En Vue n°46 jan/fév 2011
En Vue n°46 jan/fév 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de jan/fév 2011

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Paris bibliothèques

  • Format : (170 x 254) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 7 Mo

  • Dans ce numéro : conférence sur Jean-Michel Basquiat.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Éloigner les indésirables constitue un réflexe ancien que la plupart des sociétés ont pratiqué. Mais l’essor des empires coloniaux y associa deux idées neuves : œuvrer à la mise en valeur des nouveaux territoires et tenter de régénérer les criminels. Les bagnes coloniaux furent ainsi érigés en pénalité moderne et rationnelle. La France n’a pas manqué à la règle. Dès l’Ancien Régime, on déporte dans les possessions d’Amérique mendiants, prostituées et « gens sans aveu ». La Révolution Française fait transporter en Guyane des opposants et des prêtres réfractaires. Mais c’est avec la reprise de l’expansion coloniale au XIX e siècle que le mouvement prend toute sa dimension, d’autant qu’on prend alors conscience de 12 BILIPO – Paris 5 e Les bagnes coloniaux l’incapacité de la prison à amender les détenus. En 1830, on transporte en Algérie des milliers de condamnés militaires, aux sources de ce qui sera bientôt Biribi. À compter de 1848, on y déporte les insurgés et les opposants politiques. En 1852, on commence à vider les bagnes métropolitains à destination de la Guyane et de la Nouvelle Calédonie. La République accentue le mouvement, peuplant tout l’Empire, de la Tunisie au Tonkin, de Madagascar aux Saintes et à l’île du Diable, d’effroyables camps de relégation où des centaines de milliers de condamnés firent l’expérience du travail contraint. À compter des grandes campagnes de presse du premier XX e siècle, ces espaces de non-droit furent peu à peu démantelés, mais seule la décolonisation aura raison de ses vestiges, signalant ainsi le lien intrinsèque liant le bagne et l’expérience coloniale. Les bagnes coloniaux ont d’emblée suscité Exposition une floraison de récits, d’images, de témoignages, de films ou de reportages, dans lesquels se lit aussi une part de « l’aventure » coloniale. Adossée aux collections de la Bibliothèque des littératures policières (BILIPO) ainsi qu’à de nombreuses pièces venues d’autres établissements ou de collectionneurs, l’exposition nous entraîne au cœur d’un imaginaire à la fois coloré et tourmenté, mais qui dit aussi la violence et la honte attachées à cette page sombre de notre histoire. Commissaires de l’exposition : Dominique Kalifa, historien, et Jérôme Pierrat, journaliste Production : Paris bibliothèques Scénographie : Anne Gratadour Graphisme : Marine Le Breton Jusqu’au 26 février Du mardi au vendredi de 14h à 18h, samedi de 10h à 17h Entrée libre Le parcours de l’exposition•Le bagne avant le bagne : premières expériences•L’Algérie, terre de bagne : condamnés militaires et déportés politiques•Transportés, déportés, relégués… : l’expansion coloniale et son besoin de main-d’œuvre•La « guillotine sèche » : la Guyane, terre de grande punition•À Biribi : camps disciplinaires et pénitentiaires de l’armée française en Afrique du nord•La lente agonie des bagnes coloniaux : des voix s’élèvent pour contester leur horreur
Les femmes bagnardes Rencontre avec Odile Krakovitch, auteure de l’ouvrage Les femmes bagnardes. De 1859 à 1907, des centaines de femmes connaissent le fond de la misère humaine à Cayenne, à Saint- Laurent du Maroni, à Bourrail et à la presqu’île Ducos, près de Nouméa. Parties pour refaire leur vie, ces bagnardes subissent la faim, les punitions, les maladies, la mesquinerie des rapports avec l’administration. Très peu ont, comme Louise Michel et ses amies communardes, le cran de résister et surtout le droit de revenir en métropole et de témoigner. Elles survivent dans l’indifférence et l’hypocrisie, sans troubler la bonne conscience de nos pères républicains. C’EST À CES FEMMES OUBLIÉES QU’ODILE KRAKOVITCH A DONNÉ VIE DANS UN OUVRAGE RÉÉDITÉ EN 1998 AUX ÉDITIONS PERRIN. CONSERVATRICE GÉNÉRALE AUX ARCHIVES NATIONALES ET SPÉCIALISTE DE LA CENSURE THÉÂTRALE, ELLE A PUBLIÉ DE NOMBREUX INVENTAIRES SUR LES COLONIES ET BAGNES COLONIAUX, SUR LES THÉÂTRES, AINSI QUE SUR LES IMPRIMEURS ET ÉDITEURS PARISIENS AU XIXE SIÈCLE. C’EST GRÂCE À SON FORMIDABLE TRAVAIL DE CLASSEMENT ET D’INVENTAIRE DE FONDS DÉSORMAIS CONSULTABLES AUX ARCHIVES D’OUTRE- MER À AIX-EN-PROVENCE QU’ELLE A PU RECONSTITUER LE DESTIN DE QUELQUE DEUX MILLE DÉTENUES. Samedi 8 janvier – 16h Voir la projection du film Louise Michel, page 11. Visites guidées de l’exposition Par Franck Sénateur. Enseignant, passionné depuis de longues années par l’histoire des bagnes, il a réuni une collection exceptionnelle sur le sujet. Président de Fatalitas, association pour l’histoire et l’étude des établissements pénitentiaires de Métropole et d’Outre-mer, auteur avec Bernard Cognaud et Paul Mauro de Martinière, le transport des forçats, 1910-1955 (Marine éditions, 2008) et de Évadés (Éditions Pascal Petiot, 2008), il propose deux visites commentées d’une exposition qu’il a très largement enrichie de pièces rares extraites de ses fonds personnels. Samedis 15 janvier et 19 février – 15 h Autour de l’Crimes et châtiments : regards croisés d’un collectioneur et d’un chercheur Rencontre avec Philippe Zoummeroff et Marc Renneville, animée par Emmanuel Laurentin, journaliste à France Culture. PHILIPPE ZOUMMEROFF : BIBLIOPHILE AVERTI QUI PORTE DEPUIS DES ANNÉES UN INTÉRÊT MAJEUR AUX QUESTIONS PÉNALES (IL A CRÉÉ UNE BOURSE DE RECHERCHE SUR LE SUJET ET UNE BOURSE DE RÉINSERTION DES DÉTENUS). DE NOMBREUSES PIÈCES REMARQUABLES DE SA COLLECTION SONT ACTUELLEMENT EXPOSÉES À LA BILIPO. SON SOUCI DE RENDRE ACCESSIBLES SES DOCUMENTS L’A CONDUIT À CRÉER UN SITE INTERNET (WWW.COLLECTION-PRIVEE.ORG) SUR LEQUEL FIGURENT DES BIBLIOGRAPHIES, DES VIDÉOS, DES IMAGES NUMÉRISÉES TÉLÉCHARGEABLES, DES DOSSIERS ET DES EXPOSITIONS VIRTUELLES. MARC RENNEVILLE : CHARGÉ D’ÉTUDES ET DE RECHERCHES HISTORIQUES AU MINISTÈRE DE LA JUSTICE, CHERCHEUR ASSOCIÉ AU CENTRE KOIRÉ ET AUTEUR D’UNE THÈSE INTITULÉE CRIME ET FOLIE (FAYARD, 2003). IL EST LUI-MÊME DIRECTEUR DE LA PUBLICATION DU SITE CRIMINOCORPUS, UN PORTAIL SUR L’HISTOIRE DE LA JUSTICE, DES CRIMES ET DES PEINES, HÉBERGÉ PAR LE CNRS. Samedi 29 janvier – 16h Exposition Rencontre avec les commissaires de l’exposition Dominique Kalifa et Jérôme Pierrat. DOMINIQUE KALIFA : PROFESSEUR D’HISTOIRE CONTEMPORAINE ÀL’UNIVERSITÉ PARIS I, EST L’AUTEUR DE NOMBREUX OUVRAGES CONSACRÉS AU CRIME, NOTAMMENT L’ENCRE ET LE SANG : RÉCITS DE CRIMES ET SOCIÉTÉ À LA BELLE ÉPOQUE (FAYARD, 2005), CRIME ET CULTURE AU XIX E SIÈCLE (PERRIN, 2005) ET BIRIBI. LES BAGNES COLONIAUX DE L’ARMÉE FRANÇAISE (PERRIN, 2009). IL AÉTÉ COMMISSAIRE DE PLUSIEURS EXPOSITIONS PRÉSENTÉES À LA BILIPO. JÉRÔME PIERRAT : JOURNALISTE ET ÉCRIVAIN, EST NOTAMMENT L’AUTEUR DE UNE HISTOIRE DU MILIEU : GRAND BANDITISME ET HAUTE PÈGRE EN FRANCE DE 1850 À NOS JOURS (DENOËL, 2003) ; LES VRAIS, LES DURS, LES TATOUÉS (AVEC ÉRIC GUILLON, ÉD. LARIVIÈRE, 2004) ; LA GUERRE SECRÈTE DES CASINOS (AVEC CHRISTIAN LESTAVEL, FAYARD, 2007) ; GANGS DE PARIS : PETITE CHRONIQUE DU MILIEU DES ANNÉES 1970 À NOS JOURS (PARIGRAMME, 2007). Samedi 5 février 16 h 13



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