Direct Soir n°766 20 mai 2010
Direct Soir n°766 20 mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°766 de 20 mai 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : Lady Gaga : la nouvelle icône pop

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 PHÉNOMÈNE EN COUVERTURE TOUS GAGA DE LA LADY Avec ses looks extravagants, son goût certain pour la provoc’et son sens aigu du marketing, la chanteuse américaine de 24 ans enchaîne les tubes et trace sa route, dans le sillage de Madonna. Esquisse de portrait, alors que la star entame sa tournée française Tout a été dit ou presque à son sujet, jusqu’aux rumeurs les plus fantaisistes – comme un possible hermaphrodisme, que laisseraient supposer sa voix grave et une bisexualité revendiquée… Un buzz que Lady Gaga s’est amusée à attiser sur la couverture du magazine britannique Q en avril dernier, où elle arborait une proéminence étrange à hauteur de braguette, à la manière de la pochette dessinée par Andy Warhol pour l’album Sticky Fingers, des Rolling Stones. Dans le même numéro, cette experte en provoc’n’hésitait pas à asséner un amical (?) « Dégage ! » à son illustre aînée, Madonna, qu’elle rappelle aussi par ses origines italiennes, une éducation catholique qui n’a pas porté ses fruits et une chevelure en perpétuelle métamorphose. De Madonna ou Lady Gaga, laquelle des deux peroxydées l’histoire choisirat-elle de retenir ? Dans les forums internet, leurs hordes de fans respectives tentent à coup de posts de prouver la supériorité de l’une ou l’autre, et cette guéguerre semble même plaire aux deux intéressées : on se souvient en effet de leur faux crépage de chignon en direct lors de l’émission humoristique Saturday Night Live, en octobre dernier sur la chaîne américaine NBC. L’ENFANCE DE L’ART L’excentrique chanteuse électro-pop, pianiste et auteur-compositeur américaine de 24 ans est parvenue en un album à devenir une véritable icône, jusqu’à imposer sa présence en tête de la catégorie « artistes » de la liste 2010 des cent personnalités les plus influentes du magazine Time. Alors que GAGA, T’AS LE LOOK (I)cône de mode ➔ Depuis qu’elle a atteint les sommets des charts, Lady Gaga aime aussi à tutoyer les cimes capillairement parlant, comme lors du photoshoot qui a accompagné la sortie du single Paparazzi. MEENO L’artiste arrive en tête de sa catégorie dans le classement des 100 personnalités les plus influentes établi par le magazine américain Time. son album The Fame vient de sortir dans une nouvelle version, The Fame Monster, Lady Gaga enchaîne en ce moment les concerts à guichets fermés. Née d’une famille plutôt aisée de l’Etat de New York, Stefani Joanne Angelina Germanotta, alias Lady Gaga, débute l’apprentissage du piano à l’âge de DR 4 ans. Folle de musique, la jeune fille livre ses premières compositions à 13 ans. Après être passée par un collège tenu par des religieuses (les mêmes qui ont accueilli Paris Hilton), où son goût pour les jupes courtes a été modérément apprécié, elle fréquente quelque temps la Tisch School of the Arts, Une provoc’qui lui fait du bien ➔ C’est ainsi qu’elle choisit de se montrer depuis la jaquette de The Fame, où elle arborait de grosses lunettes noires. La chanteuse a maintenu longtemps une part de mystère quant à son visage, volontairement caché par ses cheveux, un maquillage outrancier ou des masques. Comme l’avait fait avant elle Madonna, Lady Gaga aime à jouer avec l’imagerie SM. REX FEATURES/REX/SIPA « DÉGAGE, MADONNA ! » L. NEAL/AFP Directsoir N°766/Jeudi 20 mai 2010 une prestigieuse école qu’elle choisira de quitter à 19 ans pour vivre seule et gagner sa vie comme gogo danseuse. Avec une amie, elle crée alors un duo, Lady Gaga and the Starlight Revue (en référence à la chanson culte de Queen), et se produit dans un spectacle « underground pour grand public », dans lequel elle n’hésite pas à se montrer nue. A cette époque, elle avoue avoir consommé des « sacs entiers de cocaïne ». Puis c’est en composant notamment pour Britney Spears, les Pussycat Dolls et Fergie, des Black Eyed Peas, qu’elle fera parler d’elle. Elle est remarquée en 2006 par le patron du label Interscope, avant de sortir son album The Fame. UNE VOIX À IMAGES Musicienne, mais aussi plus largement performer fan de la Factory de Warhol et accro à la mode, Lady Gaga, prêtresse du narcissisme et de l’exhibitionnisme, aime à marier maquillage outrancier et tenues excentriques – avec une tendance pour les épaulettes démesurées et les structures capillaires défiant la gravité. La Lady cultive en outre un certain goût pour les esthétiques fétichistes et sado-masochistes. A l’heure d’Internet, il ne se passe plus un jour sans une petite anecdote : Lady Gaga est partout, et le moindre de ses faits et gestes est rapporté et décortiqué. Pas de doute, elle maîtrise à merveille les nouveaux codes de l’entertainment, articulant un marketing hyperperformant et une maîtrise calculée de la vraie-fausse provocation. Mais aussi un talent indéniable, sans lequel ces stars d’un jour ne sont que des feux follets. Tournée The Monster Ball, Lady Gaga. Les 21 et 22 mai à Paris (Bercy), le 25 mai à Strasbourg, le 2 décembre à Lyon. Date supplémentaire : le 22 octobre au POPB (mise en vente des billets le 26 mai). En grandes pompes s ➔ Audace et extravagance pour maîtres mots, fan de mode jusqu’au bout des ongles, Gaga prend son pied avec ces chaussures sans talon, évocation de la patte du satyre. Un détail qui trahit l’ambiance de bacchanale qui règne à ses concerts. Ce soir-là, 13 mai dernier, il s’agissait d’un show à l'occasion de l’Almay Concert, au Carnegie Hall de New York, où l’on célébrait le 21 e anniversaire de la Rainforest Foundation.
www.directsoir.net DÉCRYPTAGE « Telephone », un clip qui provoque Lady Gaga et Beyoncé dans une vidéo bourrée de clins d’œil cinématographiques et d’allusions plus ou moins fines à des produits de marque. Adulée ou décriée, Lady Gaga ne laisse en tout cas pas indifférent. La diffusion de son clip, Telephone, en duo avec la star du RnB Beyoncé, suscite depuis mars dernier de vives réactions sur la Toile. « Trash », « surprenant », « choquant », « décevant » … les qualificatifs ne manquent pas pour définir cet ovni audiovisuel. Au diable les critiques, la chanteuse excentrique reste convaincue que « cette vidéo est révolutionnaire dans la communauté de l’art et dans le monde commercial ». Tourné dans le désert californien, sous la direction du Suédois Jonas Akerlund, ce roadmovie de 9 minutes 32 secondes a été visionné plus de 11 millions de fois en seulement 48 heures. CHIFFRES CLÉS milliard de connexions ont été 1enregistrées sur la Toile sous le nom de Lady Gaga. Les clips sulfureux de la chanteuse sont visionnés chaque jour par des milliers d’internautes. Elle l’a dit… Sept GI déployés en Afghanistan l’ont même récemment parodié, créant le buzz sur Internet avec plus de 3,5 millions de connexions en moins d’une semaine. FAÇON TARANTINO Dans Telephone, présenté comme la suite de Paparazzi, filmé par le même Akerlund, Lady Gaga, emprisonnée pour meurtre, se déhanche dans des tenues extravagantes. Lunettes-cigarettes, robe en vinyle, sous-vêtements métallisés et coiffures surréalistes : le clip de l’Américaine ressemble à un défilé de mode… ou à une campagne publicitaire. La Lady s’affiche sans complexe avec son téléphone Virgin Mobile et troque ses bigoudis contre des canettes de Coca-Cola. 14 « A 15 ans, je voulais être Boy George mais aussi Judy Garland et David Bowie avec la puissance de Led Zeppelin. » - Q « Je veux être encore là dans vingt-cinq ans. J’admire Madonna et Courtney Love, et la façon dont elles se réinventent en scotchant tout le monde, année après année. C’est ça que je veux pour mon futur. Je veux ce même parcours, et peut-être même faire mieux qu’elles ! » - Première millions d’exemplaires des albums The Fame et The Fame Monster et plus de 35 millions de singles numériques ont été vendus à travers le monde en moins de deux ans. « Je n’ai pas besoin de connaître quoi que ce soit à l’art pour l’aimer. Mon art est libérateur. Les choses nous réduisent à notre statut d’être humain, de société. Je veux vous libérer. » - Q Pour The Fame Monster, Lady Gaga a été immortalisée par David Lachapelle, l’un des plus grands photographes de mode. EN COUVERTURE 5 Outre ces nombreuses références à la société de consommation, Telephone multiplie les clins d’œil aux œuvres du réalisateur Quentin Tarantino. Les deux bimbos s’évadent à bord de la Pussy Wagon, célèbre jeep jaune aperçue dans Kill Bill et Boulevard de la mort, et Beyoncé empoisonne les clients à la table d’un restaurant – scène qui n’est pas sans rappeler l’ambiance décalée de Pulp Fiction. Dans le plan final, Lady Gaga et Beyoncé délaissent le monde de Tarantino pour se glisser dans la peau de Thelma et Louise (héroïnes du film du même nom de Ridley Scott) version 2010. A en croire la mention « To be continued » à la fin du clip, la blondinette ne souhaiterait pas s’arrêter là. 60 secondes seulement auront été nécessaires pour écouler les places du concert du 21 mai au Palais omnisports de Paris-Bercy. Un record qui laisse gaga ! DAVID LACHAPELLE VU PAR Erwan Chuberre* « Un concept avant tout » Attaché de presse et romancier, il est le biographe spécialiste des divas. ➔ « J’ai souhaité écrire la biographie de Lady Gaga après son passage dans l’émission Taratata, animée par Nagui sur France 2, dans laquelle elle chantait en live au piano. Selon moi, c’est la nouvelle icône de la pop. Dans les années 1980, nous avions Madonna et Michael Jackson. Aujourd’hui, nous avons Lady Gaga. En reine des paradoxes, elle adore jouer avec les médias. Pour elle, la musique est obligatoirement associée à l’image – qu’elle contrôle d’ailleurs parfaitement. Elle est entourée d’une armada de concepteurs et de stylistes, et a repris le concept de la Factory d’Andy Warhol. A chacune de ses représentations, nous avons l’impression qu’elle joue sa vie, comme si elle avait peur que tout s’arrête du jour au lendemain. Lady Gaga souhaite marquer les esprits car, il y a encore deux ans, personne ne croyait en elle. Malgré un parcours incroyable, cette artiste reste humaine et naturelle. Elle est très proche de ses fans, qu’elle surnomme affectueusement ses « p’tits monstres ». Elle reste également fidèle au public gay, qui l’a révélée dans le milieu underground new-yorkais. Lady Gaga, c’est avant tout un concept, un personnage. Peut-être qu’un jour, Stefani, l’artiste qui se cache derrière le concept, souhaitera vivre par elle-même, comme David Bowie a pu le faire avec Ziggy Stardust. » *Auteur de Lady Gaga, une diva venue d’ailleurs, éditions Alphée.



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