E.D.I. n°25 février 2013
E.D.I. n°25 février 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de février 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Partenaire Media Publishing

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 196

  • Taille du fichier PDF : 35,4 Mo

  • Dans ce numéro : Poste de travail... la grande mutation

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ACTUALITÉS CLOUD SOUVERAIN 32 FÉVRIER 2013 BUSINESS Après l’indépendance énergétique, l’indépendance numérique Tout commence en 2009. Le gouvernement français constate que la crise des subprimes débouche sur une dépression financière, qui elle-même se transforme rapidement en récession économique. C’est à ce moment que l’idée d’un grand emprunt salvateur fait surface. Après tout, mobiliser l’argent des épargnants pour stimuler la construction d’infrastructures peut se concevoir : encore faut-il penser à affecter une partie substantielle du produit de cet emprunt à l’édification de data centers performants, susceptibles d’irriguer la France en puissance électrique. Cette initiative, en tous points comparable à celle qui avait présidé au lancement des pôles de compétitivité et des technopoles, opère une jonction bien venue entre économie, informatique, réseaux, télécoms et électricité… le tout mis au service de la croissance et de l’emploi. Heureuse conjonction d’impératifs actuels ? Sur le papier, oui. DEUX CHEFS DE FILE : CLOUDWATT ET NUMERGY Sitôt dit, sitôt fait. À peine sortis de terre, deux grands acteurs, soutenus par les pouvoirs publics, sont déjà à pied d’œuvre. Il s’agit de Cloudwatt, dont le principal actionnaire est Orange, et de Numergy, porté essentiellement par SFR. Des opérateurs majeurs qui, malgré leur importance, étaient loin d’imaginer que ces deux projets déchaîneraient les passions. Est-ce à dire qu’ils ont manqué de clairvoyance ? Au contraire. Selon Patrick Starck, président de Cloudwatt, sa société a pour objectif « de mettre la puissance du numérique à la disposition des entreprises », tout en respectant ces contraintes extrêmement précises que sont « la transparence, la réversibilité et la localisation des données ». Pour lui, Quelle histoire, que celle du cloud souverain. Il aura fallu une incroyable succession de hasards pour que le nuage informatique, qui repose sur la tarification à l’usage, croise le chemin de la souveraineté nationale et européenne. Un rapprochement unique dans l’histoire de l’industrie. il s’agit « de créer de véritables usines, capables de produire et de distribuer la puissance numérique nécessaire au support des économies nationales ». Côté technique, l’accent est mis essentiellement sur l’IaaS (Infrastructure as a Service) : c’est le socle de cette fameuse informatique à la demande, préalable à toute activité de type SaaS (logiciel) ou PaaS (plate-forme). Même son de cloche, même engagement chez Numergy, le deuxième grand acteur dédié au cloud souverain. Philippe Tavernier, son président, préfère insister sur le fait que les grossistes, VAR, SSII et autres intégrateurs n’ont rien à craindre Mettre la puissance numérique à la disposition des entreprises » Patrick Starck, président de Cloudwatt. Par Pierre-Antoine Merlin de l’émergence d’une politique industrielle ambitieuse dans le domaine du numérique. « On apporte aux partenaires un pétale supplémentaire à la richesse de leur offre ». C’est joliment dit. À la métaphore poétique succède une initiative concrète : « Nous attendons les remontées des partenaires. Nous, on fournit le carburant. Si le cloud est un bon fournisseur de présentation marketing, il doit aussi être un bon fournisseur de business. » VERS UN CLOUD SOUVERAIN EUROPÉEN Quant à savoir s’il est légitime que l’État encourage, y compris financièrement, la constitution de groupes puissants dans le cloud computing, Philippe Tavernier n’hésite pas une seconde. « Le numérique est l’un des moteurs de l’économie moderne. L’État doit se donner les moyens d’accompagner les acteurs proposant des solutions cloud à la fois industrielles et commercialisées
en volume. D’où l’investissement de l’État dans nos deux consortiums. » D’autant que, comme le fait remarquer malicieusement Patrick Starck, « Ce n’est pas une subvention, mais un investissement dans lequel l’État est minoritaire avec seulement 33%, via la Caisse des Dépôts ». Élargissant le débat, le patron de Cloudwatt défend l’idée d’un cloud souverain pensé à l’échelon européen. « La taille critique, c’est l’Europe. Sinon, ce sont les Américains qui gagneront. » Cette position favorable au cadre européen, c’est en grande partie celle d’Henri Chelli, fondateur du cabinet Syn@quanone, spécialisé dans l’urbanisation des SI. « La percée du cloud doit permettre de concrétiser et d’optimiser les relations unissant une entreprise et son écosystème, un peu sur le principe de l’entreprise étendue : les équipementiers, les fournisseurs, les sous-traitants, les partenaires, les clients, etc. C’est cela qu’il faut viser, et pas la réindustrialisation. » Un tel environnement souverain ranimerait en outre l’idée de préférence communautaire, curieusement passée Un pétale supplémentaire à la richesse de l’offre partenaire » Philippe Tavernier, président de Numergy. sous silence alors qu’elle fut l’un des actes fondateurs de l’Europe. De son côté, Philipe Tavernier veut inister sur deux points. D’abord, la France n’est pas si mal placée qu’on le dit. « Ce qui compte, c’est moins le coût du travail que celui du foncier et celui de l’électricité. On a tendance à l’oublier, mais pour le moment, l’électricité en France est l’une des moins chères du Vieux Continent. » Ainsi, toujours selon Philippe Tavernier, le cloud souverain national n’est pas exclusif de toute préoccupation européenne. Loin de là ! « Nous misons beaucoup sur les clients européens qui viendront en France de cette manière. De plus, Bruxelles regarde tout cela avec un certain intérêt. » UNE INITIATIVE QUI DÉPLAÎT SOUVERAINEMENT AUX INTÉGRATEURS Certains posent, et se posent, cette question cruciale, qui vient doucher les esprits : tout cela est bel et bon, mais au prix de quelles distorsions de concurrence ? Le doute et l’amertume, la colère parfois, saisissent plusieurs intégrateurs, opérateurs et hébergeurs impliqués de longue date TROIS QUESTIONS À Samir Koleilat, P-DG et co-fondateur d’Acropolis Telecom « Nous souhaitons être revendeurs » L’E.D.I. : Pourquoi les pouvoirs publics ont-ils privilégié deux structures de cloud souverain, et non une seule ? J’attends encore la réponse. Cet éparpillement est un problème, car il faudrait au contraire être résistant pour se confronter, avec une chance de réussite, aux géants américains que sont par exemple Amazon et IBM. Du coup, ces deux structures, Cloudwatt et Numergy, vont se casser la figure. Celle qui sera en moins mauvaise santé absorbera l’autre. Sinon, que va-t-il advenir de cette dernière ? Quid du refinancement ? On ne sait pas. D’ailleurs, où a-t-on vu qu’un investisseur institutionnel soutienne à la fois une société et sa concurrente ? L’E.D.I. : Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de n’avoir pas été proactif afin de mieux maîtriser cette procédure ? C’est totalement faux. Tout a été traité d’en haut, en particulier par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). On ne nous a jamais répondu. Or, nous étions au courant de toute cette affaire depuis quatre ans ! De surcroît, notre business model était prêt. Je l’avais envoyé aux différentes entités concernées, notamment à la CDC. Il y a bien eu distorsion de concurrence en amont. L’E.D.I. : Maintenant, que peut-il se passer ? Pas d’action en justice, pas d’amertume. L’important est l’engagement en termes de croissance et d’emploi. Personnellement, je souhaite que nous nous mettions autour d’une table pour discuter dans un bon esprit. Comme chacun de ces deux acteurs du cloud souverain assure qu’il y aura une part de vente directe et une part de vente indirecte, nous souhaitons être partenaire de ces entités, revendeur de leurs prestations. En tout cas, c’est la démarche que je compte défendre pour le compte d’Acropolis. BUSINESS ACTUALITÉS dans la tarification à l’usage. Ils ont pour nom Ikoula, Cheops Technology, Acropolis… et bien d’autres. Ainsi Samir Koleilat, patron d’Acropolis, s’étonne de la captation du cloud souverain par deux entreprises aux forts relents étatiques (lire l’encadré ci-contre). Cette inquiétude, teintée d’agacement, est partagée par Fabrice Coquio, patron de l’hébergeur Interxion France. « Il ne faut pas être manichéen, mais tout de même. Les pouvoirs publics ont choisi le saupoudrage entre deux entités. C’est d’autant plus regrettable que les investissements Souverain ou pas souverain ? Personne ne s’attendait à ce qu’un sujet aussi aride que le data center soit l’objet d’une telle controverse culturelle, technique, économique et commerciale. ne sont pas à la hauteur des enjeux. » Sur un autre terrain, cet hébergeur fait remarquer qu’une telle initiative est loin d’être un modèle exportable dans le monde entier. « Les exemples de tentatives de création d’industries de solutions à la française ne sont pas forcément pérennes. Il y a plus de tentatives avortées que de vraies réussites. À titre indicatif, il y a cinq ans, l’État a voulu financer Quaero, le moteur de recherche à hauteur de 40 millions d’euros de subventions qui devait concurrencer Google. Quid de ces 40 millions d’euros, et quid de Quaero aujourd’hui ? » On le voit : difficile de mettre tout le monde d’accord. Ce qui est sûr, c’est que le petit monde des fournisseurs IT, toutes spécialités confondues, est stimulé par cette discussion. Chacun y va de sa proposition, de son initiative, de sa critique. Était-ce le but recherché ? Pas du tout. Mais c’est un fait : le cloud souverain intéresse, réveille, fait parler. C’est un premier succès. Inattendu ! n FÉVRIER 2013 33



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