Direct Soir n°847 8 nov 2010
Direct Soir n°847 8 nov 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°847 de 8 nov 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : « Mozart, l'opéra rock » retour à Paris

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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SCIENCES Voir la vidéo DES BALLONS Concordiasi doit son nom à la base scientifique polaire franco-italienne Concordia, située au cœur de l’Antarctique et à l’instrument innovant, IASI, embarqué sur le satellite MetOp. SUR L’ANTARCTIQUE larguer 600 dropsondes commandées Basés en Antarctique, les scientifiques du programme Concordiasi seront de retour le 15 novembre. depuis le centre de recherche de Météo- Leur mission : procéder à des lâchers de ballons stratosphériques afin de recueillir des données inédites France, à Toulouse, où sont récupérées en direct les données. sur le climat de l’Antarctique et les mécanismes de destruction de la couche d’ozone. Ces sondes fourniront, au cours de leur descente, des informations sur toute la Par une température tombant le 9 septembre et le 25 octobre 2010. giques classiques. Pour le pôle Nord, colonne atmosphérique entre le ballon jusqu’à - 80 °C, il faut découvrir ses Budget : 20 à 25 millions d’euros, soit nous avons des preuves que le réchauffement climatique a un fort impact. Mais bles de suivre l’évolution des masses et le sol. « Ces ballons sont seuls capa- doigts déjà gelés pour vérifier une l’une des plus grosses missions scientifiques menées dans ce domaine. L’ob- en Antarctique, on ne connaît toujours d’air sans se cantonner à les traverser, dernière fois les fixations des capteurs fixés sur les ballons stratosphériques conçus par le Cnes*, chargés jectif est double : mieux connaître le climat de l’Antarctique et comprendre la pas la manière dont la calotte polaire comme le ferait un avion, précise Florence Rabier. Ils sont à la fois « plafon- de mesurer la pression, l’humidité de l’air, le vent et la température de l’atmosphère au-dessus de l’Antarctique. Les « ballonniers » piétinent sur place pour lutter contre le froid mordant, emmitouflés dans leurs anoraks rouge. Ce 25 octobre, à 21h35 (23h35 heure française), le dix-neuvième et dernier ballon de la mission Concordiasi était lâché depuis la base américaine de McMurdo, sur la côte sud du continent antarctique. Conduit notamment par le Centre national de recherches météorologiques, le pro- Nous analysons particulièrement les vont évoluer pendant plusieurs mois in situ, les données satellitaires et amé- dynamique de formation du trou d’ozone dans l’atmosphère, qui se creuse audessus de cette région à chaque printemps austral. Une mine d’informations Car le continent antarctique, immense réserve d’eau glaciaire, est un territoire incontournable pour les météorologues. « Pour étudier le climat de la Terre, il faut observer avec le plus de précision possible l’atmosphère dans son ensemble. réagit au réchauffement », indique Florence Rabier, chercheur au centre de Météo-France et responsable scientifique du programme Concordiasi. « Si la fréquence des précipitations sur le Continent blanc augmente, cela pourrait modérer l’élévation possible du niveau de la mer », explique la spécialiste. Une envolée pour la science Emportés dans le tourbillon polaire – les vents d’altitude soufflant durant l’hiver austral – les ballons, gonflés à l’hélium, nants », c’est-à-dire capables de tenir à une altitude stable, et « longue durée », c’est-à-dire aptes à dériver dans les courants aériens entre 1 à 5 mois. » Grâce à ces mesures inédites, Concordiasi va permettre aux chercheurs de compléter les mesures météorologiques classiques faites par satellites. Certaines dropsondes seront d’ailleurs larguées au moment du passage du satellite pour valider directement ses mesures. « Ces ballons sont donc conçus pour compléter, gramme international Concordiasi avait pour mission de lâcher une flottille de ballons au-dessus de l’Antarctique entre pôles parce qu’ils sont plus sensibles aux évolutions du climat et moins bien observés par nos mesures météorolo- à une altitude de 17 km au-dessus de l’Antarctique. Sur les dix-neuf ballons lancés depuis septembre, treize doivent liorer nos prévisions météo sur plusieurs décennies », conclut Florence Rabier. *Centre national d’études spatiales Direct Soir n o 849•Mercredi 10 novembre 2010 12
PHILIPPE COCQUEREZ, chef de projet du programme Concordiasi au Cnes EN DIRECT DE McMURDO Quelque temps après le lancement, Philippe Cocquerez revient sur le lâcher du 19 e ballon depuis la base américaine de McMurdo, sur la côte sud de l’Antarctique. LA MISSION EN CHIFFRES• Une dizaine de scientifiques sur le terrain depuis mi-août.• 19 ballons, mesurant chacun 12 mètres de diamètre, lâchés entre le 9 septembre et le 25 octobre 2010.• Environ 600 dropsondes larguées par 13 ballons pour mesurer l’atmosphère.• Budget du programme Concordiasi : 20 à 25 millions d’euros. INTERVIEW Etes-vous satisfait des lâchers opérés depuis le 9 septembre ? Philippe Cocquerez : Globalement, la campagne Concordiasi a été un succès. Mais nous avons dû arrêter le vol de deux ballons. Pour chacun, nous avons eu affaire à un problème de communication entre la nacelle de commande du ballon et sa charge utile, munie des capteurs de mesures météo rologiques. Nous avons donc provoqué l’atterrissage de ces charges utiles qui sont retombées par parachute. Les ballons, eux, ont explosé d’eux-mêmes en remontant en altitude. Quels ont été les moments décisifs du lancement du dernier ballon ? Un lâcher se prépare plusieurs jours à l’avance. Nous effectuons plusieurs essais sur les systèmes électroniques suspendus aux ballons. Nous étudions les prévisions de trajectoires… Pour le jour J, la condition essentielle, c’est que le vent n’ait pas une vitesse supérieure à 15 km/h, une heure et une demi-heure avant le lancement. La difficulté majeure est donc de prédire le bon créneau, ce qui n’est pas très fréquent dans une région soumise à des vents très violents. Nous avons déjà eu des lancements dramatiques avec déchirure de ballon... C’est pour cela qu’on sort les ballons au dernier moment. C’est le moment du « processus irréversible » où il faut que le vent reste calme. Pour le 19 e ballon, nous avons eu la chance d’avoir une merveilleuse prévision. Les opérateurs avaient noté une chute de la vitesse du vent sur trois heures, ce qui a été respecté à une heure près à l’instant du lancement. ZOOM ENVIRONNEMENT UN CONTINENT PARTICULIER L’Antarctique (pôle Sud) est la région la plus froide de la planète et s’étend sur 14 millions de km 2. Il est recouvert à 99% de glace : la température peut descendre jusqu’à - 80 °C et ne monte maximum qu’à 10 °C en été. Aucun habitant ne peuple cette terre glaciaire, qui abrite les trois quarts des réserves mondiales d’eau douce, excepté des scientifiques du monde entier qui se relaient dans les 37 stations installées à demeure. Si le continent blanc n’abrite aucun mammifère terrestre, il accueille des millions de manchots et d’oiseaux de mer. DES CONDITIONS EXTRÊMES Dépendants du climat polaire, les scientifiques de la mission Concordiasi ont dû prendre en compte deux paramètres : la nuit polaire et les vents catabatiques qui peuvent atteindre jusqu’à 300 km/h. Pour se protéger de ces derniers, la mission s’est installée sur la base de McMurdo (côte sud du continent), une zone épargnée par ces vents. L’opération « ballon » a dû également prendre en compte la nuit polaire, cette période de l’année (mars à septembre) durant laquelle le soleil ne se lève pas sur le pôle Sud. Une donnée qui ne permettait pas aux équipes d’atteindre la station franco-italienne de Concordia, basée au cœur des terres, à l’est du continent. Ils lui ont donc préféré la côte sud.



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