Direct Soir n°850 15 nov 2010
Direct Soir n°850 15 nov 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°850 de 15 nov 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,9 Mo

  • Dans ce numéro : Yael Naim, l'âme de fond

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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AVENTURE EXPÉDITION KAMCHATKA 650 KM un EN TERRE SAUVAGE Direct Soir n o 850•Lundi 15 novembre 2010 12 Du cratère du volcan Klioucheskoy coule une lave brûlante, les geysers et sources thermales fument au creux des vallées et l’ours brun règne en maître au cœur de cette terre à la végétation fournie et hostile. Destination de voyage peu commune, la péninsule du Kamchatka, accrochée à l’extrême-orient de la Russie, est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco pour sa forte densité de volcans actifs. C’est aussi l’une des régions les plus isolées au monde, accessible uniquement par avion ou par bateau et ouverte au tourisme depuis seulement une dizaine d’années. La seule raison de s’y rendre est aussi la meilleure : l’envie d’aventure et la découverte de la nature sauvage. « Habitués aux voyages et aux défis sportifs (courses en haute montagne, Paris-Istanbul à vélo en deux mois), nous avons cherché ce qu’il y avait de plus fou. Le Kamchatka, territoire à la fois vierge et montagneux, était ce qu’il nous < DES PAYSAGES SOMPTUEUX, INSCRITS AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO > Le 1 er août dernier, quatre jeunes Français sont partis au Kamchatka, péninsule de l’Extrême-Orient russe, l’une des régions volcaniques les plus exceptionnelles au monde. Rentrés de leur périple il y a mois, ils reviennent sur les 650 kilomètres parcourus à pied à travers cette terre encore méconnue. fallait », explique Thibaut Foucher, membre de l’expédition accréditée par le Club alpin français et baptisée « Kamchatka, appâts d’ours ». Huit heures de marche par jour Les quatre jeunes Français, âgés de 23 à 26 ans – Vincent de Soyres, Thibaut Foucher, Thomas Cauquil et Thibaut Mary – sont rentrés à la fin du mois de septembre, après deux mois de périple au cœur du Kamchatka pour « se mesurer à La péninsule du Kamchatka abrite de très nombreuses espèces, dont la plus grande diversité connue de saumons et de truites, des concentrations remarquables de loutres de mer, d’ours bruns et d’aigles marins de Stellar.
une nature vierge en complète autonomie ». Leur objectif : conquérir les hauts volcans du nord de la péninsule (dont le plus haut volcan actif d’Eurasie, le Klioucheskoy, atteint 4 850 mètres) et marcher seuls dans la végétation indomptée du Kamchatka, entre taïga, rivières et toundra. Soit un périple de 650 km comprenant l’ascension de six volcans, en trente-huit jours, à raison de six à huit heures de marche par jour. Un an et demi de préparation physique et matérielle aura été nécessaire à cette expédition. Au programme : école de glace et de roche avec le Club alpin français et ascension de plusieurs sommets des Alpes pour compléter la formation. Sur les six volcans ciblés, les jeunes aventuriers en atteindront quatre. « Le Klioucheskoy est entré en éruption violente à notre arrivée. Quant au Koryaksky (3 456 mètres), des conditions météo extrêmes nous ont contraints à rebrousser chemin à 500 mètres du sommet », raconte Thibaut Foucher. Outre l’ascension des quatre volcans, dont celle du Tolbatchik (3 682 mètres) et la traversée d’une forêt pétrifiée par sa dernière éruption en 1976, l’équipe a expérimenté la marche dans une nature sauvage, qui leur a réservé quelques surprises. « Nous étions préparés pour un parcours sportif, mais nous ne nous attendions pas à ça. Nous aurions dû nous entraîner avec l’armée », ironise Thibaut Foucher. Seule assistance dans une végétation dense, sans chemin ni route : cartes, boussoles et GPS. « Il nous est arrivé de mettre 10 heures pour parcourir 7 kilomètres », raconte le jeune homme. EN CHIFFRES ÉVASION La surface du Kamchatka équivaut au 4/5 e de la France. 60% des quelque 390 000 habitants du Kamchatka est concentrée dans la capitale et son agglomération : Pétropavlosk-Kamchatski. Une unique route traverse la province depuis la capitale jusqu’au Nord, le long du fleuve Kamchatka. Ours bruns et feux de Bengale Défilent alors les paysages somptueux, comme ceux de la réserve Kronotski, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Cette réserve compte parmi ses trésors le très beau volcan de la caldeira d’Uzon et la fameuse vallée des geysers, immense réserve d’eaux thermales, fréquentée par les ours bruns. L’équipée en croisera vingt-six, au total. Aucune attaque, mais à chaque fois une stupéfaction pour les quatre aventuriers, armés de feux de Bengale et de fusées éclairantes pour pallier un éventuel affrontement. Le froid, brutal, vient ajouter sa part de difficultés. « A partir de mi-septembre, les températures ont brutalement baissé, chutant jusqu’à -10°C la nuit. Nous ne nous attendions pas à un changement aussi brusque. » Outre ces conditions climatiques difficiles, le vacarme presque incessant des volcans en éruption, la faim aussi auraient pu avoir raison de cette équipée. Mais il faut croire que la force d’un groupe soudé, la récompense du bivouac installé chaque soir dans une faune et une flore incroyables, l’envie de fêter la victoire avec les habitants de la capitale, Petropavlosk, dubitatifs sur le périple de ces quatre étrangers mais aussi admiratifs, auront poussé l’équipée au bout du voyage. Avec l’envie décuplée de recommencer.• 650 km parcourus, dont 150 km d’ascension sur 4 volcans, 500 km au cœur de la taïga, de la toundra et le long du littoral Pacifique.• 38 jours de marche.• 26 kg par personne.• 26 000 euros de budget total, dont les 2/5 e financés grâce à de nombreux sponsors. Pour en savoir plus, consultez www.capsurlextreme.com. L’équipée tiendra deux conférences à Grenoble le 30 novembre au Club alpin français (CAF) et le 7 décembre sur le campus de l’université Pierre-Mendès-France de Grenoble. « NOUS AVONS CONNU LA FAIM » « Nous avions le minimum vital de nourriture pour que nos sacs ne dépassent pas 26 kg, explique Thibaut Foucher. Au menu quotidien : muesli ou cacao lyophilisé et 3 cuillères de fruits secs le matin, 2 barres de céréales au déjeuner, une soupe et un plat lyophilisé le soir. On devait trouver le reste dans la nature : myrtilles, poisson, champignons… Cela nous a permis d’avancer, mais c’était insuffisant. Nous avons vraiment connu la faim. »



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