Direct Soir n°776 4 jun 2010
Direct Soir n°776 4 jun 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°776 de 4 jun 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : Coupe du Monde J 7 : Messi s'y voit déjà

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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FRISSON lendemain, j’avais l’impression d’avoir pratiqué la musculation pendant deux mois, sans jamais me reposer. Mes triceps étaient hypertrophiés. Impossible de lever les bras. » UN RECORD DU MONDE À... 54 MÈTRES ! Hassan et Cyrille ont tous les deux commencé le saut extrême « au culot », comme ils disent. « Je plongeais dans des piscines, précise Cyrille Oumedjkane. J’avais déjà accumulé deux titres de champion de France sur les hauteurs olympiques (10 mètres,ndlr). Mais reproduire toujours le même rituel, dans les mêmes endroits aseptisés, m’a lassé. J’avais besoin d’adrénaline. J’ai eu l’occasion de remplacer un cascadeur dans un parc aquatique, un jour. Le clou de son spectacle était un saut à 26 mètres. Je me suis lancé. » Près de dix ans plus tard, ce maîtrenageur affiche 2 000 sauts à cette hauteur. « Nous estimons que nous avons atteint la limite à ne pas dépasser pour un plongeon. Même si quelques candidats ont pourtant déjà franchi la marque… » Le record du monde du plus haut plongeon est actuellement de 54 mètres. Il est détenu par un sauteur suisse, qui, apparemment, a décidé que sa vie n’avait pas beaucoup d’importance. Il s’en est finalement sorti… « Il y en a même un Direct Soir n o 776 Vendredi 4 juin• 28 autre qui est déjà parti d’au-dessus. Seulement, il n’était plus en état de nager à l’arrivée. Alors son exploit n’a pas été homologué. En ce qui me concerne, j’ai sauté d’un pont, un jour, à 28 mètres. C’était déjà trop. Je me suis déchiré les fibres musculaires au niveau des adducteurs. Une telle prise de risque n’a aucun sens. 26 mètres est la hauteur qui permet de réaliser les sauts les plus aboutis. Plus haut, on prend trop de vitesse. Le vol dure à peine plus longtemps. Et il devient impossible de réussir des enchaînements un minimum spectaculaires. » Non content de se jeter, les plongeurs de l’extrême s’offrent quelques difficultés supplémentaires en réalisant les mouvements les plus complexes qui existent. « J’ai déjà enchaîné quatre saltos et un demi-tour durant les fameuses trois secondes de chute. Mais il y a plus fort et plus rapide que moi. Un jour, quelqu’un est arrivé à < LE SEXE, LA DROGUE, CE N’EST RIEN À CÔTÉ DES SENSATIONS DU PLONGEON… > À La Rochelle, 40 000 spectateurs ont assisté, il y a quelques semaines, au spectacle des 12 plongeurs de l’extrême (ici, le Colombien Orlando Duque) se jetant de la tour Saint- Nicolas, à l’entrée du Vieux-Port. Ces sportifs ne sont af liés à aucune fédération. Hassan Mouti et Cyrille Oumedjkane, les deux Français qui participent à ce circuit international, avouent même ne disposer d’aucun entraîneur. rentrer cinq sauts périlleux. C’est le record pour l’instant. » Comme au patinage artistique, des juges évaluent la qualité des prestations. Et au petit jeu de la notation, c’est un Colombien qui a l’habitude de dominer tous ses adversaires. Il s’appelle Orlando Duque. Il est neuf fois champion du monde. « Même moi j’ai peur quand je me retrouve là-haut, avoue l’homme à la queue-de-cheval. Personne ne peut dire le contraire de toute façon. Avant un saut, je suis envahi par l’angoisse. C’est naturel. Je sais qu’en cas d’erreur, les conséquences peuvent s’avérer dramatiques. Les sensations sont encore plus fortes que le sexe et la drogue. C’est tellement bon que je ne peux m’empêcher d’ouvrir les yeux pendant la descente. » LA TÊTE LA PREMIÈRE À ACAPULCO... Orlando s’est blessé une fois dans sa carrière. C’était il y a huit ans. Le coccyx brisé à cause d’une réception manquée. Mais s’il passe pour être le dieu de la chute libre, les plongeurs de l’extrême vénèrent surtout un lieu. Un site magique, qu’ils considèrent comme La Mecque. Il est situé au Mexique, sur les falaises d’Acapulco. Le rocher s’appelle La Quebrada, « la cassure ». La légende de ce sport s’est construite ici, dans les années 30. À l’époque, les chercheurs de perles sautaient de cette énorme paroi pour trouver des billes nacrées encore plus grosses, à cet endroit précis, au fond de l’océan. La légende prétend alors que les plongeurs, pour atteindre cette zone accessible uniquement par un saut (ou par une descente en rappel des plus risquées), se jetaient de 36 mètres. La hauteur est affichée au sommet de La Quebrada. En réalité, la chute n’est « que » de 25,90 mètres… mais la tradition veut que l’on y atterrisse la tête en avant. « Il n’y a que trois mètres de fond, précise Cyrille Oumedjkane. Il faut attendre une vague pour être sûr qu’il y ait assez d’eau. Si on se plante, on touche le fond. Je l’ai déjà titillé deux fois. » Cyrille a, heureusement, toujours réussi à remonter. Comme les 12 plongeurs de l’extrême qui participent au Championnat du monde aujourd’hui. « Sauter de 25 mètres, il faut savoir que beaucoup de monde peut le faire, conclut Hassan Mouti. Le tout est de savoir dans quel état on arrive en bas. À l’heure actuelle, nous ne sommes que 12 à pouvoir effectuer des quadruples sauts périlleux en partant d’une telle hauteur. » En attendant que de nouveaux adeptes de ce sport pas comme les autres viennent un jour défier le « monstre » de La Rochelle ou la légende d’Acapulco…•
DU PORT DE LA ROCHELLE AUX TEMPLES MAYAS Le Red Bull Cliff Diving est un circuit qui rassemble les 12 meilleurs plongeurs de l’extrême au monde sur 6 étapes. Principe de ce championnat : réaliser les plus belles figures sur des sauts de 26 mètres, mis en place dans les endroits les plus insolites qui soient. La première manche de la saison s’est donc disputée le 15 mai, en France, à La Rochelle, avec un plongeon de la tour Saint-Nicolas. Un monument classé historique depuis plus d’un siècle et qui a défendu le port de la ville pendant cinq cents ans. Pour promouvoir l’événement, les plongeurs en ont également profité pour se jeter d’un hélicoptère, juste à côté du Fort Boyard. À 25 ans, le Britannique Gary Hunt a remporté la compétition devant l’homme aux neuf titres de champion PLONGEON du monde, le Colombien Orlando Duque. Cyrille Oumedjkane termine 6 e et premier français, juste devant son compatriote, Hassan Mouti. Les compétiteurs prennent, ce week-end, la direction du Mexique pour la deuxième étape de la saison. Cette fois, le plongeon est organisé dans une grotte de la ville de Chichen Itza (photo cicontre). Le site archéologique, célèbre dans le monde pour ses fameux temples mayas en forme de pyramide, a été désigné comme l’une des sept Merveilles du monde par l’Unesco. Voir des plongeurs sauter dans un tel endroit sera une première mondiale. Le circuit prend ensuite la direction de la Norvège (24 juillet), l’Italie (8 août), la Suisse (28 août), pour se terminer à Hawaii (12 septembre).



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