Direct Soir n°806 9 sep 2010
Direct Soir n°806 9 sep 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°806 de 9 sep 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Omar et Fred : partenaires particuliers

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LITTÉRATURE ÉVÉNEMENT HOUELLEBECQ, ENCORE UNE FOIS Il est le pivot de la rentrée littéraire. Son nouveau roman, « La carte et le territoire », est une dissection, au sens propre et au sens figuré, d’une société en décomposition. Non sans humour et second degré. DATES CLÉS Certes, il y a Amélie Nothomb, Virginie Despentes, Marc Dugain, Jean d’Ormesson et autres poids lourds de la rentrée littéraire. Mais les éditeurs devraient éviter de tirer leurs plus grosses cartou - ches quand Flammarion aligne Michel Houellebecq sur la ligne de départ. Car avant même que son dernier roman, La carte et le territoire, ne soit disponible sur les étals bondés des librairies, l’événement avait déjà eu lieu. Les quelques exemplaires, diffusés en avant-première la deuxième quinzaine du mois d’août, ont immédiatement déclenché minicontroverses et querelles d’experts parmi les chroniqueurs littéraires des DirectSoir n o 806• Jeudi 9 septembre 2010 principaux médias. Il faut dire que l’écrivain, s’il a renoncé aux chapitres dignes des « gonzos » les plus underground, n’a en rien perdu de sa capacité à saisir son lecteur, avec une description impitoyable de la société vue comme un maillage distendu de petites gens animés de petits projets et de petits rêves. Et aussi des trouvailles totalement inattendues, comme l’apparition d’un certain… Michel Houellebecq, héros de l’intrigue à part entière. A n’en pas douter, cette auto-mise en scène, est l’élément qui retient d’emblée l’attention des chroniqueurs. L’auteur fait de lui-même un portrait d’une étonnante cruauté, sans doute par- 8 semé d’éléments (nombreux ?) parfaitement réels et peu valorisants. La description de sa maison irlandaise est à ce titre proprement terrible. D’autres personnages réels apparaissent dans La carte et le territoire, comme Jean-Pierre Pernaut ou encore Frédéric Beigbeider, qui a répondu à Houellebecq vendredi dernier dans Le Monde littéraire avec un incontestable fair-play. Pourtant, il ne faudrait pas réduire ce roman à sa dimension people. La disparition de toute empathie – ou pres - que – à l’égard de l’espèce humaine peut aussi faire office d’antidote. Décrire le désenchantement du monde comme un médecin légiste décrit les blessures du cadavre gisant sous ses yeux peut aussi faire office de signal d’alarme. Houellebecq se défendrait sans doute d’une telle intention, mais on aimerait bien lui en faire crédit. La carte et le territoire, Michel Houellebecq, Flammarion, 22 €. 1958 : Naît le 26 février à La Réunion. 1980 : Diplômé de l’école supérieure d’agronomie. 1991 : Publie une bibliographie de Howard P.Lovecraft. 1994 : Notoriété avec Extension du domaine de la lutte. 1998 : Publie Les particules élémentaires. 2000 : Sortie d’un disque de poésies mises en musique par Bertrand Burgalat, Présence humaine. 2005 : Prix Interallié pour La possibilité d’une île. 2010 : La carte et le territoire. HOUELLEBECQ LIVRE DANS SON DERNIER ROMAN UNE VISION ACÉRÉE DE LA SOCIÉTÉ.
SÉLECTION PREMIERS ROMANS GÉNÉRATION PRÉCAIRE Comment éviter le mal-être au travail ? Romain Monnery, ou plutôt le héros de son premier roman, aurait la solution : ne jamais travailler. Après un bac +5, un éphémère stage au sein d’une chaîne de télévision dans lequel il était préposé au nettoyage, « Machin » (c’est comme cela qu’on le nommait) décide d’abandonner le monde cruel de l’entreprise pour espérer un jour vivre de sa plume. Mais l’attrait des séries télévisées, des soirées pizza avec son colocataire et des siestes interminables vont peu à peu l’entraîner vers une vie à la Bartleby, qui préfère ne pas essayer plutôt que se risquer à l’échec. Loufoque, plein d’autodérision et de cynisme, le récit de la vie de ce gentil « loser » est aussi un moyen efficace de démontrer par l’absurde la préoccupante situation des jeunes diplômés. Libre, seul et assoupi, Romain Monnery, Le Diable Vauvert, 18 €. AMOURS EN ROUTE A seulement 22 ans, Antonia Kerr livre un premier roman aussi léger qu’ébouriffant. Un sexagénaire roule à travers les Etats-Unis. Au gré de ses arrêts, il finit par rencontrer une jeune lolita de près de quarante ans sa cadette. La folie et les mœurs libérées de la jeune fille vont pousser le récit vers celui d’une drolatique passion pour, au final, devenir un roman pas si naïf au doux parfum de nostalgie. Des fleurs pour Zoë, Antonia Kerr, Gallimard, 14,90 €. GALLIMARD GO WEST ! Bienvenue dans l’univers déjanté de Warren Ellis. Très connu des fans de comics, Warren Ellis (entre autres l’un des auteurs d’Iron Man), se lance en littérature. Et c’est plutôt une belle réussite. Ici, Michael McGill est un détective privé sans ambitions ni perspectives d’avenir. Plus attiré par le whisky et la chasse aux gros rats qui partagent son quotidien et lui minent l’existence que par la recherche de clientèle, l’homme va néanmoins être contacté par un gros bonnet… le gouvernement américain ! Et la demande de ce dernier est loin d’être banale. Afin d’empocher une coquette somme, Michael McGill devra remplir une mission des plus étranges : retrouver une version ultra-secrète de la Constitution américaine, cette dernière ayant soi-disant le mystérieux pouvoir de remettre les Etats-Unis dans le droit chemin de la bonne morale. P.LEROUX/SIPA NUIT D’IVRESSE A tout juste 15 ans, Carmen Bramly, la fille de Serge Bramly (lauréat du prix Interallié en 2008), publie son premier roman. Pastel fauve est un huis clos audacieux entre deux adolescents. Amis depuis leur plus jeune âge, ils doivent faire face à l’éveil de leurs sens et peut-être tourner le dos à l’enfance. Benjamine de la rentrée littéraire, Carmen Bramly signe un premier ouvrage qui laisse présager du meilleur. Pastel fauve, de Carmen Bramly, JC Lattès, 16 €. ED. JC LATTÈS VOYAGE DANS UNE AMÉRIQUE DÉCADENTE AVEC WARREN ELLIS. Avec ce road book subversif, Warren Ellis nous emmène à la rencontre d’une Amérique décadente. Les dialogues sont désopilants, les personnages fanatiques ou simplement saugrenus et les situations des plus cocasses. Une bouffée d’air venue de l’autre côté de l’Atlantique dans une rentrée littéraire française parfois un peu plombante. LES HITS DE LA RENTRÉE LE DIABLE VAUVERT Artères souterraines, Warren Ellis, Le Diable Vauvert, 18 €.



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