Direct Soir n°716 8 mar 2010
Direct Soir n°716 8 mar 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°716 de 8 mar 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : 8 mars, aujourd'hui la femme...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 Manifestation de femmes, en mai 1935, à Paris, pour le droit de vote. JOURNÉE DE LA FEMME Rosie, symbole des ouvrières américaines pendant la Seconde Guerre mondiale. 100 ans DE COMBATS AU FÉMININ Les femmes sont à l’honneur aujourd’hui : l’occasion de revenir sur un siècle de luttes en leur faveur. L’occasion aussi de rappeler que ce combat ne sera pas achevé tant que l’année ne comptera pas 365 journées de la femme… Après des siècles et des millénaires où, le plus souvent pour des excuses pratiques, sa place ne se discutait pas, sauf exceptions merveilleuses – une poétesse grecque comme Sappho, une reine égyptienne comme Cléopâtre, des érudites médiévales comme Christine de Pisan ou Hildegarde de Bingen, des guerrières chrétiennes comme Jeanne d’Arc – le XIX e siècle occidental positiviste subit tout à coup les assauts de cette si étrange « minorité » qui constitue plus de la moitié de l’humanité : la femme, les femmes. LES PREMIÈRES LUTTES Si le mouvement avait déjà été amorcé à l’heure des Lumières, avec des intrépides comme Olympe de Gouges, c’est surtout au temps de l’instauration du salariat capitaliste – où la condition ouvrière, arrachant les femmes autant que les hommes à leurs campagnes, crée le nouveau statut de prolétariat– que la conscience de classe féminine se forme. Les premières luttes de ces pionnières se joueront donc sur le terrain ô combien sensible, comme le prouve son actualité, de l’égalité salariale mais aussi de l’éducation. De la France, où la première bachelière sort du lycée en 1861, au Japon, où la première université féminine est créée en 1900, en passant par l’Egypte et la Tunisie, le combat devient mondial. Bientôt, il s’étend aux droits civiques et à toutes les couches sociales. Ce sera l’époque glorieuse des suffragettes anglo-saxonnes. Alors que les pays scandinaves enregistrent les premiers « UN HOMME COMME LES AUTRES ? » succès dès 1906, les Françaises devront attendre, elles, la fin de la Seconde Guerre mondiale pour pouvoir passer à l’isoloir. ÉVOLUTION OU RÉGRESSION ? Mais ce n’est qu’un début : bientôt s’annonce la seconde vague du féminisme où le « beau sexe » réclame le droit d’être « un homme comme les autres ». Nourrie des écrits de Simone de Beauvoir ou de l’exemple de l’Américaine Margaret Sanger – à l’origine du Planning familial mais critiquée pour ses thèses eugénistes –, la génération des années 1960 va monter à l’assaut des derniers bastions sexistes. Fin de la minorité juridique et droit de disposer de son corps sont les principales revendications de ces jeunes filles des Trente Glorieuses. Une bataille une nouvelle fois couronnée de succès. Pourtant, quarante ans après, c’est, pour certaines, la gueule de bois. Du côté des féministes historiques, comme Elisabeth Badinter, on dénonce des régressions dans le statut de la femme ; d’un autre côté, certains constatent que les femmes occidentales, prises dans des injonctions de performances contradictoires, n’ont toujours pas trouvé leur place véritable. Sans parler du fléau vivace des violences conjugales ou, en dehors de l’Occident, de la réduction des êtres féminins à l’état d’objets privés de statut. Une Journée de la femme, donc, pour célébrer cent ans de combats, mais surtout pour s’assurer que ce combat ne dure pas un siècle de plus. THE GRANGER COLLECTION NYC/RUE DES ARCHIVES JERÔME PREBOIS 3 QUESTIONS À… Directsoir N°716/Lundi 8 mars 2010 Michelle Reiser* : « La réalité de la femme se construit en permanence » ➔ Aujourd’hui, quand le consommateur utilise un média, quelle image a-t-il de la femme ? Quels sont les principaux stéréotypes ? Michelle Reiser : Les médias reflètent les stéréotypes qui imprègnent les esprits autant que l’inconscient collectif. Le principal est celui de la femme-objet. Dès qu’il s’agit de faire appel à des experts, on pense majoritairement à des hommes. Pour témoigner, surtout de la sphère familiale, c’est aux femmes qu’on donne la parole. Le savoir est masculin, la sensibilité féminine. Malgré ses dérives, Internet serait aujourd’hui un outil essentiel de valorisation de l’image de la femme. Qu’en pensez-vous ? M.R. : Internet est effectivement un outil essentiel dans la mesure où sa nature démocratique permet aux femmes de devenir des sujets, des acteurs, dans la construction de leurs représentations. D’ailleurs, on constate que les femmes y prennent la parole beaucoup plus aisément, notamment sur les blogs. Internet constitue ainsi une caisse de résonance efficace pour relayer un message. La montée en puissance des réseaux sociaux montre que s’y joue une partie importante pour l’évolution de la place de la femme. Entre « l’invisibilité de la femme » et un « exhibitionnisme forcené », comment dévoiler la réalité de la femme ? M.R. : Il me semble qu’il n’y a pas une réalité préexistante de la femme qu’il s’agirait de dévoiler. « On ne naît pas femme, on le devient », disait Simone de Beauvoir. La réalité de la femme se construit en permanence entre les deux extrêmes de l’invisibilité et de l’exhibitionnisme, il existe une palette de plus en plus large de modes d’apparition : dans le monde du travail avec leurs carrières et le « plafond de verre », dans la famille avec l’opposition femme/mère ou dans le registre de l’intolérable, comme les femmes battues. Les médias ont encore des progrès à faire, mais si l’on regarde les séries, je remarque que plusieurs séries françaises donnent le premier rôle aux femmes. Certains responsables des programmes ont conscience qu’il faut réduire le décalage qui existe encore entre l’image des femmes exposées dans les fictions et la place réelle qu’elles occupent dans notre société. Une chaîne a même créé une unité de programmes-laboratoires qui travaille sur des formats innovants pour déconstruire des stéréotypes. * Michelle Reiser, présidente de la commission Image des femmes dans les médias, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel.
www.directsoir.net À quoi rêvent les femmes ? Alors qu’à l’échelle mondiale leur condition s’améliore lentement –trop lentement–, le débat sur la place des femmes en France continue à faire rage. Prises entre burqa et « féminisme de maman », les femmes françaises cherchent une voie nouvelle : la porte étroite où performance, séduction, maternité et légèreté feraient bon ménage. Elle a 41 ans, est plus brune que blonde et encore moins rousse, mesure 1,63 met pèse 63 kg. « Elle », c’est la Française de 2010 selon les chiffres de l’Insee. Des chiffres qui figent évidemment la vie comme si l’on parlait d’une statue des Tuileries ou d’une héroïne de roman. Si la femme française contemporaine est une héroïne, il n’est pas sûr que son existence soit simple comme la destinée d’un personnage romanesque. Les études la décrivent aussi comme une femme résistante, intelligente, tournée vers la politique et multitâche. Quelques adjectifs qui ont le mérite de brosser une identité tout sauf neutre, qui se bouscule entre acquis et nouvelles exigences. La femme française qui, à ses caractères antiquement féminins, a surajouté les qualités auparavant considérées comme viriles, possède plusieurs visages et plusieurs modèles, à commencer par celui de Claire Chazal, désignée comme la personnalité incarnant le mieux la femme du XXI e siècle, d’après un sondage du magazine Sélection du Reader’s Digest. Demeurer un objet de rêve et de désir tout en dominant sa vie, c’est le subtil mélange que la Française espère obtenir. Certes, cette femme est irrémédiablement émancipée, mais elle se pose encore mille questions : selon les enquêtes, elle vit de plus en plus seule, est mal représentée à l’Assemblée nationale et si son niveau de formation est meilleur que celui des hommes, elle occupe seulement 17% des postes de direction dans les entreprises. De même, son salaire reste toujours plus bas à Cinq parcours d’exception Ces cinq Françaises ont connu une trajectoire remarquable. Elles nous confient leur vision de la femme aujourd’hui. Des mots profonds et touchants, qui dévoilent la complexité d’une appartenance. SCIENTIFIQUE Anne Dejean-Assémat, a reçu le 4 mars le prix l’Oréal-Unesco « For Women in Science » pour ses travaux sur la leucémie et le cancer du foie. Elle dirige l’unité Organisation nucléaire et oncogenèse à l’Institut Pasteur, ainsi que l’Unité 579 Biologie moléculaire et cellulaire des tumeurs de l’Inserm, à Paris. Pour elle, « la femme est libre, engagée et passionnée ». M. PELLETIER POUR LA FONDATION L’OREAL Anne-Sophie Pic, trois étoiles au Guide Michelin depuis 2007, élue « chef de l’année » en 2007 par les huit mille chefs répertoriés dans la bible de la gastronomie, a été nommée chevalier de l’Ordre national du Mérite 2009. « Je souhaite que les femmes retrouvent le plaisir de cuisiner et de transmettre le goût. Cuisiner est un acte d’amour. » GRAND CHEF NAVIGATRICE JOURNÉE DE LA FEMME 5 diplômes comparables que celui de son compagnon et plane sur elle les éternels fantômes de l’aspirateur, de la coucheculotte, des courses et de la vaisselle. UN PEU DE LÉGÈRETÉ Mais parfois, la Française aimerait seulement être cette jeune femme coquette, gourmande, désordonnée et drôle dont Pénélope Bagieu illustre les anecdotes désopilantes sur son blog, « Ma vie est tout à fait fascinante ». Un chat, des talons aiguilles, des macarons à la fleur d’oranger et la vaisselle qui déborde. Pénélope a la trentaine et vit dans un petit appartement sous les toits. Si elle est parisienne, la plupart des citadines se reconnaissent en elle, car elle est capable de rester des heures en profonde réflexion devant des THOMAS VOLLAIRE paires d’escarpins ou des bottes de son magasin préféré et parce que ses talons aiguilles se coincent sans cesse entre les pavés. Pénélope révèle non sans humour les mille tracas féminins et péripéties qui rythment la vie d’une jeune Parisienne, entourée de son petit ami et de ses copines. Elle s’obstine à essayer de rentrer dans un 36, râle, parle beaucoup trop, dépense trois fois ce qu’elle gagne, passe des heures au téléphone, mange n’importe quoi et court ensuite faire du sport pour se rassurer… Une ode « fascinante » aux mille riens de la vie quotidienne au féminin. www.penelope-jolicoeur.com Maud Fontenoy a traversé à la rame l’Atlantique et le Pacifique et effectué un tour du monde à la voile à contre-courant. La Fondation Maud Fontenoy est une association qui sensibilise les enfants à la sauvegarde de la planète. Pour elle, la femme du XXI e siècle est « courageuse, organisée, sensible à l’avenir de notre environnement. Je la vois féminine, un masque de beauté sur le visage tout en donnant le biberon, presque prête à partir au boulot sans avoir oublié de préparer le goûter bio du petit dernier. » Chantal Delsol, philosophe, historienne des idées politiques et romancière française est la première femme élue à l’Académie des sciences morales et politiques. « Les femmes actives sont polycéphales, elles ont plusieurs têtes parce qu’elles mènent ensemble plusieurs activités et responsabilités non hiérarchisées, elles ont constamment un sac à provisions dans une main et un cartable dans l’autre. Par ailleurs, elles sont décalées, parce qu’elles vivent, à partir d’un certain niveau, au milieu des hommes, qui n’ont pas du tout la même vie et dont les expériences sont très différentes. » JEFF NALIN ASSYSTEM VICE-PRÉSIDENTE La femme d’aujourd’hui, à la fois active et mère, cherche une nouvelle voie. ACADÉMICIENNE Martine Griffon-Fouco, vice-présidente exécutive du groupe Assystem et membre du directoire, elle est la première femme au monde à diriger une centrale nucléaire, en 1994. En 1998, elle est nommée au comité exécutif du groupe EDF et en 2010 au directoire du groupe Assystem. Pour elle, trois mots caractérisent la femme d’aujourd’hui : « Compétence, confiance, équilibre. »



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