Direct Soir n°96 25 jan 2007
Direct Soir n°96 25 jan 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°96 de 25 jan 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Ségolène Royal tournée aux Antilles

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir t Jeudi 25 janvier 2007 4 EXCLUSIVITÉ INTERVIEW ROBERTO ALAGNA Itinéraire d’un ténor doué Il a joué Cyrano de Bergerac, Roméo et chanté Luis Mariano. Roberto Alagna publie une autobiographie et revient sur les étapes décisives de sa carrière et l’importance de sa famille. Que conservez-vous de votre enfance à Clichy-sous-Bois, en banlieue parisienne ? J’ai un souvenir très heureux de Clichy.A l’époque, la cité n’avait pas encore de grandes barres de logement. C’était un petit village, la rue n’était même pas goudronnée. Il y avait plein de communautés différentes, nous nous côtoyions toute la journée. Très jeune, vous rencontrez Eddie Barclay avec qui vous enregistrez un disque de variété,Embrasse-moi. Comment se déroule la rencontre ? C’était un chemin normal. J’ai passé 8 ans dans un cabaret à chanter.Avant cela, je chantais dans une pizzeria. Je ne sais pas qui a parlé à Barclay. J’ai reçu l’offre d’enregistrer un disque, que j’ai acceptée tout de suite avec les yeux qui brillaient. Barclay était le meilleur producteur du monde. Quel a été le plus gros risque artistique : enregistrer un disque de variété en début de carrière alors que vous vouliez faire de l’opéra, ou reprendre Luis Mariano au sommet de votre carrière de ténor ? Le premier disque a été le plus gros risque. Passer de la pop à l’opéra, c’est le plus dur, car les autres chanteurs m’ont pris un peu pour un rigolo.Il m’a fallu prouver doublement mon talent. Qu’avez-vous reçu de vos origines familiales diverses, entre New York, la Sicile et Paris ? Elles ont façonné ma voix. Le chanteur d’opéra est un instrument avant tout. Le chant est un fil conducteur dans ma vie. Mon grand-père chantait à New York dans son magasin. Vous n’avez pas étudié le chant au Conservatoire. Comment se passent les premières rencontres avec les autres chanteurs ? Comme pour un acteur autodidacte. Charlie Chaplin n’a pas appris son métier d’acteur au Conservatoire. Depuis ma naissance, j’entends chanter dans ma famille. J’ai appris le chant sur le tas. C’est vrai que, lors de mes premières répétitions, les autres chanteurs me regardaient comme un chanteur de cabaret. Mais au fur et à mesure, ils se rendaient compte de ma capacité de chant, et ont oublié mon passé. Je me demande si je ne joue pas un rôle tout le temps Repères Sa vie Roberto Alagna est né en 1963 à Clichy-sous- Bois (Seine-Saint-Denis), dans une famille d’immigrants siciliens ayant vécu à New York. Il chante dès son enfance puis rencontre Rafael Ruiz. Le professeur de chant remarque la particularité de sa voix et lui enseigne le chant lyrique. Le futur ténor s’exerce dans une pizzeria puis, jusqu’à 22 ans, dans des cabarets parisiens avant de remporter le concours Pavarotti en 1988, qui le propulse sur la scène lyrique internationale. Roberto Alagna est marié à Angela Gheorghiu, une des plus grandes sopranos contemporaines. N. KHAYAT/ABACA PROPOS RECUEILLIS PAR XAVIER PLASSON P.SCHIRNHOFER/FOCUS J. LANGEVIN/DEADLINE PHOTO PRESS MILAN, LE SCANDALE Le 10 décembre, il quitte la scène de la Scala de Milan, déstabilisé par des sifflets. « D’habitude quand il se passe une chose pareille, c’est que le chanteur a mal chanté. On s’est servi de moi pour décrédibiliser la nouvelle direction de la Scala », nous a-t-il déclaré à propos de ce scandale qui continue d’agiter le milieu de la musique. A l’opéra, il suffit de trois mesures pour savoir si le chanteur vaut le coup. Vous insistez sur le soutien de votre famille. C’est toujours la famille qui m’a permis de me relever quand j’ai eu des problèmes. J’avais plein d’amis au cabaret. Puis, quand j’ai fait de l’opéra, ils m’ont abandonné et c’est ma famille qui est restée derrière moi. Pourtant, ma mère refusait mon métier. Elle me rappelait notre condition d’ouvrier, il fallait rester dans notre milieu et avoir un métier, un vrai. Mon père chantait pour son plaisir, il n’a jamais voulu faire une carrière. Il était heureux comme cela. J’ai voulu aller plus loin. CORBIS Vous racontez votre vie comme s’il s’agissait d’une tragédie grecque, avec des interventions divines. Depuis ma naissance, j’ai l’impression que ma vie est protégée par des anges gardiens. Patrice, l’ami qui m’a emmené à la pizzeria où j’ai débuté, est décédé à 19 ans. Comme s’il était venu sur terre rien que pour ça. C’est la même chose avec chacune des personnes avec lesquelles j’ai travaillé. Comme s’il y avait un destin que je devais accomplir. Parfois, je me demande si je ne joue pas un rôle tout le temps. J’ai toujours ce regard sur moi, j’arrive à me voir de l’extérieur. Quel est votre opéra préféré ? J’aime tous mes rôles. Ce sont tous des coups de cœur, je n’ai jamais été forcé d’interpréter tel ou tel personnage. Cyrano de Bergerac est probablement le plus intéressant, le plus complet. Tous caractères des héros de la littérature sont réunis en lui : la sensibilité, la beauté intérieure, la force, etc. C’est un personnage vraiment complet. J’ai aussi un attrait particulier pour Berlioz, le compositeur, un génie incompris, autodidacte, et un grand écrivain. Pavarotti, le maître Luis Mariano, l’idole En 1988, Roberto Alagna remporte le concours Pavarotti. A la fin des auditions, le maître vient le voir : « Toi, tu as une voix fascinante. » Après avoir endossé le rôle d’Alfredo dans La Traviata de Verdi, il enchaîne les plus grands rôles de l’opéra lyrique. En 2005, Roberto Alagna surprend son auditoire classique. Il enregistre un CD de reprises des plus grands airs et opérettes de Luis Mariano. L’album est un succès populaire, vendu à 400 000 exemplaires.



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