Direct Soir n°778 8 jun 2010
Direct Soir n°778 8 jun 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°778 de 8 jun 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Croix-Rouge : tous mobilisés !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 EN COUVERTURE QUÊTE NATIONALE DE LA CROIX-ROUGE LA FORCE DU DON Cette année, pour sa 76 e édition, au lieu des deux jours traditionnels, la Croix-Rouge française a demandé l’autorisation de quêter une semaine entière, du 5 au 11 juin. En cause : une baisse des dons malgré une hausse des demandes d’aide, les deux phénomènes étant liés à la crise. Depuis samedi, ils ont investi la rue. Comme tous les ans, dans toute la France, des bénévoles ont enfilé la tenue de quêteur ornée de la croix rouge. Armés de leurs troncs, ils font appel à notre générosité pour les soutenir dans leur lutte contre la précarité. L’ÉDITION 2010 Les initiatives se sont multipliées. Chaque délégation locale est libre d’organiser sa quête comme bon lui semble. Seule la ville de Nîmes (Gard) a pu bénéficier cette an - née de la lumineuse présence d’Adriana Karembeu, ce qui n’empêchent pas les délégations de toute la France de rivaliser d’ingéniosité. A Vichy (Allier), l’opération est BIOGRAPHIE CROIX-ROUGE/AFP Henry Dunant, à l’origine d’un mouvement international ➔ L’histoire de la Croix-Rouge est indissociable de la figure de son fondateur, Jean-Henry Dunant, plus connu sous le nom d’Henry Dunant. Né en 1828, à Genève (Suisse), dans un milieu calviniste, il est élevé dans un climat familial soucieux de soulager les misères sociales. Le hasard jouera un grand rôle dans la naissance de sa fibre humanitaire. Le 24 juin 1859, il assiste fortuitement à la parrainée par Miss Auvergne 2009 avec danse orientale, country, chorale, défilé et rallye de voitures anciennes pendant tout le week-end. Les Angevins (Maine-et-Loire), eux, lancent le défi : seront-ils assez généreux pour remplir le tronc géant dont s’est équipée leur délégation ? Un village Croix-Rouge a été installé à Boulogne- Billancourt (Hauts-de- Seine) pour une opération 7 jours-7 métiers : informer chaque jour d’un champ d’action différent de l’association. A Saint-Omer (Pasde-Calais), différents partenariats permettent de faire un don en payant ses courses, son repas ou une séance de cinéma. Les bénévoles des Portes Océanes (regroupement en Gironde de cinq communes : Eysines, Le Haillan, Le Taillan-Médoc, Saint- Aubin-du-Médoc et Saint-Médard-en Jalles) formeront une croix vivante représentant l’emblème de l’association et se promèneront dans les cinq municipalités de leur délégation. Les habitants de Nogentle-Rotrou (Eure-et-Loir), eux, sont appelés à conjuguer gourmandise et altruisme : deux boulangers nogentais ont en effet créé une pâtisserie, la croix de la solidarité, vendue 1 euro, dont 30 centimes seront reversés à la Croix- « LA PAUVRETÉ DANS UNE PÉRIODE DE CRISE DOIT RESTER LA PREMIÈRE DES PRIORITÉS » Rouge. Quelques initiatives parmi d’autres qui témoignent des trésors d’imagination déployés par les bénévoles pour galvaniser les énergies. Il faut dire que cette quête est stratégique. L’argent récolté représente les deux tiers des financements de la Croix-Rouge. Il sert à financer toutes les actions sociales de Bénévoles et salariés vont se mobiliser jusqu’au 11 juin. Cette quête nationale représente les deux tiers du financement de l’association. bataille de Solferino, au cours de laquelle les troupes françaises, menées par Napoléon III, et italiennes, affrontent les forces autrichiennes. Après le combat, le spectacle est atroce. Près de 38 000 morts et blessés jonchent le champ de bataille, sans que personne ne prenne soin d’eux. Avec quelques volontaires locaux, Henry Dunant s’efforce de soulager les souffrances de quelques-uns. Habité par ces images, il les relate en 1862 dans Un souvenir de Solferino. De la naissance à la consécration En février 1863, il fonde le Comité des Cinq avec quatre compagnons. L’objectif est clair : secourir les victimes de toutes les guerres, quelle que soit leur nationalité. En octobre de la même année, le symbole Directsoir N°778/Mardi 8 juin 2010 EN PRATIQUE… 1,50 euro : un repas. 10 euros : trente couvertures de survie. 30 euros : un accompagnement scolaire de deux mois pour un enfant accueilli dans un atelier. 40 euros : le financement des missions d’une équipe du SAMU social pendant une nuit. 60 euros : la formation des bénévoles pour la prise en charge de malades d’Alzheimer. l’association, qui ne redistribue que ce qu’elle reçoit. L’argent récolté reste dans les caisses des délégations auxquels sont rattachés les quêteurs et sera donc réservé à leurs propres œuvres sociales. Les donateurs savent ainsi que cet argent sera utilisé dans leur périmètre de vie. L’URGENCE DU DON Pour Jean-François Mattei, président de la Croix-Rouge, il s’agit de faire face à un véritable état d’urgence : l’Etat devrait s’investir beaucoup plus dans les actions de solidarité, estime-t-il (lire interview ci-contre). Pour compenser ces carences, les missions de la Croix-Rouge sont multiples : action, prévention et formation. L’objectif est de soulager toutes les souffrances quelles qu’elles soient et où qu’elles soient. Le but reste de faire face à toutes les détresses en mettant l’accent sur l’urgence, le secourisme, l’action sociale au sens le plus large, à l’image des établissements qui accueillent de la petite enfance aux personnes âgées dépendantes, en passant par les femmes isolées, les personnes handicapées ou celles en réadaptation après les épreuves de la vie. de la Croix-Rouge (le drapeau suisse inversé) est adopté. Le développement du mouvement n’ira pas sans heurt, mais l’impulsion fut suffisante. Malgré les dissensions, la Croix-Rouge (qui devient officiellement le nom du mouvement en 1876) gagne en légitimité, s’étend à l’international et obtient la signature de textes à valeur normative, comme la première convention de Genève, en 1864. Malgré ces succès, Henry Dunant, éprouvé par la guerre de 1870, se retire et sombre dans la pauvreté. Il prend une retraite précoce à Heiden, en Suisse. Grâce au soutien de ses amis et admirateurs, sa situation personnelle s’améliore jusqu’à la consécration en 1901, avec l’attribution du prix Nobel de la paix. Il meurt neuf ans plus tard et sera inhumé à Zurich.
J.-L. LUYSSEN www.directsoir.net CHIFFRES CLÉS PORTRAIT Adriana Karembeu : des jambes et du cœur ➔ Depuis maintenant plus de dix ans, elle est leur atout charme. Ancienne étudiante en médecine, puis mannequin de renommée internationale et comédienne, Adriana Karembeu a décidé de doubler son parcours professionnel d’une activité bénévole en devenant ambassadrice de la Croix-Rouge française. Une sorte de retour aux sources. « Quelque part, je reviens à mes premières passions puisque j’ai fait des études de médecine. Alors je me sens assez bien placée, je me sens crédible. » 900 DÉLÉGATIONS sont implantées sur le territoire français, métropolitain et ultramarin, pour développer les différentes œuvres sociales de la Croix-Rouge. Les Français sont-ils toujours aussi généreux ? Jean-François Mattei : Aujourd’hui, la générosité est plus une réponse à un besoin de justice qui va avoir comme but à la fois d’aider les malheureux mais de tout faire pour qu’il y en ait moins. La lutte contre la pauvreté, la précarité n’est plus l’exclusivité d’associations religieuses (même s’il y en a encore beaucoup) mais elle est partagée par des associations laïques. Je crois que notre société reste particulièrement généreuse. Pourtant, il est plus fréquent d’en dénoncer l’individualisme ? J.-F. M. : Attention, il faut faire le distinguo entre le donateur et l’altruiste. C’est très différent. Il y en a qui répondent dans la rapidité en donnant un billet, un chèque. Pour autant ils ne s’intéressent pas à l’autre, et je le déplore. La société n’est pas assez attentive à maintenir un lien social entre les personnes. Nous sommes dans 52 000 BÉNÉVOLES sont engagés durant l’année pour soutenir les œuvres de la Croix-Rouge en France dans les délégations locales et les établissements. JEAN-FRANÇOIS MATTEI* « Notre société reste généreuse » J.-L. LUYSSEN Jean-François Mattei préside la Croix- Rouge française depuis décembre 2004. une société individualiste, hédoniste, consumériste. Et malgré tout, sensible. Quand des images la choquent, elle donne. On donne dans la mesure de l’émotion qu’on éprouve. Et cette émotion est provoquée par la lecture ou la vision d’images de films qui l’éveillent. Elle n’est pas spontanée, c’est vrai. Quand je dis que cette société est généreuse, disons qu’elle Elle est habitée par la volonté de mettre sa jeunesse, sa grâce, son énergie au service des autres et d’incarner ainsi un civisme en actes. Et Adriana n’hésite pas à dépasser un rôle de communication pour s’engager sur le terrain. « Cela m’aide à relativiser, même si ma vie n’est pas dans les palais. A la Croix-Rouge, je me considère comme une apprentie. J’ai envie de voir comment ça marche. » Cette année encore, elle s’est mobilisée auprès des quêteurs pour rappeler l’importance et l’urgence des dons, en ouvrant à Nîmes la nouvelle édition de la quête nationale, avec en prime une flash mob exceptionnelle sur la route d’Alès. M. BOUGOT 240 EN COUVERTURE 5 Adriana Karembeu, ambassadrice de l’association depuis dix ans. MILLIONS D’EUROS PAR AN, c’est l’évaluation monétaire qui vient d’être faite pour la première fois, de ce que représente le travail des bénévoles en équivalent temps-plein. répond à la sollicitation. Et encore je voudrais mettre à part les jeunes parce qu’ils sont vraiment généreux et souvent ils veulent s’engager dans l’action humanitaire… Quelle est leur motivation ? J.-F. M. : Ils voudraient changer le monde. C’est le propre de la jeunesse et j’admire beaucoup ça. Ils veulent apporter leur contribution. Ils n’ont pas d’argent, ils sont jeunes et veulent donner de leur temps, de leur disponibilité, de leur bonne volonté. C’est ce qui me fait garder espoir. Je trouve qu’on a une société qui n’est pas totalement et définitivement perdue. Nous avons une société qui commence à sortir d’une période très matérialiste, consumériste, les Trente Glorieuses et le reste… La crise est un des révélateurs d’une éventuelle fausse route dans nos valeurs. Aujourd’hui, nous connaissons une période de remise en question. * Président de la Croix-Rouge française. Auteur de Humaniser la vie, Plaidoyer pour le lien social, éd. Florent Massot. VU PAR Paroles de bénévoles Plus de 800 000 personnes aidées chaque année. DR ➔ Ils sont 52 000 dans toute la France, auxquels s’ajoutent des bénévoles occasionnels qui ne veulent pas s’engager sur le long terme mais acceptent de donner une journée ou une demi-journée pour la quête. Pourquoi s’engagent-ils ? • Mikaël, 28 ans : « Au début, j’ai intégré la Croix-Rouge via un ami qui faisait partie d’une délégation. Au fur et à mesure, je me suis impliqué dans l’association. J’ai ensuite été marqué par l’importance du mouvement : son histoire, sa présence internationale, le nombre de bénévoles… J’ai ressenti une fierté d’en être un maillon. » • Bernard, 65 ans : « Je ne sais pas pourquoi je me suis engagé. Je suis tout simplement tombé dedans quand j’étais petit. Je crois qu’on est engagé dans l’action humanitaire dès l’enfance ou on ne l’est pas. Même s’il y a quelques conversions, mais ce n’est pas mon cas. Je suis arrivé à la Croix-Rouge en 1960, après ma sœur. A l’adolescence, c’était une occupation ludique, humanitaire et valorisante. Depuis, je ne l’ai plus quittée, jusqu’à devenir aujourd’hui président de ma délégation. C’est captivant, la Croix-Rouge. » • Christophe, 14 ans : « Ma mère est bénévole à la Croix-Rouge. Je l’accompagne maintenant sur les postes et les stands. J’aime bien, car je peux parler aux gens de ce que je fais. En plus, il y a beaucoup de personnes de tous les âges et on s’entend bien. » • Colette, 60 ans : « J’ai été salariée de la Croix-Rouge française. Au fil des échanges avec les bénévoles, j’ai eu envie d’en faire partie, car j’ai ressenti beaucoup de chaleur humaine. Je fais maintenant partie de l’action sociale où j’effectue notamment des maraudes : on vient en aide à des personnes sansabri et ça fait énormément de bien… au bénéficiaire comme à moi. »



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