Direct Soir n°680 14 jan 2010
Direct Soir n°680 14 jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°680 de 14 jan 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Jacques Dutronc émoi, émoi, émoi...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 TOUJOURS DU BON CÔTÉ L’homme au cigare fait son come-back sur scène après dix-sept ans d’absence. Un retour nostalgique, sur fond de vieux tubes. Parcours d’un symbole des sixties, qui a marqué tout autant le grand écran que la musique. C’est l’histoire d’un éternel jeune homme. Dutronc revient, comme toujours. C’est-à-dire que non seulement il est toujours là, mais qu’en sus, il n’a pas changé depuis quarante ans. Né en 1943, comme Johnny, l’impertinent dandy en cuir et lunettes noires sait bien que depuis ses premiers tubes, il a acquis un public fidèle qui, s’il lui sait gré de ne pas faire les choux gras de la presse à sensation, est néanmoins toujours prêt à venir l’entendre, encore une fois, dès que le chanteur décide de remonter sur scène. Pourtant, la carrière du petit Jacques n’était pas toute tracée, à la différence de celle de Johnny Hallyday. S’il commence très jeune dans un obscur groupe yé-yé, avant de devenir, entre autres prestations éphémères, guitariste pour Eddy Mitchell, Dutronc n’a pas connu immédiatement le succès sur scène. C’est plutôt dans la production musicale qu’il fait ses premières armes, pour survivre. Et la chanson le rattrape, presque malgré lui. La maison de disques pour laquelle il travaille collectionne les échecs avec Benjamin, apprenti beatnik, lancé pour rivaliser avec Antoine. Son interprétation d’une nouvelle chanson Et moi, et moi, et moi, écrite par Jacques Lanzmann, ne convient pas. Le beau gosse Dutronc offre alors sa propre version de la chanson. Bingo. Nous CONCERTS EN COUVERTURE JACQUES DUTRONC « L’ÉTERNEL JEUNE HOMME AUX LUNETTES NOIRES » DUTRONC PAIE SA TOURNÉE sommes en 1966 et une nouvelle vedette est née aux yeux du public. Le disque finalement intégralement produit se vend à un million d’exemplaires. Les années qui viennent sont aussi folles pour Dutronc que pour ses contemporains en général : sur fond de révolution des mœurs, il enchaîne les titres qui sont autant de succès. En 1968, c’est l’album Il est cinq heures, en 1969, L’opportuniste, et en 1970, L’aventurier, tous produits chez Vogue. Ce seront ses plus grands tubes, et ce sont ceux qu’il reprend toujours, aujourd’hui, pour la plus grande joie de son public. Puis, dans des années 1970 plutôt creuses musicalement même s’il continue d’enregistrer des chansons, le jeune homme au regard clair se métamorphose en ce qu’il était déjà, c’est-àdire en acteur. UNE BELLE FILMOGRAPHIE Jean-Marie Périer, l’ex-photographe du journal Salut les copains, lui offre son premier rôle au cinéma, en 1973, dans le film qu’il réalise, Antoine et Sébastien. Tourné dans le Bordelais, ce film marque les débuts prometteurs de Dutronc l’acteur. Car sa carrière cinématographique ne fait en effet que commencer. Dans L’important c’est d’aimer, de Andrzej Zulawski, en 1975, il S’il excelle à régaler ses copains d’un petit verre de rosé sur les zincs de l’île de Beauté, Dutronc vient de nous rappeler – s’il en était encore besoin – qu’il demeure aussi le boss des tournées... artistiques. Le plan de communication fut impeccable, le buzz savamment orchestré, mais la question demeurait néanmoins latente : après tant d’attente (17 ans !), le public serait-il présent au rendez-vous ? La réponse n’a pas tardé. En-thou-sias-te ! Le show a commencé à Evry le vendredi 8 janvier, et les trois dates parisiennes ayant suivi ont vite affiché complet. Si vous êtes parisien et espériez acheter votre billet à la dernière minute pour applaudir Dutronc ce soir ou demain soir au Zénith de Paris, il vous faudra patienter jusqu’à début juin puisque de nouvelles dates viennent d’être Jacques Dutronc, photographié par Jean-Marie Périer dans les années 1990. campe un étonnant personnage, donnant la réplique à Romy Schneider. En 1991, son interprétation du rôle-titre dans Van Gogh, de Maurice Pialat, lui vaut le césar du meilleur acteur. A propos de cette interprétation de Van Gogh, certains l’accusent de « vampiriser le personnage ». Sans doute la preuve qu’il est parmi les plus grands, de ceux qui ne peuvent que marquer de leur personnalité tous leurs rôles. Dans la longue filmographie de Dutronc, on pourra retenir également Mado, de Claude Sautet (1976) ; Tricheurs de Barbet Schroeder, aux côtés de Bulle Ogier (1984) ; Sauve qui peut la vie, de Jean-Luc Godard (1980), au côté de Nathalie Baye. Plus récemment, on l’a vu dans Embrassez qui vous voudrez, de ajoutées pour trois concerts au Palais des Sports. C’est maintenant en province que l’artiste s’apprête maintenant à débarquer pour plusieurs dizaines de dates qui le conduiront à arpenter toutes les régions du pays et à faire des petites incursions en Belgique et en Suisse. Au menu les grands classiques de son répertoire qui remontent aux années 1960-1970 (Les cactus, J’aime les filles, Gentleman cambrioleur) mais aussi des titres plus récents qui remontent à son dernier album « qui n’a pas marché parce qu’il était trop hétéroclite », confiait l’intéressé récemment à Direct Soir. Pour le moment, le public est ravi. Et si Dutronc annonce qu’il s’agit de sa dernière tournée – sans pour autant dramatiser et s’apitoyer sur une « journée des adieux » – le public, lui, a déjà envie de remettre ça. Directsoir N°680/Jeudi 14 janvier 2010 Michel Blanc, ou Le deuxième souffle, d’Alain Corneau. A la fin des années 1980, Jacques Dutronc tentera de se lancer dans la réalisation d’un long métrage, qui devait se dérouler dans l’île de son cœur, la Corse, mais le film ne verra jamais le jour. Amateur de tranquillité, voire de paresse, Dutronc a mis en scène sa vie retirée, à Monticello, petit village de Balagne, où il dit mener une existence paisible et épicurienne, s’occupant notamment des trentehuit chats qu’il a recueillis. Il a réussi à ne pas se faire oublier sans pour autant vendre sa vie privée. Un art de vivre dans la douceur que, sans doute, ses contemporains lui envient…
www.directsoir.net EN COUVERTURE 5 EN IMAGES L’élégance d’un gentleman, le piquant d’un cactus Jacques Dutronc explose sur la scène française au cœur des sixties. Dandy et nonchalant, il emballe vite le public – féminin en particulier. Mais depuis, cet esthète a su montrer sa profondeur et sa liberté. A la scène comme à la ville, sa désinvolture non feinte déguise une profonde humanité. Il est sympa. Et attirant. Mais, mais, mais, mais, méfiez-vous ! C’est un artiste. Né à Paris pendant l’Occupation, la même année qu’un certain Johnny Hallyday (1943), il grandit dans la capitale avant de se lancer dans la musique. 1966 : son premier album décolle immédiatement. Les cactus, Et moi et moi et moi, La fille du père Noël, Mini mini mini sont quelques-uns des tubes de l’album. Le plus difficile, c’est d’arrêter de fumer le cigare. Passion de Dutronc, au même titre que les chats ou la Corse, le cigare est indissociable du personnage. Ce qui l’oppose régulièrement aux associations qui luttent contre la tabagie. Il est minuit. Paris s’éveille. Avec ses compagnons, Dutronc hante les boîtes parisiennes pour un bœuf improvisé (ici au Bilboquet en 1966 pour l’élection de Miss Sixty). Hormis les El Toro et les Cyclones, tout au début de sa carrière, il ne s’attachera jamais à un groupe. J’aime la fille. Françoise Hardy en l’occurrence. Idole des sixties avec sa beauté altière et sa voix nostalgique, elle séduit aussi Dutronc dès 1967. L’histoire atypique du couple (ici en 1988) dure toujours. L’opportuniste. Dutronc en est le contraire. Homme de fidélité, il ne change pas d’entourage au gré des modes, comme en témoignent sa longue collaboration et sa fidèle amitié avec Jacques Lanzmann, l’incontournable parolier (à d.). O. SANCHEZ/SIPA RUE DES ARCHIVES/AGIP L’important c’est d’aimer. Dutronc fait ses premiers pas en tant que comédien en 1973 dans Antoine et Sébastien de Jean-Marie Périer. Mais il fait réellement ses preuves deux ans plus tard dans L’important c’est d’aimer, du Polonais Andrzej Zulawski. Il partage l’affiche avec Romy Schneider et fait la preuve de sa capacité à s’inscrire dans un registre tragique dans ce long métrage inspiré de La nuit américaine, le roman de l’Américain Christopher Frank. La maison des rêves, c’est probablement sa propriété de Monticello, en Corse, où il vit la plupart du temps et où il accueille ses proches. Son fils Thomas (ici en 2000) y vient souvent pour voir ses parents et tester ses nouvelles compositions. Les métamorphoses de Dutronc sont impressionnantes. En 1991, le grand Maurice Pialat lui confie le rôle de Van Gogh dans son film éponyme. Son jeu, empreint d’une sincérité et d’une profondeur exceptionnelles, lui vaut le césar du meilleur acteur français en 1992.



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