En Vue n°53 mars 2012
En Vue n°53 mars 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°53 de mars 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Paris bibliothèques

  • Format : (170 x 254) mm

  • Nombre de pages : 58

  • Taille du fichier PDF : 6,1 Mo

  • Dans ce numéro : Sur un Air de Paris... Juliette Gréco marraine de l'exposition.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Votre premier grand souvenir de lecture ? La jument verte. J’étais petite, je devais avoir 12 ans ; j’ai vu ce titre dans la bibliothèque de ma mère et j’ai volé le livre. Je m’attendais à une jument qui devient verte, comme dans un conte de fées et je suis tombée sur un truc très différent. Je n’ai pas tout compris mais j’ai quand même assez bien ressenti l’affaire. Votre héroïne favorite ? Simone Weil et Simone de Beauvoir. Celle que vous auriez pu être ? Je n’en sais rien… je ne sais pas. J’ai déjà un vrai boulot à être moimême. J’ai déjà du mal à me supporter comme je suis, alors une autre… je ne sais pas si je pourrais ! Votre livre du moment ? Philippe Sollers, L’Éclaircie. La musique que vous avez en tête ? En ce moment, mes nouvelles chansons que je dois chanter au Châtelet *, je n’ai que ça en tête et ça fait un bon moment. C’est un travail de longue haleine… Le film que vous aimeriez voir ou revoir ? Voir, j’en sais rien, je ne suis pas au courant de l’actualité en ce moment. Renoir, tous les Chaplin, Orson Welles et Renoir. * Elle était en concert au théâtre du Châtelet les 6, 7 et 8 février derniers. 6 Le Questionnaire d’Annabelle Un spectacle inoubliable ? Tous, tous… Je suis complètement bouleversée par quelqu’un sur scène. Je connais la musique de la peur ; et la difficulté de la chose. Et tous ces comédiens, ces gens, ces chanteurs… tous me bouleversent. En 1963 vous avez chanté Vieille de Jacques Brel, (titre refusé par Bardot). Qu’est-ce que le temps vous a apporté de bien ? (Elle chante…) C’est pour cela jeunes gens Qu’au fond de moi s’éveille Le désir charmant De devenir vieille Pour qu’on m’aime pour autre chose que pour mes fesses, ce qui est un assez joli programme. Mais je ne l’ai pas chantée en pensant à moi mais en pensant à Bardot. Parce qu’elle avait quand même des fesses remarquables, magnifiques… une magnifique personne. Juliette Gréco en 1956. À Paris en 1965. Avez-vous refusé des chansons qui sont devenues de grands succès interprétés par d’autres ? Norbert Glanzberg est venu me voir, il venait d’écrire une chanson qui s’appelait Padam ; j’avais 19 ans et pour moi le passé c’était pas énorme. Je n’y croyais pas, je ne pouvais pas chanter cet air qui m’obsède jour et nuit, cet air n’est pas né d’aujourd’hui… c’est ridicule, j’étais ridicule. Donc Piaf l’a chantée, comme elle chantait… de manière éblouissante. Et j’en étais heureuse. Moi je n’aurais rien pu faire, je n’en avais pas les moyens, le matériau, la maturité. Quel âge avait-elle lorsqu’elle l’a chantée ? Oh, elle devait être très vieille, elle devait avoir trente ans, quelque chose comme ça. (rires) NOA/ROGER-VIOLLET STUDIO BORIS LIPNITZKI/ROGER-VIOLLET
Votre dernier album sorti en janvier s’intitule : Ça se traverse et c’est beau, avec des textes signés d’auteurs très différents. Comment s’est déroulée cette collaboration ? Le mieux du monde. J’ai pris mon téléphone et j’ai appelé Jean- Claude Carrière que j’adore et avec lequel j’ai déjà beaucoup travaillé ; et comme je suis inconsciente, je lui ai dit : pourriez-vous écrire quelque chose sur les ponts ? et je l’ai entendu éclater de rire et répondre : J’aime bien les commandes comme ça… Mais mon apparent manque de respect – ce qui n’est pas vrai du tout parce que je le respecte infiniment – l’a fait rire. Il a écrit ce Mirabeau sous le Pont formidable. J’ai sollicité une amie que nous avons en commun pour qu’elle demande à Sollers… et à ma grande surprise et à mon grand bonheur il a dit oui et a écrit ce très très beau texte sur le Pont Royal. Petite Marie « chérie » Nimier a dit oui tout de suite et elle a fait une formidable chanson, un texte très beau ; et puis il y a eu tous les autres, Marc Lavoine, Amélie Nothombqui m’a écrit une chanson d’amour que je ne peux décemment pas chanter moi-même. C’est donc l’admirable Guillaume Gallienne, qui s’est chargé de l’affaire. C’est un comédien somptueux que j’adore. Deux prises ont suffi…, incroyable, on était comme des poissons dans l’eau… c’est beau les gens qui font leur métier comme ça… Cela relève du génie ! Paris est au cœur de votre dernier album. Cette ville est-elle pour vous une source d’inspiration inépuisable ? On n’en voit jamais la fin. Elle inspire les étrangers et nous. Paris est une ville mythique, bouleversante. Si on vidait Paris de ses voitures, je crois qu’on aurait un choc salutaire. Vous avez fait de nombreuses tournées au Japon, qu’est-ce qui vous séduit, ou vous intrigue dans votre public japonais ? C’est un public fantastique, formidable, amoureux de la musique, amoureux de la langue française. La première fois, je suis sortie en larmes, parce que je voyais les gens au premier rang qui avaient les jambes tendues, la tête en arrière et les yeux fermés et je me disais « ils dorment ». C’était leur manière à eux de vous écouter ? Oui, ils applaudissent très très peu entre les chansons pour ne pas déranger les artistes, ce qui m’avait dérangé à mort ! Maintenant ça va mieux, ils se sont un peu occidentalisés de ce côté-là. Ils me passionnent, j’ai du mal à les comprendre, mais peu à peu j’ai appris à dire « peut-être » au lieu de « non », ce qui a été un sésame absolu. Vous avez traversé les modes. Vous a-t-on poussé à certains compromis parfois ? Moi, il n’en est pas question. Pas de compromis, non, non, non. À n’importe quel prix, non. Je veux dormir en paix avec moi-même. Haïssez-vous toujours les dimanches ? Ce n’est pas haïr les dimanches, c’est comme la chanson de Trenet, Les enfants s’ennuient le dimanche, avec beaucoup plus de violence et de brutalité. Ça doit être finie cette affaire, c’est passé de mode. Votre prochaine bêtise… Tout à l’heure. Ne vous inquiétez pas, elle va venir sûrement… je ne suis pas monotone de ce côté-là. Voir page 8 la présentation de l’exposition Paris en chansons 7 RICHARD DUMAS



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