Endemix n°13 déc 15/jan-fév 2016
Endemix n°13 déc 15/jan-fév 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de déc 15/jan-fév 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Le Poemart

  • Format : (200 x 283) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 64,3 Mo

  • Dans ce numéro : flèches de la musique 2015...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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musique internationale SAGES COMME DES SAUVAGES LARGUE LA PEAU un drôle de nom que s’est choisi ce duo francoaméricano-gréco-corso-bruxellois ! « Sages comme des sauvages, c’est un jeu de mots mais c’est aussi plus profond. En détournant une expression connue de tous, on évoque la sagesse de celui qui est considéré comme barbare ; c’est une invitation à la simplicité, aux choses brutes, mal taillées, pas virtuoses, mais belles ». Ils sont donc deux  : Ava Carrère et Ismaël Colombani, deux jeunes musiciens autodidactes qui entendent du folklore partout. Sur les trottoirs de Belleville, en Amazonie, dans une fête de village dans les Pyrénées ou sur l’île de La Réunion… Leur passage dans ce territoire les a d’ailleurs tellement marqués qu’ils ont repris plusieurs textes du poète et musicien réunionnais Alain Péters, décédé en 1995. C’est donc avec des bouts de maloya, de country, de rebetiko, de calypso, tous ces rythmes, ces sons chopés au cours des voyages et des rencontres que le duo va broder, surpiquer son propre folklore imaginaire. Un peu à la façon du collectif angevin Lo’Jo, précurseur SAGES COMME DES SAUVAGES - Largue la peau -/le d’un nouveau métissage revivifié par le texte. Leur premier album s’intitule Largue la peau et c’est bien de cela dont il s’agit  : larguer son identité, se recréer, devenir les autres, migrer, récolter des sons d’ici et de là, des chansons de n’importe où, des instruments d’ailleurs, les marier, les digérer pour décaler l’exotisme. La production, très fine, assurée par Christophe Hauser (Camille, Titi Robin…), rend hommage à une musique foisonnante et pourtant étonnamment dépouillée, génialement simple et précise. À eux deux, ils se partagent les rôles  : Ava, auteure-compositeure interprète, joue du kayambet du défi (une percussion originaire du nord de la Grèce), dessine la pochette de leur disque, chante en français, en créole et en anglais, pendant qu’Ismaël chante aussi, maltraite son violon comme si c’était une guitare, et gratte également du cavaquinho et du bouzouki. Ensemble, ils animent des chorales sauvages et imaginent le folklore d’un pays à inventer ! Par Marion Rudloft BALLAKÉ SISSOKO & VINCENT SEGAL MUSIQUE DE NUIT Ballaké Sissoko, le griot malien virtuose de la kora, et son ami violoncelliste, premier prix de conservatoire, Vincent Segal laissent la nuit de Bamako stimuler leur inspiration. Une douceur bienfaisante enveloppe la terrasse de la maison de Ballaké. Leurs délicates mélodies transcendent la réalité contingente pour laisser s’épanouir la liberté du rêve. Une chèvre qui bêle, la rumeur lointaine d’une voiture, rien ne peut nous distraire de cet enchantement. La légende veut que la première kora soit née du fleuve et que ses cordes étaient la chevelure d’une naïade. Sous l’ample jeu d’archet de Vincent Segal, celles du violoncelle pourraient former le voile qui laisse deviner ses formes sublimes… La réunion des deux joueurs de cordes va bien au-delà d’une simple affinité entre improvisateurs. Elle s’est Largue la peau, de Sages comme des sauvages, éd. À Brûle Pourpoint, 2015 Musique de nuit, de Ballaké Sissoko et Vincent Segal, éd. Sony Music, 2015 construite avec le temps, du bout de leurs doigts fins. Ballaké Sissoko, homme discret un peu timide, fut le premier à exprimer son vœu de faire chanter ensemble leurs instruments. Depuis dix ans, la proximité des deux musiciens s’est transformée en amitié solide, forgée dans l’intimité de retrouvailles musicales chez l’un ou l’autre. Toujours plus avant, ils aspirent à poursuivre la conversation instrumentale dans leur jardin secret. Avec amour, ils en cultivent les fleurs, apprenant ensemble à en harmoniser couleurs et parfums. Chamber Music, leur premier album, était enregistré dans la nudité close du studio de Salif Keïta. Musique de nuit prend son envol dans un halo de lune, et la voûte étoilée frémit de sa beauté. Par François Bensignor p.41 Critiques musique ENDEMIX n°13 novembre 2015 - février 2016
p. 42 Sébastien Cheniclet ENDEMIX n°13 novembre 2015 - février 2016 Critiques spectacles c horaleuilu Sifflez, chantez La polyphonie, très présente dans la culture kanak, dans les chants traditionnels et liturgiques par exemple, repose sur plusieurs voix, plusieurs lignes de chants harmonisées selon une base mélodique. Cette nouvelle pièce du DMTCPO permet justement de mettre en valeur son travail sur ces chants polyphoniques océaniens et kanak plus précisément. Uilu, du nom d’un petit oiseau du pays Hoot ma Whaap, est composé de chants de différentes extractions  : chants ae ae collectés par le département auprès des vieux, chants religieux, comme le doh ou les taperas et créations contemporaines, le tout en sept langues différentes. Une belle énergie De ce spectacle assez lent se dégage paradoxalement une grande énergie, transmise par une technique de chant polyphonique totalement maîtrisée par une troupe d’artistes évolutive au gré des spectacles. Le chœur, composé de chanteurs aguerris mais aussi de « mamans et de papas », comme l’explique Georgy Touyada, un des responsable du DMTCPO (voir Endemix N°12, p10) accueillent tous ceux qui veulent se joindre au projet. Une ouverture bienveillante, mais qui se voit sur scène  : une partie des chanteurs tient ses textes à la main, ce qui pourrait laisser penser parfois qu’on assiste plus à une répétition générale qu’à un spectacle totalement achevé. Malgré ce détail surprenant, c’est un groupe uni et cohérent qui se présente au spectateur, s’agrège et de désagrège pour chanter comme un seul homme. L’unité du chœur est par Claire Thiebaut Après une immersion dans les sons des flûtes kanak avec Hôôgo et la découverte du grand guerrier Ipareke, le département des musiques traditionnelles et chants polyphoniques océaniens, abrégeable en DMTCPO, revient avec le spectacle Uilu, du nom d’une petite fauvette annonciatrice de bons présages. renforcée par une attention particulière portée aux costumes, tous déclinés à partir d’un bleu vif et chaleureux selon différentes coupes de robes et de tuniques. Une mise en scène trop discrète Soutenue par Vincent Djamali, qui dirige les voix de façon claire et très dynamique, la polyphonie est parfaitement construite, offrant une bonne lisibilité des différentes voix. Mais si on sent que le chant est une pratique presque quotidienne pour une majorité des protagonistes, on comprend aussi que la mise en scène ne l’est pas. Cette dernière est embryonnaire, pourtant composée de beaux éléments comme un tronc d’arbre réutilisé en assise pour une scène du chœur féminin lors de la représentation au centre culturel Tjibaou d’août dernier. Les changements de tableaux sont un peu longs. Et bien qu’ils puissent conforter le public dans un agréable cocon de chuchotement et de murmures, ces intermèdes hésitants cassent parfois le rythme du spectacle. Mais le chant de clôture ae ae, qui invite le public à monter sur scène pour un grand pilou pilou, lui fait oublier ces quelques points négatifs au profit d’un moment où il aura senti, à de multiples reprises, la force du chant polyphonique au plus profond de son être. Toutes les infos sur le DMTCPO et le spectacle sur  : AFMI-Nouvelle-Calédonie



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