Direct Soir n°710 26 fév 2010
Direct Soir n°710 26 fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°710 de 26 fév 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 18

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Salon de l'agriculture : la campagne à Paris

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 EN COUVERTURE SALON DE L’AGRICULTURE UNE SEMAINE PAYSANNE Le Salon de l’agriculture ouvre ses portes ce week-end, à Paris. Un rendez-vous incontournable qui s’articule autour de la découverte du patrimoine agricole français. Outre les animaux et produits fermiers, le développement durable occupera cette année une place centrale. A partir de demain et jusqu’au 7 mars, le Parc des expositions de Paris, à la porte de Versailles, accueille le 47 e Salon international de l’agriculture. Un rendez-vous incontournable pour les professionnels du secteur et les particuliers amateurs du monde rural. Les organisateurs espèrent accueillir environ 700 000 visiteurs, soit 30 000 de plus qu’en 2009. Le temps d’une semaine, la capitale rassemble plus d’un millier d’exposants, principalement des éleveurs, des agriculteurs et des artisans. L’agriculture représente le premier marché en France, devant l’automobile. Avec 163 milliards de chiffre d’affaires réalisés en 2008, le secteur fait vivre plus de 400 000 personnes et place l’Hexagone en tête des pays agricoles européens. REPÈRES SIA Jeux de découverte ➔ Le salon propose un parcours thématique et ludique pour les plus jeunes. Les parents peuvent choisir en ligne le parcours qu’ils suivront et voir les activités proposées au jour le jour. Des jeux de découverte sur le goût et l’alimentation sont notamment proposés aux enfants à l’espace « cuisine ». Sont aussi au programme un jeu de piste, « les senteurs du jardin », la découverte de la préparation et de la cuisson du pain, ainsi que la rencontre avec des bâtisseurs du château médiéval Quelques beaux spécimens de taureaux charolais, au Salon de l’agriculture, à Paris. LA PLUS GRANDE FERME DE FRANCE Mais le Salon de l’agriculture, c’est aussi et surtout l’occasion de découvrir le patrimoine agricole. Le Concours général agricole fait partie des temps forts du salon. Né officiellement en 1870, il récompense les éleveurs et les producteurs pour la qualité de leur travail. Les produits du terroir (vins, bières, charcuteries, fromages…) distingués par le jury se voient décerner de Guédelon (Yonne). G. OSODI/PANOS-REA 700 000 VISITEURS SONT ATTENDUS, SOIT 30 000 DE PLUS QU’EN 2009. une médaille (or, argent ou bronze). Un prix d’excellence a même été créé en 2000 pour les vins et les produits laitiers. Du côté des bêtes, l’engouement est toujours remarquable. L’an dernier, les 3 500 plus beaux animaux de France, qui ne concouraient pas tous, ont attisé la curiosité du public, en particulier les taureaux. Ceux-ci peuvent allègrement dépasser la tonne. A l’instar d’Adonis, 1 571 kg, et de Vauban, 1 528 kg, qui se sont imposés dans leurs catégories respectives (charolais de tous âges et charolais de moins de 5 ans) lors du dernier salon. Cette année, exceptionnellement, le Salon de l’agriculture présente aussi treize races bovines en conservation. Ces espèces, de l’armoricaine à la saosnoise, en passant par la béarnaise, font l’objet de programmes de sauvegarde génétique. L’INNOVATION AU CŒUR DU SALON Car pour cette édition 2010, ce sont la recherche et l’innovation qui sont mises à l’honneur. Le monde agricole s’interroge sur les défis environnementaux de demain et sur l’accroissement de la population. En 2015, la population mondiale Invitation au voyage ➔ La programmation « mille facettes des agricultures du monde » invite au voyage. Les amateurs pourront se retrouver en Afrique et en Asie pour y découvrir d’autres modes, musiques et cuisines traditionnelles. Les visiteurs pourront se délecter du folklore malien, d’une dégustation de noix de cajou de Côte d’Ivoire, des saveurs du Japon, des produits agricoles du Cameroun. SIA Directsoir N°710/Vendredi 26 février 2010 s’élèvera à plus de 7 milliards d’individus, et plus de 8 milliards d’ici à 2030. La recherche et le développement agricoles apparaissent comme un des enjeux essentiels de demain. C’est pourquoi l’innovation se place au cœur de ce 47 e Salon de l’agriculture. L’espace « terre d’élevage, terre durable », lieu de rencontre privilégié des éleveurs avec le public (pavillon 1), permettra de réfléchir de manière ludique à la place du secteur agricole dans le développement durable. Autour d’un grand jeu intitulé l’Eco-quiz, les visiteurs pourront ainsi être sensibilisés à l’impact écologique de l’agriculture, comme la production de gaz à effet de serre des animaux ou encore l’empreinte carbone que représente un seul kilo de viande. Histoires de végétaux ➔ Un mouton géant de deux mètres, un haricot de plus de quatre mètres de hauteur, des guides habillés en personnages de conte (la Reine des prés, la Femme en pain d’épices, le Gardien des forêts) : la diversité des productions végétales françaises sera expliquée cette année par le conte populaire et la fiction. La mise en scène sera répartie en six espaces pour présenter cent variétés de végétaux.
www.directsoir.net FOCUS CHIFFRES CLÉS Vétérinaire : l’ange gardien du salon ➔ Pour prévenir les petits et gros bobos des 4 000 animaux présents au salon, trois vétérinaires sont mobilisés en permanence. Voici leur journée type : • 13H00 : arrivée au centre de soins du salon. Remise de la célèbre blouse verte, coordination, échanges d’informations sur les cas traités.• APRÈS-MIDI : interventions au fil des demandes des éleveurs. Entre deux interventions, les vétérinaires rencontrent le public. 700 000 VISITEURS viennent en moyenne chaque année au Salon international de l’agriculture, dont près de 80 000 jeunes. Dans votre dernier livre*, vous opposez agriculture paysanne et agriculture industrielle. Sont-elles incompatibles ? Le processus d’industrialisation de l’agriculture a conduit à la mise en place d’un système éminemment destructeur tant au plan écologique que social. Le complexe agroalimentaire, largement mondialisé et contrôlé par quelques multinationales, contribue à maintenir un rapport de forces inégal. Car les destructions que produit ce type d’agriculture (sols, biodiversité, eau…) sont telles qu’elles rendent de plus en plus difficile le maintien d’une agriculture qui assure tout à la fois du travail, des équilibres écologiques et la nourriture de l’humanité… C’est pourquoi on peut dire qu’il y a incompatibilité entre les deux systèmes. CSOV• 18H30-19H00 : alors que le salon se vide, la tournée du soir commence. Visite de l’ensemble des animaux soignés dans la journée et consultations…• 20H00-23H00 : les vétérinaires quittent le stand. Après leur départ, le relais est donné aux étudiants qui, en cas d’urgence, feront appel aux praticiens de garde, hébergés près de la porte de Versailles. 36 000 PRODUITS, 14 000 échantillons de vins et 2 000 animaux participent cette année au 119 e Concours général agricole. INTERVIEW : SILVIA PÉREZ-VITORIA* « L’agriculture paysanne retrouve une véritable actualité » L’agriculture paysanne « alimentaire, locale, à dimension humaine » semble encore marginale. Quel rôle lui attribuez-vous ? Depuis une vingtaine d’années, on constate l’émergence de nouveaux mouvements paysans et l’agriculture paysanne retrouve une véritable actualité. Partout se mettent en place des pratiques culturales qui récupèrent des savoirs et savoir-faire paysans, des systèmes de vente directe, des réseaux de semences, autant de moyens pour les paysans du monde de retrouver des formes d’autonomie. Ce sont des processus concrets de mise en œuvre d’un autre type d’agriculture. Le défi actuel est de répondre au milliard d’individus dans le monde qui souffre de la faim et de faire face à l’augmentation de la population mondiale. L’agriculture paysanne en est-elle capable ? L’agriculture industrielle et le complexe agroalimentaire sur lequel elle s’appuie ont EN COUVERTURE 5• 7H00-7H30 : retour du vétérinaire qui fait le point avec les étudiants. La règle de la continuité de soins est parfaitement respectée.• 9H00 : le salon s’anime. Une nouvelle journée commence avec son lot de pathologies…• 13H00 : Accueil d’un nouveau confrère qui commence sa vacation de 48 heures. C’est le moment de souffler. En permanence, trois vétérinaires s’occupent exclusivement de la plus grande ferme de France, et le soir venu, les étudiants vétérinaires prennent le relais. MILLIARDS D’EUROS : 163 avec ce chiffre d’affaires en 2008, le secteur agroalimentaire est la première industrie française, devant l’automobile. fait la preuve qu’elle n’était pas capable de nourrir l’humanité, car son principal objectif est de faire du profit. Aujourd’hui, les deux tiers des personnes qui ont faim dans le monde sont des paysans. C’est donc par une agriculture paysanne qui redonne du travail aux paysans qu’il faut commencer. J’ajoute que deux rapports récents de la FAO et de la Banque mondiale reconnaissent la très grande efficacité des agricultures paysannes pour nourrir l’humanité et maintenir sur le long terme l’emploi et les équilibres écologiques. * Silvia Pérez-Vitoria est économiste et sociologue, auteur de films documentaires sur les questions agricoles et paysannes, et des ouvrages suivants : Les paysans sont de retour (Actes Sud, 2005) et La riposte des paysans, (Actes Sud, 2010). SIA PAROLES D’AGRICULTEURS « Une vitrine vis-à-vis des citadins » ➔ Jérôme Sordet, viticulteur (Pommard, Bourgogne). « Pour les agriculteurs, le concours a valeur de reconnaissance par des professionnels. Ce salon est aussi une sacrée vitrine vis-à-vis des Français, particulièrement pour les citadins, qui souvent comprennent mal ce qui se passe dans le monde agricole. Le salon permet aussi de casser les clichés négatifs qu’on colle trop vite à l’agriculture (pollution des sols par les nitrates). Aujourd’hui, le monde agricole bouge, les agriculteurs sont sensibilisés aux problématiques de développement durable et beaucoup font des démarches dans ce sens. » ➔ Alain Derick, producteur, récoltant et fabricant chocolatier (Beussent, Pas-de-Calais, et Lachelle, l’Oise). « Nous participons au salon depuis vingt ans. C’est une occasion pour nous de nous faire connaître et de retrouver avec plaisir les clients qui nous apprécient. C’est un rendez-vous extraordinaire, parce que toutes les régions sont représentées, les gens doivent y aller pour découvrir les produits et animaux… C’est tout une ambiance ! » ➔ George Kuntz, producteur de foie gras (Alsace). « Il y a onze ans que j’expose au salon. C’est d’une part une vitrine importante pour notre région et son terroir. D’autre part, pour les producteurs, il revêt un intérêt commercial évident, même si l’équilibre financier n’est pas facile à trouver : le mètre carré au salon reste extrêmement cher. »



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