Endemix n°13 déc 15/jan-fév 2016
Endemix n°13 déc 15/jan-fév 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de déc 15/jan-fév 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Le Poemart

  • Format : (200 x 283) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 64,3 Mo

  • Dans ce numéro : flèches de la musique 2015...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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m usique studios calédoniens, l’album de famille Par Antoine Pecquet Avec l’arrivée du numérique dans l’univers musical, l’enregistrement d’un disque est devenu plus simple et plus abordable que jamais. La Nouvelle- Calédonie – où les mélomanes restent encore attachés au bon vieux CD – ne manque pas de ressources à disposition des musiciens décidés à graver leurs œuvres sur galette, de l’autoproduction intégrale aux services d’un producteur professionnel, en passant par diverses prestations intermédiaires. essentiel, pour produire un bon disque, c’est Ld’avoir de bons morceaux, que les musiciens les connaissent sur le bout des doigts. Le reste, ce n’est que de la technique » lance Christophe Planche, ingénieur du son et boss du label Big Sound. Une devise que l’on pourrait trouver au fronton des studios d’enregistrement du pays, Mangrove, Alizé, Skarabée, Bliss, Phonik, l’Enceinte ou Pure Pwela. Chacun possède son style et ses méthodes, mais beaucoup mettent en avant le volet « coaching » de leur travail. « L’accompagnement des artistes est une part très importante de mon métier, raconte Bruno Ciaccafava, du studio Skarabée. Avant d’enregistrer, je les fais jouer et rejouer jusqu’à ce qu’ils maîtrisent parfaitement leurs titres, et qu’ils se sentent tout à fait à l’aise en studio. » L’essentiel, pour produire un bon disque, c’est d’avoir de bons morceaux Pour profiter des conseils d’un expert et de son écoute avertie, les musiciens auront tout intérêt à choisir un studio en rapport avec leur sensibilité artistique. Mangrove et Alizé sont largement spécialisés dans la musique océanienne, et avec Skarabée les trois font la paire pour le kaneka. Pour les rockers, Big Sound sera peut-être plus adapté. Les autres studios n’ont pas forcément de couleur particulière. Styles vendeurs et sons de niche Parmi les motivations des clients des studios calédoniens, il y a aussi une spécificité locale  : dans un marché mondial du disque en pleine déroute, le CD s’écoule encore à peu près correctement en Calédonie, et le jeu peut valoir la chandelle. « Au rayon kaneka, musique tahitienne ou reggae, un album à succès peut dépasser le millier d’exemplaires vendus. En revanche, ici, le rap, le rock ou l’electro restent des musiques de niche, les disques se vendent parfois à moins d’une dizaine d’exemplaires », précise un responsable de Compact Megastore. L’autre raison d’entrer en studio, c’est d’obtenir, à la sortie, une archive de ses créations, de la meilleure qualité possible. Que ce soit en vue d’une diffusion sur les plateformes de téléchargement, comme outil de démarchage pour diffuseurs et tourneurs, ou en tant que carte de visite afin de solliciter une subvention provinciale, par exemple pour financer une tournée. Ou tout simplement comme souvenir d’une aventure artistique. UN MARCHÉ EN PENTE DOUCE La plupart des professionnels le disent  : le business de la musique calédonien échappe encore, en partie, à la sinistrose mondiale. Néanmoins, selon la SACENC, les sorties d’albums ont baissé entre 2014 (80 albums sortis, dont 30 sous les labels Alizé ou Mangrove*) et 2015 (50 albums sortis, dont 25 sous label). En 2013, la musique locale a fait l’objet de 88 311 diffusions en radio et télévision et 16 concerts filmés, générant plus d’un milliard de francs de royalties, reversées aux artistes, producteurs et éditeurs. TRAVAILLER SON SON  : TOUT NUMÉRIQUE VS HYBRIDE Si tous les studios calédoniens enregistrent désormais en numérique à l’aide de logiciels du type Pro Tools, certains ont conservé leurs tables de mixage analogiques et autres pré-amplis ou compresseurs analogiques d’époque. Bien que les émulateurs numériques imitent aujourd’hui le son analogique à s’y méprendre, plus d’un ingénieur du son reste attaché à ses colonnes de racks et à la « chaleur » du son d’antan. * Pour la notion de label, voir p.30 Focus ENDEMIX n°13 novembre 2015 - février 2016 p.29
ENDEMIX n°13 novembre 2015 - février 2016 Focus p.30 m usique art De l’de Produire Par Antoine Pecquet autoproduction  : l’artiste et son disque L bb Pour enregistrer sa musique, plusieurs méthodes sont possibles. À commencer par l’autoproduction intégralement domestique (en home studio), à l’exemple de Paul Cramet qui, en 2013, a réalisé son E.P. rock, Stargazer, sur ses propres deniers, avec ses propres connaissances et l’aide de quelques amis. « Tout a été fait à la maison, avec un ordinateur, mon ampli de scène et un micro. J’ai rémunéré un copain ingénieur du son pour l’enregistrement*, le mixage* et le mastering*, ce qui a constitué, de loin, le plus gros poste de dépenses, environ 200 000 XPF. Le pressage* des disques et l’impression des pochettes ont été confiés à une boîte néo-zélandaise, pour un prix modique. » Mordu de son, décidé à faire de la musique son métier, Paul Cramet suit aujourd’hui les cours d’une école d’ingénieur du son, à Paris. Avec le recul, il se dit « plutôt satisfait » de son E.P. artisanal, au moins sur le plan technique. « Côté artistique, il y a pas mal de choses que je referais différemment aujourd’hui » note-t-il, sa musique donnant au passage raison aux professionnels qui insistent sur le polissage des morceaux avant leur mise en boîte (voir p.29). Comme les grands On parle beaucoup d’autoproduction aujourd’hui, mais il faut être conscient que produire reste un métier Pour enregistrer en autoproduction, il n’est pas forcément nécessaire d’insonoriser son salon et de mettre toutes ses économies dans du matériel hors de prix. Les studios d’enregistrement du marché louent leurs espaces et leur équipement pour que les groupes enregistrent avec l’ingénieur du son en charge pour un coût moyen de 700 000 XPF pour la réalisation d’un album complet (voir p.31 – Les étapes d’un album). À noter que les pistes audio enregistrées dans un studio calédonien peuvent tout à fait être mixées et masteurisées à l’étranger. C’est ce qu’a fait Paul Wamo qui a mis en boite plusieurs bandes sons et les chorus de son album Sol avant de partir en France, ses morceaux de musique sous le bras, pour procéder aux phases suivantes de fabrication de son disque. Dans tous ces cas d’autoproduction – en studio ou en home studio – l’artiste est seul face à sa musique, en charge de Shutterstock



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