Direct Soir n°789 23 jun 2010
Direct Soir n°789 23 jun 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°789 de 23 jun 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Marc Levy : « Rendre les autres heureux »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 EN COUVERTURE LE LIVRE Un monde enfantin pour un conte moderne ➔ Après avoir raconté l’histoire de son père dans Les enfants de la liberté et s’être penché sur les mystères de l’origine du monde dans La première nuit, Marc Levy s’intéresse à l’enfance avec Le voleur d’ombres. Le point de départ est aussi limpide que le titre de ce onzième roman. Dans une petite ville de province, un enfant se rend compte qu’il est capable de converser avec les ombres et même de les subtiliser à ses propriétaires. L’intérêt ? Découvrir ce que les autres gardent pour eux. Conscient de l’originalité de son pouvoir, celui-ci va garder ce secret pendant de nombreuses années. Le petit garçon grandit et devient un étudiant passionné de médecine. De Directsoir N°789/Mercredi 23 juin 2010 MARC LEVY « LA REVANCHE DU CANCRE QUE J’AI ÉTÉ » Et de onze ! En seulement dix ans, Marc Levy a publié dix romans. Tout juste paru, « Le voleur d’ombres », son onzième livre, est déjà annoncé comme un succès. L’occasion de rencontrer l’auteur contemporain français le plus lu dans le monde, de passage à Paris. Vous avez commencé comme bénévole à la Croix-Rouge, avant de devenir chef d’entreprise, puis romancier. Cela prouve que vous avez le goût de l’aventure, non ? Marc Levy : Très jeune, j’étais épris de liberté. J’ai vite pris conscience que si la société ne venait pas à moi, j’irais vers la société. S’engager auprès d’une association à seulement 18 ans fait prendre conscience que le centre de la vie ne se trouve pas en soi, mais en l’autre. D’autre part, cela donne le sens des responsabilités. Ensuite, avec un de mes amis, j’ai traversé les Etats-Unis à bord d’une vieille voiture pour finir par créer une société dans la Silicon Valley (qui était encore un désert). Comment, de jeune entrepreneur, passe-t-on au statut d’écrivain ? M.L. : Je n’étais entrepreneur qu’en apparence. Ce que j’aime, c’est créer. C’est rendre mes idées possibles. Je discutais, il y a peu, avec mon ami Igor Bogdanoff qui me racontait ses suppositions d’il y a vingt ans devenues réalité. On en est venu à la conclusion que dans la vie, il y a deux catégories de personnes : les gens qui croient en « et si » et ceux qui croient en « ce n’est pas possible ». Un jour, j’ai juste cru en la possibilité d’écrire. Le succès fut immédiat. Aujourd’hui encore, vous dites avoir du mal à y croire… M.L. : C’est en fait très abstrait. J’ai choisi d’écrire, non pas de monter les marches du palais des festivals à Cannes ! Il y a peu, j’ai croisé la personne qui a découvert Depuis la parution de son premier roman en 2000, Marc Levy accumule les succès. le virus du sida. Ce genre de rencontre permet de relativiser : je ne fais que des livres, vous savez ! Etre loin de Saint-Germain-des-Prés (l’auteur habite New York,ndlr), aide-t-il à la création ? M.L. : Coluche disait que lorsqu’« on faisait partie du mileu d’un milieu, on ne pouvait plus voir ce qui se passe à l’extérieur ». Cette pensée n’a pas pris une ride. En tout cas, l’écriture consiste d’abord à regarder ce qu’on écrit et non pas se regarder en train d’écrire. Pour rédiger, j’ai besoin de regarder tous les détails de la vie. Je ne dis pas qu’à New York, la vie soit plus intéres- « JE NE FAIS QUE DES LIVRES » E. DUNAND/AFP sante qu’à Paris, mais c’est tout de même une ville où il y a une plus grande diversité culturelle, ethnique et surtout où l’on ne juge pas l’autre avant de l’avoir rencontré. Il n’existe pas de racisme social et tant d’a priori. En France, je trouve la société bien plus hiérarchisée, plus figée. Est-ce vrai que vos romans sont étudiés à l’école ? Quels sont les livres qui vous ont marqué ? M.L. : Ils le sont. C’est un peu la revanche du cancre que j’ai été ! Mes premiers coups de cœur littéraires furent Jacques Prévert, Romain Gary et René Barjavel et sa fabuleuse Nuit des temps. Le voleur d’ombres reprend la veine fantastique de votre premier roman. En quoi le fantastique est-il important pour vous ? M.L. : Le fantastique permet la métaphore. Dans Et si c’était vrai…, je parle de solitude urbaine. Dans Le voleur d’ombres, c’est une histoire d’ombres, j’aborde la question du courage de faire face à ce qui ne va pas chez soi ou chez l’autre. C’est aussi une métaphore de l’enfance. L’enfant sait encore regarder son ombre et sait aussi faire face aux incompréhensions, l’adulte est plus lâche, contourne les problèmes. Tout est une question de regard, de perspective, de priorités. L’écriture semble en être une pour vou, avec un livre par an… M.L. : Oui ! Quand je rentre en écriture, je travaille quinze heures par jour. Je pourrais comparer l’écriture à de la cuisine. On peut passer des heures en cuisine et le faire sans prétention, avec amour et dans l’attente du bonheur de rendre les autres heureux. C’est ce que j’essaie de faire avec mes livres. désillusions amoureuses en retrouvailles amicales, en passant par quelques impasses médicales, le sémillant étudiant en médecine va se rendre compte que ce pouvoir lui permet d’accomplir des miracles. Il peut concrétiser les désirs des autres, mais aussi parfois faire resurgir ce qui ne devrait pas… Renouant avec la fibre fantastique de quelques-uns de ses plus célèbres romans (dont Et si c’était vrai…), Marc Levy reprend ses thèmes les plus chers, à savoir l’enfance et la fin de cet âge d’or, l’amitié et la famille. Cette histoire simple saura redonner de l’espoir aux plus désabusés. Le voleur d’ombres, Marc Levy, éditions Robert Laffont, 21 €.
www.directsoir.net DE L’ÉCRIT AU FILM Des scénarios clés en main Ses romans sont des best-sellers et les réalisateurs ont raison d’en profiter. En dix ans, Marc Levy est devenu un auteur à succès. Après l’édition, c’est aujourd’hui le cinéma qui lui fait les yeux doux. A commencer par Steven Speilberg. Le réalisateur américain acquiert pour DreamWorks les droits de son premier roman, Et si c’était vrai… (Robert Laffont, 2000), pour l’adapter au cinéma alors que le livre n’est pas encore sorti. Réalisée par Mark Waters, la comédie romantique sort dans les salles en 2005 sous le nom original Just Like Heaven, avec Reese Witherspoon dans le rôle principal. Plus de 46 millions d’Américains se bousculent pour aller voir le film. En France aussi, où Et si c’était vrai… réalise près de 630000 entrées. On commence à sentir le bon filon. En 2007, Lorraine, la sœur de Marc Levy, réalise l’adaptation de Mes amis, mes amours. Florence Foresti, Vincent Lindon, Pacal Elbé, Virginie Ledoyen et Bernadette Lafont font partie du casting. A sa sortie en juillet 2008, le film occupe la deuxième place du boxoffice. En six semaines, il rassemble plus de 640000 spectateurs. Un résultat correct pour une production française. LA TÉLÉ S’EN MÊLE Un mois plus tôt, un autre scénario tiré d’un roman de Marc Levy était adapté cette fois pour la télévision. Mais le petit écran ne lui réussit pas autant que le cinéma. Diffusés sur M6, les quatre épisodes de Où es-tu peinent à dépasser les 10% de parts d’audience. Le romancier s’était pourtant CHIFFRES CLÉS REPÈRES 450000 EXEMPLAIRES viennent d’être tirés pour Le voleur d’ombres, son onzième roman. Très attendu par les fans, il est déjà annoncé comme le best-seller de l’été. « Et si c’était vrai… » ➔ Premier roman de Marc Levy figurant parmi les plus gros succès de l’histoire de l’édition, Et si c’était vrai… fut publié en 2000 avant d’être traduit en plus de quarante langues. L’histoire est celle d’un homme qui trouve une femme dans son placard. Elle prétend être en même temps plongée dans le coma à l’autre bout de la ville. Avec ce roman, Marc Levy pose les jalons de son œuvre, qui se meut entre histoires amoureuses et fantastique. POCKET PHOTOS : PROD DB/EVIDENCE FILMS-PATHÉ-POISSON ROUGE PICTURES/DR Reese Witherspoon joue le personnage principal dans l’adaptation cinématographique du roman Et si c’était vrai… Mathias (Vincent Lindon) et Audrey (Virginie Ledoyen) dans Mes amis, mes amours, de Lorraine Levy. prêté au jeu des caméras, en interprétant l’un des rôles secondaires. Après trois adaptations, on peut se demander quel sera le prochain roman sur la liste. Pourtant, l’auteur se défend d’avoir pris « l’initiative ». Car pour lui, l’adaptation est avant tout « une rencontre entre un auteur C’est le nombre de langues 41 dans lequel est traduit l’auteur de Et si c’était vrai… Ce qui fait de lui l’auteur français contemporain le plus lu dans le monde. EN COUVERTURE 7 de cinéma et un auteur de littérature ». A la sortie de son dernier ouvrage, l’écrivain reste discret. Mais il n’exclut pas que d’autres projets cinématographiques puissent prochainement voir le jour. MILLIONS de livres de Marc 20 Levy ont déjà été vendus dans le monde. La barre des 21 millions devrait prochainement être franchie. « Les enfants de la liberté » ➔ Après avoir livré six fictions amoureuses en six ans, Marc Levy fait un pied de nez à ses détracteurs en publiant Les enfants de la liberté, ou l’histoire de son père et de son oncle durant la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, l’auteur ne lâche en rien le domaine de l’émotion et raconte le courage de ces deux enfants juifs qui entreront en Résistance et combattront au nom de la liberté. POCKET LILO/SIPA PROD DB/DREAMWORKS SKG/DR VU PAR Armelle Lainé, libraire* « Chacun se reconnaît dans ses livres » « Le premier jour » ➔ Marc Levy délaisse les histoires vraisemblables pour revenir à ce qu’il sait faire de mieux : l’histoire d’amour entremêlée à un mystère aux accents fantastiques. Ici, il est question d’un astrophysicien et d’une archéologue. Leur vie va être bouleversée lorsqu’ils trouvent, au fond d’un volcan, un étrange objet. Ce dernier pourrait bien révolutionner toutes les connaissances de l’homme en matière de naissance du monde. POCKET DR Comment analysezvous le succès de Marc Levy depuis dix ans ? La littérature de Marc Levy est un succès parce qu’elle peut toucher un large public. Ses romans sont simples et tendres, souvent émouvants. C’est ce que les gens recherchent et c’est pour ça qu’ils ne laissent pas indifférents. Le dernier roman de Marc Levy, Le voleur d’ombres, rappelle aux lecteurs le monde de leur enfance, l’amour parental, filial… Des thèmes qui touchent tout lecteur, dans lesquels chacun peut se reconnaître, et qui feront certainement le succès du livre. Les romans de Marc Levy touchent un public plutôt féminin… C’est avéré, une majorité de femmes lit ses romans, même si les hommes font aussi partie de son lectorat. Le principal, c’est que Marc Levy fait lire les gens. Et c’est important ! ll est par ailleurs traduit dans 41 langues. Marc Levy peut attirer autant des lecteurs occasionnels que des lecteurs confirmés. Lire ce type de romans, aux thèmes fédérateurs – amour, amitié, enfance, famille – n’est pas incompatible avec une littérature plus spécialisée. * Librairie L’œil écoute, 77, boulevard du Montparnasse, Paris 6e. Marc Levy y dédicacera son dernier roman vendredi 25 juin, à partir de 18 heures.



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