Direct Soir n°655 1er déc 2009
Direct Soir n°655 1er déc 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°655 de 1er déc 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Journée mondiale du SIDA : tous solidaires

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
6 EN COUVERTURE JOURNÉE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE SIDA TOUJOURS MOBILISÉS Le virus du sida, qui a contaminé en 2008 7000 personnes en France et 2,7 millions d’individus dans le monde, demeure un danger sanitaire majeur. Malgré les progrès médicaux et les actions de prévention, l’heure reste à la mobilisation. Comme tous les 1 er décembre depuis 1988, c’est aujourd’hui la Journée mondiale de lutte contre le sida. Cette année, la mobilisation s’organise à nouveau sur le thème : « Arrêtons le sida. Tenons notre promesse », un slogan choisi en 2005 pour cinq ans. Mais l’engagement est encore loin d’être tenu. Près de 2,7 millions de personnes ont contracté le virus en 2008, selon les chiffres publiés la semaine dernière par l’Onusida, le programme commun des Nations unies sur le VIH. L’épidémie concerne aujourd’hui environ 33,4 millions de personnes dans le monde, dont plus de 22,4 millions en Afrique subsaharienne, la région la plus touchée, et 850000 en Europe centrale et occidentale. LES HOMOSEXUELS EN PREMIÈRE LIGNE En France, près de 6940nouvelles contaminations ont été enregistrées en 2008, selon les récentes estimations de l’Institut de veille sanitaire (InVS). L’étude révèle que la quasi-totalité de ces nouveaux cas sont POLÉMIQUE Pierre Bergé. liés à des contaminations par voie sexuelle. Les « hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes représentent la po - pu lation la plus touchée, correspondant à 48% des nouvelles contaminations, soit 1000 nouveaux cas par an pour 100000 personnes entre 18 et 69 ans », explique l’InVS. C’est au sein de la population hétérosexuelle française que le taux de nouveaux cas observés est le plus faible, avec cinq cas par an pour 100000 individus. Si ce taux est 200 fois supérieur chez les homosexuels, il est dixhuit fois plus important chez les toxicomanes et neuf fois plus élevé chez les hétérosexuels étrangers. Selon la même enquête réalisée entre 2003 et 2008, le nombre de nouvelles contaminations diminue un peu plus chaque année. Celles-ci étaient ainsi de près de 9000 il y a six ans, contre 7530 en 2007. Mais si la tendance est à la baisse, notamment chez les hétérosexuels, V. CAPMAN/SIPA « UN RELÂCHEMENT DE LA VIGILANCE ? » ➔ L’homme d’affaires et président de Sidaction Pierre Bergé a soulevé une vive polémique, il y a une dizaine de jours, en accusant le Téléthon de « parasiter la générosité des Français ». A deux semaines de cette célèbre opération caritative, Pierre Bergé a évoqué sa volonté de mettre en commun les dons des Français. « Ces propos, je les tiens depuis plusieurs années. Je ne sais pas pourquoi, tout à coup, ça a déclenché une espèce de tsunami », a-t-il précisé en réitérant ses critiques quelques jours après. Pierre Bergé, qui reproche à l’Association française contre les myopathies (AFM), organisatrice du Téléthon, de ne pas utiliser « tout de suite » l’argent des dons, trouve « étrange que cette association caritative ait, par exemple, 7 millions d’euros de produits financiers », « 200 millions d’euros placés » et elle reste stable parmi la population homosexuelle et les usagers de drogues. BAISSE DE LA VIGILANCE La baisse du nombre d’infectés chaque année et l’apparition des trithérapies il y a quelques années ont malheureusement donné l’impression que la maladie était maîtrisée, conduisant ainsi à un relâchement de la vigilance. Conséquence ? Le nombre de préservatifs utilisés en France a considérablement diminué. Les Français consomment 90 millions de préservatifs par an, soit 30 millions de moins qu’il y a dix ans. Un chiffre très en deçà de ceux observés chez nos voisins européens. La population jeune est particulièrement visée, car 15% des étudiants n’utilisent pas de protection lors d’un rapport avec un nouveau partenaire, selon la Mutuelle des étudiants. Pour y remédier, Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, a annoncé la semaine dernière la distribution dès 2010 de préservatifs à Sidaction contre Téléthon ? Directsoir N°655/Mardi 1 er décembre 2009 A l’appel de Sidaction, des volontaires se sont rassemblés en une chaîne de solidarité, samedi, sur le pont des Arts, à Paris. 20 centimes d’euro dans les universités et les résidences étudiantes. « Tous ce qui permettra d’utiliser plus de préservatifs est important », insiste Vincent Pelletier, directeur général de l’association de lutte contre le sida Aides. Un moyen pour tenir l’engagement des Nations unies qui court jusqu’en 2010. En chiffres ➔ Environ 2 millions de personnes sont mortes de causes liées au sida dans le monde en 2008. ➔ 2,1 millions d’enfants de moins de 15 ans vivaient en 2008 avec le virus. Environ 430000 sont nés avec la même année. ➔ Plus de 4 millions de personnes ont eu accès au traitement dans les pays en voie de développement, en 2008. ➔ 25 milliards de dollars seront nécessaires pour la lutte contre le sida en 2010. (Source : Rapport 2009 de l’Onusida) « 150 millions d’euros de réserves ». Pour la présidente de l’AFM, Laurence Tiennot-Herment, l’interprétation de Pierre Bergé « est très clairement erronée ». Aides, une autre association de lutte contre le sida, a tenu à se démarquer des critiques faites par le président de Sidaction. « Ce n’est pas vrai que le Téléthon phagocyte les dons des Français, a déclaré en colère son directeur général, Vincent Pelletier. Il ne nous a jamais gênés. Nous collectons chaque année 15 à 20 millions d’euros. Nous travaillons depuis des années avec l’Association française contre les myopathies, on n’est pas des frères ennemis, loin de là. Et d’ajouter : « L’argent du Téléthon sert l’ensemble des recherches sur la thérapie génique et donc, indirectement, toutes les causes, y compris le sida. »
www.directsoir.net SOLIDARITÉ Dessine-moi un mouton au chevet des familles ➔ Les enfants aussi font partie des victimes du sida. Le dernier rapport de l’Onusida rappelle avec force qu’il s’agit d’un des principaux défis de la lutte contre le HIV. La transmission mère-enfant au cours de la grossesse demeure le principal mode de transmission du virus (90% des cas chez les plus jeunes). Et si le phénomène affecte principalement les pays du Sud, l’Occident – et la France en particulier – doit également rester vigilante. L’association Dessine-moi un mouton a précisément pour objectif d’accompagner les familles victimes de ce drame hors du cadre hospitalier et de préserver leur équilibre de vie. Qu’il s’agisse des parents, et notamment des mères, qui font l’objet d’un suivi psychologique et social personnalisé, ou des enfants et adolescents contaminés. Pour ces derniers, l’association propose sorties, activités culturelles, loisirs, échanges et écoute. Autant de propositions qui impliquent le soutien de nombreux partenaires et la générosité des donateurs. Infos : www.dessinemoiunmouton.org et 0 820 140 140. DATES CLÉS 1983 La découverte du virus du sida a été publiée le 20 mai dans la revue Science. Deux ans plus tôt, les premiers cas de malades avaient été recensés aux Etats-Unis. Où en est la recherche sur le vaccin contre le sida ? Pr Jean-Claude Chermann : La voie vaccinale dite classique, qui consistait à prendre un morceau du virus et à l’injecter, a été un échec. Il y a un mois ou deux, nous en avons eu la démonstration avec un résultat dit « modeste », sur un essai réalisé en Thaïlande. Le virus change continuellement d’un individu à l’autre et chez un même individu. J’ai donc développé un autre concept, en me posant la question : qu’estce que tous ces virus pouvaient avoir en commun ? J’ai constaté que le virus emportait avec lui un bout de la membrane de la cellule infectée. C’est ce que j’ai appelé un « badge ». Si on bloque le badge, le virus ne peut pas entrer ou sortir de la cellule, donc on bloque le virus. Le vaccin est-il encore loin ? J.-C.C. : Pour le moment, j’espère préparer deux choses. La première est un kit, une N. TAVERNIER/REA DR 1996 L’arrivée de la trithérapie, qui permet de diminuer la quantité de virus en circulation, a été une grande avancée dans le traitement des patients séropositifs. Le professeur Jean-Claude Chermann. sorte de test qui permettra de démontrer si les gens ont ou non des anticorps protecteurs. Cet outil aidera les cliniciens à décider s’ils traitent ou pas tout de suite les patients. La deuxième est un anticorps thérapeutique de synthèse pour les gens qui sont résistants au traitement. Si cela marche, nous aurons la démonstration qu’un vaccin est possible. Quels sont les principaux freins à la recherche aujourd’hui ? TSCHAEN/SIPA EN COUVERTURE 7 J.-C.C. : C’est une recherche qui coûte très cher. Le plus grand frein aujourd’hui, ce sont les moyens financiers. Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, qui travaillaient dans l’équipe que vous dirigiez, ont obtenu le prix Nobel de médecine. Pas vous. Un an après, quel est votre sentiment ? J.-C.C. : Je n’ai pas compris et je ne comprends toujours pas. Dans la vie, il y a plus grave que de rater un Nobel. Mais avoir le Nobel m’aurait peut-être ouvert des portes qui me sont bloquées aujourd’hui. C’est beaucoup plus facile quand vous êtes un Nobel que lorsque vous êtes un oublié du Nobel. Tout le monde doit connaître cette histoire, professeur Jean-Claude Chermann, avec Olivier Galzi, Stock. L’association offre accompagnement et soutien aux familles, notamment aux enfants et adolescents touchés par le virus du sida. Le prix Nobel de 2008 médecine est attribué à deux Français, Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, pour leur découverte du virus immunodéficitaire HIV. INTERVIEW : PROFESSEUR JEAN-CLAUDE CHERMANN, chercheur en virologie « Le frein, ce sont les moyens financiers » STOCK ZOOM Afrique : un combat sans fin L’Afrique est le continent le plus touché par le virus du sida. S. DIEMER/GRUPPE28-REA ➔ Avec environ 22,4 millions de porteurs, soit 67% de la population atteinte dans le monde, l’Afrique subsaharienne demeure la région la plus touchée par le sida. Selon le dernier rapport de l’Onusida, c’est aussi celle où le virus est le plus meurtrier : 1,4 million de personnes en sont mortes en 2008, soit 72% des décès liés à l’infection dans le monde. On comprend que les recherches contre la propagation du virus et pour le traitement de la maladie sont un enjeu capital. Néanmoins, certains Etats d’Afrique ont réalisé des efforts considérables pour accueillir, dépister et soigner les éventuels malades. Même s’ils restent encore trop chers pour la population, les traitements antirétroviraux ont gagné en accessibilité depuis 2004, notamment au Cameroun. Les gouvernements camerounais et ivoirien ont également lancé d’importantes campagnes de prévention et d’information afin de sensibiliser sur les risques, notamment pour les femmes enceintes. Au Botswana, l’un des pays d’Afrique les plus sinistrés, celles-ci sont quasi systématiquement soumises à un dépistage. Dans ce pays où le taux de couverture de la trithérapie dépasse les 80%, les décès liés au VIH auraient diminué de plus de la moitié, passant de 15 000 en 2003 à 7 400 en 2007. Les résultats dans ce pays sont parmi les plus encourageants du continent. Mais ils pourraient aussi s’expliquer par d’autres méthodes revendiquées par l’Etat, telles que la circoncision thérapeutique et la très controversée stratégie dite « ABC », pour « Abstain, Be faithful, use a Condom » (abstenez-vous, soyez fidèle, utilisez un préservatif).



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :