Direct Soir n°735 2 avr 2010
Direct Soir n°735 2 avr 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°735 de 2 avr 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 18

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : Pâques : traditions et saveurs

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 CIRQUE Sous le chapiteau ➔ Le cirque de la famille Romanès est à mille lieux de ce que l’on connaît. Ici, pas d’éléphant ni de clown triste, mais une chèvre, un chat, des acrobates agiles, des danseuses Un orchestre venu des Balkans. RENCONTRE Au paradis de Romanès A la tête de l’unique cirque tzigane européen, et parallèlement à son spectacle « Au paradis, toutes les femmes sont gitanes », Alexandre Romanès publie un nouveau recueil de poèmes « Sur l’épaule de l’ange ». Rencontre avec ce chef de clan esthète et amateur de belles lettres. Un chapiteau niché au bord du périphérique, quelques roulottes, une flopée de chats indolents… Au milieu, un homme se dresse, le chapeau fièrement vissé sur le crâne, regard franc et sourire magnétique. Lui, c’est Alexandre Romanès, fondateur en 1993 de l’unique cirque tzigane d’Europe et poète publié dans la prestigieuse Collection blanche de la maison Gallimard. « Je suis issu de la famille Bouglione, mais j’ai quitté le cirque traditionnel quand j’étais encore un jeune homme. C’était trop grand, on aurait dit un hangar pour avions. Cela manquait d’humanité », explique ce père de six enfants, qui marchent tous dans les pas de leurs parents. « J’ai ensuite fait la manche, vécu de mes tours d’équilibriste, voyagé. Je suis revenu au cirque un peu par hasard, et j’ai troqué la musique de cirque contre des airs tziganes », raconte-t-il simplement. Puis, le voilà qui évoque son amour pour la musique baroque : « Il y a un orchestre, et ma femme chante, mais moi, je ne joue pas de musique tzigane. Je crois que je suis le seul gitan au monde à aimer la musique baroque. J’ai joué longtemps du luth. Un jour, peut-être, je reprendrai. » Aimant donc être là où on ne l’attend pas, Alexandre Romanès écrit : « L’écriture n’est pas une tradition gitane. » L’AMI DES ÉCRIVAINS Pourtant, depuis qu’il a appris à lire, l’homme couche des poèmes sur des bouts DR de papier. Jusqu’à ce que son ami et poète Christian Bobin lui mette le pied à l’étrier en montrant ses textes à un éditeur. « Ce qui est étonnant, c’est que, n’ayant jamais été à l’école, j’écris de manière phonétique. On m’a félicité néanmoins pour ma syntaxe, alors que je ne savais même pas ce que ce mot signifiait ! » Pourquoi choisir la poésie, ce genre méconnu du public ? « Les romans m’ennuient, je lis plutôt de la poésie arabe, occidentale, chinoise. Je n’ai jamais compris pourquoi certains ont besoin de noircir 300 pages quand il ne suffit que de quelques lignes au poète pour se faire entendre. » Ami de longue date avec les poètes Christian Bobin, Jean Grosjean, envoûtantes et un fabuleux orchestre. Venu des Balkans (violon, contrebasse, accordéon et clarinette), il est mené par la voix chaude de Délia Romanès, et donne envie de danser jusqu’à l’aube. Loin de rechercher le spectaculaire, le cirque Romanès veut avant tout partager sa joie de vivre et sa chaleur humaine. Inoubliable. Au paradis, toutes les femmes sont gitanes, jusqu’au 30 mai sous le chapiteau Romanès, 42-44, bd de Reims, Paris 17 e, puis en tournée (www.cirqueromanes.com). Réservations : 0699194959 ou 0688092267 ou 0140092420. GALLIMARD Alexandre Romanès a fondé son cirque dans les années 1990. Lydie Dattas – « la plus grande poétesse du monde » – ou Jean Genet, qu’il a vu « un jour sur deux » pendant les dix dernières années de sa vie, Alexandre Romanès lance, sans le vouloir, des ponts entre l’art poétique et celui du cirque. UN CIRQUE INIMITABLE « Il paraît que notre cirque est le plus poétique », explique-t-il fièrement. Et cela fonctionne ! Depuis la Porte de Champerret, à Les confidences d’un poète gitan ➔ Alors que, chez les gitans, l’oralité est la norme, Alexandre Romanès a préféré saisir sa plume qui prend ici la forme d’un doux murmure. « Ce qui est poétique existe à mes yeux/ce qui n’est pas poétique/je ne le regarde même pas », écrit Romanès, qui fut l’un des grands amis de Jean Genet. Pour son troisième ouvrage, le poète a choisi le ton de la confidence. On y découvre son amour inconditionnel pour ses Directsoir N°735/Vendredi 2 avril 2010 J. SASSIER/GALLIMARD Créer un centre culturel tzigane « Il se passe plein de choses chez les gitans, mais personne ne les voit jamais. Par peur ou par ignorance, les programmateurs de spectacle ne viennent jamais voir ces spectacles dans les campements », regrette Alexandre Romanès. « Ma femme et moi aimerions créer ce centre culturel tzigane. Dans l’idéal, ce centre aurait un point de chute à Paris, mais serait également itinérant », poursuit l’artiste, qui attend la décision des autorités. Paris, jusqu’en Espagne, en passant par l’Allemagne ou la Belgique, les Romanès triomphent grâce à l’ambiance inimitable de leur spectacle. Prochainement, la joyeuse bande partira même en Chine. « Si les gens font la queue pour venir nous voir, les préjugés des sédentaires sur les gitans restent néanmoins tenaces. Je trouve justement très bizarre de s’enfermer comme eux entre quatre murs. Mais Georges Brassens le disait bien : « Les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux » », note avec malice Romanès, sa petite dernière sur les genoux. « Les communautés, et les gens en général, se replient de plus en plus sur eux au lieu d’essayer d’aller vers les autres, c’est dommage. » Pour contrer cette logique, il souhaite fonder avec sa femme, Délia, le premier centre artistique tzigane (lire ci-dessus). « Il n’y a aucun militantisme, aucun combat, dans notre démarche. C’est juste par amour pour notre culture », explique l’homme au chapeau. cinq filles, le souvenir des gifles de sa mère et des larmes de son père, comme sa joie d’être au milieu des siens et de la nature. Profondément croyant, Alexandre Romanès se met à nu et tutoie Dieu comme un ami disparu (« Je n’aurais même pas osé/t’approcher/ou lever les yeux sur toi/Mais eux/ils t’ont envoyé à la mort. »), comme il salue la grâce d’un accent provincial ou étranger qui fait chanter la langue française. Sur la pointe des pieds, Alexandre Romanès fait entendre sa voix dans un recueil que l’on aimera ouvrir régulièrement, comme un magique antidote. Sur l’épaule de l’ange, Alexandre Romanès, Gallimard, 10 €.
www.directsoir.net COMÉDIE MUSICALE Jets et Sharks à Bordeaux Après une escale à Londres, la comédie musicale « West Side Story » investit le Grand-Théâtre de Bordeaux dans le cadre d’une tournée mondiale. Les Jets, bande de jeunes gens désœuvrés, se préparent à se battre contre les Sharks. Dans les années 1950, les Jets (Américains) et les Sharks (Porto - ricains) se livrent une guerre sans merci dans le quartier new- yorkais de West Side. Malgré ces rivalités entre gangs, deux jeunes amoureux – que pourtant tout oppose – se jurent fidélité éternelle. Trans - position de l’histoire de Roméo et Juliette, West Side Story reste une œuvre mythique grâce aux chorégraphies de Jerome Robbins, à la musique de Leonard Bernstein et aux paroles de Stephen Sondheim. Depuis sa première représentation le 26 septembre 1957 au Winter Garden Theatre à Broadway, cette comédie musicale a connu un succès qui ne s’est jamais démenti. En témoigne l’ovation réservée depuis deux ans aux LIVRE quelque 80 personnes participant à la tournée mondiale lancée pour le cinquantième anniversaire de la première. Dès demain, l’Opéra national de Bordeaux reprendra les titres de cette production en forme d’« hommage à l’original », sous la direction musicale de Donald Chan. « Nous avons accéléré le rythme du spectacle et j’ai délibérément choisi de jeunes comédiens, chanteurs et danseurs », précise le metteur en scène Joey McKneely. Une œuvre légendaire qui ne cesse de séduire au fil du temps. West Side Story, à partir de demain et jusqu’au 11 avril, au Grand-Théâtre, place de la Comédie, Bordeaux (05 56 00 85 95 et www.opera-bordeaux.com). La face cachée de l’histoire ➔ Vous pensiez pouvoir briller en société grâce à vos connaissances historiques. Méfiez-vous, les anecdotes les plus connues sont parfois trompeuses et piégeuses. Non, Christophe Colombn’a pas découvert l’Amérique, Jeanne d’Arc n’était pas une simple bergère et Molière n’est pas mort sur scène. La rédaction de la revue Historia remet un peu d’ordre dans ce flot de contrevérités et d’approximations dans un ouvrage ludique et pertinent qui compile plus de cent idées reçues sur l’histoire. 150 idées reçues sur l’histoire, First Editions et Historia, 19,90 €. NILZBOHME WILD SIDE VIDEO DVD Vent de panique ➔ C’est la crise de rire du Festival de Cannes 2009 : Panique au village, long métrage d’animation tiré d’une série télé belge culte, raconte la grande aventure de Cowboy, Indien et Cheval, trois personnages tout droit sortis d’un coffre à jouets et qui s’animent grâce à l’imagination débridée de Vincent Patar et Stéphane Aubier. Quand Cowboy et Indien décident d’offrir un barbecue comme cadeau d’anniversaire à Cheval, rien ne se passe comme prévu et c’est finalement une commande de « 5 mille quintillions de milliards de billiards de millions de trilliards de briques » qui leur est livrée. Humour décalé et rythme effréné assurés pour ce film qui sort en DVD avec, en bonus, l’épisode original de la série. Panique au village, de Stéphane Aubier et Vincent Patar, Wild Side Vidéo. CULTURE 9 D. DAWSON/HAZLITT HOLLAND-HIBBERT EXPOSITION Freud, la peinture sans complexe ➔ Lucian Freud est, avec Jeff Koons et Damien Hirst, l’un des artistes les plus chers du marché de l’art contemporain. Portraitiste de la Reine d’Angleterre et de Kate Moss, ce peintre, qui ne s’inscrit dans aucune école, est mis à l’honneur au Centre Pompidou. Une cinquantaine de toiles grand format et une sélection d’œuvres graphiques et de photographies de ses ateliers londoniens donnent un large aperçu du travail du petit-fils de Sigmund Freud. Celui qui dit vouloir « que sa peinture soit chair » a sans doute hérité de son grand-père le goût pour les âmes torturées qu’il retranscrit dans ses nus et ses autoportraits. Lucian Freud, L’Atelier, au Centre Pompidou, jusqu’au 19 juillet, place Georges-Pompidou, Paris 4 e (0144781233 ou www.centrepompidou.fr).



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