Direct Soir n°791 25 jun 2010
Direct Soir n°791 25 jun 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°791 de 25 jun 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 9,6 Mo

  • Dans ce numéro : Dossier spécial équipe de France : voyage au bout de l'enfer

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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COUPE DU MONDE RÉACTIONS EN CHAÎNE Direct Soir n o 791 Vendredi 25 juin• 22 LES BLEUS ONT MIS LE S Le triste spectacle offert par l’équipe de France en Afrique du Sud a ébranlé tous les acteurs du sport français, bien au-delà du football. De Tsonga à Chabal, tour d’horizon de ces sportifs sous le choc. TEXTE > CLÉMENT ZAMPA (RMC SPORTS) PHOTOS >PPG/ICON SPORT Certains tentent de prendre leur défense, d’autres ne peuvent cacher leur colère. Mais c’est surtout une grande tristesse qui unit les acteurs du sport français après la pathétique comédie de boulevard interprétée par les Français en Afrique du Sud. D’habitude peu loquace, Zizou s’est lâché, pour une fois : « On est en train de leur cracher dessus comme jamais. Peutêtre qu’ils le méritent un petit peu… » Chez ses copains du groupe France 98, le constat est le même. Pour Lionel Charbonnier, « les jeunes n’ont plus de repères et ne savent plus se comporter ». Christophe Dugarry, lui, est « dégoûté ». « Il faut mettre un coup de pompe dans ce panier de crabes », glisse-t-il, une pointe d’énervement dans la voix. Les autres anciens de l’équipe de France sont encore plus virulents. « C’est une catastrophe et une honte, balance Manuel Amoros, champion d’Europe 1984. Quand on voit la manière dont ils ont fait grève, c’est scandaleux ! Je prendrais tous les joueurs, sans exception, et je vire tout le monde. » Alain Giresse, membre du « carré magique » dans les années 80, préfère manier l’ironie. « Vous appelez ça l’équipe de France, vous ? C’est triste, constate-t-il. Il y a peut-être des problèmes, mais il ne faut pas toucher au terrain. » À BOUT DE SOUFFLE « Déçu », Luis Fernandez est sans voix face un comportement qu’il considère comme « indigne ». Quant à Raymond Kopa, il se souvient d’un temps où le football était bien différent. En 1958, « on formait une équipe et on avait un état d’esprit qui nous unissait ». Et d’ajouter : « À mon époque, on ne touchait pas de tels salaires… » À l’heure des règlements de compte, les acteurs du football français cherchent maintenant des responsables. Ils en profitent aussi pour se dédouaner. « C’est terrible parce qu’on avait déjà donné une image catastrophique sur le jeu », confie Gervais Martel, pourtant membre du Club France 2010. « On donne aussi une image catastrophique de notre organisation. Je suis sidéré de voir ce qu’il s’est passé. » « Les responsables, on les connaît, embraye Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé et des Sports. Ce sont d’abord les joueurs, l’encadrement et puis ensuite, évidemment, les responsables de la Fédération. Il faut se livrer à une analyse complète avant de prendre des décisions. » Son prédécesseur au ministère des Sports, Jean- François Lamour, désigne lui aussi les institutions. « C’est tout un système qui est à bout de souffle, analyse-t-il. Il y a des choses à changer. Le système d’organisation de la Fédération française de football doit être modifié. On ne peut pas continuer comme ça ! » Le pire, c’est qu’il n’y a pas que le monde du football qui constate les dégâts. Dans les autres disciplines, les athlètes français sont ébahis. « C’est désolant parce que ces gars-là, lorsqu’ils étaient plus jeunes, ils mourraient d’envie d’être en équipe de France », remarque Teddy Tamgho, troisième performeur mondial de l’histoire du triple saut. « Maintenant que leur rêve se réalise, on dirait qu’ils jettent cela à la poubelle… » LE REFLET DE NOTRE SOCIÉTÉ Les réactions du rugby français sont tout aussi corrosives. « Il y a des valeurs qui ne doivent pas êtres galvaudées, écrit ainsi Sébastien Chabal. L’amour du maillot en est une primordiale. » Pour Pierre Berbizier, ancien sélectionneur du XV de France et entraîneur du Racing, « on fait l’éloge de la bêtise. (…) Je me demande si le comportement de ces gens-là – que je n’appellerai même pas des joueurs, car il n’y a que l’intérêt de l’argent qui semble les motiver – n’est pas le reflet de notre société ». De Wimbledon, les tennismen tricolores
PROPOS RECUEILLIS PAR LAURENT LANDINT PORT FRANÇAIS KO ! ont eux aussi suivi le feuilleton de l’équipe de France avec incrédulité. « Quand on joue pour son pays, on a une image beaucoup plus forte à véhiculer », glisse sobrement Gaël Monfils. « On demande une attitude exemplaire lorsque l’on porte le maillot de l’équipe de France, tout simplement », lui rétorque Jo-Wilfried Tsonga. Un vrai « gâchis », selon le terme employé par Claude Onesta, sélectionneur de l’équipe de France de handball. « Aujour d’hui, il y a des jeunes qui vont se contenter de dire que le sport de haut niveau, c’est devenu ça », déplore le coach des champions du monde et d’Europe. OLIVIER KHATCHIKIAN, « AVOCAT DU DIABLE » : « PAS RESPONSABLES ! » Olivier Khatchikian, avocat au barreau de Paris et passionné de foot (il avait d’ailleurs défendu les intérêts de Francis Llacer lors de son litige avec le PSG et fut notamment le conseil de Vikash Dhorasoo), a été commis d’office pour défendre l’indéfendable ! La FFF et son sélectionneur ont fait preuve d’incompétence. Les joueurs, de bêtise, d’irrespect et d’insolence… Qu’avez-vous à dire pour leur défense ? La vindicte générale actuelle relève de l’hystérie collective. L’histoire montre que la justice expéditive est rarement une bonne justice. Cette élimination, c’est le retour du réel. La France, comparée à d’autres grandes nations européennes de football, n’a pas la même tradition ni la même culture. Petits stades, petites affluences, petit championnat, petits clubs : comment pourraitelle avoir une grande équipe nationale ? 1998 fut une parenthèse enchanteresse, mais aussi miraculeuse. Peut-être que le peuple de France a voulu se convaincre que l’ADN du football français avait changé avec ce titre de champion du monde. Si les joueurs, l’entraîneur et le Conseil fédéral sont les rejetons de ce fol espoir, ils n’en sont pas les responsables. L’équipe de France est passée à côté de sa Coupe du monde de manière dramatique. Même Jérôme Valcke, à qui le statut de secrétaire général de la Fifa impose la réserve, malgré sa nationalité française, se permet de le déplorer. « C’est triste que le finaliste de la dernière édition sorte au premier tour. TOUTE L’ACTU DE LA COUPE DU MONDE DE LA FIFA EN IMAGES ET EN TEMPS RÉÉL JUSQU’AU 11 JUILLET, TOUTES LES INFOS SUR LA COMPÉTITION OPINION Comment plaider leur réhabilitation ? N’oubliez pas que, dans l’équipe de 1993, qui échouait contre la Bulgarie pour la qualification au Mondial, il y avait Deschamps, Blanc, Desailly, les piliers de l’équipe qui deviendra championne du monde en 1998. Heureusement qu’ils ont été vite réhabilités. Et puisqu’il faut toujours espérer, pourquoi ne pas imaginer que certains rescapés – Diaby, Gourcuff, et éventuellement l’un des bannis provisoires comme Benzema – puissent porter à nouveau le football français au pinacle. Le « procureur » requiert-il à leur encontre l’interdiction à perpétuité de porter le maillot bleu ? Je demande un ajournement du prononcé de la peine, avec une nouvelle audience dans quatre ans pour statuer sur leur sort ! Ce qui s’est passé autour de l’équipe n’est pas très glorieux. Ce n’est pas ce qu’on attend d’une équipe qualifiée, surtout quand on sait que 208 équipes se sont battues pour participer à la Coupe du monde. La France a nui à l’image de la Coupe du monde. » On ne se saurait être plus clair.•



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