Direct Soir n°796 2 jui 2010
Direct Soir n°796 2 jui 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°796 de 2 jui 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,6 Mo

  • Dans ce numéro : Quarts de finale de la Coupe du Monde, le rêve continue

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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À LA UNE ARGENTINE Direct Soir n o 796 Vendredi 2 juillet• 14 UNE BELLE TETE DE VA Éliminée lors du Mondial 2006 par l’Allemagne, l’Albiceleste compte bien prendre sa revanche, demain, dans ce qui s’annonce être le choc des quarts de finale (16 heures). Emmenée par ses « 10 » de légende, Maradona et Messi, l’Argentine a un très beau coup à jouer dans ce Mondial. TEXTE > LAURENT LANDINT, ENVOYÉ SPÉCIAL EN AFRIQUE DU SUD PHOTO > ICONSPORT Ce week-end signera peut-être la fin de ce que beaucoup estiment comme une anomalie. Vingt ans, déjà, que l’Albiceleste n’a plus participé à une demifinale de Coupe du monde. En Argentine, en tout cas, le peuple est euphorique. « Après des éliminatoires aussi laborieux (les Argentins ont évité les barrages de justesse,ndlr), personne ne pensait que la sélection allait gagner tous ses premiers matchs. Là, TOUT NU DANS LA RUE Notamment à Buenos Aires, autour du fameux Obélisque qui trône au centre de la capitale. « C’est là que furent célébrés les titres de champions du monde en 1978 et 1986, et il y a aujourd’hui du monde après chaque victoire, assure Diego Provenzano, de l’agence de presse Noticias Argentinas. Dimanche, alors qu’il pleuvait, 20 000 personnes étaient présentes. C’est impressionavec quatre succès en quatre rencontres, les gens commencent vraiment à rêver », raconte Martin Mendinueta, journaliste au quotidien El Dia. « C’est vrai qu’il y a un contraste par rapport à l’ambiance que j’ai connue au pays lors des quinze premiers jours de compétition », confirme le milieu de l’OL, Cesar Delgado, déjà de retour à Lyon pour la reprise de la prochaine saison. « Au début, je ne sais pas si les gens étaient inquiets ou attendaient de voir, mais ils étaient très calmes. Là, en revanche, ma famille m’a raconté qu’à Rosario, tout le monde a envahi les rues pour fêter la qualification devant le Mexique (3-1). Il y avait des drapeaux, beaucoup de bruit… Et, d’après les vidéos que j’ai vues, c’était pareil dans les autres villes. » nant ! » Cela pourrait l’être encore davantage, bientôt, si Diego Maradona, comme il l’a promis, venait à courir nu autour du monument en cas de sacre suprême ! Au passage, il rejoindrait le Brésilien Zagallo et l’Allemand Beckenbauer, les seuls jusqu’ici à avoir soulevé le prestigieux trophée comme joueur et entraîneur. Et l’on imagine déjà les mots doux qu’« El Pibe de Oro » distillerait en conférence de presse à ses « amis » journalistes… En attendant, le sélectionneur Maradona a gagné du crédit en Afrique du Sud et son personnage ne se limite plus à la caricature de showman, en costume mal taillé, qui embrasse sauvagement ses joueurs après les buts. « Grâce à son charisme, il a su convaincre ses joueurs qu’ils pouvaient réussir, a su gagner leur estime,
INQUEUR presque leur amour, en leur donnant cette confiance quasi sans limites, avance Diego Provenzano. Sa force de persuasion est telle, que même si vous portez une chemise bleue, il finira par vous convaincre qu’elle est rose. » UNE FAIM DE GLOIRE « Comme lui, cette équipe a faim de gloire, insiste le Lyonnais Delgado. Et puis, d’un point de vue tactique, en misant tout sur l’entraînement au quotidien, sans programmer aucun match amical, il a peaufiné l’organisation de son onze. On voit une formation qui évolue avec des idées claires et le mérite lui en revient forcément. » « À ce niveau, on peut lui reconnaître certaines réussites, comme l’association Tevez-Higuain-Messi, renchérit Martin Mendinueta. En sortant Veron du onze type, il a aussi montré du tempérament et prouvé qu’il assumait ses choix. » « Maintenant, attention, poursuit notre confrère, sa côte de popularité est actuellement bonne parce qu’il gagne, mais on le détruira au premier échec. Il n’y a jamais de demi-mesure avec Maradona ! Or moi, je crains que l’arrogance qu’il affiche finisse par contaminer son équipe et lui joue un < MARADONA A SU CONVAINCRE LES JOUEURS QU’ILS POUVAIENT RÉUSSIR. > vilain tour. Vraiment, Maradona m’inquiète plus que la défense. » La défense, tendon d’Achille de cette Albiceleste. Dans l’axe, Martin Demichelis s’affiche comme le maillon faible. Nombreux sont ceux qui lui préfèrent Samuel. Mais, selon Jorge Parodi, de la télévision Cadena 3, le changement d’un seul homme ne peut tout régler. « Bien sûr, cette ligne arrière n’est pas assez solide, mais il y a aussi un milieu de terrain toujours déséquilibré, un gardien qui n’offre pas toutes les garanties et, à un certain niveau de la compé tition, c’est forcément préoccupant. Le Brésil, par exemple, affiche plus d’homogénéité… » Mais peut-être pas le même génie offen sif que celui de l’Argentine avec, selon Mendinueta, « la meilleure atta- COUPE DU MONDE UNE ALLEMAGNE BLACK-BLANC-BEUR À l’instar des Bleus champions du monde en 98, la Mannschaft offre le visage d’une sélection qui n’hésite plus à intégrer quelques-uns des 7,3 millions d’étrangers qui peuplent aujourd’hui le sol allemand. Des onze joueurs titulaires face à l’Angleterre en 8 es de finale (victoire 4-1), cinq étaient issus de l’immigration (Boateng, Khedira, Podolski, Özil, Klose). À l’image de l’équipe de France 98, la Mannschaft affiche aujourd’hui un visage pluriethnique, miroir d’une société allemande en pleine mutation. Dans la liste des 23, onze d’entre eux sont en effet d’origine étrangère. Mesut Özil, 21 ans, milieu au Werder Brême, a vu le jour à Gelsenkirchen dans une famille turque originaire de Zonguldak, sur les bords de la mer Noire. Serdar Tasci, 23 ans, défenseur, a préféré jouer pour l’Allemagne plutôt que pour la Turquie. Il est d’ailleurs devenu le premier joueur musulman à porter le maillot allemand. Sami Khedira, 23 ans, né à Stuttgart (père tunisien, mère allemande), fut le capitaine des Espoirs champions d’Europe en 2009. Jérôme Boateng, 21 ans, polyvalent dans tout le secteur défensif, est né à Berlin d’un père ghanéen et d’une mère allemande. Il a choisi la Mannschaft, alors que son frère, Kevin-Prince Boateng, évolue, dans ce Mondial, avec le… Ghana ! Le défenseur Dennis Aogo, 23 ans, né à Karlsruhe, a des origines nigérianes. L’attaquant brésilien de Stuttgart, Jeronimo Cacau, 29 ans, a été naturalisé il y a un an, mais évolue en Bundesliga depuis 2001. « C’est l’un des rares Brésiliens à avoir fait l’effort d’apprendre l’allemand, constate Hardy Hasselbrüch, journaliste à Kicker. Il a tenu à passer un examen de langue allemande pour valider son passeport. » Cette équipe peut aussi compter sur une immigration venue d’Europe de l’Est. Notamment de Pologne. C’est le cas de Miroslav Klose, dont le nom (Kloze) a été germanisé à son arrivée en Allemagne, à l’âge de 9 ans. Avec déjà douze buts marqués en trois Mondiaux, il n’est plus qu’à trois réalisations du record détenu par Ronaldo (15 buts). Lukas Podolski, 25 ans, né lui aussi en Pologne, a pu bénéficier de la nationalité allemande grâce à ses grands-parents, allemands avant la Seconde Guerre mondiale. Idem pour Piotr Trochowski, 26 ans, qui a vu le jour à Tczew (Poméranie orientale), avant de débarquer à 5 ans avec sa famille. L’histoire de Marko Marin, 21 ans, milieu offensif du Werder, est plus insolite. Il n’a que 2 ans quand il fuit la guerre en Bosnie- Herzégovine, avec ses parents (père croate, mère serbe). Quant à Mario Gomez (père espagnol, mère allemande), c’est le record du plus gros transfert de la Bundesliga (30 M € l’an passé, de Stuttgart au Bayern). « Ces joueurs apportent un nouveau souffle, un nouvel élan pour notre football, mais aussi pour la société, conclut Hasselbrüch. Pour les familles d’émigrés vivant ici, le foot est une élévation sociale, un titre de respect qu’ils n’ont pas toujours eu avant. C’est aussi une image moderne, celle d’une intégration voulue par l’État allemand. En fait, nous vivons aujourd’hui ce que la France a connu au milieu des années 90. C’est une vraie chance pour l’Allemagne. » que au monde ». « On peut s’offrir le luxe d’être moins performant dans d’autres secteurs avec un potentiel pareil. » MESSI COMME ZIDANE ? Tous évoquent la flamboyance de son Ballon d’or 2009, Lionel Messi, devenu très clairement le patron du jeu. Une évolution que confirme Diego Provenzano. « Contrairement à avant, Maradona impose que tous les ballons passent désormais par lui, le centre d’attraction de l’équipe. » Impliquée sur six des dix réalisations argentines, la star du Barça n’a toutefois pas encore marqué. « Il ne doit surtout pas se prendre la tête avec ça !, balaie Delgado. Vous verrez, il débloquera son compteur en finale pour ramener le trophée. » La marque déposée d’un certain Zidane en 1998.• Direct Soir n o 796 Vendredi 2 juillet•



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