Direct Soir n°706 22 fév 2010
Direct Soir n°706 22 fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°706 de 22 fév 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Arthur, l'enfant de la scène

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 EN COUVERTURE ARTHUR « JE VOULAIS REPARTIR DE ZÉRO » Après un premier one-man show en 2006 et deux cents représentations du « Dîner de cons » aux côtés de son ami Dany Boon, Arthur renoue avec la scène parisienne. Au Théâtre de la Gaîté, il présente son nouveau spectacle : un seul en scène interactif. A cette occasion, il revient sur sa carrière d’artiste. En 2004, vous déclariez : « A 40 ans, je serai sur scène. » En quoi était-ce si important ? Arthur : J’ai toujours dit qu’à 40 ans, je serai sur scène. A 38 ans, j’ai commencé à me préparer. En 2006, j’ai vendu tout ce que j’avais dans Endemol et j’ai monté Arthur en vrai !. Mais ma première émission de télé, L’émission impossible, c’était déjà un peu du one-man show – on y croisait Elie Semoun, Dieudonné, Elie Kakou, Bruno Solo… Eux sont partis vers la scène, j’ai été happé par la télé. Si je n’avais pas connu le succès avec Les enfants de la télé, j’aurais fait du one-man show bien avant. Pour ce spectacle, votre parcours d’artiste ressemble à celui d’un jeune humoriste. Je voulais repartir de zéro. J’ai joué dans des cabarets, des petits théâtres où Franck Dubosc, Dany Boon et Michel Boujenah ont commencé il y a vingt ans. C’est la meilleure école. Pour entrer dans cette cour, il faut aller au charbon. Alors je fais mes classes. Cette année, avec 160 représentations, je suis sur les routes presque un jour sur deux. L’affiche de ce deuxième spectacle est étonnante. Pourquoi ce clown triste ? Il y a un côté « J’en ai assez du sourire de commande ». Et puis, ce n’est pas l’image que l’on a l’habitude de voir de moi. Dans un pays où il est difficile de faire des virages, on essaie de changer, non pas l’image, mais la perception que les gens en ont. TROIS VOCATIONS ROCHE/TF1/SIPA Animateur ➔ C’est par la radio qu’Arthur débute sa carrière d’animateur. Celui qui s’autoproclame « l’animateur le plus c… de la bande FM » a multiplié les stations. Côté télé, Arthur se montre en revanche plus fidèle. Mis à part une pause de deux ans sur France 2, Arthur a poursuivi toute sa carrière d’animateur sur TF1 où il continue aujourd’hui Quelle évolution entre le premier et le deuxième spectacle ? Dans Arthur en vrai !, il y avait une espèce d’insouciance, un côté « Je vais vous raconter ma vie ». J’en ai souffert, donc dans le deuxième il n’y a rien d’auto biographique. Je m’inspire de ma famille, mais mes parents ne sont pas aussi lourds que je les décrits. Le seul moment qui m’appartient, c’est le début, sur la presse people, lorsque je téléphone au petit garçon que j’étais. L’enfant que j’étais se moque de moi aujourd’hui, c’est bien, c’est que j’ai les pieds sur terre. Quels conseils avez-vous reçu de vos amis artistes ? Michel Boujenah me dit toujours : « Arrête de douter. » Dany Boon, lui, aime mon contact avec le public. Selon lui, l’impro, c’est ma marque. Que retenez-vous de votre premier spectacle et de votre expérience sur scène dans Le dîner de cons ? Le dîner de cons, c’est deux cents re pré sentations avec mon meilleur pote, Dany Boon, A. GHNASSIA/SIPA « CE SPECTACLE, J’APPELLE ÇA DU SKETCH-UP » Chef d’entreprise ➔ Avec sa boîte de production Case Productions, Arthur s’est imposé comme un véritable dirigeant d’entreprise. Multipliant les émissions à succès, sa société est rapidement rachetée par Endemol pour former sa filiale française, dont Arthur devient le vice-président. Aujourd’hui détaché du groupe de production télévisuelle, Arthur n’en reste pas moins entrepreneur. Fin 2008, il acquiert la radio Ouï FM. Dernier hobby : la production cinématographique. Après avoir produit la comédie Cyprien, Arthur pourrait bien financer le prochain long métrage qui Dans L’émission d’animer Les enfants de la télé. réunira Tom Hanks, Julia Roberts, et Larry Crowne. impossible, en 1992. Avec Dany Boon et sa femme. Dans Le dîner de cons, en 2007. NIVIÈRE/SIPA Directsoir N°706/Lundi 22 février 2010 BENAROCH/SIPA et la caution Francis Veber. Dans ce métier, les cautions sont très importantes. Ensuite, le premier spectacle permet de savoir ce que tu ne veux plus faire et ce que tu as envie de faire. J’ai trouvé ce qu’était mon clown, ma marque à moi. Quelle est votre marque de fabrique ? Je vais me spécialiser dans l’observation des rapports homme-femme et l’interactivité, l’implication du public. Je trouve ça assez nouveau de faire réagir le public, d’allumer la salle. En général, les artistes n’aiment pas faire ça. Demandez à Elie Semoun d’allumer la salle, il panique. Un côté très stand-up, finalement… Ce n’est pas du stand-up à l’américaine parce qu’aux Etats-Unis, ils ne mettent pas de lumières, il y a un micro-main, des codes. J’appelle ça du « sketch-up » : un mélange de sketchs et de conversations jouées, illustrées. Vous développez cette approche anglosaxonne sur scène et dans les médias… J’ai une influence anglo-saxonne d’abord parce que le metteur en scène de mes spectacles, Josée Fortier, vient d’Amérique du Nord. Et j’apprécie leur philosophie. Là-bas, on ne met pas les gens dans des cases. Aux Etats-Unis, j’ai meilleure réputation qu’en France. Un Américain qui regarde mon CV se dit : « Il a fait de la télé, il a monté une boîte de production, il a fait de la radio, il a acheté une radio, il produit des films en France et aux Etats- Unis, il fait du one-man show… Bien ! » Ce que l’on me reproche en France, on le sublime aux Etats-Unis. Comédien ➔ A 40 ans, après avoir conquis la radio et la télé, Arthur se lance un nouveau challenge : entreprendre une carrière de comédien. Avec son premier one-man show, Arthur en vrai !, il réunit plus de 100000 spectateurs. Un coup d’essai réussi qui l’encourage à persévérer sur les planches. Deux ans plus tard, nouveau succès. Aux côtés de Dany Boon, Arthur triomphe dans la comédie de Francis Veber, Le dîner de cons. L’année suivante, Arthur prouve qu’il a bien réussi sa reconversion sur scène avec un nouveau spectacle, iShow.
www.directsoir.net Sur les planches Les petits riens au scalpel ➔ Alors qu’il affiche un visage de clown triste, Arthur a (bien) la gaîté dans son nouveau spectacle. Et pour cause, après une année de rodage à écumer les petites salles, l’humoriste animateur s’installe pour trois mois sur la place parisienne. Au Théâtre de la Gaîté, ce « bosseur invétéré » – comme le qualifie Josée Fortier, son metteur en scène – succède à Francis Huster, Fabrice Luchini ou Roland Giraud, et présente son nouveau spectacle. Un show pour lequel il a développé ses talents d’observateur. De l’usage de la télécommande dans les foyers à la délicate mission pour la gent féminine d’enfiler un collant, Arthur décrypte avec humour et originalité les petits riens du quotidien. Surfant sur la fibre nostalgique, il dépoussière les vinyles et le magnéto-cassette pour un effet garanti. Sans oublier d’offrir un éclairage, souvent nouveau, sur les rapports homme-femme. Assurément, après un an de travail, Arthur, aussi à l’aise en impro que devant la caméra, n’a rien à envier à d’autres humoristes de sa génération. Arthur a la Gaîté !, jusqu’au 3 avril, Théâtre de la Gaîté, 26, rue de la Gaîté, Paris 14 e (01 43 20 60 56). PARCOURS L’enfant très gâté de la radio et la télé Avec Les enfants de la télé (1994), l’émission coanimée par Pierre Tchernia (à d.) sur France 2, Arthur asseoit sa notoriété. De son vrai nom Jacques Essebag, Arthur est né le 10mars 1966 à Casablanca, au Maroc. Un an après sa naissance, ses parents arrivent en France et s’installent en région parisienne, à Massy. Après un bac B et des études de droit, il décide de s’orienter vers l’animation radio. D’abord animateur sur la station locale Radio Massy-Pal, il arrive sur les ondes de RFM en 1987. La station employant déjà un Jacques, il décide de se rebaptiser Arthur. Un choix lié à une marque de caleçon dont les publicités recouvraient à l’époque les murs de Paris. En quelques années, Arthur teste presque toutes les grandes ondes – Skyrock, Fun Radio, Europe 1, Europe 2 – et débute parallèlement une carrière à la télévision 1992. D’abord animateur de L’émission impossible sur TF1, il passe chez France 2 en 1994. C'est là qu’il lance Les enfants de la télé, programme coanimé par Pierre Tchernia, puis La fureur du samedi soir, émission de karaoké avec Pascal Sevran. Grâce à ses deux émissions, Arthur asseoit sa notoriété. Mais malgré de bonnes audiences, France 2 se sépare de l’animateur qui revient sur TF1… pour présenter Les enfants de la télé et La fureur. Les concepts appartiennent en fait à sa boîte de production, Case Production, où il s’impose comme un véritable chef d’entreprise. Outre les programmes qu’il anime sur TF1, Arthur produit en effet d’autres émissions à succès telles que Exclusif sur TF1 ou La grosse émission sur Comédie ! En 2001, la société Case Production est rachetée par Endemol France, et Arthur en devient le vice-président. Il participe ainsi à l’explosion de la téléréalité en France en lançant notamment Loft Story sur M6 puis Star Academy sur TF1. Fin 2006, Arthur vend les parts qu’il détient dans Endemol. Après la radio, la télé et la production, il EN COUVERTURE 5 entame une nouvelle carrière, celle de comédien. En septembre 2005, il monte sur les planches avec un one-man show mis en scène par Isabelle Nanty, un standup intitulé Arthur en vrai !. On le retrouve de nouveau sur scène en 2007 dans Le dîner de cons, au côté de son ami Dany Boon. Si Arthur consacre aujourd’hui beaucoup de temps à sa nouvelle passion, il reste malgré tout un animateur incontournable du petit écran et un homme d’affaires redoutable. DR TF1/CHOGNARD VU PAR Michel Boujenah, comédien « J’ai beaucoup d’estime pour lui » Michel Boujenah. Depuis quand connaissez-vous Arthur ? Depuis longtemps, mais nous sommes devenus proches il y a trois ou quatre ans, grâce à un ami commun, Dany Boon. Quel portrait dresseriez-vous de lui ? L’homme gagne à être connu. Il a une image assez dure, froide ; pourtant, il n’est pas du tout comme ça. Arthur est fidèle en amitié, prévenant. Certes, c’est un garçon qui a de l’ambition, qui a réussi, mais c’est surtout un gamin curieux de tout. C’est un garçon très surprenant. Professionnellement, j’ai beaucoup d’estime pour lui. C’est quelqu’un qui aurait pu arrêter de travailler. Au lieu de ça, en 2006, il décide de réaliser son rêve d’enfant et de monter sur scène. Un exercice d’autant plus difficile que ses copains sont Dany Boon, Gad Elmaleh, moi… Quel regard portez-vous sur ses deux one-man shows ? Avant toute chose, il faut dire qu’Arthur est un bosseur incroyable, qui écrit très bien. Pour son premier spectacle, je crois qu’il a été un peu trop ambitieux. Là, il travaille autrement, se produit dans des petites salles. Il est d’une humilité incroyable, très à l’écoute des critiques. Et surtout, il a fait beaucoup de progrès ; le public va être étonné. En être là pour son deuxième spectacle, c’est du bon boulot ! Avec tous les gens qui sont contre lui, pour qui il est l’enfant gâté de la télé qui veut faire du one-man show, je dois dire que son parcours est formidable.



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