Direct Soir n°768 25 mai 2010
Direct Soir n°768 25 mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°768 de 25 mai 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : « Prince of Persia » mythique !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 EN COUVERTURE Le cinéma, scène de l’illusion, a toujours entretenu des rapports vampiriques avec les autres arts. Pendant longtemps, ce sont ceux qui le précèdent qui le nourrirent et l’influencèrent. La littérature au premier chef : on ne compte plus les adaptations filmographiques, plus ou moins réussies, des chefsd’œuvre écrits. Mais ce fut aussi la peinture, dont il est le dépassement animé, et les cinéastes se pensèrent souvent comme des peintres usant de la lumière pour produire leurs œuvres, en témoignent un Ingmar Bergman ou un Andreï Tarkovski. Puis ce fut la bande dessinée qui à son tour imprima sa marque sur le 7 e art. Le cinéma, expression globale des œuvres de l’esprit dans un siècle de l’image, récupéra à son profit peu à peu tous les mythes, tous les fantasmes, pour les faire vivre selon son mode et son temps propres. INFLUENCES MUTUELLES Mais, longtemps considéré comme l’art indépassable à l’usage des masses, il est depuis quelques années rattrapé par l’un de ses petits cousins, le jeu vidéo. Les rapports entre les deux techniques sont complexes. Reposant sur des matières très proches, ils se sont mutuellement influencés. Si le jeu vidéo est resté pendant presque toute la décennie 1980 une pratique mineure, à l’usage des enfants ou de ceux que l’on nommera plus tard les geeks, son exponentielle amélioration technique a peu à peu attiré à lui de véritables artistes de la narration et de l’image, qui ont érigé certaines de ses productions à un « PRINCE OF PERSIA » DU PIXEL AU GRAND ÉCRAN Directsoir N°768/Mardi 25 mai 2010 Demain sort dans les salles « Prince of Persia, les sables du temps », l’adaptation cinématographique du célèbre jeu vidéo par Mike Newell, avec Jake Gyllenhaal, Gemma Arterton et Ben Kingsley. L’occasion de revenir sur les rapports de plus en plus étroits qu’entretiennent les deux arts visuels. véritable sommet. Prince of Persia est l’une de ces antiques créations qui, dès 1989, remportant un succès colossal, révolutionne le graphisme, le mode narratif de la technologie et lui confère d’inédites lettres de noblesse. Au cours de la décennie suivante, on mesure l’influence du jeu vidéo sur le cinéma d’abord par le transfert de certaines émotions neuves dans le LE JEU Retour aux fondamentaux ➔ Après un épisode beau mais inconstant en 2008, la série Prince of Persia revient à un cocktail plus classique. La formule idéale pour accompagner la sortie du film adapté des aventures du prince de Perse. Prince of Persia : les sables oubliés, éd. Ubisoft, multiplateforme, disponible. 2010 UBISOFT ENTERTAINMENT « LE JEU DEVIENT UN PRODUCTEUR DE MYTHES » DISNEY ENTREPRISES INC AND J. BRUCKHEIMER INC/DR 7 e art : ainsi parlera-t-on pour le célèbre Pulp Fiction de Quentin Tarantino d’une violence digne d’un jeu vidéo. Mais bientôt, comme avec Mortal Kombat, ce sont les jeux euxmêmes dont l’histoire avait passionné les joueurs, qui se retrouvent incarnés à l’écran par de véritables acteurs. Le développement des effets spéciaux dans l’univers hollywoodien confère au cinéma la capacité d’adapter formellement les délires graphiques du jeu. CANONS ESTHÉTIQUES Le jeu lui-même, demeurant dans un univers graphique préfabriqué et ne pouvant, jusqu’à nouvel ordre, mettre en scène directement des acteurs de chair, devient un producteur de mythes, comme Lara Croft, dont le cinéma est sommé de s’emparer. C’est la vie réelle qui peu à peu se conforme aux canons esthétiques du graphisme vidéo. Sa puissance technique est devenue telle que rien ne semble aujourd’hui lui résister. Jacques Attali, dans un article récent publié sur Slate.fr, va même jusqu’à imaginer, suivant en cela le réalisateur Guillermo del Toro, que les films de demain seront faits comme des jeux dont le spectateur pourra choisir le dénouement ou explorer à sa guise des recoins inédits. Pour audacieuse que soit la thèse, elle paraît relever encore du fantasme : on imagine mal le spectateur se rendre au cinéma pour vivre une expérience différente de celle de son voisin. A moins de condamner définitivement les sal les obscures et de rêver exclusivement d’un spectateurconsommateur reclus dans sa solitude domestique, qui jouera à un film comme à un jeu vidéo, le cinéma, même influencé dans son esthétique et sa narration par l’univers vidéoludique, a toutes les chances de conserver son autonomie, déroulant pour le spectateur une histoire linéaire, entièrement achevée, où il trouve satisfait son besoin de s’entendre raconter des histoires. Prince of Persia, même adapté d’un somptueux jeu vidéo, est en cela l’illustration parfaite de ces rapports équilibrés où chaque art garde sa personnalité. DISNEY ENTERPRISES, INC AND JERRY BRUCKHEIMER, INC./DR LE FILM Jake Gyllenhaal, dans le rôle du prince Dastan. Plus vrai que nature ➔ Des courses, des cascades, un maniement de l’épée à faire pâlir d’Artagnan et, surtout, une belle princesse à secourir : tous les ingrédients qui ont fait le sel du jeu vidéo Prince of Persia se retrouvent à l’écran. Les fans reconnaîtront le prince Dastan sous les traits de Jake Gyllenhaal ; la princesse Tamina, elle, ne pouvait trouver meilleure interprète que la ravissante Gemma Arterton. Dans Prince of Persia, les sables du temps, qui reprend le thème du jeu sorti en 2003 sous le même titre, Dastan est injustement accusé de la mort de son père adoptif, le roi de Perse. Forcé de fuir, il va devoir unir ses forces à celles de la princesse Tamina pour retrouver et protéger une mystérieuse dague capable de faire remonter le temps à son propriétaire. Jordan Mechner, qui avait mis quatre ans à créer la première version du jeu Prince of Persia, sortie en 1989, est resté estomaqué par le film de Mike Newell : « Jamais je n’aurai imaginé que l’aventure que j’ai initiée sur mon petit Apple II dans ma chambre deviendrait un des jeux vidéo les plus célèbres qui soient et un film d’une telle ampleur. » Prince of Persia, de Mike Newell, en salles demain.
PROD DB HANNA-BARBERA PRODCTIONS/DR « Pac-Man » Si le croqueur légendaire de pac-gums n’est pas à proprement parler un héros du 7 e art, il mérite néanmoins de figurer dans ce trombinoscope. C’est en effet le premier héros de jeu vidéo transposé à l’écran entre 1982 et 1984 dans un dessin animé devenu une madeleine de Proust pour les trentenaires. « Street Fighter » Les jeux de « baston » sont vite devenus une source évidente d’inspiration. Jean-Claude Van Damme donne son visage, ses muscles et son cerveau en 1994 au personnage principal de la célèbre franchise développée par Capcom dès 1987. « TombRaider » Avec Lara Croft : TombRaider, les choses deviennent sérieuses en 2001. Angelina Jolie prête ses (très jolis) traits à la fameuse aventurièrearchéologue apparue en 1996. Elle réitérera l’expérience en 2003 dans Lara Croft : Le berceau de la vie. PROD DB/CAPCOM/DR EN COUVERTURE 5 Un vivier de héros La tendance n’a émergé que lentement. Mais depuis le début des années 2000, l’industrie du jeu vidéo est devenue un gisement de plus en plus prisé des cinéastes qui y piochent héros, scénarios et graphismes. Tour d’horizon des films les plus en vue. PROD DB/PARAMOUNT/DR « Doom » 70 millions de dollars de budget pour adapter en 1995 au 7 e art (avec Dwayne Johnson) ce jeu aussi efficace que simple, dont la devise pourrait être : « Tuez-les tous ». « Final Fantasy » Réalisé en images de synthèse, ce film sorti en 2001 a engouffré un budget de… 137 millions de dollars. Mais le succès ne fut pas au rendez-vous. La catastrophe financière fut évitée grâce aux ventes de DVD. LILO/SIPA TCD/DR « Silent Hill » INTERFOTO USA/SIPA « Mortal Kombat » Dans la même veine que Street Fighter, Mortal Kombat (1995) s’inspire du jeu d’arcade gore sorti en 1992. Christophe Lambert figure au casting de cet opus sans doute pas voué à l’immortalité. INTERFOTO USA/SIPA « Resident Evil » Milla Jovovich ! Du lourd au casting pour cette version ciné du jeu initialement développé par Capcom pour PlayStation. Les adaptations quittent peu à peu le seul champ de l’action pour pénétrer celui de l’angoisse. Voici un des (encore) rares exemples de films devenus plus célèbres que les jeux dont ils étaient issus. Les aventures de la fillette somnambule terroriseront des salles entières en 2006, sept ans après le premier opus sorti sur PlayStation.



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