E.D.I. n°11 septembre 2011
E.D.I. n°11 septembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°11 de septembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Partenaire Media Publishing

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 58,5 Mo

  • Dans ce numéro : Dossier Spécial Cloud

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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98 EDI n°11/Septembre 2011 Techno & solutions MIGRATION La problématique posée par l’attribution des adresses IP (Internet Protocole) est aussi simple à expliquer qu’elle est complexe à résoudre. Tout part d’un constat purement mathématique : en 1981, l’IPv4 fut standardisé sur la base d’un adressage sur 32 bits, les organismes de normalisation estimant que ce serait amplement suffisant. C’était à cette même époque que Bill Gates prédisait que personne n’aurait besoin de plus de 640 Ko de mémoire dans un PC… Trente ans et quelques révolutions numériques plus tard, le bilan est tout autre. Ainsi le 3 février 2011, la dernière des 4 294 967 296 adresses IPv4 publiques a été attribuée. Cela ne signifie pas que l’IPv4 n’est plus du tout disponible. Le RIPE, l’instance qui se charge de l’allocation des adresses, les attribue par lots aux fournisseurs d’accès qui eux-mêmes les redistribuent à leurs clients. Les fournisseurs en question disposent donc encore de stocks plus ou moins importants d’adresses IPv4, mais selon plusieurs études concomitantes, ces stocks seront épuisés en 2012. Et là, il faudra bien se tourner vers une solution alternative. Bien entendu, une telle solution existe déjà et s’appelle IPv6. Définie dès 1998, elle détermine les adresses internet sur non pas 32, mais 128 bits, ce qui offre au final un portefeuille de 3,4 x 10 38 adresses différentes. Autant dire que même les plus pessimistes des prévisionnistes n’ont pas à craindre de pénurie avant des siècles. Est-ce pour autant que le problème est réglé ? Loin s’en faut. « Le passage de l’IPv4 à l’IPv6 est complexe car il impacte à la fois les infrastructures matérielles, mais aussi les couches IPV6 : INDISPENSABLE, Alors qu’il ne représente qu’une part infime du trafic mondial, le protocole IPv6 va devenir dans les années qui viennent le socle commun des communications entre tous les équipements connectés. Et s’il n’est pas trop tard pour prendre le virage, il faut tout de même se hâter. Mais où est donc IPv5 ? Le lecteur attentif aura noté qu’entre IPv4 et IPv6, il manque IPv5… Ce protocole fantôme existe bel et bien, mais n’est en rien une évolution ou une déclinaison de l’un ou de l’autre. Édicté à la fin des années 1970, on l’appelle également Stream Protocol dans la mesure où il avait pour objectif de garantir une qualité de service de bout-en-bout à travers le réseau pour les flux de données. Il n’a jamais dépassé le stade expérimental. systèmes et logiciels des installations », souligne Christophe Carel, président de Nerim, un fournisseur d’accès professionnel qui a décidé de prendre le virage de l’IPv6 dès 2003. Il ne s’agit pas ici de simplement rajouter des bits aux adresses comme France Telecom avait pu rallonger les numéros de téléphone lorsque nous sommes passés de 7 à 8, puis 10 chiffres en 1996. Prise de conscience La transition de l’IPv4 vers l’IPv6 est un chantier gigantesque à échéance très brève que beaucoup d’acteurs du marché de l’IT ainsi que les instances gouvernementales semblent tout juste commencer à appréhender. Il a fallu attendre juin dernier et la manifestation dite de l’IPv6 Day (voir encadré) pour qu’Éric Besson, ministre de l’Économie numérique, se décide à « réunir les principaux opérateurs de l’Internet en France afin d’identifier les actions à mener pour accélérer la migration vers le protocole IPv6 dans les réseaux nationaux, privés et publics [afin] de préserver la compétitivité des entreprises françaises ». Mais au-delà de la compétitivité, c’est la survie même des entreprises qui est en jeu. À l’heure actuelle nous vivons une période de transition où l’IPv4 et l’IPv6 cohabitent. « À chaque nouveau client nous attribuons des lots d’adresses dans les deux versions du protocole », indique Christophe Carel. Mais cela ne durera pas. Quand la source IPv4 sera tarie, il ne restera plus que l’IPv6 et c’est là que les problèmes vont commencer. De nombreux sites, serveurs et autres équipements un tant soit peu anciens sont totalement incompatibles avec l’IPv6. Un utilisateur IPv6 ne pourra donc y accéder qu’au prix de processus d’encapsulage d’adresses coûteux en termes de performances. Dans le cadre
Techno & solutions INÉLUCTABLE… ET NÉGLIGÉ Passer de l’IPv4 à l’IPv6 impacte à la fois les infrastructures matérielles et les couches systèmes et logiciels des installations » d’applications de cloud computing qui nécessite une réactivité maximale, cela n’ira pas sans mal. Pour beaucoup d’entreprises disposant de nombreux équipements qu’elles ne pourront pas toutes changer simultanément, cette phase de transition est inévitable. Des alternatives transitoires Il existe des outils dédiés qui peuvent se charger de traduire les adresses IPv4 en IPv6 et réciproquement. On pourra citer par exemple le Stateless IP/ICMP qui implique que l’équipement possède obligatoirement une double adresse IPv4 et IPv6 ou le Dual-Stack Lite nécessitant la présente d’un boîtier de translation d’adresses (NAT). Il a été déployé notamment par Orange. Dans ce cas, le fournisseur d’accès attribue à ses abonnés un préfixe IPv6 et une adresse IPv4 privée, le boîtier se chargeant du routage correct des paquets. Et ce ne sont que quelques exemples parmi les nombreuses solutions de transition disponibles (Tunnels 6rd UNE JOURNÉE POUR TESTER L’IPV6 utilisés par Free, Tunnel Broker…) Mais le fait qu’il y en est tant montre à quel point le déploiement global d’IPv6 est encore loin d’être d’actualité. Quand bien même Mohsen Souissi, responsable de la section recherche & développement à l’AFNIC souligne que « la seule solution viable est la présence de l’IPv6 natif partout ». Mais pourquoi un tel retard dans un déploiement que tout le monde sait nécessaire depuis des années ? En premier lieu pour des raisons de coût. Ne serait-ce que pour les FAI, le cabinet Arbor Networks estimait dès 2008 que l’investissement pour passer à l’IPv6 reviendrait à 25 milliards de dollars. Avec pour conséquence une hausse des abonnements pour les clients finaux. Le passage au « tout IPv6 » implique en effet un renouvellement complet du matériel non compatible mais entraîne le risque de générer un clivage entre l’Internet IPv4 et l’Internet IPv6, ce qui est totalement Le 8 juin dernier, plus d’un millier de sites internet dont des ténors tels Google, Facebook ou Yahoo ainsi que plusieurs fournisseurs d’accès ont lancé une opération au niveau mondial visant à mettre en œuvre dans un environnement grandeur nature le protocole IPv6. L’idée de ce World IPv6 Day était de permettre pendant 24 heures l’accès à ces sites à la fois en IPv4 et en IPv6 afin de détecter les éventuels problèmes liés à la transition d’un protocole à un autre. Globalement, la journée s’est plutôt bien passée. Facebook annonce ainsi avoir eu plus d’un million de connexions en IPv6 sans que cela n’engendre de soucis techniques spécifiques. Ce qu’on a noté principalement, c’est une augmentation sensible du trafic due, pour la plus grande part, à l’utilisation massive des outils de translation entre les deux protocoles. Pour la majorité des utilisateurs, ce test s’est passé de façon totalement transparente, en espérant que ce sera encore le cas quand l’IPv6 aura dépassé le simple stade expérimental. Car malgré l’importance des acteurs qui y ont pris part, l’IPv6 Day n’a fait passer la part du trafic IPv6 que de 0,135 à 0,15% du trafic mondial. Christophe Carel, président de Nerim. inenvisageable. Les sites développés en IPv4, ou hébergés sur des serveurs IPv4, deviendraient du jour au lendemain inaccessibles aux appareils connectés en IPv6. Pour l’heure ce sont des pays tels que la Chine qui montrent le plus de volonté à aller vers l’IPv6 du fait de leurs besoins exponentiels et d’une infrastructure plus moderne et donc mieux adaptée. L’Europe et les États-Unis sont bien plus attentistes, avec une exception notable : la France. Selon une étude effectuée par Google, la moitié du trafic mondial en IPv6 est imputable à la France. Un constat très positif pour l’Hexagone mais qui doit être tempéré par un autre chiffre pour le moins alarmant : selon Arbor Networks, la part de l’IPv6 dans le trafic internet mondial se monte à seulement 0,135%, autant dire qu’il y a encore du chemin à faire et donc des opportunités à saisir pour les revendeurs et intégrateurs de solutions réseau. Les avantages de l’IPv6 L’IPv6 offre de multiples avantages. Le fait de mettre à disposition un nombre quasi illimité d’adresses permet d’envisager notamment le déploiement de solutions Machine to Machine (M2M), c’est-à-dire des réseaux au sein desquels les équipements interconnectés communiquent entre eux sans intervention humaine. Chaque machine doit dès lors disposer de sa propre adresse IP ce qui n’est pas possible avec l’IPv4. En termes de qualité de services, l’IPv6 est également bien supérieur. Il inclut par exemple dans sa normalisation une en-tête qui permet de définir une priorité d’acheminement pour certains paquets.Dans le cadre d’applications nécessitant un débit stable et sans rupture, c’est un élément essentiel (visioconférence, streaming…). Et pour ce qui est de la sécurité, l’IPv6 implémentent des outils de cryptage de type IPSec directement au niveau du paquet, ce qui facilitera la mise en place de connexions sécurisées de bout en bout. ● EDI n°11/Septembre 2011 99



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