Direct Soir n°782 14 jun 2010
Direct Soir n°782 14 jun 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°782 de 14 jun 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Paris à l'heure russe

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 EN COUVERTURE Si l’Exposition nationale installée jusqu’à demain sous la nef du Grand Palais s’applique à présenter les plus grandes innovations russes en matière d’industrie, de sciences et de nouvelles technologies, les manifestations culturelles ne sont pas en reste en ce printemps qui s’achève. On peut même parler d’une véritable effervescence. Difficile de proposer une sélection objective, tant les projets de qualité abondent. Mention spéciale toute de même pour l’exposition Histoire de la Russie en photographies, réalisée à partir des fonds photographiques de l’Académie des sciences de Russie et de la Maison de la photographie de Moscou, couvrant la fin du XIX e siècle à nos jours à Danses russes lors de l’inauguration de l’Exposition nationale russe, au Grand Palais, à Paris, vendredi. ANNÉE FRANCE–RUSSIE 2010 UN PONT SUR L’EUROPE Avec l’Exposition nationale russe, qui s’achève demain au Grand Palais à Paris, l’année croisée France-Russie connaît son apogée. Les festivités sont cependant loin d’être achevées et témoignent de l’intensité – parfois méconnue – des liens entre les deux pays. LE PROGRAMME ➔ PARIS : • Exposition nationale russe. Jusqu’à demain 18h, nef du Grand Palais (porte sud), avenue Winston-Churchill, Paris 8e. Métro : Franklin-D.-Roosevelt, Champs- Elysées-Clemenceau.• Histoire de la Russie en photographies. Exposition au Grand Palais, jusqu’à demain,18h.• La Leçon d’histoire. Exposition au travers les œuvres de différents photographes russes de Maksim Dmitriev (fin XIX e) au photographe de guerre Dmitri Baltermants (1912-1990). A saluer aussi, l’exposition La leçon d’histoire, au palais de Tokyo : les travaux d’une trentaine d’artistes divers, tous représentatifs de l’art russe contemporain, permettent d’en retrouver les thèmes fondamentaux et d’avoir une meilleure compréhension de l’histoire de ce pays. « Nombreuses sont les œuvres de plasticiens russes (présentées ici,ndlr) créées au cours des dernières décennies, qui ont fidèlement saisi et reflété le climat historique, politique, social et culturel de leur époque », explique l’historien de l’art Joseph Backstein, commissaire général de l’exposition. L’art, vecteur de connaissances Palais de Tokyo, jusqu’au 27 juin, 13, avenue du Président-Wilson, Paris 16 e, ouvert tous les jours de midi à minuit (01 47 23 54 01). Métro : Iéna, Alma-Marceau. ➔ LYON : • France Russie 2010, Regards croisés d’artistes. Exposition d’œuvres de dix artistes français et de dix artistes russes (peintres et photographes) créées pour l’année France-Russie. Jusqu’au 30 juin dans RELATIONS DURABLES Outre ces événements parisiens, l’année France-Russie 2010 se fait fort d’avoir rallié à elle plus de 150 villes en France, proposant expositions et événements visités par plus d’un million de Français à ce jour. « La réalité du succès a dépassé nos espérances », affirme Alexandre Orlov, ambassadeur de la Fédération de Russie pour l’année France-Russie 2010. « Il y a toujours eu des hauts et des bas dans les relations entre les deux pays, ce sont des relations passionnelles. Mais elles n’ont jamais été meilleures qu’aujourd’hui », assure-t-il. Cette année reste pourtant particulière et se veut « un catalyseur de sentiments posi- les locaux de l’Alliance française de Lyon, 11 rue Pierre-Bourdan, Lyon 3 e (http://www.artwayculture.com) ➔ SAINT-ÉTIENNE : • Art et technique des objets soviétiques, Oural : 1950-1970. Exposition jusqu’au 31 août, musée d’Art et d’Industrie, Saint-Etienne. Plus de renseignements sur les manifestations en France : www.france-russie2010.fr F. GUILLOT/AFP Directsoir N°782/Lundi 14 juin 2010 tifs sur l’avenir des relations des deux pays ». Des relations que les différents protagonistes veulent durables en mettant l’accent sur les échanges linguistiques. Intensifier les échanges universitaires est la priorité n°1. Aujourd’hui, quelque 15000 Français apprennent le russe, alors que près de 500000 Russes se penchent sur la complexité grammaticale française. Des projets sur lesquels la Russie compte pour augmenter l’effectif – quelques milliers aujourd’hui – d’expatriés français en Russie. CULTURE ET ÉCONOMIE La visite du Premier ministre russe Vladimir Poutine à Paris, à la fin de la semaine dernière, atteste clairement de la multiplicité des enjeux. On l’a certes vu sous la verrière du Grand Palais pour inaugurer vendredi l’exposition nationale, en compagnie de son homologue François Fillon. Mais on l’a également observé négociant pied à pied des contrats industriels complexes, portant notamment sur des navires de guerre Mistral de constuction française. La coopération franco-russe se veut pluridisciplinaire : aérospatial, aéronautique, automobile et énergie. Elle n’a fait que croître ces dernières années, les échanges économiques entre les deux pays ayant progressé de 33% en 2009. Les exemples se multiplient. EDF et GDF sont actuellement impliqués dans les deux grands projets de gazoducs russes vers l’Europe. La Russie et la France devraient par ailleurs coopérer très prochainement dans le développement de l’énergie nucléaire et des réacteurs de nouvelle génération. De nouveaux chantiers de coopération se précisent, notamment dans le domaine de la santé. « La France sera notre partenaire privilégié pour développer nos hôpitaux », explique encore Alexandre Orlov. Autant de chantiers qui témoignent du bel avenir de la relation franco-russe, sans doute indispensable au dynamisme de la construction européenne. Ça vous apprendra, Konstantin Zvezdotchetov (1983).
www.directsoir.net Focus Anna Abalikhina, nouveau talent de la scène russe. Chorégraphie d’Olga Pona, pionnière de la danse contemporaine. CHIFFRES CLÉS 1,5 million de Français ont participé aux événements liés à l’échange France-Russie depuis le début de l’année, à Paris et en province. Les Français ont toujours été secrètement amoureux des lettres russes. Une relation un peu incestueuse lie d’ailleurs la littérature française à sa petite sœur du Grand Est. Car Pouchkine, que l’on considère couramment comme le fondateur du roman et de la poésie impériales modernes, a été façonné ici, avant d’être tué en duel par un officier français. En quoi l’on pourrait voir la littérature russe comme un prolongement de la nôtre. Ce qu’elle n’est pas du tout. Car si sa naissance doit au romantisme français, elle s’est bien vite émancipée, comme un enfant adultérin qui ne veut plus rien devoir à sa génitrice. Guerre et paix, de Tolstoï, est écrit pour moitié en russe, pour moitié en français, qui est alors considéré comme la langue de l’excellence et de l’élégance : mais le propos en est singulièrement antifrançais. Tourgueniev, puis Gogol préparent le terrain et font chanter l’âme russe dans sa singularité. Et enfin, Dostoïevski vient et donne à l’humanité entière des chefs-d’œuvre prodigieux, incomparables, tirés du fond de l’orthodoxie russe. Cet âge d’or scelle pour toujours le destin de lettres qui, sous forme de roman, de poésie ou de théâtre, iront seules. TCHEKHOV, LE MAÎTRE C’est dans ce bain que naît Tchekhov, dont le théâtre, un siècle après sa création continue, d’enchanter les planches françaises. Pas certain que depuis quarante ans on ait La danse à l’honneur ➔ Un siècle après les célèbres créations de ballets russes de Diaghilev à Paris, la danse russe a toujours la cote dans l’Hexagone. Ainsi, du 1 er au 13 juin, le festival June Events a consacré dans les théâtres de la Cartoucherie une soirée à la scène chorégraphique contemporaine russe, où deux jeunes talents, Vladimir Golubev et Anna Abalikhina, se sont révélés, ainsi que la pionnière de la danse contemporaine de ce pays, Olga Pona. De même, à l’occasion de sa 6 e édition, le festival des Etés de la danse de Paris présentera, pour la première fois à Paris, du 7 au 24 juillet, au Théâtre du Châtelet, le Ballet national visiteurs ont vu 200000 l’exposition Sainte Russie au Louvre, qui s’est close le 24 mai, présentant 900 ans d’art russe, des origines de la Russie à Pierre le Grand. LITTÉRATURE Une histoire d’amour franco-russe Les trois sœurs, de Tchekhov, à la Comédie-Française. EN COUVERTURE 7 cessé un instant de le jouer et de le rejouer. Pour cette année de la Russie en France, le maître est plus à l’honneur encore, décidément élu auteur de théâtre préféré de nos compatriotes. C’est à la Comédie- Française qu’il brille particulièrement, sous la douce férule d’Alain Françon, qui fait virevolter Les trois sœurs. Dans une traduction de l’incroyable Markowicz, lequel fit déjà revivre Dostoïevski, Françon parvient à tenir en haleine son public en déroulant une pièce de trois heures sur l’ennui. Une gageure. Mais Tchekhov sera encore joué au cours de l’année, notamment à la Maison des jeunes et de la culture d’Oullins (69), où la compagnie théâtrale Les oreilles à bosse interprétera Un printemps moscovite, quatre comédies en un acte, les 1 er et 2 juillet. Et aussi au Théâtre Cocorico de Narbonne(11), où l’on pourra voir Platonov, les 9 et 10 décembre. P.GELY CDDS ENGUERAND de Novossibirsk, dirigé par Igor Zelensky. Au programme, une soirée de gala rendant hommage aux principaux artistes russes, une autre consacrée à Georges Balanchine, mais aussi des classiques du ballet comme Le lac des cygnes et La Bayadère. Enfin, le chorégraphe Angelin Preljocaj et le directeur artistique du Bolchoï, Alexeï Ratmanski, réuniront chacun dix de leurs danseurs pour une création contemporaine. Ces spectacles incarnant la collaboration franco-russe se produiront à l’automne à Moscou, puis en France, pour une première parisienne. événements sont organisés 150 partout en France. Concerts et spectacles ont rencontré un certain succès, à l’image du Ballet national de Russie Kostroma, qui s’est produit en mars devant 35 000 spectateurs. ZOOM TRANSSIBÉRIEN Voyage littéraire Un périple de 9200 km à bord d’un train mythique pour des écrivains français. ➔ Voie mythique, image symbolique des multiples facettes de la Russie, fantasme de tous les explorateurs et amoureux de ce pays… la ligne ferroviaire du Transsibérien, reliant Moscou à Vladivostock sur plus de 9200 km, était aussi de la partie durant les festivités franco-russes. Partis le 28 mai et revenus aujourd’hui, quinze écrivains français ont été invités à voyager dans un Express de la ligne, baptisé pour l’occasion l’Express littéraire Blaise-Cendrars. Un auteur choisi pour sa Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, long poème en 400 vers écrit en 1913, sur ses propres souvenirs de voyage en Sibérie. Parmi les villes-étapes choisies pour ce périple littéraire, quelques-unes des plus belles en Russie : Moscou, Nijni-Novgorod, Kazan, Ekaterinbourg, Novossibirsk, Krasnoïarsk, Irkoutsk, Oulan-Oude et Vladivostok. Tables rondes, colloques et débats littéraires ouverts à un large public étaient organisés dans la plupart de ces villes. Les écrivains ont pu aussi découvrir quelques sites pittoresques : le lac Baïkal, plus grande réserve d’eau douce de la planète, ou encore l’imposante église Sur-le Sang-Versé, à Ekaterinbourg, construite à l’endroit même où la dernière famille impériale russe a été massacrée en 1918. UNE ANTHOLOGIE FRANCO-RUSSE BILINGUE BIENTÔT PUBLIÉE Parmi les passagers, on trouve Dominique Fernandez (prix Goncourt 1982), l’auteur de romans policiers Jean Echenoz, la conteuse Géraldine Dunbar, l’écrivain belge Eugène Savitskaya, la romancière d’origine vietnamienne Minh Tran Huy ou encore le lauréat de nombreux prix littéraires Jean-Noël Pancrazi. Certains d’entre eux ont déjà été traduits en russe, d’autres le seront pour la première fois dans une anthologie bilingue éditée pour l’occasion : Moscou Vladivostok 2010 - Ecrivains français en Russie, (éditions Fluid).



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