Direct Soir n°795 1er jui 2010
Direct Soir n°795 1er jui 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°795 de 1er jui 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : Japan Expo, la folie manga

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 EN COUVERTURE La 11 e édition du Japan Expo réunira des cosplayers, ces fans qui se déguisent pour ressembler à leurs héros de manga préférés. JAPAN EXPO LE MANGA DE Z À A Depuis plus de vingt ans, les cases noir et blanc des mangas japonais voient la vie en rose en France. Preuve de cet engouement, le Japan Expo, qui ouvre ses portes aujourd’hui, attend plus de 170000 visiteurs et témoigne d’un art désormais respecté. Il a fait long feu le temps où le lecteur de manga, estampillé « geek », était raillé pour son manque de maturité. En seulement deux décennies, la bande dessinée japonaise a su s’imposer comme un secteur éditorial à part entière et se faire respecter du public français et des acteurs du 9 e art. Le secteur a même sa Mecque annuelle, le Japan Expo, dont la 11 e édition (voir encadré) attend plus de 170000 visiteurs dès aujourd’hui et jusqu’à dimanche au parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte. Deux décennies ont suffi pour faire mentir les détracteurs de ce média, qui n’y voyaient qu’un phénomène de mode. Les trentenaires de la génération Club Dorothée, bercés par les dessins animés nippons (Goldorak, Dragon Ball, Candy, etc.) en étaient les premiers lecteurs et les adolescents d’aujourd’hui suivent. Aujour d’hui, plus personne ne s’en moque. Le secteur du manga représente plus de 40% de la production de BD en France, selon l’Association des critiques et journalistes de la bande dessinée (ACBD). Une trentaine d’éditeurs se sont lancés dans la bataille en France, qui représente le deuxième marché mondial du sec teur derrière le Japon. BEST-SELLERS EN FRANCE De janvier à fin mai 2010, 4,4 millions d’exemplaires ont trouvé preneur dans les librairies, selon une étude Ipsos pour Livre Hebdo (juin 2010). Les stars des rayons se nomment Naruto (Kana), One Piece (Glénat) ou encore Fullmetal Alchemist (Kurokawa). Mais si, pour ces mangas, chaque tome est un best-seller en France et dépasse les 100000 exemplaires, la plupart des autres titres ne s’écoulent qu’à quelques milliers, voire des centaines d’exemplaires. Le marché « a atteint sa maturité et entre dans une phase de stagnation, analyse Yves Schlirf, directeur général de Kana. Tout le travail des éditeurs consiste à étoffer leur DR « LE MARCHÉ DU MANGA A ATTEINT SA MATURITÉ » Directsoir N°795/Jeudi 1 er juillet 2010 catalogue et à communiquer pour attirer de nouveau lecteurs. » Plus de 1500 nouveaux tomes sont édités chaque année et les séries se comptent par centaines. Shonen pour les garçons, shojo pour les filles, seinen pour le public adulte. Ces histoires en noir et blanc qu’on lit de droite à gauche touchent un large public, même insoupçonné. Le titre Les gouttes de Dieu (Glénat), mettant en scène un jeune homme à la recherche du vin ultime, « intéresse les œnologues, les producteurs et les amateurs de vin qui ne lisaient pas de mangas », témoigne Stéphane Ferrand, responsable éditorial chez Glénat et fier de cette bonne pioche. VICTIME DU PIRATAGE Le manga a subi son premier choc en 2009 avec un recul des ventes de 7,7%, selon le baromètre de Livre Hebdo. Une première après vingt ans de croissance insolente à deux chiffres. Le piratage des mangas, scannés et traduits directement du Japon, ainsi qu’une stagnation de l’offre et l’absence de nouveaux titres suffisamment fédérateurs pour attirer un nouveau public, sont responsables de cette baisse, constatée également au pays du Soleil-Levant. Le marché de l’Hexagone reste malgré tout alléchant. Preuve en est, le rachat récent de l’éditeur Asuka, devenu Kazé Manga, par les mastodontes Shueisha et Shogakukan, les deux plus importants éditeurs nippons, responsables entre autres de Dragon Ball, Naruto et One Piece. Leur chiffre d’affaires se compte en milliards d’euros annuels. Un investissement sur le long terme, selon Raphaël Pennes, directeur éditorial chez Kazé. Selon lui, « le marché se tasse aussi au Japon et il est normal que de tels groupes se mondialisent pour dynamiser le marché ». Car les Français sont devenus le public à conquérir pour répandre la culture japonaise. En témoigne le soutien de l’ambassade nipponne au Japan Expo. L’imagerie manga infiltre même l’histoire de France. A l’automne prochain, Takashi Murakami sera le premier artiste japonais à investir le château de Versailles en y exposant ses œuvres. Un prestige réservé aux plus grands artistes contemporains et signe d’une reconnaissance de cet art que les Français ont su s’approprier. Lire aussi notre sélection de mangas p.13.
www.directsoir.net Concert ➔ Le Japan Expo est aussi l’occasion de venir voir les groupes qui font la tendance au Japon. De nombreux artistes sont attendus dont Anipunk, Ai Takekawa – qui se produira demain – ou le groupe Morning Musume qui donnera un concert événement demain soir après la fermeture du Japan Expo. Dans la veine des Idols japonaises, les huit membres du groupe fêtent cette année les treize ans d’existence de cette formation qui a vu défiler près d’une trentaine d’artistes depuis sa naissance. Emblématique du phénomène Idols, ce groupe compte déjà de nombreux fans en Europe. Concert vendredi 2 juillet sur la scène musicale en soirée, dédicaces tous les jours et conférence dimanche 4 juillet, 12h30, sur la scène principale (www.japan-expo.com). INTERVIEW An Nakahara, mangaka ➔ An Nakahara est l’auteur de Kilari, manga à succès édité aux éditions Glénat et diffusé en dessin animé sur Télétoon. Présente au Japan Expo pour dédicacer ses créations, elle revient sur le succès du shojo, cette BD destinée aux filles au Japon. Au Japon, le public féminin est très sensible au manga. Comment l’expliquez-vous ? An Nahkahara : Elles sont sûrement amoureuses des beaux garçons qu’elles voient dans les mangas shojo. Il faut dire qu’ils sont tous très attirants. Personnellement, ce que j’aime dans les mangas, c’est de pouvoir vivre des situations que je ne pourrais jamais rencontrer dans la vie réelle. Quand la musique est nippone… Le groupe Morning Musume. « Une série à destination des écolières » KIRARIN REVOLUTION/2004 AN NAKAHARA LE BATTING CENTER Il permet aux fans de s’initier au base-ball, le sport national au Japon, sacré champion du monde en 2009. Des démonstrations seront aussi proposées. Ce sport est souvent évoqué dans les mangas. LE COMPAGNON DE HELLO KITTY La designer Yuko Shimizu, créatrice de Hello Kitty, présentera, demain et TROIS RENDEZ-VOUS Quelles sont vos sources d’inspiration pour le manga Kilari qui fascine tant les filles ? J’achète des magazines destinés aux adolescentes, parlant de mode et de stars, et je les étudie pour savoir ce qui les intéresse. J’essaie aussi de sortir le plus possible pour ressentir moi-même ce qui passionne les filles de Tokyo. Quel est, selon vous, le secret d’un bon manga shojo ? Je pense qu’il faut dessiner ce que les lectrices rêvent de vivre. Pour le cas de Kilari, il s’agit d’une série à destination des écolières et des collégiennes et il me semble essentiel d’insister sur l’importance de poursuivre ses rêves et de faire des efforts pour grandir. Et puis j’habille mes héroïnes avec de jolies robes, parce que toutes les filles aiment les beaux vêtements ! Le manga Kilari fait un tabac auprès des adolescentes. dimanche à l’espace dédicace, son nouveau personnage, Rebecca Bonbon, un bouledogue français. INVITÉ D’HONNEUR Tsukasa Hojo, le créateur de Cat’s Eye, de City Hunter ou encore de Family Compo, fête ses 30 ans de carrière avec des séances de dédicaces proposées aux fans tous les après-midi. UP FRONT AGENCY CO EN COUVERTURE 5 COMIC CON’L’autre festival Agé d’un an, ce festival qui se déroule aussi à Villepinte, est consacré à la SF et à la fantasy à l’occidentale et s’inspire des grandes conventions américaines célébrant les mythiques comics et leur cohortes de superhéros. Et cela marche ! Plus de 165000 visiteurs s’étaient pressés l’an dernier dans ses allées pour admirer extraterrestres, robots et autres créatures fantastiques sortis des esprits d’auteurs à l’imaginaire débridé. Cette année, les organisateurs visent encore plus haut avec des invités prestigieux et des événements exclusifs. DARGAUD DES INVITÉS PRESTIGIEUX Jean-Claude Mezières et Pierre Christin, auteurs du célèbre Valérian et invités d’honneur, reviennent de Kyoto où une rétrospective leur a été consacrée (Mezières & Christin, International Impact of French SF comics). Vingtsix couvertures de Valérian et dix-sept dessins effectués pour Le 5 e élément de Luc Besson seront exposés à cette occasion. Pour les fans de séries fantastiques ou de science-fiction, les acteurs et créateur de la série Highlander seront aussi présents. A noter enfin, la projection d’un triple épisode pilote d’une nouvelle série dérivée de Stargate, encore inédite en France. Comic Con’, du 1 er au 4 juillet, au parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte (www.comic-confrance.com). SEFA DARGAUD Pierre Christin (à gauche), et Jean-Claude Mezières (ci-contre).



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