Direct Soir n°741 13 avr 2010
Direct Soir n°741 13 avr 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°741 de 13 avr 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Louise Bourgoin , une aventure extraordinaire

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 EN COUVERTURE LOUISE BOURGOIN UNE CARRIÈRE AU BEAU FIXE Devant la caméra de Luc Besson, l’ex-miss Météo déjantée de Canal+ incarne dans « Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec » l’héroïne gouailleuse et indépendante créée par le dessinateur Jacques Tardi. Un rôle taillé à sa mesure. Belle idée de Luc Besson d’avoir pensé à Louise Bourgoin pour incarner Adèle Blanc-Sec au cinéma. Si le réalisateur du Grand Bleu a passé plusieurs années à convaincre Jacques Tardi, le père d’Adèle Blanc-Sec, de lui céder les droits d’adaptation de sa bande dessinée, il n’a mis que 24 heures à convaincre la jeune femme de jouer l’aventurière de son film. ADÈLE-LOUISE, MÊME COMBAT « J’aime bien le côté « anar », ni dieu ni maître, d’Adèle Blanc-Sec », explique Louise Bourgoin. « C’est une héroïne en dehors de tous les stéréotypes de son époque. Lorsque je l’ai découverte à 18 ans, je l’ai trouvée rafraîchissante ! C’est agréable de lire une BD dans laquelle l’héroïne est courageuse, téméraire, qui possède des qualités que l’on prête plus généralement aux hommes. En fait, je trouve que les femmes se révèlent bien plus fortes que les hommes, finalement souvent lâches. » Si Louise Bourgoin ne saurait se comparer à Adèle Blanc-Sec, l’actrice a pris pourtant le parti, comme l’aventurière, de ne pas être là où on l’attendait. Etudiante aux Beaux-Arts, elle se prédestine au métier de professeur d’arts plastiques. Alors qu’elle rate de peu le concours du Capes, elle décide de prendre sa vie en main, d’une autre manière. « Lorsque j’ai loupé mon Capes, le monde s’est écroulé, 3 ÉGÉRIES DE LUC BESSON GAUMONT/DR ANNE PARILLAUD ➔ Compagne pendant cinq ans du réalisateur Luc Besson (avec qui elle a eu une fille, Juliette), l’actrice française connaît le succès grâce au film Nikita (photo) sorti sur les écrans en 1990. Sa prestation lui vaut l’année suivante le césar de la meilleure actrice. Un rôle de tueuse sur mesure écrit par le cinéaste. Le thriller franchit la barre des cinq millions de dollars de recettes mais je me suis dit que c’était peut-être un signe : il fallait que je devienne artiste. J’ai donc décidé de prendre un travail alimentaire qui rapporte de l’argent et ne prenne que très peu d’heures. Ce qui était parfait pour pouvoir travailler la peinture dans mes temps libres. Pour moi, le métier d’animatrice était donc idéal. Je n’ai envoyé qu’un seul CV à Filles télé. En fait, le salaire était dérisoire ! Mais je me suis amusée, épanouie. J’ai compris plus tard que même aux Beaux-Arts, j’avais déjà besoin de faire rire. » Après avoir tourné une émission pilote pour Direct 8, la jeune femme est finalement embauchée par Canal+ pour devenir miss Météo sur le plateau du Grand journal. « Je ne présentais la météo que depuis trois mois pour Le grand journal. Un jour, dans les couloirs de Canal+, Fabrice Luchini m’a dit qu’il ne ferait pas son prochain film sans moi. Interloquée, j’ai rétorqué : « Fabrice, vous ne pouvez pas arrêter le cinéma comme ça ! » Quelques mois plus tard, Anne Fontaine réalise La fille de Monaco avec Fabrice Luchini et… Louise Bourgoin. Une actrice était née. « Le film fut bien accueilli par la presse, j’ai donc reçu très vite beaucoup de propositions », avoue la comédienne. UN RÔLE CHORÉGRAPHIÉ Luc Besson le revendique. Au vu du travail que fournissait Louise Bourgoin tous les outre- Atlantique. SIPA « UN RÔLE PAREIL, TOUTE ACTRICE EN RÊVE » jours pour Le grand journal de Canal+, elle n’avait pas besoin de passer d’essais. « J’ai eu peur, je me suis posé la question de ma légitimité, car un rôle pareil, toute actrice en rêve », explique modestement Louise Bourgoin. Si leurs univers paraissent au départ éloignés, le réalisateur et l’actrice semblent s’être trouvés. « Nous avons deux points communs : nous sommes travailleurs et perfectionnistes », explique l’actrice. D’ailleurs, sur un tournage, Luc Besson est de ces hommes qui connaissent à l’avance tous les plans. « Il ne laisse rien au hasard. NATALIE PORTMAN ➔ A seulement 12 ans, la jeune Israélo-Américaine devient l’héroïne du film Léon (photo) de Luc Besson, en 1994, dans lequel elle donne la réplique à Jean Reno. Depuis, elle a tourné avec les plus grands et obtenu le Golden Globe de la meilleure actrice pour son rôle d’Alice dans Closer, entre adultes consentants. Son rôle de Padmé Amidala dans la saga Star Wars lui confère aujourd’hui le statut de star internationale. Directsoir N°741/Mardi 13 avril 2010 Il n’a fallu que 24 heures à Luc Besson pour convaincre Louise Bourgoin d’interpréter Adèle Blanc-Sec dans son film tiré des bandes dessinées de Jacques Tardi. INTERFOTO USA/SIPA Tous mes gestes étaient chorégraphiés, prémédités. C’était parfois très difficile de rendre un geste naturel. Luc Besson avait une idée très précise du personnage d’Adèle Blanc-Sec, depuis sa démarche jusqu’à son élocution. C’était très bien, car c’est dans la contrainte que l’on trouve de la liberté », témoigne la comédienne avec enthousiasme. De son côté, Luc Besson n’a pas le même discours : « Je crois que Louise Bourgoin n’a pas conscience d’elle-même, et des possibilités énormes que lui donne son talent », indique le réalisateur. MILLA JOVOVICH ➔ Connue pour ses mensurations de rêve, le mannequin d’origine ukrainienne épouse Luc Besson en 1997. La même année, le réalisateur lui offre le rôle-titre de Leeloo dans son long métrage de science-fiction Le cinquième élément. En 1999, toujours sous la direction de son mari et pygmalion, la belle incarne Jeanne d’Arc (photo), l’une des plus célèbres figures de l’histoire de France.
www.directsoir.net Le film La nuit au musée ➔ Quand Adèle Blanc-Sec, jeune journaliste qui écume le monde à la recherche d’histoires fabuleuses, apprend que le savant Espérandieu est condamné à mort, elle décide de faire évader coûte que coûte le seul homme sur terre qui pourrait l’aider à sortir sa sœur du coma. Mais un ptérodactyle, qui menace Paris et ses habitants, va lui mettre des bâtons dans les roues. Momies et créature préhistorique ressuscitées, effets spéciaux spectaculaires, hauts lieux de la culture (le réalisateur plante sa caméra au Muséum national d’histoire naturelle et au Louvre) : Luc Besson signe un film familial à la croisée d’Indiana Jones et de La nuit au musée. On appréciera – ou pas – son adaptation de la bande dessinée de Tardi, mais en tout cas, on remarquera l’énergie de Louise Bourgoin à camper une héroïne que rien n’arrête, surtout pas le surnaturel. Un premier volet qui, en cas de succès –attendu – devrait finir par former une trilogie. Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec, de Luc Besson, en salles demain. JACQUES TARDI, CRÉATEUR D’ADÈLE BLANC-SEC A l’instar des feuilletonnistes du début du XX e siècle, Jacques Tardi aime raconter la grande histoire à travers la petite. Pour l’auteur, père d’Adèle Blanc-Sec, le film de Luc Besson est une réussite et la prestation de Louise Bourgoin, parfaite. Pourquoi avoir accepté l’adaptation de l’œuvre par Luc Besson ? Jacques Tardi : D’autres projets n’ont jamais abouti. Il y a d’abord eu celui d’un Japonais, dès la sortie du premier album, pour en faire un dessin animé, il y a trente ans. Puis les Améri cains, avec la Marvel (l’éditeur de Spider-Man,ndlr), m’ont montré des projets à New York. Mais Adèle devenait américaine ou londonienne, alors que la BD suinte Paris ! J’ai écrit aussi des heures de feuilleton pour la télé française, mais sans moyens, cela devenait du théâtre. Puis, il y a dix ans, Luc Besson m’a contacté. Il est revenu à la charge il y a deux ans, pour aller cette fois au bout. J’étais rassuré que ce soit lui, avec son savoir-faire, qui réalise cette adaptation. Comment avez-vous réagi à la projection du film ? J. T. : J’étais très intéressé. Quel auteur de BD n’aimerait pas voir ses héros sur grand écran, avec le son, les décors – qui sont ici super bes –, et des personnages bien vivants ? Lors du tournage, quand j’ai vu l’inspecteur Caponi (interprété par Gilles JACQUES DEMARTHON/AFP Lellouche,ndlr) débarquer, ça m’a fichu un coup ! De plus, Luc Besson a choisi d’adapter les trois premiers albums de la série, ceux dans lesquels l’héroïne porte toujours de grands chapeaux, ce qui donne des costumes splendides. Le film lui-même ne se prend pas au sérieux, ce qui était important. C’est dans l’esprit, et bien adapté au format cinéma. En bref, la BD s’adresserait plutôt aux 16-18 ans, et le film aux 14-16 ans. EN COUVERTURE 5 Adèle Blanc-Sec (Louise Bourgoin), une journaliste intrépide, se retrouve au cœur d’une histoire baignée de phénomènes surnaturels. « N’oubliez pas qu’elle a un sale caractère ! » Le dessinateur Jacques Tardi. EDITIONS CASTERMAN Voyez-vous des similitudes entre cinéma et BD ? J. T. : D’abord, une bande dessinée n’est pas un story-board. Le réalisateur, lui, est le maître du temps ; il peut jouer avec les gros plans, avec des respirations. Alors qu’en BD, l’auteur ne sait pas combien de temps le lecteur va passer sur chaque case. Mais il peut prendre le temps de développer les textes pour poser une intrigue, alors qu’au cinéma, il faut éviter de faire « décrocher » le spectateur. Sur le tournage, j’ai été impressionné par le nombre de personnes à gérer, et par l’idée claire et précise du déroulé de l’action, du début à la fin. Louise Bourgoin, parfaite en Adèle ? J. T. : La première fois que je l’ai vue sur le plateau, j’étais ému, impressionné. Elle jouait dans l’intérieur parisien d’Adèle. La seule chose que je lui ai dit, c’est : « N’oubliez pas qu’elle a un sale caractère ! » Elle devient véritablement Adèle en l’incarnant. Le principal était qu’elle soit dans le ton, puisque j’ai moi-même fait évoluer l’aspect physique d’Adèle dans les albums. Reverra-t-on encore Adèle sur papier ? J. T. : Je vais sortir un dixième et dernier album. Tout simplement parce que dix est un chiffre étape. Si j’avais été superstitieux, je serais allé jusqu’à 13 ! J’ai toujours travaillé sur d’autres projets en parallèle, et je ne veux pas devenir prisonnier de cette série, sortir un album tous les ans, un peu comme pour Nestor Burma, dont la saga se termine. Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, tomes 1 à 9, Jacques Tardi, Casterman. PHOTOS : M.BRAGARD/EUROPACORP/APIPOULAÏ PROD/TF1 FILMS PRODUCTION CASTING Méconnaissables ! ➔ Le professeur Dieuleveult (Mathieu Amalric). Ce savant et médecin déteste Adèle. Il est prêt à tout pour éliminer la jeune femme, mais ne parvient jamais à ses fins. Mathieu Amalric a changé sa physionomie et modifié également son timbre de voix. ➔ Justin de Saint-Hubert (Jean-Paul Rouve). Revenu d’Afrique, ce chasseur affublé d’une barbichette et d’un chapeau d’explorateur traque le ptérodactyle. Il est hautain et imbu de lui-même. Avec ses yeux noircis, Jean-Paul Rouve ressemble trait pour trait au personnage de la bande dessinée. ➔ L’inspecteur Caponi (Gilles Lellouche). Bourru et idiot, ce policier provincial, néanmoins intègre, rêve de devenir commissaire. Ce personnage charnière de l’histoire ne porte pas Adèle dans son cœur. Selon Luc Besson, Gilles Lellouche, qui a pris quelques kilos pour l’occasion, n’est pas trop éloigné physiquement de Caponi. ➔ Robert Espérandieu (Jacky Nercessian). Ce scientifique est l’ami de Ménard, professeur de paléontologie et conservateur au Jardin des Plantes. Sa timidité cache un esprit cruel. Cinq heures de maquillage ont été nécessaires chaque jour pour transformer Jacky Nercessian en Robert Espérandieu.



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