Direct Soir n°718 10 mar 2010
Direct Soir n°718 10 mar 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°718 de 10 mar 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : Michel Boujenah : « J'ai eu beaucoup de chance »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 « JE MÈNE LA VIE DONT JE RÊVAIS » Avec son nouveau spectacle « Enfin libre », Michel Boujenah revient sur trente ans de carrière. Jusqu’au 20 mars, il se produit sur la scène de l’Olympia. Stressé mais heureux, à quelques heures de la première, l’artiste affirme une fois de plus son bonheur d’être sur les planches. Il vous a donc fallu trente ans pour vous libérer de vos carcans ? Michel Boujenah : En effet (rires) ! Ce spectacle marque la fin d’une époque et le début d’une autre. Pendant trente ans, j’ai travaillé sur une structure bien définie. Je racontais une histoire comme un film ou une pièce de théâtre. Aujourd’hui, je relate plusieurs histoires. Je ne me cache plus derrière mes personnages, je n’ai plus mes bretelles, ni mon costume de Superman. Enfin libre ! est le spectacle le plus sincère de ma carrière. TROIS SPECTACLES EN COUVERTURE MICHEL BOUJENAH « ALBERT » ➔ Dans son premier one-man show, Albert, mis en scène en 1980 au théâtre parisien du Lucernaire, Michel Boujenah revient sur ses origines de juif tunisien immigré en France. La musique de ce spectacle est signée Michel Valensi et Geneviève Cabanes. Pour ce coup d’essai, l’humoriste rencontre un franc succès auprès du public. RUE DES ARCHIVES/AGIP Quel message souhaitez-vous délivrer à travers ce one-man show ? M. B. : Je parle de la difficulté d’être soimême. Il ne faut pas faire attention aux étiquettes que la société nous colle parfois. Nous pouvons en effet écouter la Messe en si mineur de Bach ou la Passion selon saint Matthieu et adorer les titres de la rappeuse Diam’s. Ce n’est en rien contradictoire, bien au contraire. Mélanger les genres et les styles reste une démarche formidable. Pourquoi distribuez-vous au public une recette de boulettes de viande délivrée par votre mère ? M. B. : Les Chinois ont leur muraille de Chine, moi j’ai le mur des boulettes de viande construit par ma mère (rires). Un mur qu’il faut casser pour voir le monde. Je « LES MAGNIFIQUES » ➔ Après l’échec de son deuxième spectacle, Anatole, Michel Boujenah signe Les magnifiques, en 1984, pour lequel il imagine une série de personnages juifs tunisiens. Le public découvre alors Maxo et la famille Boutboul. Salué par la critique, le jeune comique gagne ses lettres de noblesse dans le monde du spectacle. Suivent Elle et moi et Le petit génie, mis en scène par son frère, Paul Boujenah. Un humoriste qui manie l’art de l’improvisation. suis contre le communautarisme, mais pas contre l’identité. J’ai vécu toute ma vie en me demandant qui j’étais. Tunisien dans l’âme, j’ai aussi une culture française très vaste. Je suis proche de mon peuple tout en m’intéressant aux autres. Selon vous, la nouvelle génération d’humoristes est-elle moins mordante, plus politiquement correcte que la vôtre ? M. B. : L’humour ne s’est pas refroidi. En témoignent les sketchs du duo Omar et Fred, de Stéphane Guillon ou de YannBarthès dans son Petit journal (chronique diffusée dans Le grand journal sur Canal+,ndlr). On peut rire de tout si cha- Directsoir N°718/Mercredi 10 mars 2010 « LES NOUVEAUX MAGNIFIQUES » ➔ En 2003, près de vingt ans après le succès des Magnifiques, Michel Boujenah se produit de nouveau sur les planches avec un nouveau one-man show, sobrement baptisé Les nouveaux magnifiques. L’humoriste maîtrise ses rôles à la perfection. C’est une nouvelle réussite. cun rit de soi. Un Noir qui se moque d’un Noir reste plus drôle qu’un Blanc qui plaisante sur un Noir. L’arrivée de Jamel Debbouze a eu un côté salvateur car un Arabe se moquait de ses pairs, donc de lui-même. On ne peut donc pas le taxer de raciste. Les origines d’un artiste ne le limitent en aucun cas. Sinon, le cinéaste Marcel Pagnol n’aurait séduit que le public provençal. A quoi pensez-vous quand vous quittez la scène ? M. B. : Contrairement à certains artistes qui se disent « une de plus » à l’issue d’une représentation, je préfère dire « une de moins ». Encore un spectacle que je ne rejouerai plus. C’est triste de devoir quitter son public. « LE SPECTACLE LE PLUS SINCÈRE DE MA CARRIÈRE » Avez-vous peur du temps qui passe ? M.B. : Terriblement. Vieillir ne m’angoisse pas du tout, j’y pense seulement cinquante fois par jour (rires). Avoir mal au dos en me levant le matin, ne pas pourvoir faire la fête avec mes copains jusqu’à trois heures du matin ou ne pas jouer au tennis aussi régulièrement que je le souhaite me pèsent beaucoup. Je suis à la fois fatigué et dans une forme olympique. Je suis très en retard sur le planning que je me suis fixé. J’ai besoin de temps. Je ne veux pas que tout s’arrête maintenant. Et si votre carrière s’arrêtait demain ? M. B. : Je prendrais ma retraite et continuerais à écrire des histoires. C’est toute ma vie. J’ai eu beaucoup de chance. Je mène la vie que je rêvais d’avoir, enfant. J’exerce un métier que j’aime, je ne meurs pas de faim, mes enfants sont à l’abri et je n’ai pas perdu ma dignité. Mais la scène me manquera. C’est le seul endroit au monde où j’ai l’impression de tout maîtriser. La vie de l’autre côté du rideau est tellement dure et compliquée.
www.directsoir.net Son one-man show DATES CLÉS « Enfin libre », sans tabou ni contrainte ➔ Métamorphosé ! A 57 ans, Michel Boujenah se lâche dans son nouveau spectacle, Enfin libre. De la poésie à la politique, des petits tracas de la vie quotidienne à son amour pour le théâtre de Shakespeare, l’humoriste ne s’interdit rien. A la surprise générale. « Je m’amuse beaucoup avec le public. J’improvise chaque soir en fonction de l’actualité. En ce moment, par exemple, je reviens sur la polémique autour du footballeur Thierry Henry », explique-t-il. Malgré une série de nouveaux sketches, le comédien n’en oublie pas pour 1952 MICHEL BOUJENAH naît le 3 novembre à Tunis (Tunisie). A l’âge de 11 ans, il s’installe avec sa famille à Bagneux (92) en banlieue parisienne. « Une récréation studieuse. » C’est en ces termes que Michel Boujenah décrit son métier d’acteur. « J’ai avant tout besoin de faire du cinéma comme auteur ou metteur en scène. Un film est la somme de talents mélangés, explique-t-il. L’idée que plus de quatre-vingts personnes travaillent ensemble sur mon rêve me plaît beaucoup. C’est très émouvant pour moi, qui suis seul sur scène depuis trente ans. » Pourtant, rien ne prédestinait ce fils de médecin à cette carrière cinématographique. « Quand j’ai commencé ce métier, personne ne m’a encouragé, ni mes frères, ni mes parents, ni mes copains. Ma mère aimait l’idée que je sois un artiste, mais elle préférait que je me consacre à un « vrai métier », conservant le théâtre comme un simple loisir. » Mais Michel Boujenah y croit et ne laisse rien ni personne le détourner de ses rêves. « Grâce au film Les feux de la rampe (1952) avec Michel Boujenah navigue en toute liberté entre le public et ses personnages. autant les personnages qui ont contribué à son succès. A travers Maxo et Simone Boutboul, il se moque avec tendresse du rapport homme-femme. Artiste au grand cœur, Michel Boujenah accueille par ailleurs chaque soir, en première partie, un nouveau talent de l’humour. Enfin libre, jusqu’au 20 mars, à 20h30, à l’Olympia, 28, bd des Capucines, Paris 9 e (0 892 68 33 68 [0,34 € /minute]). LE COMÉDIEN 1986 DÉCROCHE le césar du meilleur acteur dans un second rôle grâce à sa prestation dans le film Trois hommes et un couffin, aux côtés d’André Dussollier et Roland Giraud. PORTRAIT Un amoureux de la scène et du 7 e art Comédien, il écrit et réalise son premier film en 2003. Charlie Chaplin et Buster Keaton, j’ai découvert que les acteurs pouvaient faire rire et pleurer en même temps. C’était magique », se souvient-il. Alors qu’il se trouve sur le tournage des Camisards (1972) de René Allio, le jeune homme fait la connaissance du comédien Rufus. Une rencontre déterminante. « Je me posais des milliers de questions sur le métier de comédien. Rufus m’a simplement répondu : « Si tu veux, tu peux. » Cette phrase peut sembler banale, mais elle a bouleversé ma vie. » Dès lors, il PROD DR/A.J.O.Z. FILMS DR EN COUVERTURE 9 A 57 ans, l’artiste s’autorise tout. LE PRÉSIDENT 1998 DE L’AFM (Association française contre les myopathies), Bernard Barataud, choisit l’acteur comme parrain de la nouvelle édition du Téléthon. va courir les plateaux de cinéma, alternant les rôles comiques et dramatiques. DERRIÈRE LA CAMÉRA Michel Boujenah est à la fois comédien et réalisateur. Trois ans après la sortie de son dernier film, 3 amis, le cinéaste retrouvera bientôt le chemin des studios avec une nouvelle comédie douce-amère baptisée Jamais perdu. « Mon nouveau long métrage racontera l’histoire d’une femme qui n’a jamais gagné. Elle va sauver un homme qui, lui, a tout perdu, explique Michel Boujenah. Cette comédie sociale ne fait qu’évoquer les problèmes que les individus rencontrent aujourd’hui. Je tiens beaucoup à ce nouveau projet. Je me sens proche de ces personnages. » Avant de donner le clap de départ, Michel Boujenah doit finir le scénario et boucler la programmation du festival de Ramatuelle de théâtre et de variétés, dont il est le directeur. Une vie à 100 km/h. CYRIL BRUNEAU FILMOGRAPHIE VAUTHIER/SIPA Acteur et réalisateur En 2009, il incarne un animateur télé, star de l’Audimat, dans La grande vie. ➔ Acteur:• La grande vie, d’Emmanuel Salinger, 2009.• Ultimatum, d’Alain Tasma, 2009.• Les bureaux de Dieu, de Claire Simon, 2008.• 18 ans après, de Coline Serreau, 2003.• XXL, d’Ariel Zeitoun, 1997.• Ma femme me quitte, de Didier Kaminka, 1996.• Les misérables, de Claude Lelouch, 1995.• Le nombril du monde, d’Ariel Zeitoun, 1993.• La totale !, de Claude Zidi, 1991.• Lévy et Goliath, de Gérard Oury, 1987.• Trois hommes et un couffin, de Coline Serreau, 1985.• Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour avoir une femme qui boit dans les cafés avec les hommes ?, de Jan Saint-Hamont, 1980. ➔ Réalisateur:• 3 amis, 2007, avec Mathilde Seigner, Pascal Elbé et Kad Merad.• Père et fils, 2003, avec Philippe Noiret, Charles Berling et Pascal Elbé. Dans Trois hommes et un couffin, de Coline Serreau (1985).



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