Direct Soir n°792 28 jun 2010
Direct Soir n°792 28 jun 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°792 de 28 jun 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : Katie Melua, la voix du coeur

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 KATIE MELUA EN COUVERTURE UNE STAR TRÈS DISCRÈTE L’album DRAMATICO/NAÏVE ➔ Quatrième album studio de Katie Melua, The House signe la fin d’une collaboration quasi exclusive avec Mike Batt, producteur de ses trois précédents albums. Un nouveau virage, tout aussi prometteur, dans la vie de la chanteuse. A 25 ans, Katie Melua s’éloigne des airs jazzy et folk de ses précédents opus pour un style plus pop (A Happy Place, Tiny Alien) ponctué de sonorités électros (The Flood), plus sensuel (A Moment Of Madness) et toujours aussi intimiste (I’d Love To Kill You). Depuis Call Off the Search, son premier album, les disques de la belle Directsoir N°792/Lundi 28 juin 2010 A 25 ans, elle a déjà vendu sept millions d’albums. La chanteuse revient avec « The House », un disque aux accents intimistes qui demeure accroché au Top 10 des albums vendus depuis sa sortie en France, fin mai. Portrait d’une des plus belles voix du moment. C’est encore systématique : demandez à votre entourage s’il connaît Katie Melua. Nul doute que plus de la moitié avouera son inculture, mais si vous vous leur faites écouter Piece by Piece, Nine Million Bicycles ou If You Were a Sailboat, chacun ou presque opinera. « Ah oui, c’est elle ! », « Il est énorme ce morceau, mais je ne connaissais pas la chanteuse » … Cette ignorance est pourtant en voie d’obsolescence, tant la jeune femme conquiert les publics à très grande vitesse. Après avoir fait la preuve de son talent, elle s’appuie désormais sur un marketing et une communication efficaces, qui pourraient bien déboucher à terme sur la naissance d’une vraie et grande star. ENFANCE GÉORGIENNE Est-ce pour autant le destin que se cherche la jeune femme ? Sans doute pas, comme en témoigne sa méfiance affichée à l’encontre du star system et de la notoriété. Il faut dire que Katie Melua n’a pas grandi dans un univers feutré et prémâché : elle connaît la grandeur des petits et la futilité des paillettes. Le 16 septembre 1984, elle naît en Géorgie, pays alors rattaché à l’URSS. Cette année-là, un certain Mikhaïl Gorbatchev parle de perestroïka et attire l’attention du monde entier. Cinq ans plus tard, l’URSS s’effondre. Les parents de Katie, plutôt aisés, subissent de plein R. LITCHFIELD fouet les conséquences économiques du bouleversement. En 1993, ils quittent l’âpre Géorgie pour la celtique Irlande. La petite fille a 9 ans. Plus que Tbilissi, la capitale géorgienne, Belfast reste aujourd’hui pour Katie la ville de son enfance. RÉVÉLATION A 15 ans, alors qu’elle vient de s’installer à Londres avec sa famille, elle s’impose lors d’un télé-crochet sur la chaîne britannique ITV, dans l’émission Stars Up Their Nose. Celle qui voulait être historienne et œuvrer pour la paix dans le monde se découvre un talent fou et s’inscrit à la Brit School for Performing Arts. A 17 ans, elle commence à écrire ses premières chansons. Puis elle fait une rencontre décisive : celle de Mike « ATTENTION À NE PAS LUI COLLER TROP VITE DES ÉTIQUETTES » Batt, qui cherchait une voix pour un groupe de jazz. Conquis par la tessiture incroyable de sa voix, il la fait signer chez Dra - matico (le très sélect label de Marianne Faith - Un nouvel opus pour de nouveaux horizons full ou de Carla Bruni). Son premier single, The Closest Thing To Crazy, se classe immédiatement à la dixième place des ventes en Grande-Bretagne. Nous sommes en 2003. Katie Melua a 18 ans. Une histoire étonnante commence. Si improbable que soit ce parallèle, il y a du Sylvie Vartan dans ce parcours. Venue de Bulgarie en France à l’âge de 8 ans, la future star montait sur la scène de l’Olympia à l’âge de 17 ans. La comparaison s’arrête là. Les époques, les ambitions et les registres sont différents. Mais dans les deux cas, demeure en commun – outre un très vague cousinage géographique – un talent indéniable doublé d’une volonté inaltérable. UNE VOIX DE FOND Concernant la plus jeune, malgré l’exposition médiatique croissante, il demeure toujours difficile de savoir qui est vraiment la jeune artiste, qui a désormais acquis la nationalité britannique. Sa voix toujours assurée semble parfois révéler une grande vulnérabilité, ou au contraire une force insoupçonnée. Attention cependant à ne pas lui coller trop vite des étiquettes inadaptées que son visage angélique semble légitimer. La jeune femme n’est ni une poupée ni une femme enfant. Passionnée par les sports de l’extrême, elle n’hésite pas à tenter les sauts les plus audacieux – en parachute ou à l’élastique – et surtout à relever les défis les plus improbables. A ce jour, Katie Melua est l’artiste qui s’est produit à la plus grande… profondeur. C’était en 2003 : elle avait alors donné un concert à 303 mètres de profondeur, depuis une plate-forme pétrolière. Une performance abyssale qui ne devrait pas l’empêcher de monter très haut. sont habitués à caracoler à la première place du Top 50, et ce nouvel écrin ne devrait pas déroger à la règle. Produits par William Orbit (lire page suivante), les douze titres de cet album coécrit par Katie Melua, Guy Chambers et Rick Nowels explorent des horizons inattendus. L’occasion pour Katie Melua d’inviter avec The House à une visite de sa nouvelle maison qu’elle a voulue mystérieuse et envoûtante. Pari gagné. The House, Katie Melua, Dramatico/Naïve.
www.directsoir.net INTERVIEW « Il était temps d’avancer par moi-même » Dans son dernier album, Katie Muela flirte ouvertement avec les sonorités électroniques. Alors que Katie Melua sera en tournée européenne dès cet automne, elle revient sur l’élaboration de « The House ». Pourquoi ce titre ? Est-ce une invitation à découvrir votre intérieur ? Katie Melua : C’est le titre de la première des douze chansons que j’ai écrites pour cet album. Cette chanson était pour moi comme le début d’un voyage au plus profond de mon imaginaire. Je voulais voir où cela allait me mener. D’ailleurs, le thème du voyage de l’esprit est présent dans toutes les chansons. Ensuite, selon moi, il y a une différence entre un foyer (a home) et une maison (a house). Un foyer c’est comme un cocon, synonyme de confort. En revanche, la maison a une dimension mystérieuse, une part d’inconnu, comme cet album. A 25 ans, ce quatrième album est-il pour vous celui de la maturité ? K. M. : Il y a eu une évolution entre mes trois premiers albums et The House. Mais relativisons : il faudra attendre mon quinzième album pour que ce soit celui de la maturité ! Les trois premiers étaient comme une trilogie composée avec Mike Batt, mais ce disque marque pour moi le début d’une nouvelle trilogie. Comment avez-vous vécu ce nouveau départ ? K. M. : Cela a été dur. Avec Mike, nous formions une équipe créative et gagnante. J’étais nerveuse. Mais j’ai senti qu’il était temps pour moi d’avancer par moi-même. EN COUVERTURE 7 Sur cet album, j’ai vraiment voulu expérimenter nombre de choses. Etre ouverte, travailler avec d’autres auteurs, passer de la pop à des sonorités plus inattendues. Que retenez-vous de ces sept années passées avec Mike Batt ? K. M. : J’ai appris tellement de choses à ses côtés. Je suis fière des albums que nous avons faits ensemble. Ils marquent tous différents caps dans ma vie. Mais ce que j’ai appris c’est que les chansons ne sont pas figées, elles peuvent changer d’état comme l’eau. Cela dépend de la façon dont vous les écoutez. Vous avez écrit la plupart des textes de cet album. Comment s’est passée cette période d’écriture ? K. M. : J’écris depuis que j’ai 15 ans, mais la vraie nouveauté pour moi, c’était de faire face à mon imagination. Ne pas se poser de questions, ne pas avoir peur, ni honte. Ne pas être nerveuse, se laisser aller, ouvrir les vannes. J’ai écrit tout au long de l’année 2009. J’avais envie de textes poétiques, lyriques, mais de là à les mettre en mots, c’est autre chose. Alors j’ai écrit, écrit… Au final j’ai dû produire vingt chansons et j’en ai gardé douze. Vous avez fait sortir le producteur William Orbit de sa retraite. Comment l’avez-vous convaincu ? K. M. : Je ne l’ai pas convaincu. Nous avions enregistré plusieurs titres que Mike Batt, mon manager et ancien producteur, lui a envoyés. Nous ne savions pas qu’il était à la retraite, sinon, nous ne l’aurions jamais fait. Je suis très flattée qu’il ait voulu revenir pour produire The House. William Orbit est un producteur passionné qui veut que les artistes offrent leur vision de la musique. Agenda L’automne tricolore de la jeune artiste Les passionnés brûlent d’impatience. Après quelques passages rapides en France au printemps dernier pour la promotion de son nouvel album, la jeune artiste est attendue dans toute la France à l’automne prochain. Et cette fois-ci, le pays entier pourra profiter de son talent. DR Toutes les dates sur : www.myspace.com/katiemelua 16 octobre : Patinoire de Bordeaux 18 octobre : Dôme de Marseille 19 octobre : Amphithéâtre de Lyon 21 octobre : Zénith de Lille 22 octobre : Zénith de Rouen 24 et 25 octobre : Olympia de Paris 9 novembre : Zénith de Strasbourg Zoom Les hommes de sa vie (artistique) ➔ Mike Batt Il s’en vante et elle ne le renie pas. Il est celui qui a « fait » Katie Melua, ou tout au moins celui qui a su déceler tout son potentiel. Il est aujourd’hui l’un des hommes-orchestres de l’industrie musicale britannique. Compositeur, producteur et interprète, il joue aussi merveilleusement du piano et ne dédaigne pas à l’occasion de diriger les plus grands orchestres du monde, comme le Philharmonique de Londres ou l’orchestre symphonique de Sydney. A 61 ans, sa passion demeure intacte. Pygmalion de la jeune Katie et clé de voûte de ses premiers albums, il prend actuellement ses distances, même si l’affection mutuelle reste intacte. ➔ William Orbit Il s’était promis de prendre sa retraite. Mais il n’a pas résisté à la perspective de travailler avec Katie Melua. Ce grand pro de la musique électronique, qui a signé d’époustouflants remix de grands classiques, a été mis à contribution pour donner un nouveau tempo à The House. Connu pour son travail avec Etienne Daho ou – excusez du peu – Madonna et U2, il a su respecter à la lettre l’esprit qui présidait aux trois précédents albums de la jeune femme et que le public a tant plébiscités. Sans renoncer pour autant à mettre quelques touches de sa propre créativité – toujours aussi effervescente chez ce Britannique de 53 ans.



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