Direct Soir n°791 25 jun 2010
Direct Soir n°791 25 jun 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°791 de 25 jun 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : Dossier spécial équipe de France : voyage au bout de l'enfer

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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TÊTE D’AFFICHE < QUAND LE TIME ME RANGE DANS LES 100 PERSONNALITÉS LES PLUS INFLUENTES DE LA PLANÈTE, J’HALLUCINE ! > Direct Soir n o 791 Vendredi 25 juin• 34
< COURIR AUX JEUX AVEC LES VALIDES RESTE MON RÊVE. JE FERAI TOUT POUR Y ARRIVER. > ATHLÉTISME/HANDISPORT OSCAR PISTORIUS BLADE RUNNER Quand on le rencontre, en jean, rien ne permet d’imaginer son relevé leur pantalon pour montrer leur handicap. Tout un symbole. Quadruple médaillé d’or paralympique, plus grande star du monde du handisport, Oscar Pistorius n’a qu’un rêve : disputer les Jeux avec les valides à Londres, en 2012. Entretien exclusif avec un champion et un homme au courage hors norme. PROPOS RECUEILLIS PAR > ALEXANDRE HERBINET, À ABU DHABI (ÉAU) PHOTOS > AFP PHOTO/ANDREAS SOLARO Votre immense notoriété est-elle difficile à vivre ? C’est un véritable souci et ça m’a déjà causé des problèmes. (Son manager se met à rire,ndlr.) Si je prends une amende pour excès de vitesse en voiture, l’histoire se retrouve au JT national et en une des journaux ! Il faut apprendre à faire avec. L’important reste de ne pas être traité différemment sur le plan sportif. Si je veux me qualifier pour un grand championnat avec les valides, je dois réaliser le même temps que les autres et ça me plaît. Je ne veux aucun passe-droit. Quand je cours en Afrique du Sud, je n’aime pas qu’on s’attarde sur ma présentation et qu’on me mette en avant. J’adore ma vie, mais je ne m’habituerai jamais à toute cette attention. Cette médiatisation vous a-t-elle changé en tant qu’homme ? Je ne pense pas. J’ai toujours les mêmes amis que lorsque j’étais adolescent. Ils me permettent de garder les pieds sur terre et seront les premiers à me remettre à ma place si je prends un jour la grosse tête. C’est important d’avoir ce socle solide. Le sport est aussi une magnifique école de la vie sur ce plan. Il y a des hauts et des bas et ça permet de relativiser, de ne pas s’enflammer. Pensiez-vous que votre histoire ferait autant parler à travers le monde ? Pas du tout. Ça me fait toujours bizarre. Quand j’ai gagné mes médailles à Athènes, je courais seulement depuis huit mois. Je n’étais pas habitué à voir mon nom dans les journaux. Ça m’a fait peur. J’ai dû m’isoler pendant trois mois, pour réfléchir avec ma famille et mes proches. J’ai fini par me dire que c’était ce que je voulais, une superbe occasion de parler en bien des handicapés à travers le monde. Mais être aussi connu m’étonnera toujours. Quand le Time me range dans les 100 personnalités les plus influentes de la planète, j’hallucine ! J’ai accroché l’article à la maison et je ne peux pas m’empêcher de rire chaque fois que je le lis. Les athlètes valides que vous croisez vous posent-ils des questions ? Cela arrive souvent. Ils s’intéressent à mon histoire. Mais le plus sympa, c’est quand je vais dans des pays qui ne sont pas trop éduqués sur le handicap. Au Mozambique, par exemple, avoir des prothèses est très tabou. Les amputés portent toujours de longs pantalons et se cachent. J’ai pu y faire une exhibition où j’ai couru contre des joueurs du club de foot local. On a fait cette course pour prouver qu’un handicapé avec des prothèses pouvait courir plus vite que les meilleurs sportifs du village. Après la course, tous les enfants amputés ont prothèse à leurs copains et même aux filles ! Ils étaient devenus fiers de leur handicap, ne le voyaient plus comme un point seulement négatif. C’est génial de voir cette perception changer dans leur regard. Ça me rend plus fier que n’importe quelle médaille. Sur ce plan, ressentez-vous une forme de pression sur vos épaules ? Pas tellement. Mais c’est beaucoup de stress. Les enfants viennent toujours me dire : pourquoi tu n’as pas couru en tel ou tel temps ? Tout simplement parce que je n’ai jamais couru aussi vite de ma vie ! Les attentes sportives autour de moi sont souvent trop grandes. Avez-vous toujours bien vécu votre handicap ? J’ai été amputé des pieds quand j’avais 11 mois. Je n’ai jamais marché avec mes jambes, donc ça me dérange moins que si cela m’était arrivé à 20 ans. J’ai toujours su relativiser et même rire de mon handicap. Avec mon grand frère, quand nous étions jeunes, nous avions construit une caisse à savon sans freins. Un jour, pour s’arrêter dans une descente, mon frère a placé ma jambe sous les roues pour les bloquer. Ma chaussure ne s’en est pas remise. (Rires) Où en êtes-vous de votre carrière ? Je vais courir en Europe tout l’été. Mon grand objectif reste les Jeux de Londres. Je veux disputer les Olympiques comme les Paralympiques. Courir aux Jeux avec les valides reste mon rêve et je ferai tout pour y arriver. Votre pays, l’Afrique du Sud, accueille en ce moment la Coupe du monde… J’ai tourné dans des spots pour promouvoir le tourisme en Afrique du Sud à cette occasion. Et il n’y a aucune chance que je sois en train de courir le soir de la finale de la Coupe du monde dans mon pays ! J’y serai. Les gens ne réalisent pas à quel point le Mondial va changer notre pays. On a investi 1,2 milliard de dollars dans les infrastructures. Nous sommes, par exemple, le premier pays africain à avoir installé un métro. Toutes les grandes routes ont été modernisées. Cela a aussi permis de rénover certains quartiers et d’améliorer les infrastructures sportives, essentielles pour la jeunesse, car le sport apprend le respect et la détermination. Sans oublier le tourisme qui va augmenter. Les effets à long terme vont être bien plus importants que les effets à court terme. Maintenant que vous êtes une star, avez-vous envie de multiplier vos activités… faire du cinéma par exemple ? J’ai eu des propositions pour des films, mais, pour l’instant, je veux rester concentré sur l’athlétisme. Et si je deviens une star, les journaux vont payer mes anciennes petites amies pour qu’elles racontent mes secrets ! (Rires)• MICHAEL STEELE/GETTY IMAGES CV OSCAR PISTORIUS 23 ans - Né le 22 novembre 1986, à Pretoria (Afrique du Sud). Amputé des deux pieds, au niveau des tibias, en octobre 1987. PALMARÈS : quatre médailles d’or aux Jeux paralympiques (200 men 04 et 08 ; 100 met 400 men 08) ; médaillé de bronze 04 sur 100m. RECORDS : 10 » 91 sur 100 m ; 21 » 41 sur 200 m ; 46 » 25 sur 400 m À LIRE : Oscar Pistorius, courir après un rêve (L’Archipel). Direct Soir n o 791 Vendredi 25 juin•



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