Direct Soir n°796 2 jui 2010
Direct Soir n°796 2 jui 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°796 de 2 jui 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,6 Mo

  • Dans ce numéro : Quarts de finale de la Coupe du Monde, le rêve continue

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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INCONTOURNABLE COMMENT BATTRE CONTADOR... Lance Armstrong peut-il battre Alberto Contador et remporter une 8 e Grande Boucle ? À bientôt 39 ans (en septembre), et face aux jambes de feu du double vainqueur espagnol, la mission semble bien difficile pour celui qui sera père d’un cinquième enfant en octobre. « Alberto est au sommet et va probablement encore s’améliorer, juge Armstrong dans Outside. Ce n’est pas mon cas. Je peux être mieux que l’an passé, mais je ne serai pas meilleur qu’il y a dix ans. » Alors, mission impossible ? On n’ira pas jusque-là. Lance reste Lance. Un champion hors norme. Une intelligence de course rare. Une expérience de vieux loup. Bref, attention au jour sans pour Contador. « Alberto est complet, jeune, explosif. Mais quand je regarde le parcours, et, par exemple, les sept secteurs pavés de la 3 e étape, je me dis que certains peuvent y laisser des plumes. Ce sera décisif. » Sa récente 2 e place sur le Tour de Suisse, à 12 secondes de Frank Schleck, a rassuré sur son état de forme. « Je suis prêt », assure le Texan sur Twitter. Avec en tête une stratégie. « Contador peut attaquer là où personne ne peut le suivre, assure Lance dans Men’s Journal. Ses accélérations sont incomparables. Sans égales. Mais elles ne durent pas forcément très longtemps, donc il faut être un peu patient. Je dois juste continuer à mon tempo, un tempo rapide. » Johan Bruyneel, le manager de RadioShack, va plus loin dans la guerre psychologique. « Alberto est un grand coureur mais on le connaît. On le connaît comme on n’a jamais connu un adversaire auparavant. On sait ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas faire sur le vélo. Ça nous aidera. » Une certitude : Armstrong aura mis tous les atouts de son côté. « Avant, si ma selle bougeait d’un millimètre, je le savais. Je ne faisais pas attention à ça en 2009. Et j’ai remarqué qu’elle était 2,5 cm trop bas l’an dernier ! » Lance n’a pas hésité non plus à débaucher le physiologiste Allen Lim. L’ancien gourou d’entraînement de… Floyd Landis (vive le vélo !) lui apporte quelques trucs et astuces : « On travaille sur la température de son corps pour la faire baisser et gagner en efficacité. On a même créé une boisson énergétique juste pour lui. » Direct Soir n o 796 Vendredi 2 juillet• TIM DE WAELE/DPPI 10 Déjà monté à huit reprises sur l’une des trois premières marches, comme Raymond Poulidor, le septuple vainqueur, pourrait battre le record du nombre de podiums sur la Grande Boucle à l’occasion de son dernier Tour. « Cette rivalité est bien réelle, explique Armstrong dans Outside. La plus réelle que je n’ai jamais sentie. » Sorti en juin, le livre Tour de Lance, de Bill Strickland, qui a suivi son come-back sur le Tour 2009 au plus près, permet d’aller beaucoup plus loin. Strickland évoque le « Bottlegate » de la 20 e étape vers le mont Ventoux : Ivan Gutierrez (Caisse d’Épargne) a essayé de tendre un bidon d’eau à Contador, qui n’en avait plus, avant de voir Armstrong s’emparer dudit bidon ! Il évoque surtout un sérieux accrochage entre Armstrong et Con tador avant la 8 e étape, au lendemain de l’accélération d’Alberto dans la montée d’Andorre-Arcalis, qui avait permis à l’Espagnol de repasser devant Lance au général. Chacun accuse l’autre de ne pas respecter les instructions du manager d’Astana, Johan Bruyneel. Leurs coéquipiers doivent même les séparer ! « On n’était pas loin d’une bagarre », confirme Armstrong, qui raconte la scène dans Men’s Journal : « J’ai gagné sept fois le Tour. J’ai fait beaucoup de choses dans le vélo. Mais malgré tout ça, j’écoute Johan. Je n’invente pas des trucs comme « Oh, mon oreillette ne marchait pas » ou « Je n’ai pas compris, je ne parle pas anglais ». Je ne cherche pas d’excuses. J’écoute le manager, peu importe le nombre de Tours que j’ai gagnés. C’était ce que je cherchais à expliquer à Alberto : nous sommes ensemble. Tu dois suivre les instructions d’équipe. Il m’a alors dit : « Tu ne les suis pas non plus ». Et j’ai répondu : excuse-moi ? » UN SCULPTEUR POUR MODÈLE Pour le public américain, Lance est bien le « good guy » et Alberto le « bad guy ». Trop facile. Tout comme la vertu XXL dans laquelle Armstrong se drape au sujet du dopage. Dans la presse américaine, Lance ne parle jamais des suspicions à son encontre. Mais il envoie Bruyneel au front dans Men’s Journal pour faire pleurer dans les chaumières : « Avant sa première retraite, nous n’avions plus de plaisir. On ne faisait plus que descendre du bus, courir et gérer les accusations, et nous recommencions. C’était devenu un job très difficile. » Pauvre petit, va… Pour garder son < AVEC ALBERTO ? ON N’ÉTAIT PAS LOIN D’UNE BAGARRE > image de Superman auprès de ses compatriotes, Arms trong n’hésite pas non plus à se lancer dans une comparaison avec… un artiste ! Le sculpteur Morgan Herrin, dont Lance possède plusieurs œuvres : « Je l’adore car je sais combien de souffrance et de travail il met dans chaque sculpture. Je peux m’identifier à lui. J’aime la douleur et la souffrance sur un vélo. » On vous garde le meilleur pour la fin. Men’s Journal raconte une soirée dans les locaux de la fondation LiveStrong, où Lance a convié leur journaliste. Heureux hasard, ils y croisent Mark McKinnon, célèbre consultant politique texan, devenu conseiller (et ami) d’un Armstrong dont la possible entrée en politique alimente les rumeurs. « Des bêtises ! », a toujours éructé Lance face aux médias européens. Mais McKinnon place tout de même ses billes : « Les chiffres des sondages de popularité de Lance sont les plus hauts de tout le Texas. » Et Armstrong d’enchaîner, l’air de rien : « J’y pense de moins en moins. » Preuve qu’il y a déjà réfléchi. Et qu’il pourrait de nouveau le faire après ce Tour, qui sera son dernier (il l’a confirmé sur Twitter). Une maîtrise de la communication digne des plus grands. À quoi tu penses, Lance, en te rasant le matin ? •
ALBERTO CONTADOR TOUR DE FRANCE UN HOMME EN COLERE Double vainqueur du Tour, l’Espagnol s’avance en grand favori de l’édition 2010. Une course où il voudra également prendre sa revanche sur ce que lui a fait vivre Lance Armstrong en 2009. TEXTES > ALEXANDRE HERBINET PHOTO > PHOTO NEWS/VINCENT KALUT Devinette. Quel âge avait Lance Armstrong lors de sa première victoire sur le Tour de France, en 1999 ? 27 ans et 10 mois. Autre devinette. Quel âge aura Alberto Contador le 25 juillet prochain, date de son possible troisième sacre sur la Grande Boucle ? 27 ans et 8 mois. Meilleur coureur du monde actuel sur les grands Tours, l’Espagnol a tout pour devenir le recordman historique des succès sur le Tour de France. Un passeport pour la légende qui aurait une saveur particulière pour Contador en raison du nom de l’actuel détenteur de ce label, Lance Armstrong. Autant le dire sans ambages. Alberto et Lance ne s’aiment pas. Ils se détestent, même. Une rivalité résumée en une équation mathématique. Deux champions d’exception au fort ego. Une épreuve mythique. Des tas de possibilités de se déchirer. « Lance est un grand coureur, il a réussi une course superbe, jugeait Contador après le Tour 2009. Mais sur un plan personnel, c’est autre chose. Je n’ai jamais eu une grande admiration pour lui et je n’en aurai jamais. » IL N’A RIEN OUBLIÉ Il faut dire que le Madrilène avait de quoi en avoir ras la casquette. Contador a mal vécu le retour d’Armstrong dans les pelotons. Lance voulait suivre Johan Bruyneel, son manager historique. Bruyneel dirigeait Alberto chez Astana. Alors Lance a rejoint Alberto dans la formation kazakhe. Une équipe. Deux leaders. Les possibilités de - viennent des évidences… « Avec le recul, c’était comme associer un homme qui avait conquis le monde avec un jeune homme qui voulait conquérir le monde », analyse Bruyneel. L’aura du Texan et sa proximité avec le manager belge feront le reste. Contador vit le Tour 2009 esseulé, dans un sport où le collectif fait la force. À qui faire confiance ? Ses coéquipiers vont-ils l’aider ou faire le jeu de Lance ? Comment se rendre au départ de la 18 e étape quand toutes les voi- < ALBERTO EST UN DUR. SI VOUS LE BOUSCULEZ, IL VOUS BOUSCULE. > OBJECTIF MAILLOT JAUNE C’était la question de l’hiver. Alberto Contador allait-il se remettre du départ vers RadioShack de ses huit « coéquipiers » sur le Tour 2009 et d’une partie du staff d’Astana ? « On avait l’équipe la plus forte. Et huit des neuf gars sont chez RadioShack », s’amuse Armstrong pour mettre la pression. Pas la peine. Car la formation kazakhe reste belle. Alexandre Vinokourov, de retour de suspension, sera là pour épauler l’Espagnol. Tout comme les grimpeurs David de la Fuente et Paolo Tiralongo, ou Benjamin Noval, ancien de la bande à Armstrong. « Mais il n’a plus le maître tacticien Bruyneel avec lui, juge Phil Liggett, commentateur du Tour en Grande-Bretagne. On va voir si Alberto est si intelligent que ça… » Vainqueur de Paris-Nice, du Tour d’Algarve et du Tour de Castille-Leon, 2 e du Dauphiné, Contador arrive en immense favori sur le Tour. Avec un grand adversaire… « Celui qui me fait peur, c’est Andy Schleck ! » Pas faux. Et parfait pour la guéguerre psychologique avec Lance. tures de l’équipe sont réquisitionnées par « le Boss » pour aller chercher ses invités à l’aéroport ? Que faire quand vous apprenez en cours d’épreuve que les huit autres coureurs d’Astana sur le Tour rejoindront RadioShack, l’équipe du duo Armstrong-Bruyneel, en 2010 ? Pas le genre grande gueule, Contador se tait et répond sur la route. Consignes d’équipe ou pas, Alberto est le plus fort et il le prouve. En jaune sur les Champs, son sourire en dit long sur les pièges dressés devant lui pour s’imposer. Alors, forcément, il n’a rien oublié. Revanchard, Contador va tout faire pour montrer de nouveau sa supériorité à Armstrong cette année. Un véritable show en perspective. Gagner ne lui suffit plus. Lance a voulu l’humilier. Alberto n’hésitera pas à faire de même sur les cols. « Alberto est un dur, un vrai, analyse Chris Carmichael, l’entraîneur historique d’Armstrong. Si vous le bousculez, il vous bouscule aussi. » Le combat peut reprendre.• Direct Soir n o 796 Vendredi 2 juillet•



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