Direct Soir n°652 26 nov 2009
Direct Soir n°652 26 nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°652 de 26 nov 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Kate Moss stupéfiante !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 REPÈRES Kate Moss, surnommée « la brindille » : un personnage sulfureux. V. SINGH/REX FEATURE/REX/SIPA EN COUVERTURE FOCUS/WENN.COM/SIPA Des débuts fulgurants ➔ Repérée par Sarah Doukas de l’agence Storm, à l’aéroport JFK de New York, en 1988, Kate Moss, alors âgée de 14 ans, n’hésite pas à délaisser ses études pour les podiums. Propulsée très vite dans les pages mode de la presse britannique, la jeune fille ne tarde pas à défiler pour des créateurs de renom tels que Galliano. KATE MOSS Elle est décidément incorrigible. A l’heure où chaque people, star ou second rôle se cherche une cause à défendre et une bonne conscience à valoriser, Kate Moss n’hésite pas à ruer dans les brancards du politiquement correct. « Rien n’est aussi bon que la maigreur », déclare-t-elle sans nuance dans un récent numéro de Women’s Wear Daily. En pleine mobilisation contre l’anorexie – qui impose effectivement aux mannequins des comportements alimentaires dangereux – la dernière sortie de « la brindille », symbole indéboulonnable des top models maigrissimes, a de quoi faire s’étrangler les hérauts de la rondeur. Surtout quand le sémillant KarlLagerfeld, l’âme et l’esprit de la prestigieuse maison Chanel, reprend ces propos en affirmant que « personne ne veut voir des femmes rondes » dans le milieu de la mode. Une fois de plus, l’ex-égérie de Calvin Klein déclenche une tempête dans le verre d’eau de la vie pipolo-médiatique (lire encadré p.5). Non sans un certain goût pour le paradoxe puisque Kate Moss affiche depuis quelques semaines d’harmonieuses rondeurs –qui lui vont d’ailleurs à ravir– et que la campagne publicitaire pour l’enseigne britannique Topshop a révélées au grand public. « Je viens juste de me mettre à porter des soutiens-gorge. C’est un miracle. Je suis une vraie femme désormais et je porte des bonnets B », confiait récemment la grande prêtresse de la maigreur à la presse anglaise, sans craindre apparemment de se voir reprocher la moindre contradiction. INDÉPENDANCE OU INCONSCIENCE ? Telle est sans doute l’une des marques de fabrique de cette jeune femme de 35 ans : le qu’en-dira-t-on lui est totalement indifférent. Les regards outrés, les bouches tordues et les indignations vertueuses lui sont, semble-t-il, totalement indifférents. Cela ne manquait pas de charme, le 5 octobre dernier, quand elle s’affichait nue sous un top arachnéen en pleine « fashion week » lors du défilé Yves Saint Laurent au Palais de Tokyo, à Paris. Cela devient franchement pathétique, comme en septembre 2005, lorsqu’elle se laisse photographier le regard vide et la narine poudrée dans l’une ou l’autre des boîtes de nuit où elle aime s’éclater, dans tous les sens du terme, en compagnie de ses boyfriends du moment qui, souvent, partagent son tropisme pour les boissons fermentées, les spiritueux et les substances plus ou moins stupéfiantes. De 2005 à 2007, sa liaison plus que tumultueuse avec le marmoréen Pete Doherty fut sans doute la plus représentative de ces amours autodestructrices que ne déteste pas le top. Mannequin à 15 ans, millionnaire à 20, dire que le Directsoir N°652/Jeudi 26 novembre 2009 UN JOLI BRIN DE FILLE « La brindille » fut l’idole des podiums. Aujourd’hui, le mythe et l’éclat ont été ternis par les excès. Cependant, en bien ou en mal, la singulière personnalité de Kate Moss détonne dans un univers standardisé et artificiel. Tentative de portrait. J. LEVY/AFP « ON LA DIT DRÔLE, SPONTANÉE, IMPULSIVE » Le visage de Calvin Klein ➔ En 1992, Calvin Klein fait de Kate Moss une star planétaire en la choisissant pour égérie. Après une campagne de publicité pour la lingerie avec le beau Mark Wahlberg et son apparition nue pour le parfum Obsession, elle se fait une place dans la liste des grands top models des années 1990. Celle que l’on surnomme « la brindille » sera le visage de la marque américaine pendant huit ans. En 2006, Calvin Klein fera de nouveau appel à elle pour sa ligne de jeans. REX FEATURES/REX/SIPA passage à l’âge adulte de Kate Moss fut plus qu’accéléré relève de l’euphémisme. Comment ne pas expliquer alors – à défaut d’adopter une complaisante indulgence– les spirales descendantes dans lesquelles a sombré la jeune femme qui suivit ses premières cures de désintoxication à 24 ans ? L’interprétation freudienne ne peut cependant suffire à la comprendre, et encore moins à la connaître. IMPROBABLE FUTUR Au-delà de ces éclats, plus ou moins brillants, Kate Moss demeure l’une des personnalités les plus mystérieuses, sinon les plus complexes, du microcosme de la jet-set internationale. Avare en interviews et en confidences, on la dit spontanée, drôle et impulsive. Difficile dès lors d’imaginer ce que sera le destin de cette femme kaléidoscopique, aujourd’hui mère d’une petite fille de 7 ans, Lila Grace, née de sa relation avec Jefferson Hack. Deviendra-t-elle une star assagie ou une idole déchue ? Les trajectoires des stars victimes de la célébrité et des excès abondent dans les rubriques faits divers des hebdomadaires people qui s’en délectent (lire encadré p.5). Curieusement, Kate Moss n’a toujours pas intégré cette catégorie et continue d’illuminer les différentes campagnes publicitaires, plus rarement les podiums, signe de son immarcescible beauté et sans doute d’une volonté de fer que rien décidément ne semble parvenir à émousser. Qui l’eût cru d’une brindille ? Le scandale ➔ En 2005, alors que des rumeurs sur une possible aventure entre elle, son amie Sadie Frost et Davinia Taylor circulent, Kate Moss se retrouve à la une du Daily Mirror en train de sniffer de la cocaïne. Ce scandale lui fait perdre sept de ses plus gros contrats publicitaires et l’oblige à présenter des excuses publiques. L’affaire n’aura finalement que peu d’incidences sur la carrière de « la brindille » qui, selon le magazine Forbes, est aujourd’hui le troisième mannequin le mieux payé au monde.
www.directsoir.net POLÉMIQUE L’anorexie en question ➔ « Nothing tastes as good as skinny feels » (« Il n’y a rien de mieux que de se sentir maigre », en français). Cette déclaration (faite sur le site web de la mode wwd.com), un brin provocateur de celle qu’on appelle justement « la brindille », a déclenché, le 19 novembre, l’ire des experts et autres associations de lutte contre les troubles alimentaires. Des propos irresponsables pour certains, un lien évident avec les slogans des sites pro-anorexie pour d’autres… Les reproches fusent à l’encontre de l’une des icônes mondiales de la mode et de la beauté. En pleine campagne contre le culte de la maigreur, l’ex-modèle Katie Green avait réagi immédiatement : « Il y a 1,1 million de personnes qui souffrent de troubles alimentaires au Royaume-Uni, les déclarations de Kate Moss pourraient en causer bien d’autres. » Le sujet reste sensible dans le milieu de la mode. Quelques semaines plus tôt, le couturier allemand KarlLagerfeld avait déploré les polémiques sur la maigreur des mannequins, en arguant que personne ne voulait voir de femmes rondes dans le milieu de la mode, qui véhicule avant tout « rêves et illusions ». CHIFFRES CLÉS CM : la taille de Kate Moss 165 est plutôt petite pour le milieu du mannequinat, où les filles avoisinent régulièrement les 180 cm. Premières apparitions 1988 de Kate Moss sur les podiums. Elle a 15 ans, défile pour Galliano et pose pour des magazines américains. TRASH ATTITUDE Les stars accros aux excès La chanteuse Amy Winehouse. Sexe, drogue et rock’n’roll, le vieil adage s’appelle aujourd’hui la trash attitude. Addiction à la drogue, problèmes d’alcoolisme, séjours en prison, la déchéance de certaines stars captive les tabloïds et les fans. Loin d’avoir honte de leurs frasques, cette génération se complaît dans l’autodestruction. Avec un corps tatoué et maigre à faire peur, un sourire édenté et un éternel chignonchoucroute sur la tête, Amy Winehouse surnommée « Wino » (Alcoolo) fait le bonheur de la presse people. Caractérielle, alcoolique et droguée, cette Anglaise à la voix divine est une spécialiste des cures de désintoxication. Adulée par ses fans, à 26 ans Winehouse représente à merveille la trash attitude. Autre exemple de cette course tragique à l’autodestruction : le leader des Babyshambles, Pete Doherty. Malgré un talent indéniable, ses innombrables frasques relayées dans la presse people feraient presque oublier qu’il est avant tout musicien. Le teint vert, les dents pourries, les doigts noircis par le crack, l’ex-compagnon de Kate Moss multiplie les arrestations pour possession de drogue, les cures de désintoxication et les annulations de concerts dont son public semble parfaitement s’accommoder. De leur côté, Paris Hilton et Lindsay Lohan ne sont pas à un scandale près. Bien au contraire. Avec leurs virées nocturnes, leurs ébats sexuels postés sur Internet, les cures à répétition de MSAA/ZOB/ZDS/WENN.COM/SIPA EN COUVERTURE 5 R. YOUNG/REX FEATURES Pour le couturier KarlLagerfeld, personne ne veut voir de femmes rondes dans la mode. Un mannequin arborant un T-shirt à l’effigie de Kate Moss, en septembre, à la Fashion Week de Londres. MILLIONS DE DOLLARS. C’est le prix 7 de vente, chez Christie’s, d’un tableau de Kate Moss, nue et enceinte, réalisé en 2002 par le peintre Lucian Freud. désintoxication, la presse n’a jamais autant parlé d’elles. Des déboires qui leur ont permis de booster leur notoriété, à défaut de briller dans la chanson ou au cinéma. Aujourd’hui, les excès ne sont plus la rançon du succès mais l’inverse. Ainsi en 2005, les images volées de Kate Moss sniffant de la cocaïne, loin de briser sa carrière, n’ont fait que la relancer. SEXE, DROGUE ET ROCK’N’ROLL Banalisé pendant longtemps, le triptyque « sexe, drogue and rock’n’roll » pourrait bientôt prendre fin. Depuis le décès de Michael Jackson suite à une trop forte dose de Propofol, l’industrie musicale britannique serait en train de travailler sur une charte de « bonne conduite » qui permettrait aux maisons de disques de suspendre un contrat avec un artiste ayant un comportement autodestructeur. Le but ? Lutter contre leurs addictions et les contraindre à tenir leurs engagements. Reste à savoir si les stars seront prêtes à signer pour un diptyque « sexe et rock’n’roll ». VILLARD/SIPA ZOOM Star, une profession à risque Pete Doherty et Kate Moss, à l’époque de leur romance. ➔ Kate Moss est rock’n’roll, c’est une évidence. Si elle a toutes les qualités d’une grande star, elle en a aussi les défauts. Ses déboires passés de toxicomane l’ont révélé. On a beau être au sommet de la gloire, belle, riche et désirée, on n’est pas pour autant à l’abri d’une chute dans les tréfonds obscurs de l’assuétude. C’est même plutôt l’inverse. Kate Moss raconte elle-même qu’à une époque, elle buvait avec son entourage après chaque défilé. Cette détente lui semblait innocente jusqu’au moment où elle a plongé. En 2007, une étude sérieuse de Mark Bellis et ses collègues de la John Moores University à Liverpool confirme l’évidence : la litanie des rock stars (surtout pendant les années 1970) associés à une vie de débauche et d’excès reflète bien la réalité. La fête perpétuelle jouée par ces grands enfants, qui ont plongé souvent dès l’adolescence dans la célébrité, n’est pas sans conséquence sur leur santé physique et mentale. L’étude, qui se penchait sur le taux de mortalité de plus 1000musiciens sélectionnés à partir d’un classement des 1000 meilleurs albums (rock, pop, new age, punk, rap, R&B et électro) jusqu’en 2000 montrait que le risque de mort prématurée était supérieur de 70% au reste de la population. Drogue et alcool sont responsables de la plupart des cas : Kate Moss peut s’estimer heureuse d’être encore parmi nous.



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