Direct Soir n°706 22 fév 2010
Direct Soir n°706 22 fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°706 de 22 fév 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Arthur, l'enfant de la scène

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 INTERVIEW CULTURE Après en avoir fait le héros d’un de ses romans, Jean Teulé a confié le cocu le plus célèbre du règne de Louis XIV au gracieux crayon de Philippe Bertrand. « Direct Soir » a rencontré l’auteur du « Montespan », présent pour l’occasion au dernier festival d’Angoulême. Jean Teulé. Jean Teulé, romancier « C’était un homme très amoureux de sa femme » Philippe Bertrand et vous, c’est une longue histoire ? Jean Teulé : On s’est connus tous jeunes à Hara Kiri. Et on ne s’est jamais quittés. Philippe Bertrand, qui a un style très moderne, voulait se mettre à la BD historique. Mais ce n’est ni lui, ni moi qui avons eu l’idée de cette collaboration, c’est mon éditrice chez Delcourt. J’ap - plique toujours cette même règle dans le cadre des adaptations de mes livres : si la personne a racheté les droits de l’œuvre, elle en fait ce qu’elle veut, ce n’est pas mon problème ! Mais je remarque que cette technique ne fonctionne pas bien : que cela soit avec Patrice Leconte ou Philippe Bertrand, on me demande toujours mon avis. Cette adaptation vous permet de revenir à la BD… J. T. : En 1990, on m’a remis un prix à Angoulême. Un prix spécial pour « contribution exceptionnelle au renouvellement du genre de la BD ». J’ai eu l’impression que l’on m’enterrait ! Je suis rentré chez moi et j’ai jeté tous mes crayons et pinceaux à la poubelle. Mais cette adaptation me donne beaucoup de bonheur. Mon livre sur le Montespan était plus cru, plus « voyou » mais Philippe Bertrand s’est approprié le personnage et en a fait quelqu’un d’attachant. Son trait gracieux empêche toute vulgarité même dans les scènes les plus crues. Comment est né le roman, Le Montespan ? J. T. : Un jour alors que je feuilletais une revue historique, avec un petit encadré sur le marquis de Montespan. J’ignorais alors complètement que la maîtresse de Louis XIV eut été mariée ! Cet homme a commencé à m’intéresser quand j’ai appris qu’en réaction à l’infidélité de sa femme, il a repeint son carrosse en noir, l’a recouvert d’énor mes ramures de cerfs et a rajouté des cornes de cocu à son blason. Puis au fil de mes recherches, j’ai appris qu’il était allé voir toutes les prostituées de Paris pour ensuite violer sa femme et essayer de lui transmettre une maladie vénérienne afin que le roi la contracte. Mais ce n’était pas tout : il a été jusqu’à organiser les obsèques de son amour et a fleuri cette tombe vide tous les ans. A travers ce personnage, c’est un XVII e siècle plutôt méconnu que l’on découvre… J. T. : Ce siècle fut le plus sale de l’histoire de France ! Philippe Bertrand montre bien cela. D’autre part, j’avais envie de renouer avec tout le vocabulaire et expressions très imagées de l’époque comme « cul vert » ou « fils de prêtre ». Dans la BD, le Montespan est montré plutôt comme un héros romantique que comme un cocu ridicule. Et vous, comment le voyez-vous ? J. T. : C’était juste un homme profondément amoureux de sa femme. Il faut savoir qu’à l’époque, les maris dont la femme plaisait à Louis XIV devenaient riches et recevaient des titres de noblesse. Le marquis de Montespan s’est opposé à cela alors qu’il était endetté. Tout le monde s’est moqué de lui, y compris Molière qui a écrit Amphitryon en référence à Montespan. Mais j’aime son panache et sa loyauté. La dernière phrase qu’il a prononcée avant de mourir était d’ailleurs pour sa femme : « Je ne réclame que la gloire de l’avoir aimée », a-t-il prononcé sur son lit de mort. Le Montespan, Jean Teulé, Philippe Bertrand, 14,95 €. Directsoir N°706/Lundi 22 février 2010 BANDE DESSINÉE Le 9 e art à l’abordage Une grande exposition se tient au musée de la Marine sur « Les passagers du vent », grande saga créée par François Bourgeon, aujourd’hui élevée au rang de classique de la bande dessinée. ➔ De la BD au musée de la Marine ? Absurde ? Pas quand il s’agit des Passagers du vent de François Bourgeon, série initiée en 1980 et certainement la plus grande saga maritime de la bande dessinée : sept tomes dont le dernier vient de paraître (éd. 12bis). Pour retranscrire l’atmosphère des pontons de ces énormes navires du XVIII e siècle, François Bourgeon s’est non seulement documenté sur les zones d’ombres de l’histoire et sur quelques questions sociétales (la sexualité, la politique et utopies de l’époque) et a effectué parallèlement de nombreuses esquisses, plans et maquettes. L’exposition propose donc d’ouvrir les portes de l’atelier de l’artiste et le raconter notamment à travers certains objets et un film. Pour aller plus loin, l’auteur de ce court film, Christian Lejalé, a publié une monographie imposante, DVD Quand Aragon rencontra Matisse ➔ En 1941, Aragon – qui n’a pas encore écrit Aurélien– rencontre le grand peintre Henri Matisse, alors en convalescence à Nice. Trente ans plus tard, l’écrivain publie Henri Matisse, roman chez Flammarion. Richard Dindo a fait du roman, né de cette rencontre, un film étonnant. Jacques Weber lit le roman d’Aragon, tandis que la caméra se pose sur les toiles époustouflantes de Matisse. Un documentaire très fort sur la rencontre de deux géants de la culture française, dans une France engagée dans la Seconde En bref ARTE EDITION Planche des Passagers du vent. retraçant la vie, les héros et l’univers de François Bourgeon, agrémenté de photographies et de dessins. Les passagers du vent, jusqu’au 3 mai 2010 au musée de la Marine, Palais de Chaillot, Paris 16 e (01 53 65 69 53). Bourgeon, de Christian Lejalé, éd. Imagine & Co, 49 €. Guerre mondiale. Aragon, le roman de Matisse, de Richard Dindo, DVD Arte Editions. Des films pour les enfants/Soucieux de faire partager la richesse du 7 e art aux plus jeunes, le Forum des images poursuit sa mission à destination des 18 mois à 4 ans avec une sélection adaptée à leurs yeux et à leurs oreilles. Demain à 10h30, ils pourront découvrir Mon âne, de Pascal Le Nôtre, un film d’animation en pâte à modeler sur des comptines enfantines ou redécouvrir jeudi 25, à 16 heures, les aventures de Babar, un classique incontournable. 3 e édition du Festival Tout-Petits Cinéma jusqu’au 28 février au Forum des images. Renseignements au 01 44 76 63 00. P.GUELPA
PC En jeu vidéo Vous aussi vous rêviez d’être une Princesse ? Découvrez Tiana, la nouvelle héroïne de Disney, à travers le jeu vidéo La Princesse et la Grenouille. Prolongez l’aventure du film dans l’ambiance festive de la Nouvelle-Orléans, en famille ! Actuellement au cinéma Disney. Les marques sont la propriété de leurs propriétaires respectifs. Wii et DS sont des marques de Nintendo.



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