Endemix n°16 sep/oct/nov 2016
Endemix n°16 sep/oct/nov 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de sep/oct/nov 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Le Poemart

  • Format : (200 x 283) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial danse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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p. 10 Éric Dell’Erba ENDEMIX n°16 septembre - novembre 2016 Spécial SILO interview Le salon son encre qui n’a pas fini de faire couler Propos recueillis par Fany Torre Pour des raisons économiques, il n’était pas certain que le nouveau rythme de croisière du Salon du livre océanien – SILO se tenant une année sur Poindimié et l’autre sur Nouméa, allait pouvoir être maintenu. Mais l’édition nouméenne 2016 aura finalement bien lieu. Ensemble, les directeurs de la bibliothèque Bernheim et de la Maison du Livre font un point sur la situation. 4 40 Spécial SILO De gauche à droite  : monsieur Poulpe, mascotte du SILO depuis ses débuts en 2003, Jean-Brice Peirano, directeur de l’association Maison Célières/Maison du Livre de la Nouvelle-Calédonie et Christophe Augias, directeur de la bibliothèque Bernheim.
Endemix  : Imaginons que vous rencontrez un Esquimau qui vous dit « SILO pikarikpok* ? »... Que lui répondez-vous ? Christophe Augias, directeur de la bibliothèque Bernheim et principal organisateur du SILO  : Que c’est le sigle du Salon international du livre océanien, qui n’est pas vraiment un salon, en fait... ! Il s’apparente plutôt à ce que les Anglo-Saxons appellent un Writers Festival, c’est-à-dire un événement axé sur les rencontres, où notre ami venu du froid pourra discuter sans vergogne avec les auteurs et les professionnels présents. Jean-Brice Peirano, directeur de la Maison du Livre, coorganisateur du SILO  : Oui, lui dire que ce n’est pas qu’une foire, pas qu’une librairie géante à but commercial, comme le Salon du livre de Paris. Même si on peut y acheter des livres, bien sûr. Et que c’est un rendez-vous qui a une dimension océanienne que les festivals similaires, en Australie ou en Nouvelle- Zélande, n’ont pas, car ils excluent les littératures francophones. Bien lui préciser que nous avons des interprètes qui nous permettent d’inviter sans problème des anglophones.C. A.  : Et que nous tenons à mettre l’accent sur la transversalité entre la littérature et les autres arts, théâtre, musique, sculpture, etc. En tout cas, il faut prévenir monsieur l’Esquimau que, lorsqu’il viendra, il va devoir bien se protéger des UV, car la graisse de phoque ça fond trop vite chez nous ! Imaginons-nous maintenant télétransportés en 2116... Que sera devenu le SILO ? C. A.  : Il aura lieu sous un igloo ! J.-B. P.  : C’est vrai que c’est convivial, les igloos... Et, du coup, on aura resserré nos liens avec nos festivals frères, Pirogue, au Vanuatu, et Lire en Polynésie, à Tahiti. Et on aura créé plus de ponts entre les champs littéraires, entre l’écrit et le conte, notamment. Et les traductions entre langues océaniennes se seront développées.C. A.  : Oui, car la traduction est un facteur essentiel à « l’intégration régionale » dont on entend tant parler. Mais le français restera sûrement le lien linguistique entre la Polynésie, le CC La littérature a le droit et le devoir de prendre place dans la construction du pays Vanuatu et nous. J’espère qu’en 2116, on aura fondé ensemble le FLFP, le Front littéraire francophone du Pacifique ! Blague à part, nos salons sont des occasions uniques pour les auteurs étrangers et les pros de découvrir les littératures francophones, mélanésiennes et polynésiennes. Ils sont des vitrines et des lieux de vraies rencontres. Le but est de repartir avec des nouveaux livres, des nouveaux projets, mais aussi de nouveaux copains. Il faudrait que ça soit toujours le cas dans cent ans ! J.-B. P.  : Et que nous arrivions aussi à toujours plus enrichir nos liens avec les scolaires, avec le monde associatif et bien sûr avec les tribus.C. A.  : Oui, c’est toute la difficulté. Les animations et les résidences dont nous rêvons ne doivent pas relever du tourisme ! Malgré les bonnes intentions, on ne peut jamais garantir que la connexion humaine se fera. Mais on y travaille. En 2003, il s’était passé de belles choses de ce genre à Poindimié, à une époque où il n’y avait pas de centre culturel en Brousse, ni de conservatoire, ni de festival comme Ânûû-rû Âboro. J.-B. P.  : Le développement des liens avec la Brousse est un acte politique fort qu’il faudra toujours encourager. Le livre est l’un des meilleurs vecteurs de savoir et de connaissance nécessaires au destin commun. La littérature a le droit et le devoir de prendre place dans la construction du pays. Le SILO a-t-il souffert des coupes budgétaires que subit le domaine de la culture cette année ? C. A.  : Oh oui ! Mais il faut voir le bon côté des choses. « Grâce » à ces restrictions, nous avons dû faire des économies. Et ça nous a amenés à mutualiser les moyens de nos différentes structures. Cette année, le SILO est ainsi organisé par quatre établissements publics et une association  : la bibliothèque Bernheim, l’Agence de développement de la culture kanak et le centre culturel Tjibaou, l’Académie des langues kanak, le Conservatoire et la Maison du Livre. J.-B. P.  : C’est parce que nous devions nous serrer les coudes que le centre culturel Tjibaou nous a ouvert son espace. C’est un très bel écrin, avec des structures parfaitement adaptées  : des salles de conférence, de projection, de spectacle, etc. Et puis, nos différentes équipes se connaissent déjà et s’apprécient...C. A.  : Et quelque chose d’important pour notre festival poulpesque  : nous serons, comme toujours, face à la mer ! * « Le SILO, c’est quoi ? », en langue inuit. Votre meilleur souvenir du SILO ? C. A.  : Sa première édition, en 2003, dans le vieil hôtel Monitel de Poindimié. Nous étions une bande de bibliothécaires motivés, mais qui n’avaient jamais organisé ce genre d’événement. Et on a survécu ! J.-B. P.  : Ses dix ans, en 2013, quand j’ai vu le chemin parcouru et Christophe se transformer en poulpe dans le cadre d’un spectacle des Bataclowns ! Et le pire ? C. A.  : Une année où toute une série d’incidents diplomatiques et climatiques nous sont tombés dessus. À part la mort d’un invité, il ne pouvait y avoir pire pour un organisateur ! J.-B. P.  : Je me souviens, en 2007, des pluies torrentielles qui s’abattaient sur le toit en tôles de la salle de conférence où l’éditeur Gilles Colleu devait hurler pour se faire entendre. Et, il y a deux ans, ce même homme qui tente à nouveau d’animer une table ronde, alors que, juste à côté, Adjé et Jean- Marie Ganeval taillaient des sculptures à la tronçonneuse ! Infos pratiques Quand ? Du 6 au 9 octobre 2016. Où ? Au centre culturel Tjibaou, à Nouméa (entrée exceptionnellement gratuite pendant les quatre jours). Qui ? Une douzaine d’écrivains et professionnels internationaux (Australie, Nouvelle-Zélande, Polynésie, Fidji, Vanuatu et Bali) et une trentaine de locaux (voir p.12-13). Tendances Beaucoup de sujets historiques, d’invités polynésiens et de la gente féminine. Animations Librairie géante, conférence, débats, dédicaces, siestes musicales, projections de films, concerts de chansons à texte (Bastien Lallemant et Paul Wamo), spectacles (Paroles de Thio et Face à Face), contes, expositions, etc. ENDEMIX n°16 septembre - novembre 2016 Spécial SILO p.11



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