Endemix n°13 déc 15/jan-fév 2016
Endemix n°13 déc 15/jan-fév 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de déc 15/jan-fév 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Le Poemart

  • Format : (200 x 283) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 64,3 Mo

  • Dans ce numéro : flèches de la musique 2015...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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t héâtre Maloya Raconte-moi d’où tu viens Dans une libre adaptation du conte Maloya de Manuel Touraille, la compagnie les Arpenteurs du Caillou mêle théâtre, danse et musique dans un spectacle pour enfants. Poétiquement, les trois artistes de la troupe prêtent leurs voix et gestes à différents animaux totémiques qui racontent les origines mythologiques de chacun de leur monde. Idéalement programmée lors de l’ouverture du festival Pikinini, la troupe des Arpenteurs du Caillou a profité de la grande salle du centre culturel Tjibaou pour présenter Maloya. Car il en fallait de la place pour installer le lieu de l’intrigue, cet immense océan dans lequel est jetée Maloya, la poupée naufragée. Elle y rencontrera tour à tour requin, dugong, oiseau, tortue et dauphin qui lui raconteront leur version de la création du monde en parole et chorégraphie ponctuées d’une musique de percussion jouée live. Dissimulation, révélation Les animaux sont incarnés par les danseurs Yoan Ouchot et Jean-Denis Poudewa, dont les visages sont recouverts de masques à la fois réalistes et très oniriques. Les deux créatrices de la compagnie des Arpenteurs, Magali Song et Manissa Panatte, renouent ici avec une de leur passion, le tupèng, le théâtre masqué indonésien. Complétant les informations du livre, les masques – modelés par la marionnettiste de renom Claire Vialon – et les attitudes dansées des comédiens donnent un réel caractère aux protagonistes. On sent le requin taquin, l’oiseau fier et le dugong plus fragile. Alors que ces masques sont un des très bons points esthétiques du spectacle, on pourra regretter que les comédiens les enfilent au su du spectateur dans des coulisses à vue. Héritage des longues années de Magali Song passées en France avec la compagnie itinérante la Passerelle, elle a choisi d’installer les coulisses de part et d’autre de la scène. « Le public peut ainsi voir les transformations des personnages » explique-t-elle. Mais cette métamorphose, source de magie, n’aurait-elle pas plutôt intérêt à demeurer secrète pour ne pas déconcentrer le spectateur et surtout ne pas rompre la surprise de la découverte ? Patrick Hamm/Patham Un spectacle pour grands L’interprétation des trois danseurs-comédiens remplit tout à fait le contrat et le travail de transposition du geste mené par la metteur en scène et la chorégraphe fonctionne bien  : grâce au mouvement dansé, le spectateur est invité à recréer l’univers autour du comédien. La tempête, la noyade, les abysses, tout est suggéré par les attitudes des danseurs dans un décor discret et très poétique comme la mer de soie au premier plan de la scène. Cependant, la pièce hérite des écueils du livre et parfois le propos principal des origines du monde est court-circuité par d’autres problématiques tels que l’écologie, sans que le texte ne délivre de morale voire même de conclusion. Le spectateur de tout âge en sortira néanmoins ravi par la prestation chorégraphique et théâtrale, technique, sensible et teintée d’une petite dose d’humour. > La prochaine diffusion  : le 7 décembre 2015 place de la Marne, festival d’été de la ville de Nouméa. > Pour 2016, Maloya sera présenté les 1 er, 2 et 3 avril au centre culturel du Mont-Dore, ainsi qu’au centre culturel de La Foa en fin d’année. > Programmation à suivre sur  : CieLesArpenteursDuCaillou ii ; ENDEMIX n°13 novembre 2015 - février 2016 Critiques spectacles p.43
ENDEMIX n°13 novembre 2015 - février 2016 p.44 Critiques littéraires n ouvelle n ouvelle La réalité en face Léopold Hnacipan avait créé la surprise, dans Olé Oléti, par sa volonté de transgresser les tabous de la sexualité dans le monde kanak et de la place de la femme. En 2015, il revient sur l’avant-scène littéraire avec une série de nouvelles inédites (Simano et le recueil De séduction en séduction) et poursuit dans cette même veine, levant le voile sur des réalités bien difficiles à assumer. Trahison, mariages arrangés, suicides, enfants non désirés et non reconnus, prostitution, violences, etc, autant de thèmes abordés par Léopold Hnacipan dans ses dernières nouvelles. Une réalité du monde kanak contemporain qui dérange profondément, mais que l’auteur parvient à évoquer simplement par la fiction. Observateur attentif de la société, Léopold Hnacipan est un écrivain qui ne prend pas l’écriture à la légère. Du bout de sa plume, il pointe les vicissitudes de l’adolescence kanak, les difficultés des relations familiales, conjugales et coutumières sans pour autant se poser ni en censeur, ni en juge. Pas d’accusation, ni de morale mais des nouvelles qui bousculent et font réfléchir. Lcopold H nac p De séduction en séduction et autres nouvelles De séduction en séduction et autres nouvelles de Léopold Hnacipan, éd. Humanis, 2015, 128 p Léopold Hnacipan SIMANO OR, UNE NOUVELLE Al If EcrhenOdanie Simano de Léopold Hnacipan, Écrire en Océanie, coll. Un auteur une nouvelle, 2015, 27 p n ouvelle Derniere venue Nouveau visage du paysage littéraire local, Isa Qala est une auteure avec qui il faudra compter tant sa passion de l’écriture est grande (voir p.20). L’Enfant de la route, première nouvelle publiée de la benjamine de la grande fratrie des écrivains calédoniens, annonce bien d’autres textes à venir. Un nom à retenir ! par Virginie Soula et Claire Thiebaut Classiques contemporains Attendus depuis de nombreuses années, les éditions Madrépores viennent de rééditer Utê mûrûnû, petite fleur de cocotier et L’Agenda, deux recueils de nouvelles de Déwé Gorodé publiés dans les années 1990 par les éditions Grain de Sable. Une politique éditoriale à saluer et à encourager car ces deux ouvrages sont aujourd’hui devenus des incontournables de la littérature calédonienne contemporaine et nous sont offerts enrichis de deux textes inédits chacun, d’une biographie et d’une bibliographie complète de l’auteur. Écrits au lendemain de la période dite des « Événements », ces recueils marquent l’entrée de la chef de file de la littérature kanak contemporaine dans l’écriture de fiction. Résolument ancrés dans leur époque, ces ouvrages interpellent encore aujourd’hui  : tout à la fois affirmation littéraire de la culture kanak et interrogation sur son avenir dans un monde en pleine mutation. Utê mûrûnû, petite fleur de cocotier [1994] de Déwé Gorodé, éd. Madrépores, 2015, 115 p L’Agenda [1996] de Déwé Gorodé, éd. Madrépores, 2015, 123 p L’Enfant de la route de Isa Qala, Écrire en Océanie, coll. Un auteur une nouvelle, 2015, 26 p



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