Direct Soir n°729 25 mar 2010
Direct Soir n°729 25 mar 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°729 de 25 mar 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Jean-Michel Jarre sons et lumières

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 CULTURE LIVRE Cadavre et autres petites contrariétés Incidences. Comme le creux, le vide, le non-événement. C’est là tout le génie de Philippe Djian, qui déroule une histoire terrifiante comme si de rien n’était, empoignant ses lecteurs (nombreux !) sans avoir l’air d’y toucher. Et pourtant. Tout commence sur une route sinueuse au bord d’une crête. Marc, un professeur d’université, ramène chez lui une de ses étudiantes après une soirée bien arrosée. Manque de chance, après une nuit de luxure, celle-ci ne se réveille pas. Et pour cause, elle est morte. De peur de ruiner sa réputation, Marc part cacher le ALBUM Magiques Hocus Pocus ➔ Il y avait déjà dix ans que les Nantais d’Hocus Pocus écumaient toutes les scènes de France et de Navarre lorsqu’en 2005 est sorti 73 Touches, leur premier opus. Mais c’est avec l’excellent Place 54 (2007), qu’ils se sont faits, en particulier grâce au single Smile, une place de choix dans le cœur des fans de hip-hop. Les voici de retour avec un nouveau disque intitulé 16 Pièces, comme le nombre de titres qui le composent. Ici, la richesse des compositions et des textes régale et creuse le sillon à la fois jazzy et soul qui fait leur singularité. A écouter d’urgence : leurs collaborations avec leurs mentors français, le leader d’IAM Akhénaton et Ben L’Oncle Soul sur A mi-chemin, avec Un an après « Impardonnables », le romancier Philippe Djian revient à son meilleur niveau avec « Incidences », un roman sombre déjà en tête des listes de ventes. Et on comprend pourquoi. corps dans la forêt, au fond d’un gouffre, avant de reprendre une vie quotidienne presque banale. Marc, écrivain raté, enseigne l’art de devenir écrivain sur un campus peuplé d’étudiantes courtvêtues et de professeurs plus ou moins légitimes. Entre deux cigarettes, Marc tente de faire front à la médiocrité ambiante lorsqu’il ne rentre pas chez lui se protéger de la réalité auprès de sa chère sœur que l’on devine la survivante d’une tragédie familiale. Que s’est-il passé dans leur enfance ? Philippe Djian n’en dira rien. Les « incidents » se multiplient, le piège se referme, on le sent. Mais l’auteur de 37°2 le matin de nous laisser dans le flou, nous plongeant dans une époque où guerre et répression tiennent la vedette et ironisant au passage sur le métier d’écrivain. Qu’il est décidément devenu. Incidences, Philippe Djian, Gallimard, 17,90 €. Le groupe nantais Hocus Pocus. Oxmo Puccino sur Equilibre, ou encore avec une diva de la soul, Alice Russell, sur l’inaugural Beautiful Losers. 16 Pièces, Hocus Pocus, Motown France/Universal, toutes les dates de la tournée sur www.myspace.com/hocuspocushiphop. R. LAURENT BANDE DESSINÉE L’âge des possibles ➔ Fin 1989. Le mur de Berlin vient de tomber et Elisa, jeune punk un peu paumée, vient de perdre sa meilleure amie dans un accident de la route. Elle décide de tout plaquer pour se réfugier dans les bras d’un homme plus âgé, mais un peu dérouté par la personnalité de la jeune femme. A travers des dessins à l’encre de Chine et une référence évidente à la chanson de Gainsbourg, Nathalie Ferlut se laisse aller à la nostalgie d’une époque encore porteuse de promesses. Elisa, Nathalie Ferlut, Delcourt, 14,95 €. ÉD. DELCOURT CONCERT De l’orgue pour les braves ➔ L’orgue Hammond B3 est un instrument méconnu dont le son inégalable est pourtant devenu incontournable dans le gospel, le blues, le jazz et même le rock. Michel Benebig, l’un des meilleurs interprètes français, débarque de sa chère Nouvelle-Calédonie pour quatre dates à Paris. 28 mars à 18h : Studio des Gobelins, 1 er avril à 19h : Maison de la Nouvelle-Calédonie, 4 et 5 avril à 21h30 : Jazz Club Etoile du Méridien. Renseignements : www.michelbenebig.com. DR Michel Benebig. Directsoir N°729/Jeudi 25 mars 2010 Kelly Hansen, le chanteur du groupe Foreigner. ALBUM Foreigner revient en force ➔ Avec leurs 65 millions d’albums vendus, c’est un des groupes phares du rock. Foreigner, à qui l’on doit (faut-il le rappeler) le tube I Want to Know What Love Is, repris aujourd’hui par Mariah Carey mais aussi Cold as Ice, Hot Blooded, Jukebox Hero ou encore Waiting For A Girl Like You, vient de sortir Can’t Slow Down. Un puissant opus produit par Marti Frederiksen (Aerosmith) et Mark Ronson (Amy Winehouse) – lequel signe lui-même le titre Fool For You Anyway – qui succède à Mr. Moonlight, dernier album studio du groupe, paru en 1994. A cette occasion, Foreigner, réuni autour du guitariste et fondateur Mick Jones, fêtera son grand retour sur scène au printemps. Can’t Slow Down, Foreigner, Cool Night. En concert le 13 avril à Paris (Grand Rex). LIVRE JEUNESSE Retour aux sources ➔ Orpheline, Heidi est recueillie par son grand-père, un homme solitaire ayant ses chèvres pour seule compagnie. Dans cette nouvelle vie, la jeune fille fait la connaissance de Peter, un jeune garçon chevrier qui va lui faire découvrir les joies de la montagne. Alors qu’elle est heureuse de vivre en pleine nature, sa tante la ramène à la ville, où elle doit tenir compagnie à Clara, une jeune infirme. Une amitié se noue, mais l’appel de la montagne est trop fort... Un album grand format séduisant accompagné par les très jolies illustrations de Vincent Dutrait. Heidi, petite fille des montagnes, Jean-Pierre Kerloc’h, P’tit Glénat, 12 €.
www.directsoir.net THÉÂTRE Tautou-Foïs : duel de poupées Audrey Tautou, l’éternelle Amélie Poulain, et Marina Foïs, l’ex-Robin des bois, sont toutes deux sur les planches pour incarner Nora dans « Maison de poupée » d’Ibsen. Une pièce, deux mises en scène, deux interprétations. DR Audrey Tautou, une Nora très théâtrale et classique à la Madeleine. Le texte fut interdit par les autorités anglaises en 1879. Il faut dire que Maison de poupée, du Norvégien Henrik Ibsen, rompt avec le schéma traditionnel du mariage. La pièce connaît cette saison un regain d’intérêt. Et pour cause. Marina Foïs et Audrey Tautou s’emparent, l’une au Théâtre Nanterre- Amandiers, l’autre à la Madeleine, de ce rôle dif ficile. Dans deux mises en scène opposées, elles incarnent Nora, femme-enfant, femmeobjet, sur le point de quitter mari et enfants. UNE « MAISON » TRADITIONNELLE… Au théâtre de la Madeleine, Michel Fau, qui endosse aussi le rôle du mari, se fait l’architecte d’une Maison de poupée aux fondations classiques. « Avec Audrey Tautou, nous voulions aborder le texte de façon scrupuleuse », explique-t-il. Une rigueur révélatrice du caractère d’Helmer, l’époux, saupoudrée de ce qu’il apprécie. « J’aime l’artifice, la théâtralité, les choses naïves de l’enfance. » C’est donc en costume, les yeux charbonneux, le teint pâle, comme pour rappeler l’univers de Tim Burton, ou « les films en noir et blanc », ajoute Michel Fau, que les acteurs évoluent sur le plateau. Audrey Tautou s’apparente ainsi à ces poupées de porcelaine, douces et fragiles, auxquelles s’ajoute ce grain de folie qu’elle insuffle à merveille. Si, pour Michel Fau, Nora est une Lolita de Nabokov, avec, en prime, la cruauté des enfants propre aux personnages Marina Foïs (ici avec Alain Fromager), une Nora plus contemporaine, à Nanterre. P.VICTOR/ARTCOMART de la comtesse de Ségur, il la restitue avec efficacité. C’est avec une conviction soutenue par la noirceur folle de son regard qu’Audrey Tautou, douce et glaçante, quitte le foyer. … UNE « MAISON » AU DESIGN CONTEMPORAIN A Nanterre, Jean-Louis Martinelli opte, lui, pour une version plus actuelle de la pièce. Dans des décors rappelant un design scandinave bien connu, Marina Foïs et Alain Fromager incarnent un couple « névrotique mais amoureux », souligne l’actrice, avant d’ajouter, « nous nous parlons et nous touchons comme les gens le font de nos jours ». Nora apparaît alors davantage en femmeobjet qu’en femme-enfant. Sur scène, en robe cintrée et talons hauts, Marina Foïs incarne d’ailleurs une Nora qu’elle a voulue plus poupée Barbie, la matière grise en prime, que de porcelaine. « Nora est un objet de convoitise, et elle le sait. Il y a une dimension sexuelle. » Dès lors, délaissant la naïveté au profit d’une mise en scène plus sensuelle et plus intellectualisée, où l’angoisse, toujours voilée de légèreté, se fait plus prégnante, l’émancipation de Nora trouve ici une résonance contemporaine plus forte. Maison de poupée, théâtre de la Madeleine, jusqu’au 26 mai, 19, rue de Surène, Paris 8 e (0142650709). Jusqu’au 17 avril, Théâtre Nanterre- Amandiers, 7, avenue Pablo-Picasso, Nanterre (01 46 14 70 00). NILS GUADANIEN ALBUM Les pépites pop de Boogers ➔ Mieux qu’un tube de vitamineC, le deuxième album de Boogers (« crottes de nez » en américain) est un vrai remède contre les coups de mou. La nouvelle galette du chanteur barbu s’appelle As Clean As Possible et se décline sur dix titres tous plus entraînants les uns que les autres. Dans un registre pop-électro nourri d’influences qui vont de The Police à The Strokes en passant par Weezer, I Trust You donne envie de chanter à tue-tête, tout comme le bondissant Talk To Charlie et l’excellent I’m Sorry qui clôt l’album. As Clean As Possible, Boogers (At(h)ome). En concert à La Maroquinerie de Paris, le 7 avril. CULTURE 11 ÉD. GALLIMARD LIVRE Un combat pour la vie ➔ Octobre 1817 : un esclave réunionnais du nom de Furcy assigne son maître en justice devant le tribunal d’instance de Saint-Denis. Après avoir appris que sa mère a été affranchie avant de mourir, il veut à son tour obtenir la liberté. Débute alors une procédure longue de vingt-sept ans, qui va conduire cet homme courageux et déterminé à affronter la justice et le puissant Joseph Richemont Desbassyns, commissaire ordonnateur général de La Réunion. A travers les comptes-rendus d’audiences et de textes manuscrits, MohammedAïssaoui, journaliste au Figaro littéraire et chroniqueur dans l’émission Tous les goûts sont dans la culture sur Direct 8, livre ici une version romancée du combat de Furcy pour la liberté. L’affaire de l’esclave Furcy, de MohammedAïssaoui, 195 p., éd. Gallimard.



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