Direct Soir n°799 7 jui 2010
Direct Soir n°799 7 jui 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°799 de 7 jui 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Festival d'Avignon : l'appel de la scène

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 EN COUVERTURE La cour d’honneur du palais des Papes réunit chaque année les passionnés de théâtre. FESTIVAL D’AVIGNON TOUS EN SCÈNE ! Coup d’envoi, ce soir, du plus grand festival de théâtre au monde avec la 64 e édition du Festival d’Avignon. Demain, ce sera au tour du « off » de lever le rideau. Un mois durant, la Cité des papes va vivre au rythme du théâtre, accueillant des milliers de spectateurs et de professionnels. Dès ce soir et jusqu’à fin juillet, la ville d’Avignon va voir sa population multipliée par treize, passant de 85000 à plus d’un million de personnes sur toute la période du Festival d’Avignon, « in » et « off » confondus. Une fréquentation qui n’a fait que croître depuis la création du Festival « in » en 1947 par Jean Vilar. A l’époque, ce dernier est convié par le poète René Char et le collectionneur Christian Zervos à présenter dans la cour d’honneur du palais son premier succès public, Meurtre dans la cathédrale, de T.-S.Eliot. Jean Vilar refuse : il n’a plus les droits de la pièce et le lieu lui paraît trop vaste. Mais, intéressé par le projet, il fait une REPÈRES A. VARDA/AGENCE ENGUERAND 1947 : les balbutiements ➔ A l’été 1947, Jean Vilar (photo) organise « une semaine d’art à Avignon ». Il présente dans la cour du palais des Papes trois pièces : Richard II, de Shakespeare, dans laquelle joue Jeanne Moreau, âgée de 19 ans ; Tobie et Sara, de Paul Claudel, et La terrasse de midi, de Maurice Clavel. Dès 1947, il s’attache à une troupe composée entre autres de Michel Bouquet, Silvia Monfort et rejointe en 1951 par Gérard Philipe. autre proposition : monter trois pièces, dont RichardII, de Shakespeare. Il revient l’année suivante, marquant ainsi le point de départ de ce qui deviendra le plus grand festival de théâtre au monde. Jean Vilar en sera le grand patron jusqu’en 1971, multipliant dès 1964 les espaces scéniques (de la cour du palais des Papes jusqu’en 1963 à trente et une scènes aujourd’hui) et ouvrant le Festival « in » à d’autres disciplines. En 1966, la danse fait son entrée avec Maurice Béjart et son Ballet du XX e siècle. En 1967, c’est au tour du cinéma : Jean-Luc Godard projette en avant-première son long métrage La chinoise dans la cour du palais, suivi en 1968 par François Truffaut et ses Baisers volés. AFP Hortense Archambault et Vincent Baudriller dirigent le Festival depuis 2004. Dès 1969, Jean Vilar ouvrira sa scène au théâtre musical avec Orden, de Jorge Lavelli. Plus que jamais pluridisciplinaire, la 64 e édition met à l’honneur la danse et la lecture. MÉLANGE DES GENRES Dans la droite ligne de Jean Vilar, Paul Puaux, Bernard Faivre d’Arcier, puis Alain Crombecque et aujourd’hui Hortense Archambault et Vincent Baudriller ont successivement pris la tête du festival. Ces derniers, codirecteurs du « in » depuis 2004, offrent cette année une édition entre passé et présent. Poussant toujours plus loin le mélange des genres, ils se sont associés à deux artistes, dont « la langue première n’est 1968 : interdiction et altercation ➔ En raison des événements et suite à une allocution du général de Gaulle, le TNP (Théâtre national populaire), dirigé par Jean Vilar, ne participe pas au Festival d’Avignon. Maurice Béjart (photo, à gauche) occupe donc seul la cour d’honneur, alors que la dernière création du Living Théâtre, Paradise Now, est interdite par arrêté préfectoral provoquant rassemblements, manifestations et altercations avec les forces de l’ordre. C. PARIS/AP/SIPA Directsoir N°799/Mercredi 7 juillet 2010 « LA 64 e ÉDITION MET À L’HONNEUR LA DANSE ET LA LECTURE » C. RAYNAUD DE LAGE pas le théâtre », note Vincent Baudriller : l’écrivain Olivier Cadiot et le musicien et metteur en scène Christoph Marthaler. Ainsi, treize des trente-trois spectacles tournent autour de la danse. Pour la première fois, le festival propose des concerts dessinés – concept imaginé par Zep en 2005 au Festival d’Angoulême –, avec Dupuy et Berberian, ou encore une séance de lecture menée par Olivier Cadiot dans la cour d’honneur. C’est aussi un retour aux sources que propose le metteur en scène Jean-Baptiste Sastre en montant RichardII (du 20 au 27 juillet), soixante-trois ans après sa représentation lors de la première édition. Une richesse complétée par celle du Festival « off », lancé en 1966 par André Benedetto, et devenu aujourd’hui le plus grand festival de théâtre autofinancé. PLUS DE 1000 SPECTACLES Si, dans les années 1970, une quarantaine de spectacles sont proposés dans le cadre du « off », l’offre a bien évolué. En 2010, les festivaliers devront piocher parmi 1092spectacles, joués dans 123lieux.Un éventail de propositions qui fait du « off » le plus grand marché du théâtre en France (lire interview ci-contre), où se pressent 4200 programmateurs venus sélectionner les pièces qui tourneront dans les salles françaises l’année suivante. Un rendez-vous incontournable pour les compagnies (852 cette année venues de toute la France, dont 335 d’Ile-de-France) en quête de public, mais aussi de producteurs. Et assurément, le public, majoritairement féminin (61% de femmes), en redemande : en moyenne les festivaliers restent huit jours et assistent à onze spectacles du « off » et deux du « in ». L’occasion de découvrir les talents de demain. Dernier exemple en date : cette année, la jeune Alice Belaïdi a reçu le molière de la « révélation féminine » pour sa prestation dans Confidences à Allah, jouée pour la première fois au Festival « off » de 2008, au Théâtre du Chêne-Noir. 2003 : l’annulation ➔ En 2003, le Festival « in » d’Avignon est annulé par son directeur Bernard Faivre d’Arcier en raison des mouvements de grève lancés par les acteurs du spectacle vivant. En cause : la modification du statut des intermittents. Une première dans l’histoire du festival. Malgré tout, le « off » est maintenu. Toutefois, dès les premiers jours du festival, 100 des 565 compagnies présentes sur place ont déserté les lieux.
www.directsoir.net Sélection Boris Charmatz et Jeanne Balibar, dans La danseuse malade. Le comédien Greg Germain. Président du Festival « off » depuis novembre 2009, Greg Germain, directeur de la Chapelle du verbe incarné à Avignon, et voix française de Will Smith, décrypte cette nouvelle édition. Comment s’opère la sélection du « off » ? Une des vertus du « off » est de proposer une multitude de sélections. Chacun des 123 lieux fait lui-même sa programmation. Il y a donc 123programmateurs. Mon rôle est ensuite de faire en sorte que le public, les professionnels et les compagnies trouvent ce qu’ils sont venus chercher. Quelle évolution le « off » a-t-il connu, ces dernières années ? Depuis 2003, il connaît une augmentation mécanique de 10 à 15% par an. Cette année le « off » accueillera 1 092 spectacles, de 11 h à 2 h du matin. En 2002, pas moins de 2 200 programmateurs venaient pour acheter des spectacles ; aujourd’hui on en compte 4 200. Une telle augmentation conduira-t-elle à une sélection plus drastique ? Non, ce serait faire preuve d’arrogance que de dire qu’il y a trop d’artistes en France. Nous réfléchissons à d’autres solutions, comme celle de sortir le festival de l’enceinte d’Avignon. Quelle est la spécificité du « off » ? C’est le seul festival de France autofinancé par les compagnies, le public et les lieux du festival. En quoi est-ce un rendez-vous Christoph Marthaler et Olivier Cadiot, artistes associés du festival, présentent aussi leurs créations. Une programmation sous le signe de l’éclectisme• Du 7 au 17 juillet, Papperlapapp– « et puis quoi encore ! », en allemand – de Christoph Marthaler et Anna Viebrock. Cette création ne sera présentée qu’à Avignon, dans la cour d’honneur du palais des Papes.• Du 9 au 16 juillet, Création 2010, d’Anne Teresa De Keersmaeker, au cloître des Célestins. Elle s’inspire ici d’une forme musicale polyphonique, l’ars C. RAYNAUD DE LAGE C. RAYNAUD DE LAGE subtilior, créée à Avignon au XIV e siècle.• Le 10 juillet, lecture d’Olivier Cadiot de L’affaire Robinson, livre composé de tous ses livres. On y suit son alter ego, présent dans cinq de ses romans. Dans la cour d’honneur du palais des Papes.• Du 21 au 24 juillet, La danseuse malade, d’après Tatsumi Hijikata (créateur de la danse buto), de et avec GREG GERMAIN, président du festival « off » EN COUVERTURE 7 Boris Charmatz. Le danseur, prochain artiste associé du festival, sera accompagné par Jeanne Balibar sur la scène du gymnase Gérard-Philipe.• Du 20 au 27 juillet, comme en 1947, La tragédie du roi Richard II, de Shakespeare, sera donnée dans la cour du palais des Papes, sur une mise en scène signée cette fois de Jean- Bernard Sastre. Avec Denis Podalydès. « Pas de concurrence entre les festivals » incontournable pour les artistes ? Le « off » est le plus grand marché du théâtre en France, et le plus grand rendez-vous des programmateurs de spectacle. Une compagnie vient ici pour plusieurs raisons. D’abord, rencontrer le public, qui assiste à quatre ou cinq pièces par jour, et les 4 200 programmateurs venant acheter les pièces qui parcourront la France l’année suivante ; ainsi, en moyenne, chaque compagnie reçoit entre vingt-cinq et trente professionnels. Ensuite, l’intérêt est d’être relayé par la presse, de croiser les regards, mais aussi de permettre par exemple à une compagnie d’outre-mer de rencontrer son « homologue » de Bretagne. Y a-t-il une concurrence entre « in » et « off » ? Il y a 700 festivals en France, et je ne crois pas qu’ils se concurrencent les uns les autres. Le « in » est un emblème de la culture nationale, le « off » s’est dressé en parallèle. Et si le « in » a deux directeurs et le « off » 123, nous partageons tous l’amour des mêmes choses. Et tous les artistes du « in » ont été ou seront un jour dans le « off ». DR ZOOM P.GELY/AGENCE BERNAND MARC ENGUERAND A. VARDA/AGENCE ENGUERAND Ils ont fait le « in » Figures d’Avignon Gérard Philipe La troupe de jeunes acteurs fidèles à Jean Vilar est rejointe en 1951 par Gérard Philipe, déjà célèbre notamment grâce à son rôle aux côtés de Micheline Presle dans Le diable au corps, de Claude Autant-Lara. A Avignon, il joue dans les classiques Le Prince de Hombourg et Le Cid de Corneille. Mais il met aussi en scène des pièces de Musset et d’auteurs contemporains tel Jean Vauthier. Antoine Vitez Directeur du Théâtre d’Ivry depuis 1972 et familier du festival, Antoine Vitez signe sans doute sa mise en scène la plus célèbre à Avignon. Il y présente en 1987 Le soulier de satin, de Paul Claudel, pièce qui, avant lui, n’avait jamais été donnée dans son intégralité. Ariane Mnouchkine Créé en 1969, le Théâtre du Soleil donne sa première représentation dans la Cité des papes en 1969, avec Les clowns. Par la suite, la troupe d’Ariane Mnouchkine y donnera plusieurs créations dont Les Shakespeare (Richard II, Henri IV, et La Nuit des Rois) de 1981 à 1984.



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