone et concerne peu ou prou l’ensemble des pays européens. En premier lieu, le nôtre, qui souffre également de la désindustrialisation, dont la délocalisation n’est qu’un des symptômes. Alors, la solution passe-t-elle par une relocalisation et une réindustrialisation avec le label « made in Belgium » ? La question nous paraît intéressante… Soutenir les entreprises locales Si cette commande ne met pas en péril l’entreprise liégeoise, il faut avouer que cela est quand même du plus mauvais effet. Surtout pour un leader mondial en ce domaine. On ne peut que souscrire aux propos du député wallon et sénateur de Communauté, Richard Miller (MR) lorsqu’il déclare que « cet échec, dans le chef d’une entreprise dont l’actionnariat est la Région wallonne, n’est pas seulement dommageable en termes de manque à gagner mais aussi en termes d’image ». Ce cas emblématique, et médiatisé, ne doit pas nous faire oublier que nombre de nos PME sont régulièrement ignorées des pouvoirs publics, certes coincés par le moins disant et donc toujours à la recherche du prix le plus bas, qui leur préfèrent des sociétés étrangères. Et c’est ainsi que notre pierre bleue se retrouve détrônée par une pierre asiatique beaucoup moins chère. Quand on compare à d’autres pays, comme la France ou l’Allemagne, par exemple, il faut avouer que nous manquons de patriotisme économique. Et singulièrement dans le chef de nos autorités, qu’elles soient locales ou nationales. Or, soutenir les « jeunes pousses » à croître et à se développer ne consiste pas seulement à les abreuver d’aides diverses, mais également à les accompagner et à ne pas les abandonner en cas de problème. Problème parfois créé, d’ailleurs, par l’une ou l’autre administration en retard de paiement de factures. Il ne sert à rien d’aider d’une main et d’entraver de l’autre ! À l’heure où l’on évoque à nouveau l’industrie et le rôle moteur qu’elle joue dans l’économie, il n’est pas inutile de se pencher sur la question de la promotion d’entreprises de production de biens, tant d’équipement que de consommation. Que ce soit des produits traditionnels et typiques de notre pays ou des produits moins connus mais qui, par leur innovation et technologie, séduisent les marchés étrangers. Car, si notre pays est ouvert à l’importation, il est également un champion à l’exportation. Made in Belgium : un label de qualité Tous les entrepreneurs qui voyagent vous le diront, le label Belgique est tou-
jours considéré comme une garantie de qualité à travers le monde. Et ce label ne concerne pas seulement nos bières, chocolats, gaufres et autres dentelles. Mais touche toute une série de domaines dans lesquels nous avons été pionniers et occupons encore souvent une place de pointe. Notre pays, qui a été, il y a un siècle, le deuxième pays le plus industrialisé du monde, derrière l’Angleterre, a plus que de beaux restes. Mais il ne faut pas se leurrer, nos grandes industries n’occuperont plus jamais des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes. Le monde a évolué et l’industrie, qu’on le veuille ou non, a migré en grande partie sous d’autres cieux. Il est des secteurs qui sont malheureusement et inexorablement condamnés à voir leur activité se réduire. Prenons simplement la sidérurgie. Si, dans les années’80, l’Europe occupait encore une position prépondérante en termes de production d’acier, cette dernière s’est depuis déplacée en Asie, où la Chine caracole en tête. Les chiffres fournis par la World Steel Association sont sans appel : alors que l’Union européenne ne représente plus, en 2010, que quelque 12,2% de la production mondiale, la Chine en pèse déjà presque la moitié (44,3%). Et cette tendance va s’accentuer dans les années qui viennent Un marché chinois où l’on retrouve de nombreuses entreprises belges dont l’expertise sidérurgique est reconnue mondialement. Comme, par exemple, le bureau liégeois Drever International qui développe et vend des fours de traitement thermique pour la sidérurgie à froid et qui exporte à 99% (dont 80% en Chine). Société américaine à l’origine, elle fait aujourd’hui partie d’un groupe allemand. Il ne faut pas oublier que nombre de nos entreprises grandes, moyennes et petites sont des filiales de groupes étrangers qui donnent du travail à des Belges. De la même manière que nos entreprises créent des filiales à travers le monde pour se rapprocher des marchés qu’elles prospectent, les multinationales investissent en Belgique car elles y trouvent les compétences qu’elles recherchent et des infrastructures de qualité. Un argument supplémentaire contre ceux qui prônent le protectionnisme sous couvert de démondialisation. Un autre exemple remarquable de développement d’une entreprise active dans un domaine traditionnel (le lin) nous est donné par la société mouscronnoise Vandeputte. En l’espace de 20 ans, cette PME familiale est devenue un leader européen dans la production d’huile de lin destinée à la fabrication de détergents ainsi que de polymères de haute technologie. Une production locale et durable Ces deux exemples, parmi d’autres, témoignent que l’activité industrielle constitue plus que jamais le fer de lance de notre économie. Car, on l’oublie souvent, l’industrie génère, selon les cas, pour un emploi direct, de 1 à 3 emplois indirects, essentiellement dans les services. Et dans les échanges mondiaux, elle constitue une part qui tourne autour de 85% des transactions. Son poids est donc incontestable. Les deux entreprises citées plus haut dont on ne peut pas nier le label « made in Belgium », sont également des entreprises très internationales. La première faisant partie d’un groupe étranger, et la seconde important la matière première (graine de lin) du Canada, de Russie, d’Ukraine et du Kazakhstan qu’elle valorise. C’est pourquoi, il apparaît relativement difficile de créer un label quelconque du type « fabriqué en Belgique » ou « Origine Belgique garantie ». Pourtant il semble qu’un label de ce type puisse séduire le consommateur. Ainsi en France, note l’économiste Robert Rochefort, « tous les sondages montrent qu’un tiers des Français sont prêts à acheter des produits français plutôt qu’étrangers si la différence de prix n’excède pas 10 à 15%. Or le différentiel est souvent de 20 à 25%. La qualité peut être une réponse pour franchir ce fossé. » Qualité, label, durable ! Une qualité que l’on retrouve, notamment, dans les produits de terroir. Si ces produits concernent essentiellement l’agroalimentaire au sens large, ils indiquent une direction à suivre. Mais encore faut-il ne pas s’endormir sur ses lauriers car, en dehors des appellations protégées, là aussi la concurrence internationale fait rage. Des vins chinois ne viennentils pas récemment de se voir attribuer de meilleures notes que des Bordeaux à l’occasion d’une dégustation à l’aveugle. Outre la qualité, le local et le durable sont aussi amenés à prendre de plus en plus d’importance dans les années qui viennent. Et dans le domaine du renouvelable, par exemple, notre pays et la Wallonie en particulier ont une belle carte à jouer dans le développement de nouvelles technologies innovantes, comme Xylowatt à Charleroi qui est aujourd’hui leader européen dans de la cogénération par gazéification de biomasse. Dans le même esprit, l’environnement représente également de belles potentialités de croissance et de développement à saisir. Alors, relocaliser et réindustrialiser ? Oui, en partie, mais la solution est peut-être d’imaginer de nouvelles « industries » ancrées localement. Valentin Tinclère Entreprendre Aujourd’hui N°137 - décembre 2011- 41



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