Direct Soir n°779 9 jun 2010
Direct Soir n°779 9 jun 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°779 de 9 jun 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Richard Gere, homme de coeur

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
8 INTERVIEW CULTURE « Après le rêve américain, voici le rêve indien » Depuis le succès de « Slumdog Millionnaire », la version cinématographique de son premier roman, Vikas Swarup a le vent en poupe. Il publie « Meurtre dans un jardin indien », un ouvrage mené encore une fois tambour battant et déjà en cours d’adaptation. ED. BELFOND N’était-ce pas difficile de se remettre à écrire après le succès de votre premier livre ? Vikas Swarup : Il est, je crois, toujours difficile d’écrire un second roman, mais encore un peu plus quand le premier a eu un énorme succès. Je ne me vois pas comme un écrivain, mais plutôt comme un raconteur d’histoires. J’avais six histoires à raconter, alors j’ai écrit Six suspects (le titre anglophone de son dernier roman,ndlr). Votre livre laisse entrevoir une réelle corruption en Inde. Est-ce inspiré de la réalité ? V. S. : J’étais en Inde au moment du procès du cas Jessica Lall, en 2005-2006. Cette affaire très médiatisée là-bas constitue la base de mon histoire : un homme très connu entre dans un bar, tue la serveuse qui n’a pas voulu le servir et est ensuite acquitté par la justice. Sauf que, dans la réalité, après avoir réexaminé le cas, le meurtrier a été puni. L’Inde est une démocratie. Elle n’est pas parfaite – il y a de la violence, de la corruption –, mais elle possède une justice plutôt fiable, ce qui est l’essence même d’une démocratie. J’ai voulu surtout montrer que l’Inde est un pays en pleine mutation, très complexe. Vikas Swarup, écrivain Dans son dernier roman, Vikas Swarup retrace l’affaire très médiatisée de Jessica Lall, une serveuse assassinée par le fils d’un politicien. Les Indiens doivent composer avec, et ce n’est pas toujours facile. Ce livre est avant tout un divertissement ; s’il fait rire et pleurer, c’est bien, mais si ensuite, on le referme en ayant envie de réfléchir, c’est encore mieux. S’il y a un message, il se trouve entre les lignes. Dans votre roman, le jeune Mouna rêve un peu trop. Bollywood, est-ce vraiment une bonne chose ? V. S. : Bollywood ne reflète pas, c’est vrai, la réalité ; mais cela fait partie de ce que l’on appelle le « soft power », au même titre que la cuisine indienne ou le yoga. Ce sont des éléments de notre culture qui attirent l’œil du monde sur nous. Et c’est tant mieux ! A notre folklore s’ajoute un nouvel intérêt pour l’Inde et sa croissance économique. Les gens veulent comprendre ce qu’est ce pays aujourd’hui. Et je crois que mes romans intéressent car je montre un peu de cette Inde moderne. Mouna est comme beaucoup de jeunes Indiens, il rêve beaucoup. Auparavant, les rêves des jeunes des bidonvilles ne devenaient jamais réalité. Aujourd’hui, tout devient possible. Après le rêve américain, voici le rêve indien ! Meurtre dans un jardin indien, Vikas Swarup, Belfond, 21,50 €. THÉÂTRE Nouveau départ ➔ Sujet à la mode, le coaching –ou comment apprendre à parler fort et à s’aimer– a inspiré l’auteur et comédien Pierre-Olivier Scotto. Au Théâtre Saint-Georges, il présente sa nouvelle comédie sobrement intitulée Coach. L’occasion d’assister, entre humour et tendresse, à la remise en forme de deux quadras célibataires : Arsène (Pierre-Olivier Scotto), bibliothécaire, et Paulo, chef de rayon (Thierry Beccaro), pris en main par une charmante conseillère personnelle (Valérie Vogt). Coach, à partir du 3 juin, Théâtre Saint-Georges, 51, rue Saint-Georges, Paris 9 e (01 48786347). Valérie Vogt et Thierry Beccaro. EXPOSITION Misères d’un monde ➔ La dignité et les droits des hommes sont encore bafoués dans de nombreux pays. A l’hôtel de ville de Paris, cinq reporters témoignent de cette réalité brutale à travers 105photographies. Philippe Brault et Michaël Zumstein attestent de la précarité en Afrique, JohannRousselot de la misère en Inde, Guillaume Herbaut des violences au Mexique et Jean-François Joly des discriminations dont sont victimes les Roms en Macédoine. Dignité, droits humains et pauvreté, jusqu’au 3juillet, Hôtel de Ville, Paris 4 e (01 53 38 65 65). A Lagos, capitale du Nigeria. B.-M. PALAZON CDDS ENGUERAND M. ZUMSTEIN/AMNESTY/VU Directsoir N°779/Mercredi 9 juin 2010 Yiyun Li publie son premier roman. ROMAN Sombre printemps ➔ Vouée à une carrière médicale en immunologie, Yiyun Li, Chinoise installée aux Etats-Unis depuis 1996, s’est finalement consacrée à la littérature. Après un premier recueil de nouvelles en 2005, accueilli favorablement par la critique, elle publie cette année Un beau jour de printemps, son entrée dans le genre romanesque. Cette chronique sociale d’un village chinois en 1979 raconte le parcours du professeur Gu et de sa femme, parents d’une condamnée à mort pour avoir douté du parti, mais également celui de Nini, fillette infirme et famélique, dont l’existence résume à elle seule la misère et la détresse des habitants d’une bourgade industrielle du nord-est de la Chine. Un beau jour de printemps, Yiyun Li, Belfond, 21,50 €. ALBUM Une bulle de bonheur ➔ Après Break Up de Scarlett Johansson et Pete Yorn, place à Volume Two d’un autre duo musical très en vogue outre-Atlantique, She & Him. Elle, c’est la candide Zooey Deschanel, actrice aux airs de midinette aperçue dans Yes Man et (500) Jours ensemble. Lui, c’est M.Ward, producteur émérite et songwriter américain. Ensemble, ils reviennent avec un nouvel album aux tonalités ensoleillées qui n’est pas sans rappeler la pop des sixties. In the Sun, premier extrait de ce deuxième opus, devrait d’ailleurs figurer sur votre playlist de l’été. Volume 2, She & Him, Domino.
www.directsoir.net THÉÂTRE Le « Français » à l’heure russe A la Comédie-Française, Alain Françon renoue avec Anton Tchekhov et présente « Les trois sœurs ». Une œuvre portée par une distribution sans fausse note. Douze ans après avoir monté La cerisaie de Tchekhov à la Comédie-Française, le metteur en scène Alain Françon revient sur le plateau de la salle Richelieu avec Les trois sœurs, dans la traduction d’André Markowicz et Françoise Morvan. Une pièce écrite en 1900, et créée le 31 janvier 1901 au Théâtre d’Art de Moscou, alors qu’Anton Tchekhov est au sommet de son art. Portraitiste expert de la nature humaine, le dramaturge dresse ici, fidèle à son œuvre, un tableau du quotidien sans héros, peuplé de personnages composant avec ce que la vie leur a donné. Se dessine alors le parcours de trois sœurs, cultivées et déterminées : Macha – rôle que Tchekhov a écrit pour la comédienne Olga Knipper, qui deviendra sa femme – Olga et Irina, incarnées avec justesse par Elsa CULTURE 9 Lepoivre, Florence Viala et Georgia Scalliet. Trois sœurs, trois caractères célébrant dans la joie la fin du deuil de leur père dans le premier acte, aux côtés de militaires habitués de la maison et de leur frère, interprété par Guillaume Gallienne (sacré « révélation théâtrale » aux Molière 2010 pour Les garçons et Guillaume, à table !). Une gaieté à laquelle succèdent dans des décors élégants et sobres, révélateurs de la société russe de l’époque, désillusions, revers amoureux et sacrifices. Porté par une distribution idéale, sur une mise en scène ponctuée d’interludes musicaux rafraîchissants, ce petit monde dépeint par petites touches évolue, bascule, se brise pour… un nouveau départ. Les trois sœurs, jusqu’au 16 juillet à la Comédie-Française, place Colette, Paris 1 er (01 44 58 14 00). Florence Viala (Olga), Elsa Lepoivre (Macha) et Georgia Scalliet (Irina) dans Les trois sœurs.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :