Direct Soir n°737 7 avr 2010
Direct Soir n°737 7 avr 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°737 de 7 avr 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Jean-Louis Etienne, l'as des glaces

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 Le défi est lancé. Jean-Louis Etienne a décollé lundi matin du camp de base de Generali Arctic Observer, à Longyearbyen, dans l’archipel norvégien du Spitzberg, pour la première traversée du pôle Nord en ballon et en solitaire : une traversée de 3500 km qui doit le conduire en Alaska en sept à dix jours. Le médecin et explorateur français, âgé de 63 ans, a pris son envol à 6h10 à bord d’une rozière, un ballon mixte à gaz hélium et air chaud. L’engin est majestueux, plus de 28 mètres de haut pour un volume de 2200 m 3. Mais l’exiguïté de la cabine ferait fuir plus d’un : une capsule de 4 m², haute de 1,5 m seulement. Quand il se redressera, le buste du fou volant émergera dans une bulle en Plexiglas qui lui permettra d’observer la banquise. Pour évoluer dans les airs, Jean- Louis Etienne n’aura d’autre choix que de tenter d’« accrocher » les courants aériens en jouant sur l’altitude de son ballon. Mais l’itinéraire reste totalement hasardeux et tributaire du bon vouloir d’Eole. REPÈRES EN COUVERTURE JEAN-LOUIS ÉTIENNE PÔLE MAGNÉTIQUE Nouvelle expédition d’exception pour l’explorateur Jean-Louis Etienne. Son immense ballon a largué les amarres lundi pour survoler la région arctique et le pôle Nord et collecter une série de données scientifiques. Une aventure fabuleuse. En solitaire, bien entendu. UN QG À SAINT-DENIS EXPÉDITION SCIENTIFIQUE Au-delà de sa fibre aventurière, le docteur Jean- Louis Etienne demeure aussi un scientifique dans l’âme. A l’origine médecin spécialisé dans la nutrition et la biologie du sport, il s’est rapidement intéressé à l’aspect médical de la physiologie humaine dans des conditions extrêmes. L’expédition Generali Arctic Observer lui permettra d’observer l’état de l’atmosphère au-dessus de la banquise ➔ Certes, il voyage en solitaire, mais Jean-Louis Etienne reste suivi de près par une équipe de quatre personnes depuis le centre de contrôle de vol, installé dans les locaux de Generali, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). « On va être un peu la nounou de Jean-Louis durant le vol », expliquait, peu avant le décollage, Christophe Houver, coordinateur du vol. L’équipe, qui compte également un météorologue et routeur, Luc Trullemans, et deux assistants, s’est organisée en quarts afin d’assurer une veille 24 heures sur 24. Leurs tâches sont multiples. B.GILLES/GENERALI Le PC du vol, à Saint-Denis (93). P.DESMAZES/AFP arctique. « Cette traversée du pôle Nord en ballon me permettra d’effectuer quatre mesures en continu dans l’atmosphère, explique ainsi l’explorateur. La mesure du CO 2 atmosphérique Les « nounous » veillent à la gestion du vol et à la bonne consommation de carburant à bord, mais aussi au sommeil et à l’alimentation de l’aérostier. « Notre rôle sera de faire en sorte que […] le ballon ait toujours le même degré d’information que nous aurons à terre », concluait Christophe Houver. De son côté, Luc Trullemans étudie au plus près les vents circulant au-dessus du pôle Nord, afin que le ballon suive sa route le mieux possible. Le météorologue bénéficie notamment d’une mise à jour de ses fichiers météo toutes les six heures, ainsi que d’une « dizaine de simulations d’altitude » qui lui permettent, comme il l’expliquait, d’affiner au mieux la course du ballon. Directsoir N°737/Mercredi 7 avril 2010 d’abord car, c’est aujourd’hui une certitude scientifique, l’accumulation du gaz carbonique a un effet majeur sur l’effet de serre et le réchauffement climatique. Je réaliserai également des mesures du champ magnétique terrestre, et la mesure des particules en suspension et de l’ozone troposphérique. » Cette expédition s’inscrit dans la chaîne d’explorations remarquables de Jean-Louis Etienne. On pense bien entendu à la Mission Banquise menée en 2002 à bord du Polar Observer, en dérive pendant trois mois au pôle Nord pour étudier le réchauffement climatique. UNE REVANCHE Sans doute Jean-Louis Etienne s’est-il aussi promis, au travers de ce nouveau défi, de conjurer le sort et l’échec de sa dernière tentative d’expédition. On se souvient en effet que Total Pole Airship, une mission scientifique de mesure de l’épaisseur de la banquise de l’océan Arctique en dirigeable, via le pôle Nord géographique, avait dû être abandonnée au dernier moment. Mais aujourd’hui, Jean-Louis Etienne et le ballon de l’expédition Generali Arctic Observer n’ont pas fini de nous faire rêver. En 1989, Jean-Louis Etienne prenait la tête de la Transarctica. En 2002, il dirigeait la mission Banquise à bord du Polar Observer. Aujourd’hui, il repart avec le ballon Generali. « UNE PRÉDILECTION POUR LES DÉSERTS GLACÉS » P.DESMAZES/AFP
www.directsoir.net AFP 1989 Entre juillet 1989 et mars 1990, Jean-Louis Etienne est coleader de l’expédition internationale Transantarctica et réussit à traîneau à chiens la plus longue traversée de l’Antarctique jamais réalisée, soit 6300 km. Le 2 août 1995, à Brest, Jean-Louis Etienne est prêt à embarquer sur son voilier océanographique Antartica, dans le cadre d’une de ses expéditions à vocation pédagogique. 1995 2007 Entre janvier 2007 et janvier 2008, Jean-Louis Etienne fait construire un dirigeable destiné à traverser l’Arctique avec, pour mission, la mesure de l’épaisseur de la banquise. Mais, en janvier 2008, l’aéronef connaît un accident, ajournant ainsi l’expédition. X. DESMIER/AFP EN COUVERTURE 5 Comprendre la planète A voile, à pied, à traîneau… Depuis 1986, en infatigable porte-parole de la protection de la planète, Jean-Louis Etienne multiplie les expéditions, en particulier dans les régions polaires, pour mieux faire connaître le rôle qu’elles jouent sur la vie et le climat de la terre. 2005 Clipperton, l’île des fous, a été rebaptisée l’« île des Savants ». Jean-Louis Etienne est ici entouré de deux ornithologues, Mathieu Le Corre et Henri Weimerskirch, spécialistes des fous masqués, qui peuplent le lagon de Clipperton. 2005 1990 4 janvier 1990 : Jean-Louis Etienne pose avec les autres membres de l’expédition Transantarctica : Viktor Boyarsky (URSS), Geoff Somers (Grande-Bretagne), Qin Dahe (Chine), Will Steger (Etats-Unis) et Keizo Funatsu (Japon). De décembre 2004 à avril 2005, il dirige une équipe de chercheurs du Muséum d’histoire naturelle, de l’Institut de recherche pour le développement et du CNRS, chargée d’établir un inventaire de la biodiversité et un état de l’environnement marin sur l’atoll français de Clipperton (Pacifique).



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