Endorphinmag n°34 nov/déc 2015
Endorphinmag n°34 nov/déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de nov/déc 2015

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : www.endorphinmag.fr

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 90

  • Taille du fichier PDF : 73,6 Mo

  • Dans ce numéro : l'aventure du Team France Jeune sur le RIF.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Parmi les deux équipes jeunes retenues par l’organisation du Raid in France nous apercevons une équipe constituée d’Axel Certain, Mickaël Serrano, Gaël Vidal et moi-même, Juliette Crété. J’ai pris grand plaisir à rédiger ce compte-rendu pour partager mon expérience sur ce raid de barjot ! Merci merci merci merci merci à mes 3 coéquipiers, vous avez été énormes et adorables avec moi, c'est quand vous voulez mes petits poulets ! Bon bon bon déjà presque un mois que je suis rentrée de ce Raid in France, je suis quasiment descendue de mon petit nuage donc maintenant place au fameux compterendu et ça c'est quelque chose ! Le jour de mes 18 ans, j'ai reçu un sms de ma pétrolette qui me disait  : « Maintenant on peut faire des manches de coupe du monde ! » ; sur le coup j'ai bien rigolé… et deux mois après on m'offre cette opportunité, c'est de la folie mais pourquoi refuser ? Certes je suis jeune, certes j'ai le temps, certes ce n'est pas de mon âge mais comment vous dire que j'en mourais d'envie ! Et puis autant commencer maintenant puisqu'avec toutes les choses que je veux faire, je ne suis pas sûre d'avoir assez d'une vie ! Après quelques difficultés à constituer mon équipe, regrouper l'ensemble du matériel, passer les différents tests et obtenir l'autorisation de mon directeur ainsi que celle de mes parents (pas très difficile) me voilà partie sur le Raid in France 2015 qui s'est déroulé dans l'Ain du 16 au 20 septembre. Je pourrais écrire un compte rendu complet sur la préparation d'avant raid tellement c'est long et compliqué mais je préfère vous épargner cela ! En tout cas, une fois tous retrouvés à Hauteville-Lompnès nous avons mangé une bonne grosse pizza, voilà la seule chose que j'ai retenue... ah et aussi lorsqu'une gentille dame nous a donné la feuille illustrant le profil de la course, cela aussi m'a marqué ! Et j'avais encore plus hâte de démarrer, ça promettait d'être mortel ! Mais le top dans tout ça, c'est de voir les autres équipes avec une moyenne d'âge de 40 ans  : des machines de guerre sur-expérimentées, des modèles, des vendeurs de rêves. Je n'ai donc pas hésité à récupérer tous les petits conseils qui auront été forts utiles. Mardi 23h59  : une petite bise à papa... Mercredi 00h  : Go go go ! Wouah, ça y est, j'y suis, c'est dingue, wouah. Avec les gars, nous partons comme des balles, nous avons un seul et unique objectif, gagner le prologue ! Nan j'déconne... Nous partons tranquille, de toute façon les sacs pèsent la blinde et il reste 90h de course. Orientation propre, je constate aussi très vite que je vais courir avec des sacrés rigolos et ça me plaît bien ! Nous arrivons avant dernier au départ du trek, pas de panique il reste 89h. Team France jeune sur le RIF Nous enchaînons par un gros trek, de quoi faire une bonne séance de jardinage toute la nuit, coool ! En effet, nous jardinons, nous cultivons, nous semons, nous cueillons mais nous ne trouvons pas les balises… quelle galère cette carte au 50 000ème ! Nous passons des heures en forêt à faire des hypothèses qui semblent toutes bonnes, nous ne croisons personne, cependant, nous restons positifs, on est contents d'être là, à en chier comme pas possible sous la pluie les pieds dans l'eau ! Gaël et Micka rêvent déjà d'un bon kebab et Axel d'une bonne poêlée de champignons suivie d'une belle tartiflette, on n'est pas rendu ! On se demande même si l'orga n'est pas en train de faire des estimations ou des paris sur le temps que l'on va mettre pour trouver la prochaine balise… Le plus drôle dans l'histoire c'est quand on a découvert à la 8ème balise que dans notre pochette, nous avions une carte au 25 000ème  : champiooon ! Peu importe, même avec cette carte on galère comme des dingues. Du coup, on laisse quelques postes derrière nous et on termine ce premier trek en 15h, perso j'avais déjà grave mal aux pieds, ils étaient tout fripés mais j'ai dit aux mecs de relativiser, il ne restait que 75h de raid ! Nous continuons notre périple par une petite virée en Stand Up Paddle, une grosse blague, l'épreuve la plus physique du raid pour ma part. 2 petits kilomètres à parcourir sur le lac de Nantua et en prime des rafales de vent qui m'expulsent à l'autre bout, je peux vous dire que mes gros bras n'ont pas trop apprécié. Les gars m'attendent depuis 15 min et après 3 tentatives je me fais rapatrier sur la berge, ouf ! Il faut enchaîner avec une petite section de trek, un beau mur, on a grave la pêche et on est contents parce qu'on trouve les balises, ça change, du coup on les prend en photo tellement on est contents, oh oui on est contents. Nous arrivons aux caisses VTT, place à notre premier petit dodo sur une bâche, c'est chouette. Youhou, maintenant on va faire « un peu » de vélo, yes, trop de la balle ! Effectivement, une grosse section nous attend et là c'est plus du jardinage que l'on fait mais nous songeons plutôt à re-cartographier l'ensemble de la carte, je pense que l'on aura emprunté l'intégralité des chemins présents sur le terrain, des vrais boulets. En route, nous croisons même un tracteur-punto, vous voyez le tracteur ? Vous voyez la Fiat Punto ? Eh bien assemblez les deux ! Bref, premier moment difficile pour moi, je suis bien crevée et les gars en ont plus que marre de tourner en rond, on décide donc de faire un petit somme sous un abri dans le village le plus proche. C'est dans un lavoir/abri bus que nous passons notre première petite nuit (2h de dodo) et à notre réveil nous constatons que nous avons de la compagnie. En effet, les petits collégiens et lycéens attendent impatiemment leur bus quotidien et nous on est comme des kékés en train de se les peler et de se rhabiller vite fait. Nous repartons aussitôt, il est 7h-8h du matin (Jeudi) et il pleut… encore. ENDORPHINMAG.FR N°34 - novembre décembre 2015 24 # COURSE  : L’aventure du Team France Jeune sur le RIF by Juliette CRÉTÉ Photos Juliette Crété
Nous rejoignons enfin le départ du canoë où nous retrouvons l'autre équipe jeune ainsi que Ludo et Emilien, ça fait zizir ! En plus, on nous apprend que nous ne pouvons pas partir sur les 40 bornes de canoë à cause du temps (météo & chrono), nous sommes donc rapatriés au point d'assistance suivant. Nous remontons sur les vélos pour encore un bon bout de temps, c'est sympa, on s'éclate, on discute, trop de la balle quoi, surtout dans les chemins boueux, les côtes, les cailloux, énorme ce raid ! Bon à partir de ce moment jusqu'au vendredi c'est un peu flou dans ma tête, je ne me souviens absolument plus de l'ordre des sections et de ce que nous avons fait, c'est le vide. Ce qui est sûr, c'est qu'on a récupéré tout le matériel montagne à un moment, que notre sac était méga lourd, que j'ai voulu faire une petite sieste avant de monter 364 courbes de niveau et que pendant ce temps, Axel me surveillait et les deux autres zozos étaient en train de chasser un faisan pour le faire cuire à la broche. Et oui, des gros malades mais à vrai dire, ils n'ont jamais réussi à le choper le bétail... Du coup, on a continué à rouler ! Je me souviens aussi avoir fait une via-corda/via-ferrata de nuit. Enfin, plus ou moins car la lampe d'Axel s'est arrêtée dès le début de la via donc je me suis immédiatement proposée pour l'accompagner à l'autre bout du tunnel ce qui m'a évité de faire la via, ce fut un sacré soulagement... mouahaha ! Gaël et Micka ont fait ça à une vitesse incroyable, je n'ai même pas eu le temps de m'assoupir. Bon, ensuite notre objectif était Hauteville pour l'arrêt obligatoire de 3h et ça c'est trop de la balle. Arrivée là-bas, l'équipe est au top de sa forme, surtout quand il s'agit de bouffer et dormir. Je croise mon papounet et son équipe de choc ainsi que plein d'autres raideurs plus ou moins au taquet. Je me roule dans le torchon et c'est parti pour 3h de sommeil intense sur le carrelage de la salle, une tuerie, qu'est-ce que c'est bon ! Puis place à la « douche » qui consiste tout simplement à prendre des lingettes et tenter de cacher la misère en frottant. Vendredi 4h00  : Et hop, c'est reparti pour l'autre moitié du raid, franchement on n'a jamais été aussi près du but, je kiffe. C'est sur le vélo, sous la pluie et en montée (je me répète) que nous reprenons la route. Je suis en pleine forme et l'orientation nous semble presque facile maintenant... Cependant, ça n'a pas l'air d'aller pour tout le monde. Effectivement, Micka a du mal à se réveiller, il s'arrête plusieurs fois pour compléter sa courte nuit  : local poubelle, « église » … et c'est dans une belle pâture qu'on apprend qu'il ne va pas du tout bien, il a le bide en vrac et ne peut plus avancer, il vomit et ne peut plus s'alimenter. Ils décident d'appeler les médecins et ne veut pas continuer, nous nous rendons alors dans une petite ferme pour se poser tranquillement. C'est d'ailleurs ici que nous avons eu le plus gros fou rire du raid ?.. Axel, au téléphone avec la doctoresse  : Axel  : Micka vomit, ne mange plus, etc. Dr  : Et bien il faudrait lui donner une demi-cuillère à café d'eau. Axel (mort de rire)  : Bah c’est pas beaucoup. Dr (énervée)  : Comment ça c'est pas beaucoup ? ! Axel  : C'est quasiment rien quoi. Dr (vénère de ouf)  : Il faut lui donner une demi-cuillère à café d'eau pour commencer à le réhydrater ! Alors là forcément, on explose de rire, Axel prend sa gourde et verse une goutte sur la table puis dit à Micka  : « Bah tiens, bois ! ». J'avais mal aux abdos... Cesse de plaisanterie, nous quittons Micka et retournons à nos moutons. Ça fait 10h qu'on est sur nos vélos et on n'a pas fini ! Nous continuons cette grosse section dans la joie et la bonne humeur, les gars sont toujours au top avec moi, j'ai les cuisses qui chauffent mais on est presque arrivés il reste 24h youhouu. Nous nous retrouvons dans un petit village où nous dévalisons une boulangerie, Axel passe un petit moment aux toilettes, fait un bon shaker de Smecta puis nous entamons une sacrée côte. 2h après, nous sommes en haut, il commence à faire nuit mais on est contents, c'est la dernière ! Dernier coup de mou du raid, une fin de section assez difficile, j'en profite donc pour manger LA barre de céréales que ma maman m'avait donnée au départ de St Just et que j'ai gardé dans ma petite poche tout le long du raid. Samedi 00h01  : Nous arrivons enfin au bout de cette loooongue section VTT, nous avons mis 20h pour la faire ahaha. Un feu nous attend, nous dormons 3h et à notre réveil une organisatrice nous explique qu'il faut attendre les deux dernières équipes afin d'être rapatriés et finir le raid avec le reste des équipes. L'équipe jeune est arrivée vers 4h30 et l'équipe suédoise vers 6h00, ce fut assez long. Je suis rapatriée en camion alors qu'Axel et Gaël en taxi... mais genre un vrai taxi... un taxi propre… mais Axel et Gaël n'étaient PAS propres... Imaginez un peu le délire, apparemment ils se sont bien marrés mais pas trop le chauffeur ! En les attendant j'ai pu voir l'équipe de papa et plein d'autres gens trop chouettes comme les belges par exemple, une bonne partie de rigolade, sous la pluie, encore une fois. Une fois que je retrouve mes deux gars, nous repartons comme des flèches pour finir ce raid en beauté. Enfin, on a tout de suite été calmés par la pente... Nous arrivons au dernier point de contrôle où je trouve Julian, Laëtitia et Loïc, quel plaisir de voir des gens civilisés et propres. Petit selfie et c'est reparti ! Samedi 15h15  : Oulalalah je vais pleurer, non il ne faut pas que je pleure, oh c'est sûr je vais pleurer ! Purée… C'est dingue ! Je suis trop contente ! Mamamyia. Mais qu'est-ce que je vois ? LA LIGNE D'ARRIVÉE !!! ! Je l'ai fait, yeeeeees ! Trop de la balle. Bon voilà, champagne les gars, quelle joie de passer cette ligne avec mes coéquipiers géniaux, de voir toutes ces personnes qui t'applaudissent parce que tu as fait un raid de 87h et que tu es complètement tarée mais alors complètement. Le pire c'est que j'ai bu une gorgée de pétillant et j'étais déjà bourrée... Bref, j'ai kiffé mais alors de fou ! C'était osé mais franchement c'est faisable et même à 18 ans, ok j'étais bien crevée pendant un bout de temps mais ça en valait la peine ! Le principal est d'être conscient de l'effort et savoir le gérer intelligemment, j'ai dormi, j'ai mangé, j'y suis allée au train, j'ai écouté mon corps et je ne me suis jamais mise dans le rouge parce que je n’ai que 18 ans et j'ai encore beauuuuucoup de temps devant moi et beaucoup de choses à apprendre. Et pour ceux qui pensaient que j'allais être dégoutée et bien loin de là... 2018 = Finale ARWS à la Réunion (n'est-ce pas Papa). Woow c'était énorme. Pour plus d’infos, photos et vidéos  : www.raidinfrance.com ENDORPHINMAG.FR N°34 - novembre décembre 2015 25 # COURSE  : L’aventure du Team France Jeune sur le RIF ENDORPHIN



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