Direct Soir n°781 11 jun 2010
Direct Soir n°781 11 jun 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°781 de 11 jun 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 10 Mo

  • Dans ce numéro : Coupe du Monde 2010 : le choc des titans

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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EXTRÊME Si Laird Hamilton passe une grande partie de sa vie sur l’eau, il aime surtout les sports de contact comme le rugby et le hockey sur glace Direct Soir n o 781 Vendredi 11 juin• 44 LAIRD HAMILTON UN CHAMPION BIE Dans les sports de glisse, Laird Hamilton est surnommé « Jésus ». Pourtant, l’homme qui a surfé la plus haute vague du monde n’est pas une star du sport inaccessible. À 46 ans, à l’heure où certains footballeurs s’enferment dans un hôtel de luxe pour préparer la Coupe du monde, lui joue toute sa communication sur la proximité. Un champion qui ne fait rien comme les autres. 200 000 $ (150 000 €). Plus cher que aux grosses vagues, il n’existe pas TEXTES > GEOFFROY BRESSON, À BIARRITZ PHOTOS > MICKAEL MULLER Corps bronzé sous une longue tignasse de cheveux blonds, Laird Hamilton déroule son 1,92 met ses presque 100 kg de muscles sur les plages de Biarritz. Cinq gamins du coin accompagnent le waterman américain pour un entraînement au standup paddle (un dérivé du surf, qui consiste à ramer debout sur une planche). La séance est gratuite et, de l’autre côté de l’Atlantique, certains s’en mordraient les doigts s’ils le savaient. Et pour cause ! Dans les enchères caritatives américaines, l’heure d’initiation avec le seul homme à avoir surfé une vague de 30 mètres de haut (l’équivalent d’un immeuble de six étages), se négocie les séances de tennis avec John McEnroe… Laird bénéficie d’une aura quasi-divine, de Malibu à l’archipel d’Hawaii, ses deux lieux de résidence. Sur l’île de Maui, où il tient sa propre ferme, les habitants l’appellent « Jésus ». Un surnom qui s’est étendu à tout le milieu de la glisse. LES PIEDS SUR L’EAU… Pourtant, lui ne vit pas dans les nuages de la célébrité. « 90% des sportifs professionnels jouent aujourd’hui pour l’argent et la gloire, estime-t-il. Aux États-Unis, nous avons le basket et Kobe Bryant. En France, vous avez le football et les Bleus… Ces stars n’ont plus les pieds sur terre, parce qu’il n’y a rien pour les remettre à leur place. Face d’échappatoire. Quand je me prends un mur de 10m, je comprends à quel point je suis petit. » Laird Hamilton fait partie de la classe des grands, mais communique en cultivant la proximité avec le grand public. Il ne signe pas d’autographes à la volée : ses dédicaces sont personnalisées et nominatives, même si cela lui prend un après-midi. Il ne limite pas le temps de ses interviews : tant que cet habitué des reality-shows estime avoir quelque chose à dire, il reste. Il n’a pas de garde du corps : à Biarritz, le champion s’entraîne sur les mêmes vagues que tout le monde. À côté d’amateurs, médusés de partager une session avec celui qu’ils ont vu des centaines de fois en vidéo. Laird refuse le bling-bling. Il n’a pas de
N A PART chauffeur. Il ne coupe pas son interlocuteur avec la sonnerie de son télé- voie différente ». Il n’entre pas, non s’imposer, il préfère « choisir une phone portable, il ne l’a jamais sur lui. plus, dans le cliché du rider à la « Tout ça, c’est mon job, conclut-il. Je recherche du spot parfait : « Notre suis là pour partager avec les gens. » sport est comme la pêche. Ce n’est pas Un champion vraiment pas comme le bateau qui bouge tout le temps qui les autres. Car l’Américain ne participe à aucune compétition. Pour sa vie privée ? Elle est toute simple. attrape le plus de poissons. » Quid de L’histoire d’un homme marié depuis treize ans (certes, avec un top model, Gabriel Reece), aujourd’hui père de trois filles et qui élève aussi… deux cochons, Marie-Ange et Ginger ! « Dans le sport, plus on est haut, plus il faut garder une vie simple. C’est la seule façon de durer. » Son excentricité, le champion la trouve dans son métier. À 46 ans, dopé à l’adrénaline, il continue à relever les défis extrêmes qu’on lui propose. < PLUS ON EST HAUT, PLUS IL FAUT RESTER SIMPLE DANS SA VIE PRIVÉE. > Sauter en élastique de 210m, plonger d’une falaise de 38m, traverser la Manche en standup paddle. Pour maintenir sa forme, il s’entraîne avec un vélo de 40 kg ! « Mon âge n’est pas un problème. Je suis au top. En basket, le coach m’aurait déjà foutu dehors il y a dix ans. Moi, je continue jusqu’à ce je ne sois plus prêt à risquer ma vie. » … LA TÊTE SUR LES ÉPAULES L’icône de la glisse réagit au feeling. Il utilise peu Internet, parce qu’il n’aime pas vivre virtuellement : « Les gens sont comme les vagues. En trente secondes, on les comprend. En France, j’ai la chance de connaître Bixente Lizarazu. Lui, il a quelque chose. Ce n’est pas le cas de votre nouvelle génération de vedettes, qui signent des contrats mirobolants, alors qu’ils n’ont rien prouvé. On devrait leur donner l’argent après trois titres de champions du monde. » Mais malgré son discours, Laird Hamilton n’est pas désespéré. Selon lui, on peut encore atteindre les sommets en restant proche du public, en gardant un esprit sain dans un corps sain : « Je veux y croire en tout cas. » Nous aussi.• CV SPORT DE GLISSE LAIRD HAMILTON 46 ans - Né le 3 février 1964, à San Francisco (Californie). 1,92 m - 97 kg. Détient, depuis 2008, le record de la plus haute vague jamais surfée (30 mètres). A traversé, en juin 2006, la Manche, en paddleboard. Inventeur du tow-in (se faire tracter par un engin motorisé jusqu’à la vague, pour s’attaquer aux plus grosses déferlantes), en 1992. A réalisé les cascades aquatiques de Waterworld (1995). A doublé Pierce Brosnan dans Demain ne meurt jamais (1996). Direct Soir n o 781 Vendredi 11 juin•



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