Direct Soir n°74 12 déc 2006
Direct Soir n°74 12 déc 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°74 de 12 déc 2006

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,9 Mo

  • Dans ce numéro : Arthur et les minimoys, le nouveau Besson

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir t Mardi 12 décembre 2006 4 EXCLUSIVITÉ INTERVIEW MIREILLE DUMAS La confidente du petit écran Demain, Mireille Dumas propose une spéciale « Vie privée vie publique » *. La présentatrice s’intéresse aux chanteurs « idoles d’hier, stars de demain », et explique sa curiosité pour les tranches de vie de personnes célèbres ou inconnues. Avez-vous rêvée d’être comédienne ? J’ai fait beaucoup de théâtre, mais j’étais une mauvaise comédienne. Cependant, le théâtre m’a beaucoup aidée dans mon rapport à moimême et à l’autre. Pourquoi faire le choix du spectacle grand public avec votre nouvelle émission, Le grand moment ? Au-delà de l’aspect « société » de mes documentaires, j’ai souvent réalisé des portraits d’artistes : Guy Bedos, Patrick Timsit, Brigitte Bardot… J’adore l’univers du spectacle, la vie d’une troupe, ce qui s’y passe. Vous êtes depuis plusieurs années la confidente des Français à la télévision. Assumez-vous ce rôle de « psy de la télé » ? Je ne me défends pas de faire de l’intime. Le mot « psychanalyse » me gêne. Ce n’est pas ce que je fais, je réserve ce domaine aux médecins. Souvent, les gens qui viennent me voir ont déjà réglé leurs problèmes et ont pris du recul par rapport à leur histoire. On m’a souvent comparée à une « grande oreille » parce que mon rôle est d’écouter les gens. C’est une écoute active, un travail de journaliste. Comment éviter le sensationnalisme ? La frontière se pose toute seule. Parfois, on me reproche de poser la question de trop. Mais je crois que c’est faux. Je sais aujourd’hui ce que je peux dire ou ne pas dire, jusqu’où je peux amener mon invité.Je suis myope,donc j’ai aussi appris à ressentir les mouvements du corps. Et les silences signifient parfois autant que les mots. Pour éviter le spectaculaire, c’est très simple : il faut écrire une histoire, donner du sens, mettre en perspective. Si c’est juste pour balancer des tranches de vie intime, ça ne sert à rien ! Rien de ce qui est humain ne vous choque ? « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger », dit le poète Térence. Nous avons tous en nous la potentialité du pire et du meilleur. Du jour au lendemain, on peut tous basculer. « L’étranger de passage », je suis parfois dans ce rôle-là Repères M. PELLETIER/CORBIS SYGMA G. BEDEAU/FRANCE 3 C. SCHOUSBOE/FRANCE 3 Qu’est-ce qui vous fait avancer ? La curiosité de l’autre. Je trouve les êtres humains formidables, terribles, odieux, magnifiques. La star de mon émission, c’est la vie. Je prends exemple sur une phrase de YannQueffélec : « en tant que spectateur on entend souvent sa propre histoire ». Je dépeins la société et j’essaie d’y apporter une grille de lecture. J’ai été l’une des premières à la télévision à parler d’homosexualité.Vingt ans après, je parle des mêmes sujets mais de façon différente : le Pacs est passé par là, on parle aujourd’hui d’adoption d’enfants. Qu’est ce qui vous fait rire ? La dernière fois que j’ai ri aux éclats, c’était avec Marc Jolivet sur le plateau de Vie privée, vie publique. Il racontait qu’il suivait une psychanalyse depuis 20 ans. Nous cherchions à savoir si ça lui avait fait du bien ou du mal, G. GUSTINE/FRANCE 2 du coup, il voulait envoyer toute l’équipe de l’émission en analyse ! Y a-t-il des choses que vous ne pouvez pas entendre ? Lors d’un enregistrement de Bas les masques, j’avais en face de moi une jeune femme malade du sida qui se savait condamnée. Elle m’a parlé de sa mort prochaine en me regardant droit dans les yeux avec un tel courage que c’était insupportable. Et j’ai dû arrêter, je suis allée pleurer. En revenant, je me suis sentie minable, je ne me sentais pas le droit de craquer. A notre famille, nos amis, nous ne leur disons pas toujours l’essentiel. Et parfois, face à un inconnu, nous révélons un aspect secret de notre vie. « L’étranger de passage » : je suis parfois dans ce rôle-là. Tous ces problèmes ne déteignent-ils pas sur vous ? Absolument pas. Je suis comme un enfant qui essaie de comprendre comment fonctionne le monde. Mais parfois j’ai aussi l’impression d’avoir 100 000 ans après avoir entendu tant d’histoires. * Demain sur France 3 à 20h50 « Bas les masques » « Vie privée, vie publique » « Le grand moment » Journaliste et auteur de nombreux documentaires, Mireille Dumas présente en 1992 le magazine de société hebdomadaire Bas les masques, diffusé sur France 2. L’émission est novatrice : pour la première fois, la télé s’intéresse aux marginaux et aux exclus. PROPOS RECUEILLIS PAR CAROLINE ITHURBIDE AVEC XAVIER PLASSON UN GENRE À PART Ancienne journaliste de presse écrite, Mireille Dumas réalise dans les années 80 quatre-vingt documentaires sur des sujets tabous à l’époque, comme la prostitution ou l’inceste. Depuis 1992, ses émissions recueillent la parole de personnes connues ou simples anonymes. Tolérance et diversité : la télévision de Mireille Dumas a fait du témoignage un genre télévisuel qui peut séduire ou agacer. Après son éviction de France 2 en 1996, Mireille Dumas revient à l’écran avec La vie à l’endroit, puis Vie privée vie publique sur France 3. Ses invités livrent le témoignage de leur vie. Demain soir, l’émission enregistrée aux Folies Bergère évoque la vie de chanteur, des comédies musicales jusqu’aux petites troupes amateur. Après les coulisses et les préparatifs du Ben-Hur monté par Robert Hossein au Stade de France, le prochain Grand moment de Mireille Dumas fera partager les émotions de la troupe de la Comédie-Française autour de Cyrano de Bergerac, mis en scène par Denis Podalydès.
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