Direct Soir n°98 29 jan 2007
Direct Soir n°98 29 jan 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°98 de 29 jan 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Coup de chaleur sur la planète

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir t Lundi 29 janvier 2007 4 EXCLUSIVITÉ INTERVIEW JACQUES SÉGUÉLA/THIERRY SAUSSEZ Une campagne pas comme les autres Jacques Séguéla et Thierry Saussez, spécialites de la communication politique, l’un de gauche, l’autre de droite, publient un ouvrage à quatre mains sur la campagne présidentielle de 2007*. Le duel Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy analysé par deux grands « pros ». La campagne présidentielle 2007 se différencie-t-elle des précédentes ? Jacques Séguéla. Elle est révolutionnaire. Il y aura un « après » et un « avant » 2007 quel que soit le vainqueur. C’est un choc générationnel, les éléphants sont renvoyés au musée. C’est la première fois depuis un quart de siècle qu’un vrai choix de société s’offre à nous. En 1981, nous avons vraiment choisi entre une France de droite et une France de gauche. En 1988, c’était la réélection du monarque. En 1995, entre Balladur et Chirac, nous avons choisi le plus sympathique. Et en 2002, nous avons été frustrés, privés de choix. Pourquoi ce regain d’intérêt pour la politique ? Thierry Saussez. En 2002, un nouveau style politique est apparu, un homme s’est levé, Nicolas Sarkozy, et a dit : « Je vais vous montrer que la politique peut encore servir à quelque chose. » Culture du résultat, initiatives permanentes… Par ailleurs, Ségolène Royal a fait un très beau parcours lors de la primaire du PS, y compris sur des thèmes peu habituels à gauche. Elle fait notre admiration à tous sur le plan de la communication. Aucune campagne de communication n’a fait élire un mauvais candidat. Jacques Séguéla Repères A. JOCARD/AFP J. S. Certes Sarkozy est l’auteur de ce changement générationnel, mais pour la première fois une femme s’est levée pour changer de République. Depuis de Gaulle, nous connaissons une démocratie de représentation. Mitterrand a inventé une démocratie d’opinion. Ségolène Royal nous propose une démocratie participative. Jamais les Français n’ont été associés à ce point à une élection. D’un côté, il y aura une société de l’autoritarisme que l’on connaît par cœur, c’est la suite de la chiraquie, de l’autre on aura une société de l’écoute. La puissance contre la proximité. Le libéralisme contre la générosité. Une société masculine contre une société à valeurs féminines. La tolérance, le respect, c’est sur ça que se fera l’élection et pas du tout sur les choix politiques. Quelles doivent être les premières qualités médiatiques des candidats ? T. S. On va vous demander d’adhérer à des projets qui ne sont pas très populaires. Tout va compter : la personnalité du candidat, sa vision, son image, son projet, son expérience, d’où il vient, qu’est-ce qu’il a fait pour nous. Et dans cette phase intermédiaire, Ségolène Royal multiplie les maladresses et connaît une baisse de popularité. On peut se demander si elle est dans un trou d’air ou si elle dévisse. Je souhaite qu’il y ait un grand débat entre la droite et la gauche et que Le Pen n’arbitre pas encore le débat. J. S. Je comprends que la droite soit déboussolée et n’y comprenne rien. Tout est neuf dans cette Nicolas Sarkozy vu par Jacques Séguéla « Une élection est un choix et le choix se dessine sur l’équilibre entre confiance et désir. Sarkozy est arrivé avec 100% de confiance, « Monsieur superflic ». Mais il a eu beaucoup de mal à créer le désir et il sait bien qu’il n’est pas aimé. Ségolène est arrivée avec 100% de désir. » PROPOS RECUEILLIS PAR BORIS EHRGOTT ET CAROLINE ITHURBIDE AVEC XAVIER PLASSON JACQUES SÉGUÉLA Vice-président d’Havas-Advertising, il fut le conseiller en communication de François Mitterrand et de Lionel Jospin pour leurs campagnes présidentielles. campagne. D’un côté, vous avez un parti qui a déversé une masse d’argent depuis 2 ans. De l’autre, Ségolène Royal est partie avec deux copines et 25 000 €. Elle a réussi à vaincre l’ensemble du parti qui était contre elle et à se mettre à égalité avec Nicolas Sarkozy. Pour cela, elle a une campagne en trois phases : la première c’est l’écoute qui se termine le 12 février. La deuxième, c’est la concertation. Et à partir du 1 er mars, elle va proposer son projet de société pour la France. Royal-Sarkozy, deux styles, deux campagnes. Quelles sont leurs failles ? T. S. Elle a une faille personnelle. Elle déteste être interrompue ou contredite. Le temps de l’image et de la popularité est derrière elle, nous entrons dans la phase du débat qui n’est pas son terrain. Par exemple, si je demande aux Français qui incarne la culture, Jack Lang arrive en tête. Pour la sécurité, Nicolas Sarkozy est bien devant tous les autres. La première condition de la crédibilité politique c’est ce qui frappe la mémoire collective, ce qui marque dans le parcours de la personnalité politique. Ségolène Royal est une E. FEFERBERG/AFP MERIA/OG/DIRECT8 THIERRY SAUSSEZ PDG d’Image et Stratégie Europe, il fut le conseiller en communication de Jacques Chirac, Edouard Balladur et Alain Juppé. La première condition de la crédibilité politique, c’est ce qui frappe la mémoire collective. Thierry Saussez personnalité en devenir, en construction. J. S. Aucune campagne de communication n’a fait élire un mauvais candidat. En revanche, le mépris des règles basiques de la communication peut faire perdre un bon candidat. Je l’ai vécu avec Lionel Jospin. Notre rôle se limite à aider le candidat. Avec François Mitterrand par exemple, on ne lui donnait pas de conseil, on le nourrissait et il piochait ce qu’il voulait. Le temps des gourous politiques est totalement terminé. *Jacques Séguéla et Thierry Saussez, La prise de l’Elysée (éditions Plon). Ségolène Royal vue par Thierry Saussez « Ça ne va pas fort pour Ségolène Royal : les tribunaux chinois plus rapides, la polémique sur les impôts, la maladresse sur l’indépendance du Québec, c’est grotesque et cela donne une impression d’impréparation à l’exercice du pouvoir. Au moment où Sarkozy sécurise le changement, Ségolène Royal devient insécurisante. » MERIA/OG/DIRECT8



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