Direct Soir n°812 17 sep 2010
Direct Soir n°812 17 sep 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°812 de 17 sep 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (212 x 281) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 6,9 Mo

  • Dans ce numéro : 1/2 finale Coupe Davis France - Argentine, à nous la victoire !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ENJEU ÉQUIPE DE FRANCE 18 LES JO, C’EST DEJA À deux ans de l’échéance olympique, les triathlètes Réputé pour être un sport à maturité tardive, le triathlon a pris, ces dernières français ont déjà l’esprit tourné vers les JO de Londres. années, un énorme coup de jeune avec l’arrivée de prodiges, formés à l’école Mais pour espérer y réaliser un gros coup, tous sont du cross-country et du demi-fond, qui déterminés à élever leur niveau de performance. bousculent tout sur leur passage. Avec son chèque de 7 500 $ (environ 5 800 €) sous le bras, David Hauss, 26 ans, numéro un français, ne fait pas le malin. En achevant sa saison au 9 e rang mondial, à l’issue de la dernière étape des Championnats du monde disputée à Budapest, le sociétaire du Paris Lagardère Racing vient d’empocher, en l’espace d’une course, ce que les sportifs les plus fortunés (golf, tennis, boxe, basket, foot) empochent, dans Direct Soir n o 812 Vendredi 17 septembre TEXTE > GÉRALD MATHIEU, ENVOYÉ SPÉCIAL À BUDAPEST (HONGRIE) PHOTOS > THIERRY DEKETELAERE/TRIATHLÈTE ET JANOS SCHMIDT/TRIATHLON.ORG le meilleur des cas, en l’espace de quelques secondes de jeu. Et ce, quel que soit le résultat ou l’enjeu. Misérable salaire de la sueur… Alors Hauss se prend la tête, se projette et se demande quand encaisser ce chèque pour profiter au mieux du cours de l’euro. Et faire fructifier ce maigre butin gagné à la force du jarret et des biscotos. Mais au fond, qu’importe le compte en banque ! Depuis les origines du triathlon, c’est en effet bien moins l’appât du gain qu’une certaine idée du sport que les triathlètes défendent bec et ongles. Et dans leur cas, ce qui vaut tout l’or du monde, c’est une participation aux JO. Le Graal, depuis que ce sport juvénile, créé en 1977, est inscrit au programme olympique (2000). Après une année post-olympique de transition, le collectif tricolore est entré dans le vif du sujet. « Je n’en fais pas une fixation, mais quand je vais m’entraîner, j’ai ça en tête tous les jours, confie David Hauss. Les Jeux, c’est l’aboutissement. La course d’une vie. Je suis loin d’avoir atteint mes limites. Je me fous d’être le meilleur français. Je veux devenir le meilleur mondial. » Même si tout est possible sur une course d’un jour, à l’heure actuelle, aucun Français potentiellement sélectionnable pour Londres n’est en mesure de décrocher la timbale. < LES GARS ONT LE POTENTIEL POUR GAGNER LES JEUX CAR LES JO, C’EST LA COURSE D’UN JOUR. > UNE RÉVÉLATION PAR AN À l’image des phénoménaux frères anglais Alistair et Jonathan Brownlee, respectivement âgés de 22 et 20 ans, et déjà sacrés champions du monde 2009 sur courte distance* et 2010 en sprint**. Ou encore de l’Espagnol Javier Gomez, sacré champion du monde à Budapest pour la seconde fois de sa carrière, aujourd’hui âgé de 27 ans, mais qui dynamite le peloton depuis cinq bonnes années déjà. « Aujourd’hui, les gars sont très complets, explique Tony Moulai, vicechampion d’Europe 2008 et 16 e mon-
DEMAIN dial. Ils nagent fort, roulent bien, et bien plus qu’abdiquer. À la manière courent surtout de plus en plus vite. de Claude Fauquet, ancien directeur Les meilleurs courent les 10 kilomètres « sec » en moins de 29 minutes. des minima très élevés en natation, technique national, qui a su imposer Toi, tu es seulement 20-30 secondes pour les résultats que l’on connaît, derrière. Mais ce sont 20-30 secondes Frank Bignet, l’actuel DTN du triathlon, a mis en place des critères de sé- de trop. Nous, on n’est pas assez forts. En plus, on assiste chaque année à lection draconiens en vue des Jeux l’émergence d’un nouveau triathlète de Londres. qui, du coup, nous fait glisser au classement mondial. » « Avant, on disait que l’âge d’or du triathlon se situait entre 25 et 30 ans, poursuit Vincent Luis, 21 ans, champion du monde juniors 2008. Tout est remis en question. Le niveau des Espoirs est désormais quasi équivalent à celui des Élites. L’âge d’or se situe, aujourd’hui, plutôt vers 25 ans. » Alors, résignés les Français ? Que nenni. Les triathlètes tricolores sont des orgueilleux qui aiment ferrailler IMPOSSIBLE, PAS FRANÇAIS « Il n’existe pas en France d’athlètes exceptionnels comme Gomez ou Brownlee, constate cet ancien pilier de l’équipe de France. Mais les gars ont le potentiel pour gagner les JO (trois places sont à pourvoir,ndlr), car c’est la course d’un jour. Il nous reste deux ans pour gommer nos lacunes et renforcer nos points forts. Ce n’est pas mission impossible. Et je ne veux pas me projeter sur les Jeux d’après car il TRIATHLON < JE ME FOUS D’ÊTRE LE MEILLEUR FRANÇAIS. JE VEUX DEVENIR LE MEILLEUR MONDIAL. > faut saisir l’opportunité quand elle arrive. Les Jeux, c’est demain. Si on veut faire des médailles, il faut apprendre à être finaliste dès maintenant. Si on veut gagner, il faut apprendre à remporter des médailles. Je suis là pour générer de la performance. Et mon objectif, un jour, est de voir un Français sacré champion olympique. » Gagné lui aussi par cette ambition contagieuse, Frédéric Belaubre, 30 ans, figure emblématique du triathlon français depuis 10 ans, après avoir raflé trois titres continentaux et été médaillé de bronze mondial en 2006, semble reverdir à l’approche des Jeux. Ses troisièmes, si ses perf’lui permettent de traverser la Manche en 2012. « Après Pékin, confie-t-il, j’ai perdu la rage de vaincre pendant deux ans. Maintenant, on y est. Je n’ai Laurent Vidal (absent sur ces clichés), Frédéric Belaubre, Tony Moulai et David Hauss (de g. à d.) sont, à ce jour, les quatre meilleurs triathlètes français, susceptibles de défendre les chances tricolores aux Jeux olympiques de Londres. plus le droit à l’erreur. Sur une course d’un jour, rien n’est fait. Je ne fixe pas de limites. Je suis encore capable de rivaliser avec les meilleurs même s’il ne faut pas se mentir : les années s’accumulent, et le triathlon, ça use. Mais je suis prêt à consentir beaucoup d’efforts et de sacrifices pour être encore plus puissant, léger et affûté. » Avec David Hauss, Tony Moulai, Frédéric Belaubre, mais aussi Laurent Vidal (26 ans, 6 e mondial l’an passé) et les valeurs montantes que sont Vincent Luis et Aurélien Raphael (22 ans, champion du monde juniors 2007), la France dispose d’un bataillon d’acharnés pour qui rien n’est impossible. Et de deux ans devant elle pour réaliser le casse de ce début de siècle.• * Courte distance : 1,5 km natation, 40 km vélo, 10 km à pied. * * Distance sprint : 750 m natation, 20 km vélo, 5 km à pied. Direct Soir n o 812 Vendredi 17 septembre



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