Direct Soir n°731 29 mar 2010
Direct Soir n°731 29 mar 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°731 de 29 mar 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 274) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Jeux en ligne : le pari de la concurrence

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 EN COUVERTURE PARIS EN LIGNE FAITES VOS JEUX ! L’ouverture à la concurrence des jeux en ligne entre dans sa dernière phase. Le point sur un dossier aux enjeux politiques et économiques colossaux, qui concerne déjà de deux à trois millions de joueurs réguliers. C’est la fin d’un monopole historique qui s’annonce. Sous les coups de boutoir de la technologie (Internet) et du droit (les normes européennes), l’exclusivité dont bénéficiait la Française des Jeux sur le marché des jeux en ligne est en passe de voler en éclats. Les députés devaient en effet examiner aujourd’hui en deuxième lecture le projet de loi ouvrant à la concurrence les jeux en ligne. Pour Eric Woerth, qui vient de laisser son portefeuille du Budget à François Baroin, l’objectif était de faire adopter ce projet de loi avant le 11 juin et l’ouverture de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud. Un calendrier qui pourrait être tenu à condition que le projet ne connaisse pas de nouvelles et profondes modifications. DÉSÉQUILIBRES Selon des estimations difficiles à affiner, entre deux et trois millions de joueurs utiliseraient régulièrement des sites de jeux francophones pour assouvir leur passion du pari. Mais certains de ces joueurs n’hésitent Focus Un gendarme nommé Arjel ➔ La création d’une Agence de régulation des jeux en ligne (Arjel) fait partie des principales dispositions du projet de loi examiné actuellement. Cette autorité sera en charge de l’attribution des licences d’exploitation aux opérateurs qui présenteront leur « DEUX À TROIS MILLIONS DE JOUEURS CONCERNÉS » candidature. A charge pour ces derniers de s’assurer que les joueurs qui s’inscrivent sur leur site sont réellement majeurs et exempts de toute interdiction de jeu. En cas d’infraction, que l’Arjel sera en mesure de constater en temps réel grâce à de puissants serveurs pas à contourner le monopole de la Française des Jeux pour bénéficier d’un panel d’offres plus large, comme il en existe sur des sites hébergés à l’étranger. Un contournement possible grâce à un flou juridique sur lequel le législateur a voulu intervenir pour deux raisons principales. Premièrement, le jeu en ligne, avec ses risques financiers et d’addiction (voir encadré cicontre), n’est pas un loisir comme un autre. La loi en cours d’adoption entend donc protéger les utilisateurs des conséquences parfois dramatiques que peut avoir la pratique du jeu, surtout quand les pertes et les gains sont dématérialisés, ce qui conduit parfois le joueur à miser plus gros qu’il ne le ferait sur un tapis vert classique. L’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) entend donc répondre à ce problème essentiel. Par ailleurs, la démarche de l’Etat n’est pas désintéressée puisqu’un contrôle accru des opérateurs – rendu paradoxalement possible par l’ouverture à la concurrence – devrait permettre de générer de nouvelles recettes fiscales qui échappaient jusqu’à présent aux caisses de l’Etat. ENJEUX Du côté des opérateurs, si la FDJ se prépare activement, les entrants se frottent aussi les mains compte tenu de l’ampleur potentielle du marché. Ils pourraient investir pas moins de… 750 millions d’euros en budget publicitaire au cours des trois premières années de l’ouverture pour attirer et fidéliser les parieurs. La bataille s’annonce donc impitoyable. informatiques qui « traceront » les joueurs, les sites contrevenants pourront être sanctionnés. Un « présite » a été mis en ligne au début du mois pour tenir les citoyens informés de l’évolution de la législation et des futurs outils. www.pre-arjel.fr LANIER/REA REPÈRES Directsoir N°731/Lundi 29 mars 2010 Jeux d’argent en ligne : Que font les autres pays ? ➔ L’Estonie En janvier dernier, la république balte a légalisé les jeux d’argent en ligne avec l’entrée en vigueur de la loi baptisée « Estonia Gambling Act ». Le pays des Estes s’affirme ainsi comme l’un des plus grands paradis des jeux d’argent en Europe. Face à la crise économique, l’ouverture de ce marché représente pour l’Estonie une opportunité de se renflouer en taxant notamment les opérateurs de jeux en ligne, soumis à l’obligation de détention d’une licence d’activité. ➔ Les États-Unis Depuis 2006 et l’adoption de l’Unlawful Internet Gambling Enforcement Act (UIGEA), les Etats-Unis ont interdit les jeux d’argent en ligne, en rendant illégale toute transaction entre un établissement financier et un opérateur de jeux en ligne. Mais de plus en plus d’Etats, comme l’Iowa, la Floride, la Californie ou le New Jersey, qui prônent des modifications législatives pour autoriser localement cette activité en ligne, ont déjà déposé des projets de loi en ce sens. En Europe, l’Allemagne interdit également les jeux d’argent sur Internet. ➔ La Suisse Bien que ne faisant pas partie de l’Union européenne, la Suisse devrait – comme la France – légaliser cette année l’activité des jeux d’argent en ligne alors même qu’elle ne subit aucune pression de la Commission européenne. Les législateurs de la Confédération suisse réfléchissent encore à l’opportunité d’ouvrir le marché au niveau national ou au niveau international.
www.directsoir.net CHIFFRES CLÉS Zoom La Française des Jeux se prépare ➔ Avec l’ouverture à la concurrence, c’est une révolution culturelle que s’apprête à affronter la Française des Jeux. Pour autant, l’acteur historique entend faire de cette mutation une aubaine. L’objectif est simple : devenir le numéro 1 du marché avec 25% de son volume. Christophe Blanchard-Dignac, le PDG de la FDJ, entend accroître et diversifier l’offre existante. La FDJ veut pouvoir proposer aux internautes 2 500 paris sur le site ParionsWeb, contre 1 200 aujourd’hui. Plusieurs partenariats ont été conclus ou La dépendance aux jeux en ligne est une pathologie qui a été diagnostiquée ces dernières années, à la suite du développement d’Internet. Elle est particulièrement dangereuse dans le sens où elle crée une accoutumance proche de celle qui touche les consommateurs compulsifs de jeux vidéo et la dépendance aux jeux d’argent, telle qu’elle se manifeste chez les turfistes ou ceux qui fréquentent les casinos. D’après les spécialistes, les joueurs pathologiques sont des personnes très souvent déprimées, qui commettent plus de tentatives de suicide que le reste de la population. RÉGULER Il existerait plus de 25 000 sites de paris en ligne, qui étaient illégaux en France, régulièrement fréquentés par les parieurs. La loi relative à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des renouvelés (LFP, Orange, Yahoo !, RTL), tandis que des consultants, comme Christophe Dugarry, Bixente Lizarazu, Christophe Dominici, Jackson Richardson ou Fabrice Santoro, prodigueront leurs conseils aux internautes. La semaine dernière, enfin, la FDJ annonçait l’acquisition de la société britannique LVS, spécialisée dans les logiciels pour les plateformes de paris en ligne. La volonté de l’opérateur historique de se maintenir à la pointe de la technologie est manifeste. Le site de la Française des Jeux ParionsWeb, dédié aux paris et aux pronostics sportifs. MILLIONS d’euros. C’est le montant 750 que devraient atteindre les investissements publicitaires des opérateurs de jeux d’argent en ligne pour les trois premières années de l’ouverture du marché français. ADDICTION Nouveaux jeux, nouveaux risques ? 7 MILLIARDS d’euros. Voilà ce que représente le chiffre d’affaires annuel des jeux en ligne au Royaume-Uni. Un montant que se partagent 150 opérateurs. Les jeux peuvent créer des dépendances. jeux d’argent et de hasard en ligne, qui doit entrer en vigueur en juin, voudrait réguler ce phénomène, notamment par l’autorisation de publicité, qui devrait concerner à la fois les paris sportifs, les paris hippiques et le poker. Mais, comme le souligne le psychiatre Marc Valleur, chef d’un service de soin aux toxicomanes et auteur de nombreux ouvrages sur la drogue et les addictions, les dangers sont réels. Jusqu’ici, la France vivait dans un régime de monopole où le PHOTONONSTOP EN COUVERTURE 9 Christophe Blanchard- Dignac, PDG de la Française des Jeux. 6,70 EUROS. C’est la mise moyenne hebdomadaire de chaque joueur de la Française des Jeux, qui compte environ 28,2 millions de clients. PMU, la Française des Jeux et les casinos homologués pouvaient seuls pratiquer les jeux d’argent. Or, avec cette nouvelle loi, les joueurs voient l’offre démultipliée. Internet est la porte ouverte à tous les excès, surtout en cette matière où ils sont intrinsèquement présents. Qui saura arrêter un joueur dépendant, vissé devant son ordinateur, qui court le risque de se ruiner et de sacrifier sa vie sociale et familiale à sa passion ? HYPNOSE L’ambiance du jeu est fondamentalement hypnotique, reconnaissent les experts : on entre dans un autre monde devant une machine à sous, un jeu de roulette, des paris hippiques et donc aussi devant son ordinateur. Ce qui se présente comme une loi pour réguler un secteur pourrait générer de nouveaux risques exigeant de nouveaux garde-fous. MEIGNEUX/SIPA ZOOM Quid des points de vente « en dur » ? Une grille de PMU. ➔ Les paris sportifs sont-ils réservés aux seuls internautes ? La réponse est bien entendu négative. Surtout pour les nombreux parieurs pour qui remplir une grille de PMU ou de Loto en buvant un « petit noir » avec les copains s’apparente à une vraie religion. Dès lors, pourquoi ne pas faire bénéficier les aficionados de la gomme et du crayon noir des avancées qui s’annoncent sur le Net ? C’est en tous les cas ce que pensent – non sans arrière-pensées fiscales – les acteurs du marché, qui entendent bien faire vaciller cet autre monopole de la Française des Jeux, celui des paris « en dur », c’est-à-dire des jeux faits au comptoir ou dans les boutiques ad hoc. MONOPOLE Depuis un décret remontant à 1985, la Française des Jeux détient en effet l’exclusivité des points de vente « physiques » disséminés sur tout le territoire français. L’opérateur britannique Stanleybet, qui revendique 1 700 agences présentes dans sept pays européens, est monté à l’assaut de la citadelle FDJ. Le 8 mars dernier, il a ainsi déposé une requête devant le Conseil d’Etat pour réclamer l’ouverture du marché « en dur » et bénéficier d’avantages comparables aux opérateurs virtuels. Cette démarche fait suite à l’envoi en avril 2009 d’une lettre au Premier ministre François Fillon qui serait restée, selon Stanleybet, « sans réponse ». Quel que soit le sort réservé à cette nouvelle requête, il apparaît néanmoins qu’une nouvelle bataille juridique s’annonce inévitable. Et riche en controverses.



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